Archive | mars, 2006
31 Mar

Interculturel

Déclaration de Montréal
pour la diversité culturelle et l’inclusion[1]

Préambule

ATTENDU QUE tous les citoyens et toutes les citoyennes de la Ville de Montréal bénéficient des droits et des libertés proclamés et garantis par la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 et par les instruments internationaux et interaméricains des droits de la personne, auxquels le Canada est partie et à l’égard desquels le Québec s’est déclaré lié;

ATTENDU QUE tous les citoyens et toutes les citoyennes de la Ville de Montréal bénéficient des droits fondamentaux proclamés et garantis par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (1975) et par la Charte canadienne des droits et libertés (1982);

ATTENDU QUE la Déclaration de Montréal contre la discrimination raciale (1989), que la Proclamation du 21 mars « Journée internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale » (2002) ont été formellement adoptées, et en tenant compte de la proposition de la Charte montréalaise des droits et responsabilités (10 décembre 2003);

ATTENDU QUE la Ville de Montréal souhaite engager les élus et les élues de la Ville ainsi que ceux des arrondissements, son personnel, ses sociétés paramunicipales et les sociétés dont elle a le contrôle, dans une démarche destinée à la promotion des principes et des pratiques qui valorisent la diversité culturelle et l’inclusion;

Par la présente Déclaration de Montréal pour la diversité culturelle et l’inclusion, la Ville de Montréal souhaite que tous les Montréalais et que toutes les Montréalaises développent le respect de ces principes et de ces engagements et en assurent l’application effective.

Partie I : PRINCIPES ET ORIENTATIONS
Les valeurs communes fondamentales que partagent toutes les cultures sont : la dignité, le respect de la vie humaine, l’ordre social, la protection contre l’arbitraire;
L’Administration municipale entend :

Interpeller l’ensemble de l’administration, les services centraux et les arrondissements, dans l’atteinte des objectifs de mise en pratique des principes de la Déclaration;

Structurer les interventions municipales dans une approche inclusive;

Adapter les interventions nécessaires à la mise en vigueur de la Déclaration aux réalités des différents arrondissements, des quartiers et des milieux de vie;

L’Administration municipale décide d’agir pour :

Prendre toutes les mesures en son pouvoir pour promouvoir le rapprochement interculturel, le dialogue des cultures et à favoriser une meilleure gestion de la diversité culturelle;

Effectuer une veille stratégique des tendances et des innovations dans le domaine de la lutte à la discrimination raciale.

Partie II : ENGAGEMENTS DE LA VILLE DE MONTRÉAL

CHAPITRE 1

Équité

L’Administration municipale de Montréal s’engage :

À instaurer les programmes d’accès à l’égalité en emploi comme moyen d’accueillir en son sein une plus grande représentativité de la population qu’elle dessert;

À mettre en action une politique administrative vigoureuse prévoyant l’imputabilité des cadres et la « tolérance zéro en matière de racisme »;

À prendre des mesures afin d’assurer l’égalité en dignité et en droits des individus et des groupes humains partout où cela est nécessaire sur son territoire. À cet égard, une attention particulière est accordée aux groupes vulnérables socialement ou économiquement défavorisés. La Ville agit notamment en matière de logement, d’emploi et de services de proximité (sécurité publique, sécurité incendie, sports et loisirs, environnement et développement durable, développement culturel, social et communautaire et transport).

CHAPITRE 2
Engagements à agir
La Ville de Montréal s’engage :
À promouvoir la non-violence et l’inclusion au moyen de programmes et par le biais de ses institutions dans les domaines de sa compétence, notamment dans les équipements scientifiques, au sein de son réseau de centres de diffusion culturelle, dans ses bibliothèques et dans ses différents points de services directs aux citoyens;
À proclamer solennellement sa participation et à souligner, chaque année, le 16 novembre « Journée internationale pour la tolérance »;
À développer son programme de formation institutionnelle, outil essentiel pour assurer la diffusion d’une culture de la diversité dans l’administration, afin de sensibiliser le personnel et lui fournir des moyens pratiques, dont les compétences interculturelles, dans l’appropriation de modes de gestion de la diversité au quotidien;
L’Administration municipale invite la population montréalaise à soutenir ses engagements par une attitude de coopération, d’ouverture et de solidarité, une attitude de respect de la dignité et des droits de toutes les personnes.

[1] Adopté à l’unanimité par le Conseil municipal de la Ville de Montréal le 22 mars 2004.

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29 Mar

Interculturel [APER�U DE BLOGGER]

29 Mar

Projet: Solidarité Meunier Tolhurst

Rapport d’activités

Décembre 2005 à Mars 2006

Date : 8 mars 2006
L’organisme promoteur
Solidarité Ahuntsic est une table intersectorielle et multi-réseaux qui a pour mission d’œuvrer à l’amélioration de la qualité de vie des résidents du quartier Ahuntsic. Ses objectifs sont de s’engager dans une démarche de développement social et communautaire en assoyant autour de la même table citoyens, groupes communautaires, partenaires institutionnels et élus politiques, pour travailler à améliorer les conditions de vie sociales et économiques, l’action concertée et l’engagement des citoyens étant les stratégies de base. La table compte 106 membres, dont plus de la moitié sont des organismes communautaires.

Problématiques dans le milieu d’intervention : HLM Meunier Tolhurst

Un bref portrait

Situé sur le territoire Saint-Benoît dans Ahuntsic, le HLM Meunier Tolhurst fait partie des huit îlots de pauvreté identifiés comme zones prioritaires d’intervention notamment par la Ville de Montréal.

Construite en 1972, cette habitation appartient à la première génération des HLM montréalais. Son emplacement géographique comme l’allure de son bâti en font un ghetto dans son milieu environnant : Les appartements et l’aménagement des espaces sont tournés vers l’intérieur et entourés de bornes délimitant clairement, isolant et systématisant implicitement ce lieu et sa population comme étant étrangers au reste du quartier et de ses résidents.

Selon les dernières données démographiques obtenues auprès de l’Office Municipal d’Habitation de Montréal (source : février 2006), cet ensemble immobilier compte cent onze (111) logements où vivent au total trois cent vingt deux (322) personnes.

Un milieu multiculturel

Sur un total de cent onze (111) logements, quatre vingt cinq (85) sont occupés par des familles appartenant à des communautés ethnoculturelles.

Plus précisément, la répartition des logements en fonction de l’origine ethnique et culturelle des résidants est la suivante :
Haïtienne 31 %
Québécoise 23 %
Maghrébine 16 %
Latino-américaine 14 %
Africaine 7 %
Asiatique 4 %
Autres 5 %

Bien qu’atypique, une telle situation dans ce type d’ensemble immobilier n’est pas une exception. Le développement de l’immigration depuis 1990 assorti de la volonté politique de réserver les places en HLM à des populations ethniques explique que 90 % des HLM familles ont aujourd’hui une clientèle immigrante.

A cette homogénéité ethnique (population issue de l’immigration) s’ajoute une absence de mixité sociale (population en majorité prestataire de l’assistance).

Nous intervenons dans un espace de vie qui concentre une population fragilisée placée devant des défis de cohabitation très difficiles:
§ Immigrants en démarche d’intégration;
§ Membres de différentes communautés ethnoculturelles;
§ Québécois d’origine avec des problèmes de santé mentale;
§ Prestataires de l’assistance et bénéficiaire des ressources d’aide.
Les objectifs du projet
1. Objectif général :
Le projet vise à offrir des activités interculturelles qui permettent de:
§ Développer une dynamique d’entraide et de soutien entre locataires;
§ Favoriser l’intégration du HLM dans son milieu.

2. Objectifs spécifiques :
§ Rétablir les liens entre les résidants du HLM et le voisinage;
§ Susciter leur participation à un programme d’activités de rapprochement;
§ Les associer à la recherche et la mise en œuvre d’initiatives visant l’amélioration de leur qualité de vie et le bon voisinage.

Activités réalisées

Créer des occasions de rencontres pour briser l’isolement et favoriser le rapprochement interculturel :

a) Création et distribution porte-à-porte d’un dépliant mensuel annonçant les activités organisées dans le local communautaire et appelant les locataires à communiquer leurs idées et suggestions pour améliorer l’animation sociale du milieu. Ceci nous a permis d’établir un contact direct et personnel avec l’ensemble des locataires du HLM.

b) Aménagement de moments de rencontres visant à favoriser les échanges informels entre locataires :

§ « Les café, beignes et journaux » : Tous les mercredis matins, les locataires du HLM se rencontrent dans le local communautaire entre 10h00 et 12h00 pour discuter ensemble de l’actualité.
Rejoignant en moyenne quatre (4) à six (6) personnes québécoises et néo-québécoises, cette activité nous permet souvent de recueillir des témoignages, de susciter entre les résidents des discussions portant notamment sur leur environnement de vie immédiat.

§ « Les dîners communautaires » : Une fois par semaine, les résidents ont la possibilité de dîner ensemble dans le local communautaire.
Cette activité rejoint en général des mères de familles d’origine haïtienne, maghrébine et africaine vivant particulièrement l’isolement.

§ « Les dîners en espagnol » : A tous les mercredis midis, les locataires apprennent ou améliorent leur conversation en espagnol tout en dînant ensemble. Il est à noter que cette activité très appréciée est également ouverte aux résidents de Saint-Benoît non locataires au HLM. L’objectif étant de « déghéttoïser » le HLM en l’intégrant dans la vie communautaire et sociale du quartier.

§ Les projections de films en famille : Deux fois par semaine. Le vendredi soir pour les familles avec enfants de huit (8) à treize (13) ans et le samedi matin pour les mères de jeunes enfants âgés de deux (2) à cinq (5) ans. Dépendamment du choix du film, les séances du vendredi sont suivies de discussions alors que les séances du samedi permettent aux jeunes mères de se retrouver pour discuter et profiter ensemble d’un moment de répit. Il est à noter que la présence des parents est requise.

§ Fête de Noël : Organisée le 17 décembre dernier en collaboration avec La Maison Fleury et le collège Mont Saint-Louis. Cette célébration a réuni un total de quarante cinq (45) personnes dont une vingtaine d’adultes.

§ Fête du nouvel an : Réunissant dix (10) adultes et vingt (20) jeunes, cette activité a permis de rejoindre de nouvelles personnes qui jusque alors n’avaient participé à aucune activité dans le milieu. Il est important de noter que cette activité a été en partie planifiée et organisée par des locataires qui se sont dits intéressés à participer et à s’impliquer davantage dans la vie sociale et communautaire de leur quartier.

c) Organisation d’activités de rapprochement interculturel :

§ Café-discussion : « Noël dans mon pays » : Réunissant des locataires d’origine africaine, haïtienne, latino-américaine et québécoise, cette activité fut l’occasion pour les résidents de les traditions de Noël dans les pays d’où leurs voisins sont originaires et de travailler ainsi le lien interculturel basé sur la connaissance des cultures et le rapprochement des personnes.

§ Fête « A la découverte de l’Afrique et des Caraïbes » : Organisée dans le cadre du « mois des noirs », cette célébration a réuni une vingtaine de personnes de diverses origines ethniques. Des locataires d’origine africaine et haïtienne ont activement participé à la planification et à l’organisation de l’activité (préparation d’un buffet ethnique, démonstration de danses traditionnelles et locales).

Favoriser la participation des résidents à des initiatives visant l’amélioration de la qualité de vie :

§ Il avait été décidé avec l’un des locataires d’exposer au mois de janvier sur les murs du local une partie de sa collection impressionnante de clés sur le thème « Ouvrez-vous ». Or celui-ci a décidé de se retirer du projet après qu’une personne l’ait mis en garde relativement au danger d’exposer dans ce milieu de « gangsters » ses antiquités et de risquer de se faire dépouiller pendant et après l’exposition. Même si cette activité n’a pu avoir lieu, sa planification nous a permis de faire une lecture du climat ambiant de peur et de méfiance entre voisins.

§ Création, circulation et signature par soixante deux (62) locataires d’une pétition dénonçant en des termes clairs et explicites les problèmes de salubrité, d’entretien et de sécurité qui prévalent au HLM. Cette pétition fut remise en main propre à la direction du secteur Nord à l’Office municipal d’habitation de Montréal. Cette initiative a été prise suite aux nombreux témoignages convergents et aux discussions entre locataires participant aux activités dans le local.

§ Participation de deux (2) locataires du HLM au Comité de mobilisation citoyenne mis en place par La Maison Fleury relativement à la question du logement dans le quartier.

Atteinte des objectifs et difficultés rencontrées
S’il est tôt après seulement quelques mois de présence dans le milieu pour évaluer l’impact de notre intervention et l’atteinte de nos objectifs, il nous est possible toutefois de constater :

Une mobilisation difficile en raison d’un climat général de peur et d’un sentiment de méfiance à l’égard des ressources communautaires :
Durant les deux premiers mois seuls les locataires déjà impliqués dans la vie communautaire du quartier car familiers de La Maison Fleury participaient aux activités organisées dans le local communautaire du HLM. De plus, la présence d’une nouvelle ressource dans le local a été à plusieurs reprises questionnée par les locataires. Ce n’est que depuis quelques semaines seulement que nous parvenons à rejoindre de nouvelles familles. L’intervenante semble être mieux acceptée par le milieu qui commence à développer des relations de bon voisinage avec elle et à publiciser les activités au local.

2. Une méconnaissance des ressources et l’absence de relations entre voisins :
A plusieurs reprises des locataires présents au HLM depuis plusieurs années disent n’avoir aucune connaissance de leurs voisins et témoignent du caractère tendu des relations entre résidents. Ils nous ont fait part qu’ils méconnaissent le rôle du comité des locataires.

3. Un début d’implication des locataires dans la vie du milieu :
La participation de certains résidents à l’organisation des différentes fêtes ou à la planification du prochain calendrier des activités comme la mobilisation autour de la pétition témoignent d’une capacité de réponse et de réaction du milieu.