Archive | avril, 2010
20 Avr

Le séisme haïtien raconté par Dany Laferrière

Tout bouge autour de moi

PAR DANY LAFERRIÈRE (ÉCRIVAIN)

Le grand écrivain haïtien, prix Médicis 2009 pour « l’Enigme du retour », était à Port-au-Prince pour le Festival Etonnants Voyageurs quand la terre a tremblé. Il raconte

1. La minute

Tout cela a duré à peine une minute, mais on avait huit à dix secondes pour prendre une décision. Quitter l’endroit où l’on se trouvait ou rester. Très rares sont ceux qui avaient fait un bon départ. Même les plus vifs ont perdu trois ou quatre précieuses secondes avant de comprendre ce qui se passait. Haïti a l’habitude des coups d’État et des cyclones, mais pas des tremblements de terre. Le cyclone est bien annoncé. Un coup d’État arrive précédé d’un nuage de rumeurs. J’étais dans le restaurant de l’hôtel avec des amis (l’éditeur Rodney Saint-Eloi et le critique Thomas Spear). Thomas Spear a perdu trois secondes parce qu’il voulait terminer sa bière. On ne réagit pas tous de la même manière. De toute façon personne ne peut prévoir où la mort l’attend. On s’est tous les trois retrouvés, à plat ventre, au centre de la cour. Sous les arbres.

2. Le carnet noir

En voyage, je garde sur moi toujours deux choses : mon passeport (dans une pochette accrochée à mon cou) et un calepin noir où je note généralement tout ce qui traverse mon champ de vision ou qui me passe par l’esprit. Pendant que j’étais par terre, je pensais aux films de catastrophe, me demandant si la terre allait s’ouvrir et nous engloutir tous. C’était la terreur de mon enfance.

3. Le silence

Je m’attendais à entendre des cris, des hurlements. Rien. Un silence assourdissant. On dit en Haïti que tant qu’on n’a pas hurlé, il n’y a pas de mort. Quelqu’un a crié que ce n’était pas prudent de rester sous les arbres. On s’est alors réfugié sur le terrain de tennis de l’hôtel. En fait, c’était faux, car pas une fleur n’a bougé malgré les 43 secousses sismiques. J’entends encore ce silence.

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(c)Baltel/Sipa
Né à Port-au-Prince en 1953, Dany Laferrière vit à Montréal. Il est notamment l’auteur de «Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer», «Je suis un écrivain japonais» et «Vers le Sud», qui a été adapté au cinéma par Laurent Cantet. Il a reçu le prix Médicis 2009 pour «l’Enigme du retour» (Grasset).

4. Les projectiles

Même à 7.3 sur l’échelle de Richter, ce n’est pas si terrible. On peut encore courir. C’est le béton qui a tué. Les gens ont fait une orgie de béton ces 50 dernières années. De petites forteresses. Les maisons en bois et en tôle, plus souples ont résisté. Dans les chambres d’hôtel souvent exigües, l’ennemi, c’était le téléviseur. On se met toujours en face de lui. Il a foncé droit sur nous. Beaucoup de gens l’ont reçu à la tête.

5. La nuit

La plupart des gens de Port-au-Prince ont dormi cette nuit-là à la belle étoile. Je crois que c’est la première fois que c’est arrivé. Le dernier tremblement de terre d’une telle ampleur remonte à près de 200 ans. Les nuits précédentes étaient assez froides. Celle-là, chaude et étoilée. Comme on était couché par terre, on a pu sentir chaque tressaillement du sol au plus profond de soi. On faisait corps avec la terre. Je pissais dans les bois quand mes jambes se sont mises à trembler. J’ai eu l’impression que c’était la terre qui tremblait.

6. Le temps

Je ne savais pas que soixante secondes pouvaient durer aussi longtemps. Et qu’une nuit pouvait n’avoir plus de fin. Plus de radio, les antennes étant cassées. Plus de télé. Plus d’Internet. Plus de téléphone portable. Le temps n’est plus un objet qui sert à communiquer. On avait l’impression que le vrai temps s’était glissé dans les soixante secondes qu’ont duré les premières violentes secousses.

7. La prière

Subitement un homme s’est mis debout et a voulu nous rappeler que ce tremblement de terre était la conséquence de notre conduite inqualifiable. Sa voix enflait dans la nuit. On l’a fait taire car il réveillait les enfants qui venaient juste de s’endormir. Une dame lui a demandé de prier dans son cœur. Il est parti après s’être défendu longuement. Son argument c’est qu’on ne peut demander pardon à Dieu à voix basse. Des jeunes filles ont entamé un chant religieux si doux que certains adultes se sont endormis. Deux heures plus tard, on a entendu une clameur. Des centaines de personnes priaient et chantaient dans les rues. C’était pour eux la fin du monde que Jéhovah annonçait. Une petite fille, près de moi, a voulu savoir s’il y avait classe demain. Un vent d’enfance a soufflé sur nous tous.

Les écrivains haïtiens face au chaos

Ma place parmi les vivants, par Syto Cavé

– James Noël: «Nous ne sommes pas à notre première fin du monde en Haïti»

Port-au-Prince ou l’odeur de la mort, par Louis-Philippe Dalembert

« Depuis mardi nous comptons nos morts », par Evelyne Trouillot

« Il faut que l’aide atteigne les victimes », par Kettly Mars

8. L’horreur

Une dame qui habite dans un appartement dans la cour de l’hôtel a passé la nuit à parler à sa famille encore piégée sous une tonne de béton. Assez vite, le père n’a plus répondu. Ensuite l’un des trois enfants. Plus tard, un autre. Elle n’arrêtait pas de les supplier de tenir encore un peu. Plus de douze heures après, on a pu sortir le bébé qui n’avait pas cessé de pleurer. Une fois dehors, il s’est mis à sourire comme si rien ne s’était passé.

9. Les animaux

Les chiens et les coqs nous ont accompagnés durant toute la nuit. Le coq de Port-au-Prince chante n’importe quand. Ce que je déteste généralement. Cette nuit-là j’attendais sa gueulante.

10. La révolution

Le palais national cassé. Le bureau des taxes et contributions détruit. Le palais de justice détruit. Les magasins par terre. Le système de communication détruit. La cathédrale détruite. Les prisonniers dehors. Pendant une nuit ce fut la révolution.

20 Avr

Un professeur dirigera la réforme constitutionnelle du Niger

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Des femmes dans une maison de Niamey préparent un festin à l’occasion de la journée du mouton. (Photo: Stéphanie Bachand)

Des femmes dans une maison de Niamey préparent un festin à l’occasion de la journée du mouton. (Photo: Stéphanie Bachand)

Mamoudou Gazibo, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal depuis 10 ans, s’est envolé pour le Niger, son pays natal, il y a quelques jours afin de présider le comité qui rédigera la nouvelle constitution du pays.

«C’est exaltant, résumait-il la semaine dernière. Tout juriste ou politologue rêve de cela, car une constitution, c’est le document fondateur et historique par excellence d’une nation.»

M. Gazibo, qui est un expert des institutions politiques et de la démocratisation de l’Afrique, a toujours suivi de très près ce qui se passait au Niger. Mais, depuis un an, son intérêt s’est mué en engagement: pas question pour lui de rester silencieux devant l’attaque frontale que subissait la fragile démocratie de son pays. Les évènements? À l’été 2009, le président, démocratiquement élu deux fois, annonce son intention de modifier la Constitution pour prolonger son second mandat de trois ans et ensuite se porter candidat une troisième fois.

Mamoudou Gazibo

Mamoudou Gazibo

«Mon départ pour le Niger est l’aboutissement d’un engagement que je partage depuis un an avec mes collègues du Département de science politique, qui m’ont énormément soutenu», signale-t-il. Ce n’est pas tous les jours en effet qu’un politologue a la chance d’exercer une influence aussi directe sur la vie politique d’un État.

Au cours des derniers mois, M. Gazibo a publié plusieurs textes dans des journaux et sur des sites Internet pour dénoncer l’abus de pouvoir de l’ex-président et démontrer à quel point la concrétisation de ses intentions ferait reculer le pays. Les propos de M. Gazibo ont nourri les protestations des partis politiques et de syndicats vivement opposés aux changements pressentis. Ces protestations ont d’ailleurs conduit les militaires à prendre temporairement le pouvoir en nommant un gouvernement de transition et divers comités et conseils provisoires, dont celui chargé de rédiger une nouvelle constitution.

M. Gazibo préside le groupe de 19 experts qui dispose de deux mois pour libeller les textes (ces experts ne sont pas des politiciens, précise-t-il).

Malgré ce délai très court, le professeur souhaite consulter la population. Il rêve d’une constitution dans laquelle se reconnaitraient les citoyens du Niger. Le groupe ne part pas de zéro puisqu’une constitution existait depuis 1999 (celle que l’ancien président a abolie dans l’espoir de demeurer au pouvoir), mais il s’agit d’en rédiger une qui soit plus solide, plus proche de la culture et des valeurs de la société nigérienne tout en étant orientée vers l’avenir.

«Nous avons l’habitude de voir en Afrique des constitutions parfois totalement importées et rédigées dans des mots hermétiques qui ne font pas sens et ne sont pas compris par la population», indique Mamoudou Gazibo.

M. Gazibo veut notamment accorder une attention particulière au langage utilisé afin que les Nigériens puissent s’y retrouver. «Il faut “sortir des sentiers battus et des carcans juridiques convenus”.»

Le Niger fait le pont entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord.

Le Niger fait le pont entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord.

Sans nécessairement tout rejeter des documents existants, et tout en soulignant le besoin d’innover, le professeur ne voit pas pourquoi, lorsque cela est en phase avec les valeurs démocratiques, certains aspects du droit coutumier tel qu’il se pratique dans les villages du Niger ne trouveraient pas leur place dans la nouvelle constitution, qui serait d’autant plus légitime.

Territoire désertique et pont entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire, le Niger a obtenu son indépendance en 1960 comme tant d’autres pays. Jusqu’en 1990, presque tous les pays africains nouvellement indépendants ont succombé aux régimes militaires, aux dictatures ou au parti unique. Le Niger n’a pas fait exception, puisqu’il a été sous le joug d’un parti unique jusqu’en 1974. Cette année-là, un coup d’État a porté le lieutenant-colonel Seyni Kountché au pouvoir, qu’il a gardé jusqu’à sa mort, en 1987. Son chef d’état-major, Ali Saïbou, lui a succédé. Ce dernier a entrepris de libéraliser les lois et la vie politique, mais la société civile l’a forcé à aller plus loin en rétablissant le multipartisme, ce qu’il a accepté à la fin de 1990. C’est ainsi qu’en 1993 Mahamane Ousmane est élu démocratiquement, mais les turbulences ne sont pas terminées pour autant. En 1995, des élections législatives obligent le gouvernement à cohabiter avec l’opposition, mais bien vite tout est paralysé. En 1996, le colonel Ibrahim Baré Maïnassara renverse le président et annonce que des élections auront lieu six mois plus tard. Mais il ne tient pas parole et les élections qui le portent au pouvoir auront été truquées.

En avril 1999, Ibrahim Baré Maïnassara est tué dans un putsch. Le major Daouda Malam Wanké prend la tête du pays et promet à son tour des élections rapidement. Celles-ci se tiennent à la fin de 1999 et donnent la victoire à Mamadou Tandja. Ce dernier est réélu en 2004 pour un second et dernier mandat. En aout 2009, Mamadou Tandja, à qui la Constitution ne permettait pas de demander un nouveau mandat, s’accroche. Il tient un référendum pour modifier la Constitution afin de rester au pouvoir. Les protestations sont vives et conduisent au coup d’État du 18 février.

«Un coup d’État est toujours un échec pour les partisans de la démocratie», dit le professeur de science politique. Néanmoins, l’ancien président n’a pas laissé d’autres issues puisqu’il a supprimé tous les contrepouvoirs, entre autres par la dissolution du Parlement et de la Cour constitutionnelle et l’emprisonnement des opposants qui n’ont pas pu s’exiler.

«Pour ce genre de dirigeants, écrit M. Gazibo sur le site nigerdiaspora.net en juin 2009, l’État est un patrimoine privé qu’ils ne conçoivent céder à personne d’autre.»

Ce patrimoine privé, ce sont les richesses du pays que les dirigeants s’approprient pendant que la population n’a pas assez à mange

20 Avr

Entretien exclusif

Réinventer Haïti, par René Depestre

PAR RENÉ DEPESTRE (ÉCRIVAIN)

C’est dans la tragédie même du séisme que le poète haïtien veut croire, grâce à la mobilisation mondiale, à une renaissance de son pays

Le 12 janvier, la nouvelle du séisme m’a consterné : Haïti n’est absolument pas équipé pour résister tant soit peu à un fort cyclone, à un volcan ou à un tremblement de terre de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter. La violence tellurique de la géographie a rejoint la terreur familière de son aventure historique. De la plantation coloniale à ce temps du XXIe siècle, Haïti n’aura connu que des tribulations collectives et individuelles. Toutefois, une intuition confie à mes tripes que l’actuelle terreur, d’origine sismique, va être la dernière de notre tragédie sans fin. Un espoir jamais vu pointe à tous les horizons. Dans la plupart des pays, l’opinion publique alimente chaudement les premières manifestations d’une civilité démocratique mondiale. Alors que l’entreprise humanitaire avoue ses limites (dues à l’influence encore décisive des grands Etats-nations), une société civile internationale, avec l’aide qu’elle fait affluer vers les côtes désolées d’Haïti, avance le droit de prendre le relais de l’humanitarisme du siècle dernier. La solidarité qui est tous azimuts manifestée sur la planète révèle même une sorte de tendresse du monde aux côtés des sinistrés d’Haïti. On entrevoit clairement une vérité qui n’a jamais été affirmée jusqu’ici à une telle hauteur ; il n’y a pas de malédiction sur Port-au-Prince, Jacmel, Leogane, Petit-Goâve et les autres localités dévastées. On est en Haïti, devant une histoire de la civilisation humaine sui generis ; pourquoi pas un événement historique, ontologique, politique ? L’occasion unique d’un petit Etat, issu des iniquités de l’esclavage, et qui aurait regimbé devant le modèle national que l’Europe postnapoléonienne du Congrès de Vienne (1815) posa sous ses yeux dans un « ordre mondial » à prendre ou à laisser…

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ASLAN/SIPA
Né en 1926 à Jacmel en Haïti, René Depestre est poète et écrivain. Il a publié de nombreux livres dont « Hadriana dans tous mes rêves » (prix Renaudot 1988).

Haïti aurait-il alors préféré le surplace existentiel, dans la tragédie permanente, plutôt que la longue marche qu’exige la mise sur pied de l’Etat-nation ? A Vienne, en 1815, aucune monarchie « blanche » ne voulait entendre parler de révolution haïtienne, de négritude-debout, moins encore de première république noire des temps modernes. Un cordon sanitaire « racial » devait entourer ces concepts d’un droit jugé irrecevable. Ainsi l’idéologie fondée sur l’épiderme, invention carnavalesque de l’imaginaire colonial, allait-elle prendre un poids excessif, voire pathologique, dans la stratégie politique des premiers dirigeants d’Haïti. Donnant aveuglément dans le panneau mythique de la « race », ils négligèrent les concepts fondateurs de droit, nation, civisme, souveraineté populaire, autonomie de l’individu-citoyen (tout l’héritage de 1789 et des Lumières) pour consacrer leur énergie « à la défense et à la réhabilitation de la race noire ». Cette « négritude du droit » ne pouvait être un moteur de développement et de démocratie. Dans cette optique de rachat et de rédemption, plutôt que de formation, à marche forcée, d’une société civile à l’haïtienne, le président haïtien Boyer, en 1825, accepta l’offre du roi Charles X d’indemniser les anciens colons et propriétaires d’esclaves. Dès lors, pour « régler la dette de l’indépendance », Haïti tombait sous le protectorat, la dépendance, la tutelle des places financières et boursières de l’Occident chrétien.

Le séisme dévastateur du 12 janvier vient brutalement rappeler à la faible société civile haïtienne encore debout qu’elle a désormais besoin, toutes affaires cessantes, d’adopter une vision intégrée pour la prise en charge de toute la tendresse du monde rassemblée à ses côtés. Les Haïtiens n’ont pas à attendre les bras croisés que les ONG, les Nations unies, le G20, le FMI pensent et agissent à leur place. Dans le choix qui s’impose d’un nouveau statut constitutionnel, juridique, il y a lieu d’examiner les scénarios suivants de sortie de crise et de catastrophe.

Pouvant compter sur une sorte de « coalition des humanités » autour de ses malheurs, Haïti peut passer en revue diverses options.

1) Une Fédération avec la République dominicaine se révèle impossible, tant le contentieux entre les deux voisins de l’île est encore lourd à éponger.

2) De même est utopique une Fédération avec les anciennes colonies anglophones de la Caraïbe (Jamaïque, Barbade, Trinité-et-Tobago).

3) La même impossibilité joue quant à l’intégration aux DOM-TOM des Antilles de langue française (Martinique, Guadeloupe, Guyane).

4) Un énième Etat américain sur le modèle de Porto Rico ? Outre l’hostilité des deux partis américains, Haïti, contre vents et marées, reste attaché à « l’Indépendance nationale » du 1er janvier 1804.

Aujourd’hui, Haïti peut faire l’objet d’une expérience pilote, un laboratoire, que la nouvelle donne de la Maison-Blanche peut permettre au président Barack Obama d’alimenter en civisme international, comme c’est le cas des ONG et des sociétés civiles de la planète.

R. D.

Source : « Le Nouvel Observateur » du 18 février 201

20 Avr

poète haïtien nous écrit

«Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge», par Anthony Phelps

PAR ANTHONY PHELPS (ÉCRIVAIN)

« Qui va donc me redessiner mon pays ? », se demande ici le poète et romancier Anthony Phelps qui, après Dany Laferrière, Louis-Philippe Dalembert, Kettly Mars et de nombreux autres écrivains haïtiens, a fait parvenir ce texte à BibliObs.com

Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb.

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(c)Simone Lissade-Métellus
Né en 1928 à Port-au-Prince, Haïti, Anthony Phelps est poète et romancier. Contraint à l’exil après avoir été emprisonné par François Duvalier, il s’est établi à Montréal en 1964. Traduite dans le monde entier et étudiée dans de nombreuses universités américaines, son oeuvre se compose d’une vingtaine de titres, dont «Mon Pays que voici» (1965) et «Mémoire en colin-maillard» (1976).

Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays.

J’ignore encore si la maison familiale est restée debout, mais mes sœurs, neveux et nièce ont été épargnés. Certains amis manquent à l’appel. Plusieurs sont saufs. Mon appartement, dans mon ancienne station de radio Radio Cacique, a tenu le coup et abrite toujours mon lieu de mémoire.

Nous n’irons pas poser nos nasses dans le lit de la voie lactée pour piéger des étoiles doubles. Nous n’irons pas, le temps n’est plus au jeu nous avons dépassé le chant des marionnettes. Nous avons dépassé le chant de l’enfant-do. Et l’enfant ne dormira pas. Il fait un temps de veille. Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge.

L’église de mon enfance a été détruite, le Sacré-Cœur. Mon collège a disparu, l’Institution Saint Louis de Gonzague. Qu’est devenu le Centre d’Art et ses collections ? Les lycées, universités et autres écoles n’existent plus. Tant de voix se sont tues à jamais ! Tant de victimes d’une aveugle colère de cette terre qui nous a portés !…

Entre la liane des racines tout un peuple affligé de silence se déplace dans l’argileux mutisme des abîmes et s’inscrivant dans les rétines le mouvement ouateux a remplacé le verbe. La vie partout est veilleuse.

En nous nos veines au sang tourné sur nous, le cataplasme de la peur et sa tiédeur gluante et notre peau fanée, doublée de crainte, comme un habit trop ample baille sur des vestiges d’hommes. La vie partout est en veilleuse. Ô mon pays si triste est la saison qu’il est venu le temps de se parler par signe.

Qui donc va me redessiner mon Pays ?

Nous n’avons plus de bouche pour parler nous portons les malheurs du monde et les oiseaux ont fui notre odeur de cadavre. Le jour n’a plus sa transparence et ressemble à la nuit. O mon Pays si triste est la saison qu’il est venu le temps de se parler par signe.

Merci à celles et ceux dont les gestes viennent soulager notre détresse et nous aident à nous relever.

Étranger qui marches dans ma ville, souviens-toi que la terre que tu foules

est terre du Poète et la plus noble et la plus belle, puisqu’avant tout c’est ma terre natale.

À la table de concertation pour la reconstruction du pays, en plus de la voix des gros bailleurs de fonds, qu’on entende celle de Cuba, celle de la République dominicaine pour une réconciliation dans la dignité. Celles des créateurs. Que les citoyennes et citoyens des beaux quartiers et des quartiers défavorisés soient consultés. Plus jamais de bidonville.

***

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Résumé de l’éditeur: « Mon pays que voici » d’Anthony Phelps est une des oeuvres les plus connues de la littérature haïtienne. Ce long texte, divisé en quatre parties, est une marche poétique à l’intérieur de l’histoire d’Haïti. Mon pays que voici est un poème-témoignage qui a résisté au temps et qui, curieusement, continue à dire avec force la réalité d’un pays aux prises avec l’exploitation et l’aliénation. L’ouvrage rappelle l’utilité publique de la poésie (éd. Mémoire d’encrier, Montréal).

Mais, qui dirigera un tel projet ? Déjà le grand voisin s’est clairement manifesté. Il a dépêché dix mille soldats du corps le plus aguerri, le plus brutal de l’armée états-unienne : lesmarines. Dix millemarines pour lutter contre les tremblements de terre ? Ou pour agrandir les bases qu’ils viennent d’installer en Colombie ? Presque cent ans après l’invasion d’Haïti par les marines, assistons-nous à une nouvelle forme d’interventionnisme au nom de l’aide humanitaire ?

Je me demande ô mon pays quelle main a tracé sur le registre des nations une petite étoile à côté de ton nom.

Yankee de mon cœur qui entres chez moi en pays conquis, Yankee de mon cœur qui viens dans ma caille parler en anglais qui changes le nom de mes vieilles rues, Yankee de mon cœur, j’attends dans ma nuit que le vent change d’aire.

Une fois de plus nous avons rendez-vous avec l’Histoire. Ne ratons pas cette opportunité de construire, sur cet immense malheur, une société plus juste où chacun aura sa place.

Réinventons un pays, pour que ce petit garçon et cette petite fille, qu’on a sortis des décombres, aient une ville où il fera bon vivre.

Après les pleurs et les douleurs, on entendra monter le chant qui séchera toutes tes larmes, ô mon beau Pays sans écho. On entendra monter le chant des enfants qui auront seize ans, à la prochaine pleine lune. Même si je dors sous la terre, leur chanson saura me rejoindre et je dirai dans un poème que j’écrirai avec mes os : Mon beau Pays ? Pas mort ! Pas mort !

A. Phelps, 2010

Pour en savoir plus sur Anthony Phelps

Les écrivains haïtiens face au chaos (dossier)

Séisme en Haïti : l’édition spéciale de nouvelobs.com

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Anthony Phelps
Montréal, photo © 2000 Hélène Maïa

Anthony Phelps, poète, romancier et diseur, est né à Port-au-Prince, Haïti, le 25 août 1928. Après des études de chimie et de céramique aux États-Unis et au Canada, il se consacre surtout à la littérature.

En 1961 il fonde – avec les poètes Davertige, Serge Legagneur, Roland Morisseau, René Philoctète et Auguste Thénor – le groupe Haïti Littéraire et la revue Semences. Il met sur pied et anime la troupe de comédiens, Prisme, et réalise des émissions hebdomadaires de poésie et de théâtre à Radio Cacique, dont il est cofondateur.

Il publie trois recueils de poèmes, et collabore à divers journaux et revues.

Après un séjour dans les prisons du docteur-dictateur-à-vie, Anthony Phelps est contraint de s’exiler.

Établi à Montréal en mai 1964, il y fait du théâtre – scène, radio et télé – puis du journalisme. Il participe à la narration de plusieurs films.

Il réalise et produit une dizaine de disques de poésie de poètes haïtiens et québécois.

Plusieurs fois boursier du Conseil des Arts du Canada (bourse de création libre), il a obtenu, deux fois, le Prix de Poésie Casa de las Américas, Cuba.

Le 2 février 2001, Anthony Phelps reçoit du Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration (du gouvernement du Québec) une plaque en hommage, à l’occasion du forum « Encre noire, littérature et communautés noires ».

Son œuvre, soit une vingtaine de titres, est traduite en espagnol, anglais, russe, ukrainien, allemand, italien, japonais et certains de ses livres figurent au programme des études françaises de plusieurs universités des États-Unis dont : Princeton, Saint Michael’s College (Vermont) et Iowa State University.

En 1985, après vingt ans de service à la Salle des nouvelles TV de Radio Canada, il prends une retraite anticipée pour se consacrer entièrement à l’écriture.

Oeuvres principales:

Poésie:

  • Été. Couverture et illustrations de Grace Phelps en collaboration avec l’auteur. Port-au-Prince: Impr. N. A. Théodore (Collection « Samba »), 1960.
  • Présence; poème. Illustrations de Luckner Lazard. Port-au-Prince: Haïti-Littéraire,1961.
  • Éclats de silence. Port-au-Prince: Art Graphique Presse (Collection Haïti-Littéraire), 1962.
  • Points cardinaux. Montréal: Holt, Rinehart et Winston, 1966.
  • Mon pays que voici. Suivi de: les Dits du fou-aux-cailloux. Honfleur: P.J. Oswald, 1968. Mon pays que voici (nouvelle édition : introduction de l’auteur, album photos et annexe). Montréal: Mémoire d’encrier, 2007.
  • Motifs pour le temps saisonnier. Paris: P. J. Oswald, 1976.
  • La Bélière caraïbe. La Habana, Cuba: Casa de las Américas, 1980; Montréal: Nouvelle Optique, 1980.
  • Même le soleil est nu. Montréal: Nouvelle Optique, 1983.
  • Orchidée nègre. Montréal: Triptyque, 1987.
  • Les doubles quatrains mauves. Port-au-Prince: Éditions Mémoire, 1995.
  • Immobile Voyageuse de Picas et autres silences. Montréal: CIDIHCA, 2000.
  • Femme Amérique. Trois-Rivières / Marseille: Écrits des Forges / Autres Temps, 2004.
  • Une phrase lente de violoncelle. Montréal: Éditions du Noroît, 2005.

Romans:

  • Moins l’infini, roman haïtien. Paris: Les Éditeurs Français Réunis, 1973; Montréal: CIDIHCA, 2001.
  • Mémoire en colin-maillard. Montréal: Éditions Nouvelle Optique, 1976; Montréal: CIDIHCA, 2001.
  • Haïti ! Haïti ! (avec Gary Klang). Montréal: Libre Expression, 1985.
  • La Contrainte de l’inachevé. Montréal: Leméac: 2006 ; La Roque d’Anthéron (France): Vents d’Ailleurs (à paraître).

Théâtre:

  • Le conditionnel. Montréal: Holt, Reinhart et Winston, 1968.
  • Une quinzaine de pièces radiophoniques. Radio Cacique, Haïti, 1961-64.

Contes pour enfants:

  • Et moi, je suis une île. (« Moly, le petit poisson rouge »; « La poupée à la chevelure de soleil »; « Et moi, je suis une île »; « La roue vagabonde. ») Montréal: Leméac (Collection Francophonie vivante), 1973.

Autres publications:

  • Paul Laraque, vingt ans sous les drapeaux entre Marx et Breton. (Entretiens) Montréal: Productions Caliban, 2004.
  • Image et verbe. (Trente collages de Irène Chiasson, accompagnés de poèmes de François Piazza, Anthony Phelps, Yves Leclerc, Raymond Charland. Préface de Robert Klein.). Longueil: Image et verbe éditions, 1966.
  • D’une lettre à l’autre. Abécédaire. Poèmes et illustrations de 28 poètes et 28 peintres. Trois-Rivières: Presse Papier et Écrits des Forges, 2005.
  • Joutes internationales Pixel. Coffret de poèmes et dessins réalisés par 10 poètes et 10 peintres lors du Festival international de poésie de Trois Rivières 2003. Trois Rivières: Presse Papier, 2005.

Discographie:

Poésie d’Anthony Phelps enregistrée par d’autres personnes:

  • « Mon oxygène rêveur », « Je t’ai emprisonnée » et « À l’impromptu du couchant », poèmes d’Anthony Phelps dits par Pierre Brisson sur son disque À voix basse(volume 1). Port-au-Prince: Productions Batofou, 2004.

Réalisation et interprétation par Anthony Phelps, sous les étiquettes Les Disques Coumbite et Les Productions Caliban:

  • Mon Pays que voici, poème d’Anthony Phelps dit par l’auteur. Montréal, 1966; disque CD 2000, 2005.
  • Les araignées du soir, poème d’Anthony Phelps dit par l’auteur. Montréal, 1967.
  • Terre-Québec. Poèmes de Paul Chamberland. Montréal, 1968.
  • Pierrot le Noir. Poèmes de Jean-Richard Laforest, Émile Ollivier, Anthony Phelps. Avec des chansons de transition de Toto Bissainthe. Montréal, 1968; disque CD 2005.
  • Motifs pour le temps saisonnier. Textes d’Anthony Phelps. Montréal, 1975.
  • Raymond Chassagne dit par Anthony Phelps. Musique de transition: Claude Dauphin. Montréal, 1975.
  • Anthony Phelps. Poésie/Poesia. Palabra de esta América. La Havane: Casa de las Américas, 1979.
  • Poètes d’Haïti. Raymond Chassagne & René Philoctète. Montréal, 1982.
  • Quatre Poètes d’Haïti: Davertige, Legagneur, Morisseau, Phelps. Montréal, 1982.
  • Orchidée nègre. Textes d’Anthony Phelps. (Cassette) Montréal, 1992.
  • Paroles vives. Textes de Georges Castera. (Cassette) Montréal, 1993.
  • Les beaux poèmes d’amour d’Haïti-littéraire dits par Anthony Phelps (Davertige, Legagneur, Morisseau, Philoctète, Phelps). CD. Pétion-Ville, Haïti, 1997.
  • La poésie contemporaine d’Haïti. Trente-quatre poètes. CD. Pétion-Ville, Haïti, 1998.
  • Incantatoire, poèmes de Raymond Chassagne dits par Anthony Phelps et Boris Chassagne. Musique d’Oswald Durand. Montréal, 2003.

Films et vidéos:

  • Aube noire. film, 20 min. Montréal: InformAction, 1980.
  • Planète créole. Vidéo, 30 minutes. (Série 1366 N° 004) Montréal: Radio Québec, 1980.
  • Planète créole. Vidéo, 30 minutes. (Série 1366. N° 006) Montréal: Radio Québec, 1980.
  • Et négriers d’eux-mêmes. Film, 57 minutes. Montréal: Productions Pierre Nadeau, 1981.
  • Mercenaires en quête d’auteurs. Film. 87 minutes. Montréal: Productions InformAction, 1981.
  • Zone de turbulence. Film, 80 minutes. Montréal: Productions InformAction, 1985.
  • Spécial Anthony Phelps. Vidéo, 60 minutes. Télé nationale d’Haïti. Septembre 1986.
  • Les îles ont une âme. Film, 29 minutes Montréal: Productions InformAction, 1988.
  • L’homme qui plantait des arbres. Film d’animation de Frédéric Bach. 29 minutes. Productions ONF/Radio Canada. Version créole: Montréal: InformAction, 1990.

Collaboration à divers journaux et revues:

  • En Haïti : La Phalange; Le Nouvelliste; Conjonction; Semences; Rond-Point; Chemin critique; Rencontres.
  • En Belgique : Marginales.
  • À Cuba : Revista Casa.
  • Au Mexique : Revista Plural.
  • Au Québec : Carnet Viatorien; Liaison; Lettres et Écritures; Nouvelle Optique; Estuaires (117 [février 2003]: 58-59 Femme-papyrus (extrait d’Une phrase lente de violoncelle); Les Écrits (110 [avril 2004]: 7-11, « Quand l’écriture devient fumée »).
  • Aux USA : Osiris (Greenfield Massachusetts, 58 [June 2004]: 12-13, extrait de Femme-papyrus); Bomb; Callaloo.
  • À Trinidad-Tobago : The New Voice.

Participation à des Congrès et rencontres:

  • Festival Pouchkine : Moscou et Leningrad (Union Soviétique), juin 1971.
  • Hommage à Léon Felipe, poète espagnol décédé au Mexique. Mexico, 1974.
  • Festival des arts et des cultures nègres. Lagos, Nigéria, janvier 1977.
  • Membre du Jury du Prix de Poésie de Casa de las Américas, Cuba, 1979.
  • Conference of Caribbean Writers, Toronto, Canada, 1982.
  • Festival franco-anglais de poésie. Paris, France, avril 1982.
  • Congrès des écrivains francophones hors de France. Padoue, Italie, 1983.
  • Festival of Caribbean Writers, New York, USA, 1985.
  • Encuentro de los poétas del mundo latino. Zacatecas, Mexique, 1988.
  • Semaine de la culture haïtienne. Santo Domingo, République Dominicaine, juin 1989.
  • Forum libre, Festival des arts de la Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, juillet 1989.
  • Semaine d’hommage à Toto Bissainthe. Fort de France, Martinique, mars 1994.
  • Conférence de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) Quito, Équateur,1995.
  • Semaine culturelle haïtienne, à Santiago, lors de la visite du Premier ministre Rosny Smarth au Chili, mai 1997.
  • « Haiti attraverso la sua letteratura », Colloque organisé par Istituto Italo-Latinoamericano à Rome (Italie), 4-7 mai 1998.
  • « D’autres rêves : Les écritures migrantes au Québec ». Séminaire à Venise organisé par le Centro Interuniversitario di studi quebecchesi, 14-16 octobre 1999.
  • « Écriture = Rencontrer ». Rencontre entre quatre écrivains anglophones et francophones: Driss Chraibi du Maroc, Anthony Phelps d’Haïti, Vikram Chandra de l’Inde et Peter Carey d’Australie. Université de Bologne. 26-28 mai 2000.
  • L’avenir des civilisations : métissage ou purification. Congrès international, Université Hitotsubashi, Tokyo 26-28 avril 2002.
  • Festival International de Poésie de Trois-Rivières du 3 au 12 octobre 2003.
  • Un après-midi de poésie et de peinture avec Anthony Phelps. Mehu Gallery, New York, 23 octobre 2005.

Sur Anthony Phelps:

  • Costantini, Alessandro. « Fantasmes de la violence et traumatismes de l’identité dans Mémoire en colin-maillard d’Anthony Phelps ». La deriva delle francofonie 6.2 (Les Antilles, 1992): 129-156 (en trad. italienne : « Fantasmi della violenza e traumi dell’identità in Mémoire en colin-maillard ». Alessandro Costantini, Fantasmi narrativi e sovversione linguistica nel romanzo haitiano moderno e contemporaneo. Milano: Cisalpino–Ist. Ed. Universitario, 2002: 143-161.
  • Costantini, Alessandro. « Être/Paraître : le problème de la narration aliénée dans les romans d’Anthony Phelps ». Caribana 4 (1994-95): 53-73 (en trad. italienne : « Essere/apparire : il problema della narrazione alienata nei romanzi di Anthony Phelps ». Alessandro Costantini, Fantasmi narrativi e sovversione linguistica nel romanzo haitiano moderno e contemporaneo. Milano: Cisalpino–Ist. Ed. Universitario, 2002: 163-188.
  • Costantini, Alessandro. « Anthony Phelps: un poeta, un uomo senza prefissi ». Scrivere = Incontrare (Migrazione, multiculturalità, scrittura), par Matteo Baraldi e Maria Chiara Gnocchi. Macerata: Quodlibet, 2001: 19-30.
  • Dominique, Max. L’arme de la critique littéraire: littérature et idéologie en Haïti. Montréal: Éditions du CIDIHCA, 1988.
  • Emina, Antonella. « Anthony Phelps ou les rivages de la spiritualité ». I colori dello spirito (Antille 3). Anna Paola Mossetto (sous la direction de). Bologna: CLUEB, 2001: 15-25.
  • Jonassaint, Jean. Le Pouvoir des mots, les maux du pouvoir. Des romanciers haïtiens de l’exil. Paris / Montréal: Arcantère / PUM, 1986.
  • Rowell, Charles H. « Interview with Anthony Phelps. » Callaloo 15.2 (Spring 1992): 381-3.

Traductions:

auf Deutsch:

  • Denn wiederkehren wird Unendlichkeit. (Moins l’Infini) Trad. Thomas Dobberkau. Berlin: Aufbau Verlag, 1976.

in English:

  • « Père caraïbe », poème. Trad. Janice Thomas. The New Voice (Trinidad-Tobago) 7.14 (1979).
  • « Osiris », nouvelle. Trad. Charlotte Bruner. Poet and Critic 3.16 (1985).
  • « La bouche du Père », poème. Trad. Colette Pratt. A Shapely Fire. Ontario: Mosaic Press, 1987.
  • « Carib Father » (trad. Carrol Coates) / « Père Caraïbe »; « from Even the Sun is Naked » (trad. Gregory Hall) / « from Même le soleil est nu »; « from Black Orchid » (trad. Carrol Coates) / « from Orchidée nègre » (poésie en français avec traductions). Callaloo 15.2 (Spring 1992): 347-380.
  • « Black African Literature form American, Myth or Reality? Extrapolating from an Imaginary History, a Story of the Imagination, and an Anecdote. » Research in African Literatures 25.2 (Summer 1994): 141-150.
  • « Quand l’écriture devient fumée » / « When Writing becomes Smoke ». Trad. Eleni Sikelianos et Laird Hunt. Bomb Magazine 90 (Winter 2004/2005): 84-85.

en español:

  • Flores para los héroes. (Moins l’Infini, roman) Trad. Alcira Gonzalez Malleville. Grupo Editor de Buenos Aires, 1975.
  • La littérature négro-africaine. (Article) Trad. Lazlo Moussong. Plural (Mexico) 159 (1984).
  • Orquídea negra. Trad. Javier García Mendez. Plural (Mexico) 169 (1985).
  • Este es mi país. Mon pays que voici. (édition bilingue) Trad. Mónica Mansour. México: Joan Boldó i Climenti et Les Productions Caliban, 1987.

en italiano:

  • Immobile Viaggiatrice di Picas. Trad. Antonella Emina. Torino: La Rosa Editrice, 2000.
  • « Ne révèle pas nos mots de passe », poème. Traduction Alessandro Costantini. Nexus (Venise) 12.58 (nov.-gen. 2005): 4.

en japonais:

  • « Hier, hier encore ». Anthologie de nouvelles haïtiennes. Tokyo: Kokusho-Kankokai, 2003.

en russe et ukrainien:

  • « Le Silence éclaté ». Nouvelle poésie haïtienne. (Anthologie) Moscou, 1968.
  • Le poème de la montagne. Trad. ukrainienne. Revue Le Monde, mai 1974.
  • Moins l’infini, roman. Trad russe. Moscou: Littérature étrangère, 1975.
Sites et liens sélectionnés
Liens sur Anthony Phelps

sur « île en île » et à CUNY:

ailleurs sur le web:

  • « Ici, ailleurs, quelles frontières ? Sous le signe du double », article d’Anthony Phelps paru dans Notre Librairie 143 (janvier-mars 2001), pp. 12-13.
  • « La poésie d’Anthony Phelps », article de Saint-John Kauss (sur le site du Capès-créole).

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Dossier Anthony Phelps préparé par Thomas C. Spear
tous droits réservés © 2001-2007
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/phelps.html
mise en ligne : le 25 janvier 2001; mise à jour : 17 avril 2007

20 Avr

Cinquante ans après sa mort, il est partout

Camus, le nouveau philosophe

PAR GRÉGOIRE LEMÉNAGER ET BAPTISTE TOUVEREY

Cinquante ans après sa mort, l’auteur de « l’Etranger » est partout. On le lit dans le monde entier et, de Michel Onfray à Nicolas Sarkozy, on l’invoque comme une conscience morale pour le XXIe siècle. Enquête

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AFP
Né en 1913 à Mondovi, en Algérie, Albert Camus publie « Le Mythe de Sisyphe » et « L’Etranger » en 1942. Suivront notamment « La Peste » (1947), « L’Homme révolté » (1951), et « La Chute » (1956). Il reçoit le prix Nobel en 1957 et meurt dans un accident de voiture le 4 janvier 1960.

Université de Duke, Caroline du Nord, 2007. Un jeune prof sorti de la Sorbonne pose une question idiote à ses étudiants : quel est le grand écrivain français du XXe siècle ? Il attend Proust ou Céline. Claudel ou Sartre à la rigueur.

La réponse est unanime : «C’est Camus, Monsieur !» Camus ? Ce philosophe pour classes terminales, avec son style IIIe République et sa morale de Croix-Rouge? Le professeur n’en revient pas. Une seule chose le rassure : ces ignares sont américains.

Mais, de retour en France, il apprend que Nicolas Sarkozy a organisé un déjeuner en l’honneur de Camus et vanté « son non-conformisme par rapport aux élites.»« Grâce à lui, j’ai la nostalgie, chaque fois que je vais en Algérie, de ne pas être né en Afrique du Nord », a-t-il déclaré dans un accès de lyrisme bizarre.

Il a en tête son projet d’Union pour la Méditerranée. N’est-ce pas aussi pour imiter son nouvel ami George W. Bush qui a dit lire «The Stranger» dans son ranch texan ? Le responsable de la guerre en Irak avait trouvé, dans ce roman, dont le héros tue un Arabe, « une lecture intéressante et rapide ». Mais voilà que Michel Onfray se réclame de «l’Homme révolté » dans « la Pensée de midi », et que le romancier algérien Yasmina Khadra le cite en exergue de « Ce que le jour doit à la nuit ». Edwy Plenel lance son site internet en invoquant le journal « Combat ». Et Alain Finkielkraut consacre un chapitre de son « Cœur intelligent » au « Premier Homme », tandis qu’André Comte-Sponville trouve « le Mythe de Sisyphe » plus essentiel que « la Critique de la raison pure ».

La popularité de Camus n’a jamais fait de doute. En 1999, « l’Etranger » se classe en tête d’un top 50 établi par 6.000 lecteurs. Mais, surtout, ce bref premier roman publié en 1942 s’impose, avec ses 6,7 millions d’exemplaires écoulés en Folio, comme le livre de poche le plus vendu en France. Mieux que « le Petit Prince », ou n’importe quel Marc Levy. « La Peste » (4 millions) le suit presque immédiatement. Et, plus loin, « la Chute » (1,7 million). « Il a toujours gardé un lectorat fidèle, chez les professeurs du second degré notamment », observe l’universitaire JeanyvesGuérin, qui vient de diriger un remarquable « Dictionnaire Albert Camus » (Bouquins, Robert Laffont). Et puis c’est un écrivain acceptable par les classiques et les modernes.» L’écrivain, sans doute, que l’on admirait jusque chez Barthes ou Robbe-Grillet ; mais le penseur ?

« Il n’est « pas très compétitif en matière conceptuelle », comme disait Ricoeur à propos de Mounier. Il est un peu court sur Hegel, Heidegger, et même Nietzsche probablement. Mais il pose certaines questions philosophiques à sa façon, et plutôt bien, comme l’a observé Jean-François Mattéi. Il est sur le versant littéraire de la philosophie; c’est pourquoi, même si Ricoeur ou Bataille ont favorablement reçu « l’Homme révolté », il a été occulté par Derrida, Foucault, Deleuze…»

La nouvelle légitimité de Camus vient de là. Qui aurait cru, pourtant, que vingt ans après la chute d’un Mur qu’il n’avait pas connu, Camus ferait figure de maître à penser dans un monde qui n’a plus grand-chose à voir avec le sien, et qui a appris à se méfier des directeurs de conscience ? On médite ses « Réflexions sur le terrorisme » sous la menace d’Al-Qaida ; on se demande entre deux tragédies chez France Télécom si le suicide n’est pas en effet « le seul problème philosophique vraiment sérieux » ; et l’on se refile « la Peste » comme un bréviaire par temps de grippe A.

Camus  le bêtisier
Jean-Paul Sartre:
«Et si votre livre [“l’Homme révolté”] témoignait simplement de votre incompétence philosophique ? S’il était fait de connaissances ramassées à la hâte et de seconde main ? […] Et si vous ne raisonniez pas très juste ? Si vos penséees étaient vagues et banales ?»

Pierre Bourdieu:
« « L’Homme révolté » n’est qu’un brevet de philosophie édifiante […] qui sied aux adolescentes hypokhâgneuses et qui assure à tout coup une réputation de belle âme.»
Lucien Rebatet (dont Camus avait obtenu la grâce à la Libération):
«Cette récompense [le prix Nobel] qui échoit le plus souvent à des septuagénaires n’est nullement prématurée. Dès son allégorie de “la Peste”, on diagnostiquait chez Camus une artériosclérose du style.»
Kléber Haedens:
«[Sa pensée] met l’illusion de la profondeur à la portée des intelligences les moins privilégiées.»
Bernard Frank:
Son «style soutenu, précautionneux»est «le style d’un timide, d’un homme du peuple qui, les gants à la main, le chapeau encore sur la tête, entre pour la première fois dans un salon. Les autres invités se détournent, ils savent à qui ils ont affaire. […] On va finir par s’apercevoir qu’il n’a jamais rien écrit.»

Il s’agit bien d’une gloire mondiale. «Sa fortune est mondiale, souligne Guérin.C’est toujours à l’étranger qu’il a trouvé ses meilleurs alliés». Et ce n’est pas seulement parce que les Cure disent s’être inspirés de «l’Etranger» pour composer leur premier tube, «Killing an Arab» (1978); ni même parce qu’on doit à un Palestinien, Edward Saïd, une des critiques les plus stimulantes de Camus: la mise à mort du seul Arabe présent dans ses romans lui apparaissait comme l’expression d’un «inconscient colonial».

De l’Espagne au Japon, il est l’un des auteurs français les plus étudiés. Son théâtre a été monté par les plus grands, Strehler, Wajda, Bergman, pendant que les Français le boudaient – la création des « Justes » parStanislas Nordey, en 2010 à la Colline, s’annonçant donc comme un événement. On le traduit partout. Trois ans après sa parution en 1994, « le Premier Homme » était disponible en trente-six langues.« Tous les écrits algériens de Camus ont alors été relus et acceptés, dit Guérin. Il est alors devenu un auteur culte en Algérie. Et tant pis s’il n’était pas pour l’indépendance. Au moins, ce n’était pas un suppôt du FLN, comme Sartre.»

Même un texte plus austère, « Réflexions sur la peine capitale », a été récemment publié dans des pays comme l’Ukraine, où l’on débattait de la peine de mort. Et la présidente de la Société des Etudes camusiennes, Agnès Spiquel, se souviendra longtemps de sa visite à Pristina, en 2007, lors d’une manifestation culturelle autour de Camus :« Pendant trois jours, toutes les radios et tous les journaux ont titré sur Camus. Il représentait une bannière pour un Kosovo ouvert, multiethnique et laïque.» Son idée d’« une terre pour deux peuples », formulée à propos de l’Algérie, trouvait un écho particulier dans un pays que se partagent depuis des siècles Serbes et Albanais.

« Une révolte mesurée »

C’est que Camus n’est pas n’importe qui en Europe de l’Est. Ses textes y circulaient en samizdat, on l’invoquait lors du printemps de Prague. « Des Tchèques, des Polonais, des dissidents russes nous parlaient de Camus,raconte Jean Daniel. Mais pourquoi ces gens le préféraient-ils au catéchisme antimarxiste de Raymond Aron? Parce que Camus avait connu la misère, agi dans la Résistance, écrit sur la violence et le mal. Enfin, ces intellectuels de l’Est étaient des révoltés qui avaient peur de la Révolution. Or la sacralisation de la violence révolutionnaire et de l’Histoire est au cœur de la réflexion de Camus. Cet homme qui pense comme Montaigne, écrit comme Pascal et vit dans le doute moderne, offre la possibilité d’une révolte mesurée.»

Pour devenir une icône, rien de tel, hélas, que d’être fauché dans la fleur de l’âge. Michael Jackson n’a guère innové de ce côté-là. Camus meurt à 47 ans, le 4 janvier 1960, dans un accident de voiture. Comme Roger Nimier, Grace Kelly, James Dean. Et ce destin brisé en fait plus qu’un grand écrivain : il y a du héros et du saint en lui ; à côté, Malraux ferait presque figure de voyou. Dans sa sacoche, un texte inachevé, « le Premier homme ». Il espérait diriger un théâtre, il était question qu’il fasse du cinéma : il en avait le physique, il se décrivait comme un mélange de Humphrey Bogart et Fernandel. Il avait vécu une passion tumultueuse avec Maria Casarès, accumulé les conquêtes, mais refusé les avances de Simone de Beauvoir – il craignait qu’elle ne soit trop bavarde au lit. Les mythologies se font aussi avec des détails. Celle de Camus est, surtout, celle d’un prix Nobel qui, parce que son père était mort à la guerre en 1914, avait été élevé par une mère analphabète, presque muette, qui gagnait sa vie en faisant des ménages. C’est à elle qu’était dédié le manuscrit inachevé : « À toi qui ne pourras jamais lire ce livre.»

Longtemps, il fut de bon ton de le considérer avec mépris. Dans « l’Homme révolté », en 1951, il franchit la ligne rouge en comparant le goulag aux camps de concentration. Hannah Arendt le félicite, considère qu’il« dépasse les autres intellectuels de la tête et des épaules », mais qui connaît Hannah Arendt ? Le gourou de référence, c’est Sartre, qui du haut de son agrégation accuse Camus d’«incompétence philosophique ». L’Algérie s’embrase. On stigmatise sa partialité, et le Nobel en 1957 n’arrange rien, malgré les félicitations de Mauriac, Martin du Gard ou Faulkner. « On l’oublie complètement tant Camus est aimé maintenant, mais sa réputation était au plus bas, rappelle son ami Roger Grenier. Il était brouillé avec les surréalistes et les « Temps modernes », méprisé par l’Université, et la guerre d’Algérie lui faisait beaucoup de mal. Même quand il disait quelque chose, on lui reprochait de ne pas prendre parti…»

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C’est un homme isolé, « déchiré », qui meurt en 1960. Il garde ses fidèles, comme Louis Guilloux ou René Char, mais sa pensée s’efface avec lui. Sartre peut se fendre d’un bel hommage à « son humanisme têtu, étroit et pur, austère et sensuel », le débat se joue désormais entre normaliens : Sartre ou Aron. On ne méprise plus Camus, on l’ignore. Et Jean Daniel n’a pas oublié le « ricanement » de Michel Foucault et des grands esprits qu’il avait rassemblés pour fonder « le Nouvel Observateur » en 1964, lorsqu’il citait son ami disparu.

On mesure aujourd’hui le chemin parcouru lorsqu’un disciple d’Althusser et Derrida, Souleymane Bachir Diagne, estime que Camus « mérite d’être redécouvert comme un « philosophe de notre temps »». Cité dans un récent article du magazine « Books », où il était question d’un « retour de Camus » chez les universitaires américains, ce professeur à Columbia note combien « l’effondrement des certitudes idéologiques fait que Camus n’est plus persona non grata », comme le montre le philosophe David Shermanen soulignant que l’heure est aux valeurs « éthico-politiques cosmopolites telles que le dialogue entre les cultures et les droits de l’homme.» Michel Onfray part du même constat : «Nous sommes sortis de l’ère idéologique. Aujourd’hui, l’Histoire a donné raison à Camus. Il devient ce qu’il était: un grand lucide…» C’est pour réclamer au passage une vraie gauche : « Camus a critiqué très puissamment le capitalisme, la déshumanistation de toute politique à droite comme à gauche. La justice sans la liberté, c’est la dictature ; la liberté sans la justice, c’est la loi du plus fort : il voulait la justice et la liberté, ce qui faisait de lui un libertaire…» Comme Onfray, alors ? Si l’on veut, oui. A chacun son combat, et son Camus.

« Un pionnier de l’idée européenne »

Celui d’Alain Finkielkraut invite, on s’y attendait, à plus de mesure :« C’est l’un des très rares penseurs du XXe siècle qui ait posé des limites à l’empire de l’Histoire, c’est-à-dire de l’Homme. » Le potentiel libertaire réveillé par Mai-68, qui finira par accoucher des « nouveaux philosophes », mais aussi la nécessité de trouver des références à gauche, quand on se détache du programme commun en 1983, sont passés par là :

« Il faut alors de nouvelles références aux socialistes, explique Guérin. Ils se mettent alors tous à citer Camus, avec plus ou moins de conviction. Même si Badinter et Maurois avaient vraiment de la sympathie pour lui, Mitterrand par exemple avait assez peu d’affinités avec l’auteur de « la Peste »: son machiavélisme s’accordait assez mal à l’humanisme de l’écrivain… Mais depuis, il y a bien un recours massif au Camus citoyen. Chez Ségolène Royal comme chez Dominique Voynet. Tous les courants modernistes démocratiques se sont mis à le citer. Il n’y a guère qu’au Front national, ou sans doute du côté de Chevènement, qu’on s’en est abstenu. Et tandis que le nombre de lycées et collèges Albert-Camus bat désormais des records, on trouve des kilomètres de boulevards Albert-Camus dans les villes socialistes…»

Au fond, ce qui séduit chez Camus, c’est une attitude, où l’homme et l’œuvre s’accordent, et qui permet à chacun d’y trouver quelque chose à saluer. La figure du franc-tireur est bien pratique. Mais rien ne résiste mieux aux caprices de l’Histoire qu’un humanisme vissé au corps. Celui de Camus, souligne Guérin, l’a mené à s’insurger contre les moyens utilisés à Hiroshima, à être un « pionnier de l’idée européenne », ou encore à écrire« Ni victimes ni bourreaux » dès 1946, « un grand texte sur la mondialisation, avec l’idée qu’il faut un « nouvel ordre international », puisqu' »il n’y a plus d’îles et les frontières sont vaines ». Et en effet, les frontières n’ont arrêté ni le nuage de Tchernobyl, ni H1N1, ni la crise des subprimes. Son mondialisme est un altermondialisme.»

L’auteur de « la Peste », ce « plaidoyer pour les ONG », inventeur du droit d’ingérence ? « Oui, mais attention, Camus, ce n’est pas l’humanitarisme médiatique à la Bernard-Henri Lévy. Il est à BHL ce qu’Edith Piaf est à Vanessa Paradis », martèle Guérin, qui met en garde contre toutes sortes de récupérations. « Celle de Camus par Sarkozy est idiote et scandaleuse. La politique sarkozyste est anticamusienne au possible. Camus, qui n’a jamais appelé à voter que pour Mendès-France, n’aimait pas fréquenter les hommes politiques, qu’il considérait comme « des hommes sans idéal et sans grandeur » : « Combat » ne leur a jamais donné une tribune, et lui-même refusé de déjeuner à l’Elysée avec de Gaulle.»

Certes, « il reste une vieille garde sartrienne, mais on attend surtout la grande autocritique des « Temps modernes » sur la querelle Sartre-Camus…» Bien sûr, le camp de l’indifférence existe toujours. Naturellement, il se trouve toujours un Charles Dantzig pour dénoncer dans tel texte « le triomphe de la pensée moyenne », ou trouver qu’il arrive à Camus d’être « si scolaire qu’on dirait un écrivain pour étudiants de français langue étrangère.» Mais avec la fin des idéologies, proclamée au risque d’ignorer celles qui sévissent désormais, on lui fait si volontiers jouer le rôle du philosophe pour phase terminale qu’«il est très difficile d’être anti-camusien aujourd’hui…», résume Guérin. Camus a gagné. Par K.-O., dans le chaos. La pensée « modeste » qu’il revendiquait reste un vaccin contre tous les dogmes.

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Grégoire Leménager et Baptiste Touverey

Entretien avec Michel Onfray : « Albert Camus est un libertaire irrécupérable »

Camus au Panthéon? « Qu’on le laisse à Lourmarin !», par Jeanyves Guérin

➦ Tout notre Dossier « Spécial Camus »

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Source : Ceci est une version légèrement étoffée de l’article paru dans « Le Nouvel Observateur » du 19 novembre 2009.


20 Avr

De Saigon à Montréal

Guerre et paix

PAR JÉRÔME GARCIN du Nouvel Observateur

Née au Vietnam, Kim Thúy est arrivée au Québec à l’âge de 10 ans. Dans « Ru », un livre qu’elle a écrit en français, elle raconte son fabuleux destin

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(c) Sylvie Biscioni
Kim Thuy

Ce livre, c’est comme un joli vase vietnamien en bambou laqué qui se serait brisé autrefois, au cours du long voyage. Kim Thúy en aurait rassemblé les morceaux épars et les aurait conservés pendant plus de trente ans. Aujourd’hui, avec un calme surprenant et un doigté d’artiste, elle reconstitue, pièce après pièce, sans trop se soucier de l’ordre originel, son enfance fracassée et sa jeunesse recomposée. Avec le temps, elle y ajoute seulement de nouvelles couleurs. Plus gaies. Dans son autobiographie faite de bribes et de bosses, une image en appelant une autre, elle refuse en effet l’apitoiement, travestit le misérabilisme, ignore la rancoeur et se moque de la chronologie. Même le malheur, elle le traite à la légère. Elle tient en effet que la politesse est par essence une vertu vietnamienne, et le prouve en dessinant un sourire sur le visage accablé du destin. « Ru » est du jamais lu.

Tout se prêtait pourtant au récit linéaire et lacrymal. Car la vie de Kim Thúy, née en 1968 pendant l’offensive du Têt, bascula dans la tragédie lorsqu’elle eut 10 ans. Jusque-là, elle avait grandi à Saigon dans l’insouciance luxueuse d’une bourgeoisie qui jouait au tennis, écoutait Sylvie Vartan et Michel Sardou, importait des dentelles de Paris et se flattait d’avoir deux chefs, l’un pour la cuisine française, l’autre pour la vietnamienne. Le décor était durassien, le rythme alangui et la vie, mondaine. La suite, on la connaît : l’invasion du Sud par le Nord et l’arrivée des communistes, qui occupèrent les maisons, terrorisèrent leurs habitants et poussèrent la famille de Kim Thúy à se jeter à l’eau, dans le golfe de Siam, avec des milliers d’autres boat people. Le père cacha des diamants dans un bracelet de prothèse dentaire et il dissimula dans sa poche des pilules de cyanure, qu’il aurait données aux siens s’ils avaient été capturés, afin de les endormir « comme la Belle au bois dormant ».

La blancheur de la neige

Après, ce fut un camp de réfugiés en Malaisie, un immense cloaque, un dépotoir humain ravagé par la dysenterie et envahi par une armée de vers blancs jaillis de la fosse septique. Et puis, enfin, Montréal. La petite Vietnamienne angulaire et osseuse découvrit alors la blancheur de la neige, l’usage de la fourchette, un riz qui n’était plus collant, les courbes opulentes des Québécoises et leur générosité à l’égard des immigrants. Elle vit aussi sa mère, qui était la fille d’un préfet à Saigon, devenir soudain femme de ménage et puis ouvrière dans leur nouvelle patrie, où le temps et la hiérarchie étaient bouleversés.

Kim Thúy a longtemps repoussé le désir de rassembler ses souvenirs.C’est qu’elle était d’abord pressée de vivre et de s’intégrer. Elle a été couturière, interprète, avocate, restauratrice, chroniqueuse culinaire à la radio. Elle a aimé, sur son corps, les mains « habillées de joncs» des hommes mariés. Elle a épousé un Québécois, elle a élevé deux fils à la peau blanche, Pascal et Henri. De ce dernier, qui est autiste, elle dit avec pudeur :« Il ne comprendra jamais pourquoi j’ai pleuré quand il m’a souri pour la première fois. » Elle a aussi beaucoup lu : Duras, Barthes, Kundera (pour, dit-elle, « comprendre le communisme »), Tim O’Brien, les poètes vietnamiens et « le plus inspirant de tous les livres » : le Code de Procédure civile de la Belle Province. Enfin, elle a pris le temps de retourner au Vietnam, avec son fils aîné, dans le seul but qu’il « tombe amoureux de ce pays ».

Une aptitude au bonheur

Aujourd’hui, elle écrit dans un français universel qui emprunte à la fois à ses origines, à sa nouvelle nationalité et à ses lectures de chevet. Un français enrichi de tout ce que, à 40 ans, elle a déjà vécu. Sous sa plume si délicate qu’on dirait un pinceau pour calligraphier, les images, les parfums, les sensations, les idées se mêlent et parfois se confondent. La détresse et l’espérance, les cicatrices et les baisers, l’exil et le royaume, le passé et le présent, l’ancien et le nouveau monde, Saigon et Montréal, le thé à la fleur de lotus et le sirop d’érable, le ru français (le torrent de larmes) et le ru vietnamien (la berceuse). Elle croit même que « la guerre et la paix sont des amies ». De sa fuite éperdue sur une embarcation de fortune, elle conclut avec sagesse et gratitude : « Depuis, nous avons appris à voyager très léger. »

Pas trace, chez elle, de colère et encore moins de morale. Pas non plus de rancune, qui est la vanité des déchus. Au contraire, une étonnante faculté d’adaptation, un persistant goût de l’émerveillement et une saisissante aptitude au bonheur, qu’elle a hérités de son père : « Il savoure chaque moment de son présent comme s’il était toujours le meilleur et le seul, sans le comparer, sans le mesurer. » Kim Thúy ne compte pas, elle donne. Plaisir d’offrir, joie de recevoir.

J.G.

« Ru »
par Kim Thúy
Liana Levi, 144 p., 14 euros


20 Avr

D’avocate à romancière : le surprenant parcours d’une diplômée

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Kim Thuy Ly, une diplômée de l’UdeM

Kim Thuy Ly, une diplômée de l’Université de Montréal en droit (1993) et linguistique et traduction (1990), s’est réinventée plusieurs fois depuis qu’elle a fui son Vietnam natal. Tour à tour, dès son arrivée au Québec en 1978 à l’âge de 10 ans, elle été employée agricole, couturière et caissière pendant ses études pour ensuite devenir traductrice, interprète, avocate, restauratrice, chroniqueuse culinaire et, dernièrement, romancière.

On peut en apprendre davantage sur son parcours remarquable dans son premier livre – l’autobiographie Ru (Libre Expression) – dont le titre signifie «petit ruisseau» en français et «berceuse» en vietnamien. À sa sortie, Ru a fait un tabac au Québec et en France et le livre sera bientôt traduit pour différents publics en Italie, en Suède, en Allemagne et en Espagne.

« La plume de Kim Thuy est empreinte d’une poésie qui transporte, sourit, apaise. Un premier roman d’une grande puissance évocatrice, souligne le quotidien français, Le Figaro. Se dégage de ce premier roman un sentiment d’une rare félicité. »

Née à Saïgon en 1968, Kim Thuy a quitté son pays natal avec ses parents et ses deux frères pour fuir la répression du régime du Têt. L’impossible aventure a débuté dans la dégoutante cale d’un bateau de pêche, suivi d’un douloureux passage dans un camp de réfugiés en Malaisie pour se terminer au Québec, où la famille a dû s’adapter à un mode de vie complètement nouveau. Les moments les plus mémorables de cette péripétie sont tissés de façon poétique dans Ru et ressemblent à d’inspirantes cartes postales.

Le quotidien La Presse décrit le succès de Ru comme un « conte de fées » pour Kim Thuy : « Qu’elle gagne autant de cœurs en écrivant dans sa langue seconde n’est pas étonnant. “Je suis une enfant de la loi 101, francophile, francophone dans l’âme, explique-t-elle. Je parle vietnamien, bien sûr, mais c’est un vietnamien d’enfant, de cuisine. Ma langue, celle dans laquelle je suis capable de réfléchir, de ressentir les choses, c’est le français.” »

L’auteure Kim Thuy se dit reconnaissante envers son alma mater pour la réussite qu’elle connaît. « Les six années d’éducation que j’ai reçues à l’Université de Montréal m’ont préparée, non pas seulement à devenir traductrice ou avocate, mais une adulte à part entière. J’y ai appris la beauté des connaissances, le plaisir de l’effort et le désir de l’excellence. En bref, l’Université de Montréal m’a donné les outils nécessaires pour apprécier les couleurs de mon quotidien et, surtout, les nuances qui s’y cachent. »

Les deux frères de Kim Thuy sont également des diplômés de l’Université de Montréal : Nhon Ly en mathématiques (1993 et 1997) et Tin Ly en médecine dentaire (1995).

20 Avr

La convergence des continents

26-02-2010

Par Yves Alavo

La Convergence des Continents Catherine Potter and Company

Parfois, les connaissances géologiques et les découvertes archéologiques disent les subtilités de la musique et préfigurent, d’une certaine manière, l’aboutissement du métissage spirituel. En observant comment le segment NW himalayen (Kohistan-Ladakh et Karakorum, NE Pakistan, et NW Inde) est une zone appropriée pour étudier les étapes de la convergence de deux continents (Inde et Asie), en contexte océanique puis continental sur 110 Millions d’années.

Pour la convergence entre l’Inde et l’Afrique, nous sommes en arts et culture, la musique nous convie au festin du donner et de recevoir. Un projet réalisé par Catherine Potter en complicité avec Zal Idrissa Sissokho, kora / Martine Koutnouyan aka VJ Liberty / Joseph Lefèvre aka VJ jocool et bien sûr ses musiciens : – Duniya Project : Catherine Potter : bansuri, composition et direction artistique / Subir Dev : tabla / Thom Gossage : batterie, kalimba / Jean-Marc Hébert : guitare / Nicolas Caloia : contrebasse. Une armada de sons précieux, de talents remarquables et de virtuosité partagée qui a sonné, fait vibrer le Montréal Arts Interculturels MAI en images, vidéos et son d’instruments modernes, anciens les flûtes et la Kora.

Une approche pluridisciplinaire (géologie structurale, pétro-géochimie, thermo-barométrie, géochronologie) a été utilisée. La virtuose du bansuri et compositrice Catherine Potter et sa formation, Duniya Project, entourés d’invités exceptionnels, ont fait escale au MAI (Montréal, arts interculturels) pour présenter en première mondiale leur nouvelle création, La Convergence des Continents Il s’agit d’un spectacle des Productions Shadaj.

Avec La Convergence des Continents, Catherine Potter – Duniya Project, ensemble « world » qui métisse une musique sans frontières et résolument contemporaine, et leurs prestigieux invités, nous ont fait vivre un spectacle au confluent de plusieurs cultures musicales et d’univers reflétés par les projections vidéos, tonalités poétiques, mesures et rythmes qui ont souvent contrastés et parfois concordés avec aisance. Nous avons suivi le cours des grands fleuves des pratiques professionnelles ancestrales et de coups de génie créatifs mis au monde par Catherine Potter.

Les cinq musiciens poursuivent leur exploration musicale grâce à ce projet novateur et une nouvelle direction qui s’inscrit dans la rencontre entre la musique classique de l’Inde du Nord, la musique mandingue de l’Afrique de l’Ouest, le jazz et la création spontanée. Pour ce faire, ils s’entourent du réputé montréalais d’origine sénégalaise, Zal Idrissa Sissokho, un artiste de la kora, harpe africaine à 21 cordes, qui n’a plus de secrets pour ce professionnel dont le jeu, la sensibilité, le phrasé mélodique témoignent avec force qu’il est doué d’une grande poésie.

Le spectacle trouve une dimension aérienne, subtile et envoûtante avec les images, les rappels, le contenu historique, la couverture artistique et les messages oniriques et sensuels de continents vidéographiques en action sur fond de scène tout au long de la prestation, un rêve qui porte unis, public et artistes, sur un tapis vivant. Cette performance est le fait des deux incontournables VJs montréalais, Liberty et jocool, maîtres sorciers et magiciens de cette dynamique visuelle en directe.

Construit à partir d’un vocabulaire original issu de styles traditionnels et contemporains, le jeu sonore complexe et actuel créé par Catherine Potter et ses complices met en évidence toute la beauté des ragas indiens, tantôt mêlés, tantôt juxtaposés à la richesse harmonique de la kora mandingue d’Afrique et aux grooves indiens et africains. Ces compositions originales sont enluminées en direct par les couleurs, les ombres et les éléments interactifs des vidéastes qui proposent une expérience multidisciplinaire encore plus intense. Un spectacle qui nous emporte sur un rivage où la diversité des pratiques se conjugue dans un souci d’altérité et de partage.

Une telle création, une réalisation de cette ampleur, originale mise en conjugaison de sons, de mots, de rythmes, de silences, et de séquences issues des cultures de l’Inde du Nord et de l’Afrique occidentale; mérite totalement une suite de nouvelles productions sur les scènes métropolitaines et internationales. Indispensable, pour La convergence des continents de partir en tournée à la rencontre des publics partout, concert sublime qui allie audace, lumière, sonorités polyphoniques au tonus inédit, À vivre, à ne pas manquer !

Yves ALAVO

À propos de l’artiste Catherine Potter

Catherine Potter est formée au bansuri (flûte de bambou indienne) auprès du célèbre Pandit Hariprasad Chaurasia en Inde. Elle détient une maîtrise en ethnomusicologie de l’Université de Montréal et un baccalauréat en jazz de l’Université Concordia. Plusieurs fois boursière du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada, elle a remporté le prix Jon Higgins en 1999. Elle a collaboré avec de nombreux artistes ici et en Inde – Boubacar Diabaté – dont la rencontre il y a 20 ans est l’une des sources d’inspiration de ce projet –, Simon Shaheen, Ramasutra, Ganesh Anandan, etc. Avec sa formation Duniya Project, qu’elle a fondée en 2002, elle connaît le succès en Amérique, en Europe et en Inde. Elle a deux albums à son actif et prépare actuellement le troisième.

www.catherinepotter.net

www.jocool.com

Invités : Zal Idrissa Sissokho, VJ Liberty et VJ jocool

Sur scène :

Catherine Potter – Duniya Project : Catherine Potter : bansuri, composition et direction artistique / Subir Dev : tabla / Thom Gossage : batterie, kalimba / Jean-Marc Hébert : guitare / Nicolas Caloia : contrebasse / Invités : Zal Idrissa Sissokho : kora / Martine Koutnouyan aka VJ Liberty / Joseph Lefèvre aka VJ jocool.

Laetitia Zonzambé Une étoile qui ne sera pas filante

12-02-2010

Laetitia Zonzambé Une étoile qui ne sera pas filante

Yves Alavo

Suite à une résidence de création, accompagnée de divers artistes parmi lesquels on retrouve la comédienne, parolière et slameuse Queen KA, Caroline St-Louis et Stephan Ritch du groupe GIVE, Estelle Lavoie, Diely Mori Tounkara, Cédric Dind-Lavoie, Zoutenn de Mondélé et Frédéric Angers, Laetitia Zonzambé, artiste originaire de la Centrafrique, a présenté au grand public, les 30 et 31 octobre 2009, toute la polyvalence de son talent. Du rap au folk en passant par les traditions africaines et le blues, elle chante, danse, « slame », récite et surtout irradie une immense joie qu’elle partage avec tous ses précieux complices artistiques.Deux heures durant, sans un fléchissement, c’est une prestation faite d’une succession de temps forts, ponctuée d’échanges intelligents avec le public, que nous avons vécu. La musique dense et riche de neuf musiciens s’exprimant dans une harmonie construite dans la complicité et partagée avec énergie, a coulé sous la forme de plusieurs rythmes, musique véhiculée en paroles et langues diverses. Une douzaine et demi de séquences, y compris les morceaux du rappel, sont passés au crible de spécialistes, dont plusieurs responsables des centres de diffusion du Réseau Accès culture (Martin Hurtubise), des producteurs connus et de nombreux artistes de la scène émergente de Montréal. Une soirée de plaisir, de jeunesse, de virtuosité maîtrisée et d’un charme nouveau, a comblé nos attentes esthétiques, nos rêves artistiques, nos exigences professionnelles sur tous les registres : musicalité exceptionnelle de la voix de Laetitia Zonzambé, haute qualité des pupitres instrumentaux ( Cédric Dind Lavoie à la basse, Estelle Lavoie à la guitare et à la kora, Djely Mori Tounkara qui est de son état spécialiste de la kora mais qui assure avec discipline et attention les percussions du spectacle, Give soit le couple auteur/compositeur constitué de Caroline St-Louis et de Richard Ritch voix et guitare aux accents folk et world, le guitariste auteur et chanteur Zoutenn de Mondélé, l’actrice/comédienne et slameuse Queen Ka, ainsi que l’artiste multidisciplinaire, acteur, guitariste, auteur/compositeur et interprète Frédéric Angers). Très remarquée, la coordination très prometteuse de la mise en scène assurée par Paméla kamar. Nous avons admiré une large palette de talents associés sous la conduite d’une auteure (Laetitia Zonzambé), chanteuse et interprète pétrie de dons vertigineux et douée d’une générosité immense, d’un sens de l’adaptation, de qualités mélodiques, de vertus irradiantes sensibles aux sentiments et aux émotions. Nous pouvons affirmer que la ravissante Laetitia Zonzambé, étoile merveilleuse révélée au firmament de notre ciel artistique grâce à ce spectacle en partenariat actif entre Vision Diversité et la SACEF (Société pour l’avancement de la chanson d’expression française), est promise à un avenir resplendissant; ce qui justifie le titre du show « Une étoile qui ne sera pas filante ».

Moments magiques vécu les Vendredi 30 et samedi 31 octobre 2009 à 20h, Studio-théâtre de la Place des Arts. (Produit par Vison Diversité en partenariat avec la SACEF).

LA SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE CHAMBRE DE MONTRÉAL,

Samedi 13-02-2010.

LA SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE CHAMBRE DE MONTRÉAL,

http://www.smcm.ca/saison.html

Yves Alavo

Voici un acteur de taille de la vie culturelle montréalaise. Laissons la directrice artistique, Mme Véltchka Yotchéva nous parler de la saison 2009-2010 : Cette saison haute en couleur sera placée sous le signe de la diversité. Pas moins de quatre concerts vous seront offerts cette année : quatre concerts, quatre événements !Tout d’abord, le piano a été à l’honneur au cours de l’automne grâce à un récital Liszt-Chopin de Patrice Laré, concert qui mit en relief la parution de son premier album solo chez Disques XXI dans un programme consacré exclusivement à Liszt. Vous avez eu l’occasion d’y entendre la sonate en si mineur, oeuvre magnifique s’il en est et pierre angulaire du répertoire romantique. Pour les fêtes, le trio Roy Yotcheva Laré nous a proposé de la musique russe à savoir Rachmaninov et Chostakovitch. Ces trios où l’on croit entendre l’orchestre tant la maîtrise de leur créateur est grande vous a transporté dans le coeur de l’esprit russe, à savoir l’intensité, le mystère et le lyrisme d’une poésie exacerbée. Qu’on se souvienne du précédent concert de ces trois interprètes qui fut une grande réussite pour comprendre que nous avons vécu un magnifique moment de musique de chambre. Lors de la Saint-Valentin (14 février 2009), l’orchestre de chambre fondé par Velitchka Yotcheva nommé I Cellisti a fait ses grands débuts. Vous y avez entendu un orchestre qui n’a rien à envier aux formations plus étoffée car là est la force de cet instrument : il peut successivement être soliste, accompagnateur et basse. Qui n’a jamais entendu un orchestre de huit violoncelles n’a pas idée de la richesse démultipliée de cet instrument. Une première en Amérique du Nord ! La saison 2010 nous permettra de revoir le grand pianiste français Michel Bourdoncle, directeur et fondateur des Nuits pianistiques d’Aix-en-Provence, il nous fera l’honneur d’être notre invité. Monsieur Bourdoncle, vous êtes ici chez vous ! Tous les concerts ont lieu en la Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 rue Sherbrooke Est.

Le Prix de la Diversité – Date limite pour déposer sa candidature le 15 janvier 2010:Ce nouveau prix viendra mettre en valeur la diversité des expressions artistiques de Montréal : le Prix de la diversité. Cinq partenaires, le Conseil des arts de Montréal, CBC Radio 2, le MAI (Montréal, arts interculturels), la Place des Arts et Vision Diversité se sont réunis pour offrir ce prix à un artiste ou à un collectif d’artistes du domaine de la musique du monde et issus de la diversité culturelle montréalaise. Le lauréat du prix bénéficiera, dans le cadre d’un parcours d’un an, d’un soutien et d’un accompagnement à la création, à la production, à la diffusion et à la circulation offerts par les partenaires.

Le premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik

Dimanche 14-02-2010.

Le premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik

Par Yves Alavo

Le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, accompagné de la présidente du jury et membre du comité exécutif, Mme Helen Fotopulos, ainsi que du président du Conseil interculturel de Montréal, M. Bergman Fleury, a décerné aujourd’hui à l’hôtel de ville de Montréal le premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik à Mme Marie-Claude Barey. L’événement a eu lieu mardi 20 octobre 2009 en présence de Mme Lise Roy-Limonchik, épouse de feu Abe Limonchik, de nombreux invités, plus de 200 personnes pour la plupart issues des réseaux des droits de la personne et de lutte à la discrimination, du développement social, représentants et membres d’organismes de promotion des droits des réfugiés ainsi que les principaux partenaires des secteurs culturel (Conseil des arts de Montréal et Diversité artistique Montréal), socioéconomique et politique. « À l’instar d’Abe-Limonchik, Mme Barey, par son engagement et son apport exceptionnel aux communautés de diverses origines, contribue grandement, depuis plus de 20 ans, à faire de Montréal une ville accueillante, inclusive et respectueuse des différences. Nous sommes extrêmement reconnaissants de son dévouement à améliorer la qualité de vie de nos citoyens et citoyennes et à faire de Montréal une ville où il fait bon vivre pour tous. C’est un honneur de rendre hommage aujourd’hui à cette digne héritière d’Abe Limonchik », de déclarer le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay.« La recommandation faite par le Conseil interculturel de Montréal prend véritablement vie aujourd’hui par la remise du premier Prix interculturel de Montréal à cette véritable artisane des rapprochements interculturels qu’est Mme Barey. Ce moment est une autre preuve que Montréal est sans contredit une ville à échelle humaine, ouverte sur le monde, reconnaissante des apports de tous et consciente de la richesse que lui apporte la diversité », d’affirmer M. Bergman Fleury. « Je suis très fière d’avoir été associée à cette démarche depuis les tout débuts. Montréal regorge d’hommes et de femmes de conviction qui savent créer l’échange et le dialogue et façonner ce Montréal cosmopolite unique qui doit beaucoup à Abe Limonchik. Nous disposons d’un bassin de récipiendaires pour de nombreuses années, mais en tant que responsable de la condition féminine au comité exécutif, je suis très fière que ce premier Prix Abe-Limonchik soit remis à une femme, en la personne de Mme Barey », de poursuivre Mme Helen Fotopulos. Comme récipiendaire du premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik, Mme Marie-Claude Barey s’est vu remettre une œuvre de l’artiste Hassane Amraoui, intitulée La tribu du soleil.

Le Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik

Ce prix vise à souligner la contribution exceptionnelle d’un individu, d’un organisme ou d’une entreprise à l’amélioration des relations interculturelles et à la promotion de la diversité sur le territoire montréalais. Il sera remis tous les deux ans à une personne, à un organisme ou à une entreprise qui réside ou qui a son siège social à Montréal et qui œuvre sur le territoire montréalais depuis au moins cinq ans.

Comme c’est une œuvre de l’artiste montréalais Hassane Amraoui qui a été offert comme prix, nous vous présentons le peintre.

Hassane Amraoui, peintre et maître en Arts Visuels

Depuis 20 ans, cet artiste prolifique au talent exceptionnel crée et expose, en solo ou en collectif, dans les lieux les plus prestigieux en Afrique du Nord (Algérie et Tunisie surtout), en Europe (France) ailleurs sur le continent mère Afrique (en 2007, il a participé à une exposition collective à Libreville au Gabon) et aussi, ces quatre dernières années, il est présent sur la scène culturelle montréalaise. Il est parmi les professionnels les plus remarqués de Diversité artistique Montréal (DAM) sous l’égide du Conseil des arts de Montréal (CAM).

Il est engagé dans la promotion du langage pictural ancestral des Arts Premiers jaillis de la culture Amazigh ou Berbère, fondatrice d’une expression artistique ancienne originaire du bassin méditerranéen. Fort de cet enracinement dans les traditions profondes d’une culture transversale qui a inspiré les arts de la Renaissance et s’est mariée aux expressions arabo-berbères et négro-africaines, formé aux techniques modernes et confronté aux expressions universelles tant en peinture que dans tous les arts visuels, Hassane Amraoui s’est imposé par la qualité de ses œuvres. À Montréal, Hassane Amraoui s’est vite mis au diapason d’un mouvement culturel en mutation marqué du sceau de la diversité des expressions culturelles et des pratiques artistiques professionnelles nouvelles qui en résultent. Il a pris part à la 6e exposition du Collectif Bain Mathieu en 2008. Hassane Amraoui a aussi présenté une exposition solo, intitulée Où va le monde?, à la galerie Crescent Contemporain toujours à Montréal en 2006. Hassane Amraoui a réalisé dans son pays d’origine, l’Algérie, plusieurs fresques mesurant entre 15 et 40 m dans des grottes et sur des rochers. Entre 1997 et 2005, Hassane Amraoui a exposé dans la plupart des grandes galeries tunisiennes et algériennes, de même qu’à l’Hôtel de ville de Paris (2001).
Ses œuvres sont exposés dans différents lieux publics (édifices, hôtels, banques) dont notamment le Musée de Sapa Djerba. On retrouve aussi de ses œuvres dans différentes collections en Europe et dans le monde arabe dont des tableaux acquis par la commission d’achat des artistes tunisiens pour la Collection de l’État.

Diplôme en arts de l’École nationale de Batna (Algérie) et de l’École supérieure des Beaux-arts d’Alger (Algérie). Formation en photographie à la Maison de la presse d’Alger. Il a aussi suivi de nombreuses formations et participé à des ateliers de perfectionnement technique, administratif en Europe et au Canada.

Portrait d’artiste: Joseph André, peintre persévérant

Jeudi 11-03-2010.

Portrait d’artiste

JOSEPH ANDRÉ PEINTRE PERSÉVÉRANT

par Yves Alavo

Joseph André, peintre qui est aussi commissaire d’exposition, admet que la collection thématique qu’il a réalisée au fil des ans contribue à lui conférer le titre de « spécialiste en jazz » et lui permet ainsi d’entrer plus facilement dans les maisons de la culture du réseau Accès Culture. De ce fait, il réussit à rejoindre un public plus large.

Le Mois de l’histoire des Noirs est une vitrine pour M. André, activement présent dans la vie d’un quartier où la présence de la population « noire » est significative et où, dans une situation normale, elle devrait y jouer des rôles de premier plan.

En parlant de ses tableaux, le peintre Joseph André avoue ne pas vouloir s’imposer de barrière. Il qualifie son art de « style libre ». Il s’adonne aux portraits, comme le démontre « Fenêtre sur le Jazz », mais également aux paysages et à la peinture de nus et de tout ce qu’un artiste de son calibre peut exprimer avec des matériaux comme la peinture à l’huile et bien d’autres en s’inspirant de situations, de sujets ou de thématiques qui lui tiennent à cœur. Par ailleurs, Joseph André professionnel engagé localement, est membre de DAM (Diversité artistique Montréal).

Plusieurs expositions au printemps 2010

En marge du Mois de l’histoire des « Noirs », cette année, le bureau de M. Justin Trudeau, député fédéral de Papineau, en collaboration avec Espace d’Expressions et de Création, a réuni cinq peintres pour l’exposition « Trajectoire ». L’artiste de Villeray, Joseph André, y est présent. Ses toiles sont exposées aux côtés de celles d’Anthony Benoît, de Frantz Louis, de Ginette Roy Doura et de Clébert Dutervil. Plus de cent cinquante personnes se sont déplacées lors du vernissage pour découvrir des œuvres figuratives et non figuratives. L’exposition constitue une synthèse de la production artistique de ces professionnels qui présentent une tranche de leurs trésors de production. Il est nécessaire ici d’attirer l’attention sur les résultats de leurs efforts pour avoir accès à des lieux de diffusion et au marché de l’art.

C’est l’occasion de vous inviter à découvrir les œuvres qui sont mis en valeur dans la galerie périphérique située sur la mezzanine au 1er l’étage de l’immense et magnifique hall patrimonial de la Maison du Conseil des arts de Montréal, Édifice Gaston Miron, au 1210, de la rue Sherbrooke est. Y exposent plusieurs représentants de l’École montréalaise de la diversité, dénomination s’il en est une, pour des artistes professionnels nourris de pratiques culturelles différentes et dont les traditions picturales, enracinées dans d’autres imaginaires alimentent depuis quelques décennies le renouveau de la peinture et de la sculpture, ainsi que des secteurs connexes des arts visuels, y compris les arts plastiques, auxquels ajouter la photographie et la vidéo.

Cette exposition, au titre longuet Les efforts de chacun font la richesse de tous, est le résultat d’une collaboration entre le Conseil des arts de Montréal, la Direction de la diversité sociale de la Ville de Montréal et Diversité artistique Montréal, a l’énorme mérite d’exister. Elle devrait devenir récurrente tant elle agit comme tremplin de qualité pour les artistes. Les gagnants du concours (ceux dont les œuvres sont exposées) et que nous félicitons sont : M.Hassane Amraoui, M. Joseph André, Mme Anabel Burin, M. Robert Chayer, M. Yannick de Serre, Mme Marie-Denise Douyon, M. Azzedine Mekbel et M. Bismark Villacrès.

Joseph André expose, avec une autre artiste, Mme Diane Savoie, au café internet de la Bibliothèque d’Ahuntsic, du 2 au 31 mars 2010. Vernissage, mercredi17 mars à 17 h 00. Une exposition composée, tant d’œuvres figuratives que non figuratives, œuvres réalisées sur toiles et cartons, à l’acrylique, à l’huile et avec des techniques mixtes. Le lieu est accessible, du mardi au dimanche, de 13 à 17 h, exceptés les mardis et les mercredis jusqu’à 18 h et le dimanche à partir de 12 h 00.

L’artiste précise sa démarche artistique ainsi : « En effet, les techniques que j’utilise connaissent une progression assurée de 1990 à aujourd’hui. J’ai voyagé du dessin à la peinture, mes toiles se composent désormais des reliefs abstraits qui définissent l’arrière plan de mon œuvre et quelquefois, guident même ma création. La transparence dérivée des multimédias est reproduite dans son intégralité elle permet une juxtaposition des formes et des personnages, sans déranger l’œil du spectateur ».

Joseph André est né en 1961 à Port-au-Prince (Haïti), vit et travaille à Montréal depuis 1988 dans l’arrondissement de Villeray. Personnalité en vue du monde culturel de Montréal et du Québec, il cultive, avec une habileté consommée, l’engagement et la fermeté sur le plan social et professionnel et une créativité féconde comme artiste qui inscrit son œuvre dans la modernité.

Yves ALAVO

L’artiste est dans le répertoire de : www.diversiteartistique.org

Son adresse est : josefkalolo@hotmail.com

Prix pour deux grands artistes du paysage urbain montréalais

Jeudi 18-03-2010.

Prix pour deux grands artistes du paysage urbain montréalais

Par Yves Alavo

Les architectes paysagistes Wendy Graham et Daniel Chartier (de la Direction des grands parcs et de la nature en ville) ont reçu samedi, 27 février 2010, lors de la clôture du congrès annuel de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ), les prix Frederick Todd*, dans la catégorie Membre. Ils ont été honorés pour leur engagement commun et leur contribution exceptionnelle à l’avancement de l’architecture de paysage au Québec. Ces deux professionnels de la Ville de Montréal ont travaillé plus de vingt ans à la mise en valeur et à la conservation du mont Royal.

Ils œuvrent de façon complémentaire et forment une belle équipe dédiée à la protection et à la mise en valeur de la montagne. Ils se distinguent d’abord par l’ampleur de leur contribution au parc du Mont-Royal et plus largement à la montagne dans son ensemble, véritable symbole dans le paysage de Montréal. Comprendre les caractéristiques de la montagne et en faciliter la découverte dans le respect des patrimoines naturels et culturels, est au centre de leur démarche.

Tous deux ont participé à la conception et à la réalisation d’une multitude d’aménagements structurants sur le mont Royal : carrefour du Parc/des Pins, belvédère Camillien-Houde, patinoire artificielle, aire de jeux, restauration du chemin Olmsted, création du chemin de ceinture, simplification du réseau de sentiers secondaires, création de milieux humides et de cascades, plantation de dizaines de milliers d’arbres et de centaines de milliers d’arbustes.

M. Pierre Bouchard, directeur à la Direction des grands parcs et de la nature en ville, félicite ses collègues : « Ce prix de reconnaissance met en lumière la persévérance qui anime Mme Graham et M. Chartier dans leur travail ainsi que leur engagement professionnel et personnel pour la conservation et la mise en valeur du mont Royal. ». Notons que M. Bouchard est lui-même lauréat nommé au Collège des Fellows ou ordre des associés de l’Association des architectes paysagistes du Canada, titre le plus prestigieux, conféré aux personnes ayant apporté une contribution sans égale à leur profession. Wendy Graham a reçu le même honneur.

Daniel Chartier, spécialiste de l’œuvre de Frédérick Law Olmsted, précise : « Il ne s’agit pas simplement de permettre aux gens de faire de l’exercice et de respirer de l’air pur, mais il faut toucher l’âme des gens en créant une œuvre d’art globale, faite d’une succession de paysages naturels. Les grands travaux, menés sur le mont Royal, ont toujours cherché à se fondre dans la nature et à accentuer son caractère de Montagne ».

C’est en 1987 que le travail de Mme Graham s’amorce dans le cadre de la conception du premier Plan de mise en valeur du mont Royal. Pour sa part, M. Chartier consacre l’essentiel de son travail à la montagne depuis 1991. L’un et l’autre, comme architectes paysagistes, ont consacré un total de plus 60 ans de carrière aux parcs et aux espaces publics de la Ville de Montréal, tout en menant ou supervisant de nombreuses études en architecture de paysage. Plusieurs prix ont marqué leurs parcours auxquels s’ajoute le prix Fédérick Todd.

Mme Graham s’est aussi distinguée par son apport à la compréhension de l’évolution du paysage montréalais à travers plusieurs projets, mais aussi par sa contribution à la promotion de la profession, par sa participation à la publication de la revue canadienne Landscapes /Paysages et à la formation des architectes paysagistes de demain. Elle a été et demeure une pionnière des relations Montréal-Chine, en concevant ou supervisant plusieurs aménagements réalisés à Montréal (Jardin de Chine de Montréal), à Shanghaï et à Kunming.

En 2005, M. Daniel Chartier a reçu le certificat Implication décerné par le Conseil des monuments et sites du Québec : « Nous soulignons par ce prix sa remarquable détermination dans plusieurs projets dont l’aménagement du parc régional de l’Île-de-la-Visitation, son expertise et sa connaissance développées et partagées sur l’œuvre de Frederick Law Olmsted, le créateur du parc du Mont-Royal et son travail patient et persistant pour assurer la sauvegarde du caractère portuaire du Vieux-Port de Montréal ainsi que l’accessibilité au public de ce secteur privilégié. »

Pour plus d’information sur le prix Frédérick Todd, consultez le site Internet de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) : www.aapq.org/

Frederick Todd, premier architecte paysagiste résidant et œuvrant au Québec, après des années passées au bureau de Frederick Law Olmsted. Parmi ses principales réalisations, le lac aux Castors, le chemin de croix de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, les plaines d’Abraham à Québec, le plan directeur de Ville Mont-Royal.

Information originale d’Anne Marie Comparot.

Les photos une gracieuseté de Jean Landry .

* Les prestigieux Prix Frédérick Todd sont décernés depuis 1995, pour honorer des membres de l’Association des architectes paysagistes du Québec et des personnalités publiques, qui ont contribué de façon exceptionnelle à promouvoir l’architecture de paysage au Québec.

ELEKTRA ET MUTEK DEUX TÉNORS DES ….

Jeudi 25-03-2010.

ELEKTRA ET MUTEK DEUX TÉNORS DES ARTS NUMÉRIQUES

GRAND PRIX DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL.

Par Yves Alavo

Ce sont deux organisations complémentaires qui font de Montréal un haut lieu sur la planète des arts numériques et électroniques que les membres du jury ont choisi pour le 25e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal (CAM). Ces organismes, ELEKTRA ET MUTEK, sont surtout les pionniers de cette culture numérique diffusée via deux festivals (organisés en mai et juin chaque année). Le nom du lauréat du Grand Prix du Conseil des arts a été divulgué par Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal, et par Helen Fotopoulos, responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal, en présence de Sylvain Lafrance, vice-président principal de Radio-Canada, partenaire officiel de ce 25e Grand Prix.

Le jury du Grand Prix présidé par Louise Roy, réunissait cette année Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Claude Corbo, recteur de l’Université du Québec à Montréal, Jean Laurin, président de la Place des Arts et président et chef de la direction de GVA Devencore Worldwide et Zab Maboungou, directrice artistique du Cercle d’expression artistique Nyata Nyata.

Devant un parterre de plus de huit-cent personnes représentant de la communauté des affaires et du milieu artistique, véritables forces vives des arts et de la culture, dont le design mis en relief par sa leader Mme Marie-Josée Lacroix, l’animatrice Geneviève Guérard a mené la fête de main de maître, avec la contribution superbe de Mme Danielle Sauvage Directrice générale du CAM. Notons les présences de Dany Laferrière (Vice-président du CAM), Prix Médicis 2010, Grand prix du Livre de Montréal et Prix du Festival Métropolis Bleu, de la directrice général de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ de Montréal), Mme Marie-Claire Dumas, ainsi que de la présidente de la CRÉ de Montréal, Mme Manon Barbe, membre du Comité exécutif, responsable du transport et mairesse de LaSalle.

Branchés sur l’innovation, l’émergence et la mixité des pratiques, ouverts aux collaborations les plus riches de la planète technologique, Elektra et Mutek partagent une vision artistique audacieuse résolument tournée vers l’avenir, en affichant une programmation internationale de haut niveau. Les deux événements ont un effet d’attraction et de rétention auprès de publics dont l’assistance, de toutes générations, présente une courbe de croissance vertigineuse. Le jury du Grand Prix a reconnu l’importance majeure de ces deux organisations sur le rayonnement international de Montréal comme métropole culturelle.

Les récipiendaires de cette distinction se partagent une bourse d’excellence de 25 000 $. De plus, ils recevront une œuvre d’art commémorative qui sera réalisée par un artiste montréalais en cours d’année. Les finalistes du Grand Prix reçoivent chacun une bourse de 5 000 $ offerte par de généreux mécène montréalais. En effet, en réponse à l’appel de l’an dernier du donateur et membre du Conseil des arts Pierre R. Desmarais, qui fut le premier à parrainer un finaliste (théâtre), sept philanthropes l’ont imité pour cette édition anniversaire du Grand Prix avec un don annuel de 5 000$ avec un engagement de trois ans. Ce sont : Richard Bruno, Beyond If Corporation (arts numériques), Maurice Forget, Fasken Martineau (arts visuels), René Malo, Fondation René Malo (cinéma et vidéo), Peter McAuslan, Brasserie McAuslan (littérature), Luc Plamondon (nouvelles pratiques artistiques et arts du cirque), Alvin Segal C.M., Vêtements Peerless (danse) et David Sela (musique).

Également dans le cadre du déjeuner du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, quatre autres prix ont été attribués. La réputée photographe Raymonde April et le duo Annie Roy et Pierre Allard de l’ATSA (Action terroriste socialement acceptable) ont reçu les deux Prix Pratt & Whitney Canada du Conseil des arts de Montréal (Les Elles de l’art et Nature de l’art). Ces deux prix sont accompagnés d’une bourse de 5 000 $ chacun. Le Prix de la relève – Caisse de la Culture a récompensé les actions structurantes du Théâtre Aux Écuries avec une bourse de

5 000 $.

Finalement, c’est le jeune musicien d’origine brésilienne, Rômmel Ribeiro, qui bénéficiera, dans le cadre d’un parcours d’un an, d’un soutien à la création, à la production, à la diffusion et à la circulation offerts par les partenaires du Prix de la diversité (Conseil des arts de Montréal, CBC Radio 2, MAI – Montréal, arts interculturels, Place des Arts et Vision Diversité).

Soulignons que parmi les autres finalistes en lice pour le Grand Prix 2009 étaient : Oboro (arts visuels) qui vient de célébrer ses 25 ans et qui était présent par ses fondateurs Daniel Dion (Directeur) et Sue Shnee.

Rappelons que l’œuvre d’art remise en janvier 2010 à l’organisme récipiendaire l’an dernier du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, l’Orchestre symphonique de Montréal, était Œuvre de sable de l’artiste montréalaise Jocelyne Alloucherie.

Une importante collaboration de Radio-Canada a permis la production de 24 capsules vidéo d’une minute en hommage aux 24 lauréats des Grands Prix remis depuis ses débuts en 1985 en plus de celle de la vidéo de présentation des finalistes. Ces capsules, réalisées par Yannick B. Gélinas, peuvent être vues sur le site du Conseil des arts de Montréal : http://artsmontreal.org/gp25.php .ARTV, également partenaire de cette édition anniversaire, diffuse actuellement ces vidéos sur ses ondes.

Le Conseil des arts de Montréal I(CAM) sur : www.artsmontreal.org/

Source : Christian O’Leary, directeur des communications et du développement

Les photos une gracieuseté de Nicolas Tayout

Festival des Musiques et du Monde de Montréal

Mercredi 14-04-2010

Festival des Musiques et du Monde de Montréal MMM

– 20e ÉDITION – 13 au 24 avril 2010

16 concerts et plus de 100 artistes

Par Yves Alavo

Musique Multi-Montréal grâce à une programmation exceptionnelle, célèbre la vingtième édition de son Festival qui se déroulera du 13 au 24 avril 2010. Vingt ans de rencontres, de créations et de découvertes. La fondatrice et directrice artistique des 19 années précédentes, Liette Gauthier, est absente cette fois. Cela pour des motifs qui semblent complexes, mais l’œuvre réalisée et l’engagement assumé, méritent hommage, respect et reconnaissance.

Plus d’une centaine d’artistes seront réunis sur les scènes de la maison de la culture d’Ahuntsic-Cartierville, du Club Soda, du Théâtre Outremont et des Bobards pour cette grande fête aux couleurs de la planète. En tout, seize concerts à l’image de notre monde moderne et de ses mouvements migratoires.

Faits saillants de cette programmation :

Mardi 13 avril, au Club Soda à la soirée MMM au rythme du monde, à 19 h 00

Lancement de Monde, le CD de Alpha Thiam. Le lancement sera suivi de la soirée MMM au rythme du monde soirée où vous pourrez entendre le groupe d’Alpha Thiam et 6 autres groupes de musiques du monde. Principalement l’Ensemble Sergiu Popa, Small World Project, l’Ensemble Dave Gossage, Alpha Thiam, Apadooraï, Bambara Trans et Wesli et le Wesliband. Afin de marquer ses vingt ans, MMM reprend une formule de concert qui a marqué ses débuts. Une quarantaine de musiciens défileront sur scène pour un tour du monde en musique.

Originaire de la République de Guinée (Conakry) en Afrique de l’Ouest, Alpha Thiam est un fascinant créateur-auteur, compositeur, chanteur et guitariste. Installé depuis plus de cinq ans à Montréal, après avoir sillonné l’Afrique de l’Ouest durant plus de quarante ans, il nous présente son premier album éponyme. Un artiste qui représente avec avantage le dynamisme culturel de tout un continent, riche de créativité et fort d’une profondeur esthétique exceptionnelle.

Gagnant du Syli de bronze du Festival International Nuits d’Afrique et Découverte MMM 2008, Alpha Thiam nous livre de magnifiques chansons originales en langues peul, mandingue et sousou. Il marie sa guitare électrique aux koras de Nathalie Cora, aux basse et contrebasse de Cédric Dind-Lavoie et aux percussions de Moïse Yawo Matey (calebasse, djembé, cajón).

Cette année, ce sont les vingt ans de MMM. Pour célébrer l’événement, Musique Multi-Montréal prend des allures de feria et reçoit des invités internationaux tels que :

Vendredi 16 avril, 20 h – Théâtre Outremont. SOLORAZAF (Madagascar). Ce guitariste exceptionnel se joint aux artistes montréalais de MG3 : Montréal Guitare Trio et de Small World Project pour interpréter des créations et des classiques revus à leur manière.

Samedi 17 avril, 20 h – Théâtre Outremont. STREE SHAKTI d’ANURADHA PAL (Inde). La reine des tablas sera en spectacle pour la première fois à Montréal. Une explosion de rythmes effrénés et hypnotiques. Spectacle présenté en collaboration et en coproduction avec le Centre culturel Kabir.

Mercredi 21 avril, 20 h – maison de la culture Ahunstic-Cartierville.

PYTSHENS KAMBILO (République démocratique du Congo) Artiste en résidence de création grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Programme de bourses pour les artistes UNESCO-Aschberg. Il présentera sur scène un spectacle inédit réalisé en collaboration avec des musiciens montréalais professionnels de plusieurs pratiques artistiques et culturelles. Pour le natif du signe du bélier, l’énergie de la création et la force de ses arguments artistiques pour conquérir les publics, partager la musique et dire son âme sont la plus naturelle des offrandes. Il va vous combler de sa générosité et de son talent sans limites.

MMM vous présente aussi ses soirées thématiques :

LOS ARGENTINOS

Vendredi 23 avril, 20 h – maison de la culture Ahuntsic-Cartierville

L’Ensemble José Maria Gianelli, le trio Bataclan, Irem Bekter et ses Diabluras, Sergiu Popa génie de l’accordéon va briller de mille feux avec le duo Silk Road. Ce spectacle vous convie à la découverte de la riche tradition musicale de l’Argentine. Une féérie à vivre avec la passion, le génie et la grâce sans mesure de la fameuse Irem Bekter, chanteuse, créatrice de rythmes, héritière de traditions et artiste moderne au pouvoir de transmission car elle est aussi une actrice, cantatrice de haute lignée : Jeu, danse, chant, paroles et elle maîtrise plusieurs langues (turc, espagnol, anglais, français)

Photos : une de Pytshens, une de Small World Project et une des Gitans de Sarajevo.

Crédits Photos : OSA IMAGES / Festival MMM

La programmation de la 20e édition du Festival MMM est maintenant en ligne

http://www.musiquemmm.com/mmm/programmation.html

Billets en vente sur le réseau Ticketpro 514 790-1111 ou 1-866-908-9090.

Pour Informations : Richard Lafrance, Gong Communications

514 495-4520 Message : gongcom@gongcommunications.qc.ca

Source : MUSIQUE MULTI-MONTRÉAL

Isabelle Gauthier : 514 856-3787 poste 223

info@musiqueMMM.com

20 Avr

La convergence des continents

26-02-2010

Par Yves Alavo

La Convergence des Continents Catherine Potter and Company

Parfois, les connaissances géologiques et les découvertes archéologiques disent les subtilités de la musique et préfigurent, d’une certaine manière, l’aboutissement du métissage spirituel. En observant comment le segment NW himalayen (Kohistan-Ladakh et Karakorum, NE Pakistan, et NW Inde) est une zone appropriée pour étudier les étapes de la convergence de deux continents (Inde et Asie), en contexte océanique puis continental sur 110 Millions d’années.

Pour la convergence entre l’Inde et l’Afrique, nous sommes en arts et culture, la musique nous convie au festin du donner et de recevoir. Un projet réalisé par Catherine Potter en complicité avec Zal Idrissa Sissokho, kora / Martine Koutnouyan aka VJ Liberty / Joseph Lefèvre aka VJ jocool et bien sûr ses musiciens : – Duniya Project : Catherine Potter : bansuri, composition et direction artistique / Subir Dev : tabla / Thom Gossage : batterie, kalimba / Jean-Marc Hébert : guitare / Nicolas Caloia : contrebasse. Une armada de sons précieux, de talents remarquables et de virtuosité partagée qui a sonné, fait vibrer le Montréal Arts Interculturels MAI en images, vidéos et son d’instruments modernes, anciens les flûtes et la Kora.

Une approche pluridisciplinaire (géologie structurale, pétro-géochimie, thermo-barométrie, géochronologie) a été utilisée. La virtuose du bansuri et compositrice Catherine Potter et sa formation, Duniya Project, entourés d’invités exceptionnels, ont fait escale au MAI (Montréal, arts interculturels) pour présenter en première mondiale leur nouvelle création, La Convergence des Continents Il s’agit d’un spectacle des Productions Shadaj.

Avec La Convergence des Continents, Catherine Potter – Duniya Project, ensemble « world » qui métisse une musique sans frontières et résolument contemporaine, et leurs prestigieux invités, nous ont fait vivre un spectacle au confluent de plusieurs cultures musicales et d’univers reflétés par les projections vidéos, tonalités poétiques, mesures et rythmes qui ont souvent contrastés et parfois concordés avec aisance. Nous avons suivi le cours des grands fleuves des pratiques professionnelles ancestrales et de coups de génie créatifs mis au monde par Catherine Potter.

Les cinq musiciens poursuivent leur exploration musicale grâce à ce projet novateur et une nouvelle direction qui s’inscrit dans la rencontre entre la musique classique de l’Inde du Nord, la musique mandingue de l’Afrique de l’Ouest, le jazz et la création spontanée. Pour ce faire, ils s’entourent du réputé montréalais d’origine sénégalaise, Zal Idrissa Sissokho, un artiste de la kora, harpe africaine à 21 cordes, qui n’a plus de secrets pour ce professionnel dont le jeu, la sensibilité, le phrasé mélodique témoignent avec force qu’il est doué d’une grande poésie.

Le spectacle trouve une dimension aérienne, subtile et envoûtante avec les images, les rappels, le contenu historique, la couverture artistique et les messages oniriques et sensuels de continents vidéographiques en action sur fond de scène tout au long de la prestation, un rêve qui porte unis, public et artistes, sur un tapis vivant. Cette performance est le fait des deux incontournables VJs montréalais, Liberty et jocool, maîtres sorciers et magiciens de cette dynamique visuelle en directe.

Construit à partir d’un vocabulaire original issu de styles traditionnels et contemporains, le jeu sonore complexe et actuel créé par Catherine Potter et ses complices met en évidence toute la beauté des ragas indiens, tantôt mêlés, tantôt juxtaposés à la richesse harmonique de la kora mandingue d’Afrique et aux grooves indiens et africains. Ces compositions originales sont enluminées en direct par les couleurs, les ombres et les éléments interactifs des vidéastes qui proposent une expérience multidisciplinaire encore plus intense. Un spectacle qui nous emporte sur un rivage où la diversité des pratiques se conjugue dans un souci d’altérité et de partage.

Une telle création, une réalisation de cette ampleur, originale mise en conjugaison de sons, de mots, de rythmes, de silences, et de séquences issues des cultures de l’Inde du Nord et de l’Afrique occidentale; mérite totalement une suite de nouvelles productions sur les scènes métropolitaines et internationales. Indispensable, pour La convergence des continents de partir en tournée à la rencontre des publics partout, concert sublime qui allie audace, lumière, sonorités polyphoniques au tonus inédit, À vivre, à ne pas manquer !

Yves ALAVO

À propos de l’artiste Catherine Potter

Catherine Potter est formée au bansuri (flûte de bambou indienne) auprès du célèbre Pandit Hariprasad Chaurasia en Inde. Elle détient une maîtrise en ethnomusicologie de l’Université de Montréal et un baccalauréat en jazz de l’Université Concordia. Plusieurs fois boursière du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada, elle a remporté le prix Jon Higgins en 1999. Elle a collaboré avec de nombreux artistes ici et en Inde – Boubacar Diabaté – dont la rencontre il y a 20 ans est l’une des sources d’inspiration de ce projet –, Simon Shaheen, Ramasutra, Ganesh Anandan, etc. Avec sa formation Duniya Project, qu’elle a fondée en 2002, elle connaît le succès en Amérique, en Europe et en Inde. Elle a deux albums à son actif et prépare actuellement le troisième.

www.catherinepotter.net

www.jocool.com

Invités : Zal Idrissa Sissokho, VJ Liberty et VJ jocool

Sur scène :

Catherine Potter – Duniya Project : Catherine Potter : bansuri, composition et direction artistique / Subir Dev : tabla / Thom Gossage : batterie, kalimba / Jean-Marc Hébert : guitare / Nicolas Caloia : contrebasse / Invités : Zal Idrissa Sissokho : kora / Martine Koutnouyan aka VJ Liberty / Joseph Lefèvre aka VJ jocool.

Laetitia Zonzambé Une étoile qui ne sera pas filante

12-02-2010

Laetitia Zonzambé Une étoile qui ne sera pas filante

Yves Alavo

Suite à une résidence de création, accompagnée de divers artistes parmi lesquels on retrouve la comédienne, parolière et slameuse Queen KA, Caroline St-Louis et Stephan Ritch du groupe GIVE, Estelle Lavoie, Diely Mori Tounkara, Cédric Dind-Lavoie, Zoutenn de Mondélé et Frédéric Angers, Laetitia Zonzambé, artiste originaire de la Centrafrique, a présenté au grand public, les 30 et 31 octobre 2009, toute la polyvalence de son talent. Du rap au folk en passant par les traditions africaines et le blues, elle chante, danse, « slame », récite et surtout irradie une immense joie qu’elle partage avec tous ses précieux complices artistiques.Deux heures durant, sans un fléchissement, c’est une prestation faite d’une succession de temps forts, ponctuée d’échanges intelligents avec le public, que nous avons vécu. La musique dense et riche de neuf musiciens s’exprimant dans une harmonie construite dans la complicité et partagée avec énergie, a coulé sous la forme de plusieurs rythmes, musique véhiculée en paroles et langues diverses. Une douzaine et demi de séquences, y compris les morceaux du rappel, sont passés au crible de spécialistes, dont plusieurs responsables des centres de diffusion du Réseau Accès culture (Martin Hurtubise), des producteurs connus et de nombreux artistes de la scène émergente de Montréal. Une soirée de plaisir, de jeunesse, de virtuosité maîtrisée et d’un charme nouveau, a comblé nos attentes esthétiques, nos rêves artistiques, nos exigences professionnelles sur tous les registres : musicalité exceptionnelle de la voix de Laetitia Zonzambé, haute qualité des pupitres instrumentaux ( Cédric Dind Lavoie à la basse, Estelle Lavoie à la guitare et à la kora, Djely Mori Tounkara qui est de son état spécialiste de la kora mais qui assure avec discipline et attention les percussions du spectacle, Give soit le couple auteur/compositeur constitué de Caroline St-Louis et de Richard Ritch voix et guitare aux accents folk et world, le guitariste auteur et chanteur Zoutenn de Mondélé, l’actrice/comédienne et slameuse Queen Ka, ainsi que l’artiste multidisciplinaire, acteur, guitariste, auteur/compositeur et interprète Frédéric Angers). Très remarquée, la coordination très prometteuse de la mise en scène assurée par Paméla kamar. Nous avons admiré une large palette de talents associés sous la conduite d’une auteure (Laetitia Zonzambé), chanteuse et interprète pétrie de dons vertigineux et douée d’une générosité immense, d’un sens de l’adaptation, de qualités mélodiques, de vertus irradiantes sensibles aux sentiments et aux émotions. Nous pouvons affirmer que la ravissante Laetitia Zonzambé, étoile merveilleuse révélée au firmament de notre ciel artistique grâce à ce spectacle en partenariat actif entre Vision Diversité et la SACEF (Société pour l’avancement de la chanson d’expression française), est promise à un avenir resplendissant; ce qui justifie le titre du show « Une étoile qui ne sera pas filante ».

Moments magiques vécu les Vendredi 30 et samedi 31 octobre 2009 à 20h, Studio-théâtre de la Place des Arts. (Produit par Vison Diversité en partenariat avec la SACEF).

LA SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE CHAMBRE DE MONTRÉAL,

Samedi 13-02-2010.

LA SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE CHAMBRE DE MONTRÉAL,

http://www.smcm.ca/saison.html

Yves Alavo

Voici un acteur de taille de la vie culturelle montréalaise. Laissons la directrice artistique, Mme Véltchka Yotchéva nous parler de la saison 2009-2010 : Cette saison haute en couleur sera placée sous le signe de la diversité. Pas moins de quatre concerts vous seront offerts cette année : quatre concerts, quatre événements !Tout d’abord, le piano a été à l’honneur au cours de l’automne grâce à un récital Liszt-Chopin de Patrice Laré, concert qui mit en relief la parution de son premier album solo chez Disques XXI dans un programme consacré exclusivement à Liszt. Vous avez eu l’occasion d’y entendre la sonate en si mineur, oeuvre magnifique s’il en est et pierre angulaire du répertoire romantique. Pour les fêtes, le trio Roy Yotcheva Laré nous a proposé de la musique russe à savoir Rachmaninov et Chostakovitch. Ces trios où l’on croit entendre l’orchestre tant la maîtrise de leur créateur est grande vous a transporté dans le coeur de l’esprit russe, à savoir l’intensité, le mystère et le lyrisme d’une poésie exacerbée. Qu’on se souvienne du précédent concert de ces trois interprètes qui fut une grande réussite pour comprendre que nous avons vécu un magnifique moment de musique de chambre. Lors de la Saint-Valentin (14 février 2009), l’orchestre de chambre fondé par Velitchka Yotcheva nommé I Cellisti a fait ses grands débuts. Vous y avez entendu un orchestre qui n’a rien à envier aux formations plus étoffée car là est la force de cet instrument : il peut successivement être soliste, accompagnateur et basse. Qui n’a jamais entendu un orchestre de huit violoncelles n’a pas idée de la richesse démultipliée de cet instrument. Une première en Amérique du Nord ! La saison 2010 nous permettra de revoir le grand pianiste français Michel Bourdoncle, directeur et fondateur des Nuits pianistiques d’Aix-en-Provence, il nous fera l’honneur d’être notre invité. Monsieur Bourdoncle, vous êtes ici chez vous ! Tous les concerts ont lieu en la Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 rue Sherbrooke Est.

Le Prix de la Diversité – Date limite pour déposer sa candidature le 15 janvier 2010:Ce nouveau prix viendra mettre en valeur la diversité des expressions artistiques de Montréal : le Prix de la diversité. Cinq partenaires, le Conseil des arts de Montréal, CBC Radio 2, le MAI (Montréal, arts interculturels), la Place des Arts et Vision Diversité se sont réunis pour offrir ce prix à un artiste ou à un collectif d’artistes du domaine de la musique du monde et issus de la diversité culturelle montréalaise. Le lauréat du prix bénéficiera, dans le cadre d’un parcours d’un an, d’un soutien et d’un accompagnement à la création, à la production, à la diffusion et à la circulation offerts par les partenaires.

Le premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik

Dimanche 14-02-2010.

Le premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik

Par Yves Alavo

Le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, accompagné de la présidente du jury et membre du comité exécutif, Mme Helen Fotopulos, ainsi que du président du Conseil interculturel de Montréal, M. Bergman Fleury, a décerné aujourd’hui à l’hôtel de ville de Montréal le premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik à Mme Marie-Claude Barey. L’événement a eu lieu mardi 20 octobre 2009 en présence de Mme Lise Roy-Limonchik, épouse de feu Abe Limonchik, de nombreux invités, plus de 200 personnes pour la plupart issues des réseaux des droits de la personne et de lutte à la discrimination, du développement social, représentants et membres d’organismes de promotion des droits des réfugiés ainsi que les principaux partenaires des secteurs culturel (Conseil des arts de Montréal et Diversité artistique Montréal), socioéconomique et politique. « À l’instar d’Abe-Limonchik, Mme Barey, par son engagement et son apport exceptionnel aux communautés de diverses origines, contribue grandement, depuis plus de 20 ans, à faire de Montréal une ville accueillante, inclusive et respectueuse des différences. Nous sommes extrêmement reconnaissants de son dévouement à améliorer la qualité de vie de nos citoyens et citoyennes et à faire de Montréal une ville où il fait bon vivre pour tous. C’est un honneur de rendre hommage aujourd’hui à cette digne héritière d’Abe Limonchik », de déclarer le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay.« La recommandation faite par le Conseil interculturel de Montréal prend véritablement vie aujourd’hui par la remise du premier Prix interculturel de Montréal à cette véritable artisane des rapprochements interculturels qu’est Mme Barey. Ce moment est une autre preuve que Montréal est sans contredit une ville à échelle humaine, ouverte sur le monde, reconnaissante des apports de tous et consciente de la richesse que lui apporte la diversité », d’affirmer M. Bergman Fleury. « Je suis très fière d’avoir été associée à cette démarche depuis les tout débuts. Montréal regorge d’hommes et de femmes de conviction qui savent créer l’échange et le dialogue et façonner ce Montréal cosmopolite unique qui doit beaucoup à Abe Limonchik. Nous disposons d’un bassin de récipiendaires pour de nombreuses années, mais en tant que responsable de la condition féminine au comité exécutif, je suis très fière que ce premier Prix Abe-Limonchik soit remis à une femme, en la personne de Mme Barey », de poursuivre Mme Helen Fotopulos. Comme récipiendaire du premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik, Mme Marie-Claude Barey s’est vu remettre une œuvre de l’artiste Hassane Amraoui, intitulée La tribu du soleil.

Le Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik

Ce prix vise à souligner la contribution exceptionnelle d’un individu, d’un organisme ou d’une entreprise à l’amélioration des relations interculturelles et à la promotion de la diversité sur le territoire montréalais. Il sera remis tous les deux ans à une personne, à un organisme ou à une entreprise qui réside ou qui a son siège social à Montréal et qui œuvre sur le territoire montréalais depuis au moins cinq ans.

Comme c’est une œuvre de l’artiste montréalais Hassane Amraoui qui a été offert comme prix, nous vous présentons le peintre.

Hassane Amraoui, peintre et maître en Arts Visuels

Depuis 20 ans, cet artiste prolifique au talent exceptionnel crée et expose, en solo ou en collectif, dans les lieux les plus prestigieux en Afrique du Nord (Algérie et Tunisie surtout), en Europe (France) ailleurs sur le continent mère Afrique (en 2007, il a participé à une exposition collective à Libreville au Gabon) et aussi, ces quatre dernières années, il est présent sur la scène culturelle montréalaise. Il est parmi les professionnels les plus remarqués de Diversité artistique Montréal (DAM) sous l’égide du Conseil des arts de Montréal (CAM).

Il est engagé dans la promotion du langage pictural ancestral des Arts Premiers jaillis de la culture Amazigh ou Berbère, fondatrice d’une expression artistique ancienne originaire du bassin méditerranéen. Fort de cet enracinement dans les traditions profondes d’une culture transversale qui a inspiré les arts de la Renaissance et s’est mariée aux expressions arabo-berbères et négro-africaines, formé aux techniques modernes et confronté aux expressions universelles tant en peinture que dans tous les arts visuels, Hassane Amraoui s’est imposé par la qualité de ses œuvres. À Montréal, Hassane Amraoui s’est vite mis au diapason d’un mouvement culturel en mutation marqué du sceau de la diversité des expressions culturelles et des pratiques artistiques professionnelles nouvelles qui en résultent. Il a pris part à la 6e exposition du Collectif Bain Mathieu en 2008. Hassane Amraoui a aussi présenté une exposition solo, intitulée Où va le monde?, à la galerie Crescent Contemporain toujours à Montréal en 2006. Hassane Amraoui a réalisé dans son pays d’origine, l’Algérie, plusieurs fresques mesurant entre 15 et 40 m dans des grottes et sur des rochers. Entre 1997 et 2005, Hassane Amraoui a exposé dans la plupart des grandes galeries tunisiennes et algériennes, de même qu’à l’Hôtel de ville de Paris (2001).
Ses œuvres sont exposés dans différents lieux publics (édifices, hôtels, banques) dont notamment le Musée de Sapa Djerba. On retrouve aussi de ses œuvres dans différentes collections en Europe et dans le monde arabe dont des tableaux acquis par la commission d’achat des artistes tunisiens pour la Collection de l’État.

Diplôme en arts de l’École nationale de Batna (Algérie) et de l’École supérieure des Beaux-arts d’Alger (Algérie). Formation en photographie à la Maison de la presse d’Alger. Il a aussi suivi de nombreuses formations et participé à des ateliers de perfectionnement technique, administratif en Europe et au Canada.

Portrait d’artiste: Joseph André, peintre persévérant

Jeudi 11-03-2010.

Portrait d’artiste

JOSEPH ANDRÉ PEINTRE PERSÉVÉRANT

par Yves Alavo

Joseph André, peintre qui est aussi commissaire d’exposition, admet que la collection thématique qu’il a réalisée au fil des ans contribue à lui conférer le titre de « spécialiste en jazz » et lui permet ainsi d’entrer plus facilement dans les maisons de la culture du réseau Accès Culture. De ce fait, il réussit à rejoindre un public plus large.

Le Mois de l’histoire des Noirs est une vitrine pour M. André, activement présent dans la vie d’un quartier où la présence de la population « noire » est significative et où, dans une situation normale, elle devrait y jouer des rôles de premier plan.

En parlant de ses tableaux, le peintre Joseph André avoue ne pas vouloir s’imposer de barrière. Il qualifie son art de « style libre ». Il s’adonne aux portraits, comme le démontre « Fenêtre sur le Jazz », mais également aux paysages et à la peinture de nus et de tout ce qu’un artiste de son calibre peut exprimer avec des matériaux comme la peinture à l’huile et bien d’autres en s’inspirant de situations, de sujets ou de thématiques qui lui tiennent à cœur. Par ailleurs, Joseph André professionnel engagé localement, est membre de DAM (Diversité artistique Montréal).

Plusieurs expositions au printemps 2010

En marge du Mois de l’histoire des « Noirs », cette année, le bureau de M. Justin Trudeau, député fédéral de Papineau, en collaboration avec Espace d’Expressions et de Création, a réuni cinq peintres pour l’exposition « Trajectoire ». L’artiste de Villeray, Joseph André, y est présent. Ses toiles sont exposées aux côtés de celles d’Anthony Benoît, de Frantz Louis, de Ginette Roy Doura et de Clébert Dutervil. Plus de cent cinquante personnes se sont déplacées lors du vernissage pour découvrir des œuvres figuratives et non figuratives. L’exposition constitue une synthèse de la production artistique de ces professionnels qui présentent une tranche de leurs trésors de production. Il est nécessaire ici d’attirer l’attention sur les résultats de leurs efforts pour avoir accès à des lieux de diffusion et au marché de l’art.

C’est l’occasion de vous inviter à découvrir les œuvres qui sont mis en valeur dans la galerie périphérique située sur la mezzanine au 1er l’étage de l’immense et magnifique hall patrimonial de la Maison du Conseil des arts de Montréal, Édifice Gaston Miron, au 1210, de la rue Sherbrooke est. Y exposent plusieurs représentants de l’École montréalaise de la diversité, dénomination s’il en est une, pour des artistes professionnels nourris de pratiques culturelles différentes et dont les traditions picturales, enracinées dans d’autres imaginaires alimentent depuis quelques décennies le renouveau de la peinture et de la sculpture, ainsi que des secteurs connexes des arts visuels, y compris les arts plastiques, auxquels ajouter la photographie et la vidéo.

Cette exposition, au titre longuet Les efforts de chacun font la richesse de tous, est le résultat d’une collaboration entre le Conseil des arts de Montréal, la Direction de la diversité sociale de la Ville de Montréal et Diversité artistique Montréal, a l’énorme mérite d’exister. Elle devrait devenir récurrente tant elle agit comme tremplin de qualité pour les artistes. Les gagnants du concours (ceux dont les œuvres sont exposées) et que nous félicitons sont : M.Hassane Amraoui, M. Joseph André, Mme Anabel Burin, M. Robert Chayer, M. Yannick de Serre, Mme Marie-Denise Douyon, M. Azzedine Mekbel et M. Bismark Villacrès.

Joseph André expose, avec une autre artiste, Mme Diane Savoie, au café internet de la Bibliothèque d’Ahuntsic, du 2 au 31 mars 2010. Vernissage, mercredi17 mars à 17 h 00. Une exposition composée, tant d’œuvres figuratives que non figuratives, œuvres réalisées sur toiles et cartons, à l’acrylique, à l’huile et avec des techniques mixtes. Le lieu est accessible, du mardi au dimanche, de 13 à 17 h, exceptés les mardis et les mercredis jusqu’à 18 h et le dimanche à partir de 12 h 00.

L’artiste précise sa démarche artistique ainsi : « En effet, les techniques que j’utilise connaissent une progression assurée de 1990 à aujourd’hui. J’ai voyagé du dessin à la peinture, mes toiles se composent désormais des reliefs abstraits qui définissent l’arrière plan de mon œuvre et quelquefois, guident même ma création. La transparence dérivée des multimédias est reproduite dans son intégralité elle permet une juxtaposition des formes et des personnages, sans déranger l’œil du spectateur ».

Joseph André est né en 1961 à Port-au-Prince (Haïti), vit et travaille à Montréal depuis 1988 dans l’arrondissement de Villeray. Personnalité en vue du monde culturel de Montréal et du Québec, il cultive, avec une habileté consommée, l’engagement et la fermeté sur le plan social et professionnel et une créativité féconde comme artiste qui inscrit son œuvre dans la modernité.

Yves ALAVO

L’artiste est dans le répertoire de : www.diversiteartistique.org

Son adresse est : josefkalolo@hotmail.com

Prix pour deux grands artistes du paysage urbain montréalais

Jeudi 18-03-2010.

Prix pour deux grands artistes du paysage urbain montréalais

Par Yves Alavo

Les architectes paysagistes Wendy Graham et Daniel Chartier (de la Direction des grands parcs et de la nature en ville) ont reçu samedi, 27 février 2010, lors de la clôture du congrès annuel de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ), les prix Frederick Todd*, dans la catégorie Membre. Ils ont été honorés pour leur engagement commun et leur contribution exceptionnelle à l’avancement de l’architecture de paysage au Québec. Ces deux professionnels de la Ville de Montréal ont travaillé plus de vingt ans à la mise en valeur et à la conservation du mont Royal.

Ils œuvrent de façon complémentaire et forment une belle équipe dédiée à la protection et à la mise en valeur de la montagne. Ils se distinguent d’abord par l’ampleur de leur contribution au parc du Mont-Royal et plus largement à la montagne dans son ensemble, véritable symbole dans le paysage de Montréal. Comprendre les caractéristiques de la montagne et en faciliter la découverte dans le respect des patrimoines naturels et culturels, est au centre de leur démarche.

Tous deux ont participé à la conception et à la réalisation d’une multitude d’aménagements structurants sur le mont Royal : carrefour du Parc/des Pins, belvédère Camillien-Houde, patinoire artificielle, aire de jeux, restauration du chemin Olmsted, création du chemin de ceinture, simplification du réseau de sentiers secondaires, création de milieux humides et de cascades, plantation de dizaines de milliers d’arbres et de centaines de milliers d’arbustes.

M. Pierre Bouchard, directeur à la Direction des grands parcs et de la nature en ville, félicite ses collègues : « Ce prix de reconnaissance met en lumière la persévérance qui anime Mme Graham et M. Chartier dans leur travail ainsi que leur engagement professionnel et personnel pour la conservation et la mise en valeur du mont Royal. ». Notons que M. Bouchard est lui-même lauréat nommé au Collège des Fellows ou ordre des associés de l’Association des architectes paysagistes du Canada, titre le plus prestigieux, conféré aux personnes ayant apporté une contribution sans égale à leur profession. Wendy Graham a reçu le même honneur.

Daniel Chartier, spécialiste de l’œuvre de Frédérick Law Olmsted, précise : « Il ne s’agit pas simplement de permettre aux gens de faire de l’exercice et de respirer de l’air pur, mais il faut toucher l’âme des gens en créant une œuvre d’art globale, faite d’une succession de paysages naturels. Les grands travaux, menés sur le mont Royal, ont toujours cherché à se fondre dans la nature et à accentuer son caractère de Montagne ».

C’est en 1987 que le travail de Mme Graham s’amorce dans le cadre de la conception du premier Plan de mise en valeur du mont Royal. Pour sa part, M. Chartier consacre l’essentiel de son travail à la montagne depuis 1991. L’un et l’autre, comme architectes paysagistes, ont consacré un total de plus 60 ans de carrière aux parcs et aux espaces publics de la Ville de Montréal, tout en menant ou supervisant de nombreuses études en architecture de paysage. Plusieurs prix ont marqué leurs parcours auxquels s’ajoute le prix Fédérick Todd.

Mme Graham s’est aussi distinguée par son apport à la compréhension de l’évolution du paysage montréalais à travers plusieurs projets, mais aussi par sa contribution à la promotion de la profession, par sa participation à la publication de la revue canadienne Landscapes /Paysages et à la formation des architectes paysagistes de demain. Elle a été et demeure une pionnière des relations Montréal-Chine, en concevant ou supervisant plusieurs aménagements réalisés à Montréal (Jardin de Chine de Montréal), à Shanghaï et à Kunming.

En 2005, M. Daniel Chartier a reçu le certificat Implication décerné par le Conseil des monuments et sites du Québec : « Nous soulignons par ce prix sa remarquable détermination dans plusieurs projets dont l’aménagement du parc régional de l’Île-de-la-Visitation, son expertise et sa connaissance développées et partagées sur l’œuvre de Frederick Law Olmsted, le créateur du parc du Mont-Royal et son travail patient et persistant pour assurer la sauvegarde du caractère portuaire du Vieux-Port de Montréal ainsi que l’accessibilité au public de ce secteur privilégié. »

Pour plus d’information sur le prix Frédérick Todd, consultez le site Internet de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) : www.aapq.org/

Frederick Todd, premier architecte paysagiste résidant et œuvrant au Québec, après des années passées au bureau de Frederick Law Olmsted. Parmi ses principales réalisations, le lac aux Castors, le chemin de croix de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, les plaines d’Abraham à Québec, le plan directeur de Ville Mont-Royal.

Information originale d’Anne Marie Comparot.

Les photos une gracieuseté de Jean Landry .

* Les prestigieux Prix Frédérick Todd sont décernés depuis 1995, pour honorer des membres de l’Association des architectes paysagistes du Québec et des personnalités publiques, qui ont contribué de façon exceptionnelle à promouvoir l’architecture de paysage au Québec.

ELEKTRA ET MUTEK DEUX TÉNORS DES ….

Jeudi 25-03-2010.

ELEKTRA ET MUTEK DEUX TÉNORS DES ARTS NUMÉRIQUES

GRAND PRIX DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL.

Par Yves Alavo

Ce sont deux organisations complémentaires qui font de Montréal un haut lieu sur la planète des arts numériques et électroniques que les membres du jury ont choisi pour le 25e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal (CAM). Ces organismes, ELEKTRA ET MUTEK, sont surtout les pionniers de cette culture numérique diffusée via deux festivals (organisés en mai et juin chaque année). Le nom du lauréat du Grand Prix du Conseil des arts a été divulgué par Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal, et par Helen Fotopoulos, responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal, en présence de Sylvain Lafrance, vice-président principal de Radio-Canada, partenaire officiel de ce 25e Grand Prix.

Le jury du Grand Prix présidé par Louise Roy, réunissait cette année Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Claude Corbo, recteur de l’Université du Québec à Montréal, Jean Laurin, président de la Place des Arts et président et chef de la direction de GVA Devencore Worldwide et Zab Maboungou, directrice artistique du Cercle d’expression artistique Nyata Nyata.

Devant un parterre de plus de huit-cent personnes représentant de la communauté des affaires et du milieu artistique, véritables forces vives des arts et de la culture, dont le design mis en relief par sa leader Mme Marie-Josée Lacroix, l’animatrice Geneviève Guérard a mené la fête de main de maître, avec la contribution superbe de Mme Danielle Sauvage Directrice générale du CAM. Notons les présences de Dany Laferrière (Vice-président du CAM), Prix Médicis 2010, Grand prix du Livre de Montréal et Prix du Festival Métropolis Bleu, de la directrice général de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ de Montréal), Mme Marie-Claire Dumas, ainsi que de la présidente de la CRÉ de Montréal, Mme Manon Barbe, membre du Comité exécutif, responsable du transport et mairesse de LaSalle.

Branchés sur l’innovation, l’émergence et la mixité des pratiques, ouverts aux collaborations les plus riches de la planète technologique, Elektra et Mutek partagent une vision artistique audacieuse résolument tournée vers l’avenir, en affichant une programmation internationale de haut niveau. Les deux événements ont un effet d’attraction et de rétention auprès de publics dont l’assistance, de toutes générations, présente une courbe de croissance vertigineuse. Le jury du Grand Prix a reconnu l’importance majeure de ces deux organisations sur le rayonnement international de Montréal comme métropole culturelle.

Les récipiendaires de cette distinction se partagent une bourse d’excellence de 25 000 $. De plus, ils recevront une œuvre d’art commémorative qui sera réalisée par un artiste montréalais en cours d’année. Les finalistes du Grand Prix reçoivent chacun une bourse de 5 000 $ offerte par de généreux mécène montréalais. En effet, en réponse à l’appel de l’an dernier du donateur et membre du Conseil des arts Pierre R. Desmarais, qui fut le premier à parrainer un finaliste (théâtre), sept philanthropes l’ont imité pour cette édition anniversaire du Grand Prix avec un don annuel de 5 000$ avec un engagement de trois ans. Ce sont : Richard Bruno, Beyond If Corporation (arts numériques), Maurice Forget, Fasken Martineau (arts visuels), René Malo, Fondation René Malo (cinéma et vidéo), Peter McAuslan, Brasserie McAuslan (littérature), Luc Plamondon (nouvelles pratiques artistiques et arts du cirque), Alvin Segal C.M., Vêtements Peerless (danse) et David Sela (musique).

Également dans le cadre du déjeuner du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, quatre autres prix ont été attribués. La réputée photographe Raymonde April et le duo Annie Roy et Pierre Allard de l’ATSA (Action terroriste socialement acceptable) ont reçu les deux Prix Pratt & Whitney Canada du Conseil des arts de Montréal (Les Elles de l’art et Nature de l’art). Ces deux prix sont accompagnés d’une bourse de 5 000 $ chacun. Le Prix de la relève – Caisse de la Culture a récompensé les actions structurantes du Théâtre Aux Écuries avec une bourse de

5 000 $.

Finalement, c’est le jeune musicien d’origine brésilienne, Rômmel Ribeiro, qui bénéficiera, dans le cadre d’un parcours d’un an, d’un soutien à la création, à la production, à la diffusion et à la circulation offerts par les partenaires du Prix de la diversité (Conseil des arts de Montréal, CBC Radio 2, MAI – Montréal, arts interculturels, Place des Arts et Vision Diversité).

Soulignons que parmi les autres finalistes en lice pour le Grand Prix 2009 étaient : Oboro (arts visuels) qui vient de célébrer ses 25 ans et qui était présent par ses fondateurs Daniel Dion (Directeur) et Sue Shnee.

Rappelons que l’œuvre d’art remise en janvier 2010 à l’organisme récipiendaire l’an dernier du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, l’Orchestre symphonique de Montréal, était Œuvre de sable de l’artiste montréalaise Jocelyne Alloucherie.

Une importante collaboration de Radio-Canada a permis la production de 24 capsules vidéo d’une minute en hommage aux 24 lauréats des Grands Prix remis depuis ses débuts en 1985 en plus de celle de la vidéo de présentation des finalistes. Ces capsules, réalisées par Yannick B. Gélinas, peuvent être vues sur le site du Conseil des arts de Montréal : http://artsmontreal.org/gp25.php .ARTV, également partenaire de cette édition anniversaire, diffuse actuellement ces vidéos sur ses ondes.

Le Conseil des arts de Montréal I(CAM) sur : www.artsmontreal.org/

Source : Christian O’Leary, directeur des communications et du développement

Les photos une gracieuseté de Nicolas Tayout

Festival des Musiques et du Monde de Montréal

Mercredi 14-04-2010

Festival des Musiques et du Monde de Montréal MMM

– 20e ÉDITION – 13 au 24 avril 2010

16 concerts et plus de 100 artistes

Par Yves Alavo

Musique Multi-Montréal grâce à une programmation exceptionnelle, célèbre la vingtième édition de son Festival qui se déroulera du 13 au 24 avril 2010. Vingt ans de rencontres, de créations et de découvertes. La fondatrice et directrice artistique des 19 années précédentes, Liette Gauthier, est absente cette fois. Cela pour des motifs qui semblent complexes, mais l’œuvre réalisée et l’engagement assumé, méritent hommage, respect et reconnaissance.

Plus d’une centaine d’artistes seront réunis sur les scènes de la maison de la culture d’Ahuntsic-Cartierville, du Club Soda, du Théâtre Outremont et des Bobards pour cette grande fête aux couleurs de la planète. En tout, seize concerts à l’image de notre monde moderne et de ses mouvements migratoires.

Faits saillants de cette programmation :

Mardi 13 avril, au Club Soda à la soirée MMM au rythme du monde, à 19 h 00

Lancement de Monde, le CD de Alpha Thiam. Le lancement sera suivi de la soirée MMM au rythme du monde soirée où vous pourrez entendre le groupe d’Alpha Thiam et 6 autres groupes de musiques du monde. Principalement l’Ensemble Sergiu Popa, Small World Project, l’Ensemble Dave Gossage, Alpha Thiam, Apadooraï, Bambara Trans et Wesli et le Wesliband. Afin de marquer ses vingt ans, MMM reprend une formule de concert qui a marqué ses débuts. Une quarantaine de musiciens défileront sur scène pour un tour du monde en musique.

Originaire de la République de Guinée (Conakry) en Afrique de l’Ouest, Alpha Thiam est un fascinant créateur-auteur, compositeur, chanteur et guitariste. Installé depuis plus de cinq ans à Montréal, après avoir sillonné l’Afrique de l’Ouest durant plus de quarante ans, il nous présente son premier album éponyme. Un artiste qui représente avec avantage le dynamisme culturel de tout un continent, riche de créativité et fort d’une profondeur esthétique exceptionnelle.

Gagnant du Syli de bronze du Festival International Nuits d’Afrique et Découverte MMM 2008, Alpha Thiam nous livre de magnifiques chansons originales en langues peul, mandingue et sousou. Il marie sa guitare électrique aux koras de Nathalie Cora, aux basse et contrebasse de Cédric Dind-Lavoie et aux percussions de Moïse Yawo Matey (calebasse, djembé, cajón).

Cette année, ce sont les vingt ans de MMM. Pour célébrer l’événement, Musique Multi-Montréal prend des allures de feria et reçoit des invités internationaux tels que :

Vendredi 16 avril, 20 h – Théâtre Outremont. SOLORAZAF (Madagascar). Ce guitariste exceptionnel se joint aux artistes montréalais de MG3 : Montréal Guitare Trio et de Small World Project pour interpréter des créations et des classiques revus à leur manière.

Samedi 17 avril, 20 h – Théâtre Outremont. STREE SHAKTI d’ANURADHA PAL (Inde). La reine des tablas sera en spectacle pour la première fois à Montréal. Une explosion de rythmes effrénés et hypnotiques. Spectacle présenté en collaboration et en coproduction avec le Centre culturel Kabir.

Mercredi 21 avril, 20 h – maison de la culture Ahunstic-Cartierville.

PYTSHENS KAMBILO (République démocratique du Congo) Artiste en résidence de création grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Programme de bourses pour les artistes UNESCO-Aschberg. Il présentera sur scène un spectacle inédit réalisé en collaboration avec des musiciens montréalais professionnels de plusieurs pratiques artistiques et culturelles. Pour le natif du signe du bélier, l’énergie de la création et la force de ses arguments artistiques pour conquérir les publics, partager la musique et dire son âme sont la plus naturelle des offrandes. Il va vous combler de sa générosité et de son talent sans limites.

MMM vous présente aussi ses soirées thématiques :

LOS ARGENTINOS

Vendredi 23 avril, 20 h – maison de la culture Ahuntsic-Cartierville

L’Ensemble José Maria Gianelli, le trio Bataclan, Irem Bekter et ses Diabluras, Sergiu Popa génie de l’accordéon va briller de mille feux avec le duo Silk Road. Ce spectacle vous convie à la découverte de la riche tradition musicale de l’Argentine. Une féérie à vivre avec la passion, le génie et la grâce sans mesure de la fameuse Irem Bekter, chanteuse, créatrice de rythmes, héritière de traditions et artiste moderne au pouvoir de transmission car elle est aussi une actrice, cantatrice de haute lignée : Jeu, danse, chant, paroles et elle maîtrise plusieurs langues (turc, espagnol, anglais, français)

Photos : une de Pytshens, une de Small World Project et une des Gitans de Sarajevo.

Crédits Photos : OSA IMAGES / Festival MMM

La programmation de la 20e édition du Festival MMM est maintenant en ligne

http://www.musiquemmm.com/mmm/programmation.html

Billets en vente sur le réseau Ticketpro 514 790-1111 ou 1-866-908-9090.

Pour Informations : Richard Lafrance, Gong Communications

514 495-4520 Message : gongcom@gongcommunications.qc.ca

Source : MUSIQUE MULTI-MONTRÉAL

Isabelle Gauthier : 514 856-3787 poste 223

info@musiqueMMM.com

20 Avr

De botaniste à responsable d’un centre sur la biodiversité

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Anne Bruneau

Anne Bruneau

Anne Bruneau travaillait depuis plus d’un an aux Kew Gardens et au musée britannique d’histoire naturelle, à Londres, quand on lui a offert un poste à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal. La décision de passer de la City au mont Royal n’a pas été facile, mais, en choisissant Montréal, elle s’est promis de mettre en application ce qu’elle avait observé en Europe. «Cela peut paraitre étonnant mais, même en Angleterre, les plus importantes collections scientifiques étaient mal conservées et difficiles d’accès pour les chercheurs. Vous savez, personne n’a envie d’étudier des échantillons dans des sous-sols mal éclairés, avec des tuyaux de plomberie au-dessus de la tête.»

La communauté scientifique anglaise a fait pression pour obtenir des lieux de conservation convenables. Grâce à des établissements comme le Darwin Center, dans la capitale anglaise, il existe aujourd’hui des infrastructures exemplaires pour mener des recherches sur les collections séculaires d’Europe. «Les chercheurs doivent compter sur des infrastructures de qualité pour pouvoir faire avancer les connaissances, particulièrement lorsqu’on parle de biodiversité», dit Mme Bruneau.

Quinze ans après son retour à Montréal, elle peut dire qu’elle a enfin relevé le défi. À la tête de son équipe de chercheurs, elle a obtenu l’une des plus généreuses subventions d’infrastructure de la décennie en sciences biologiques au Canada. Ce qui lui a permis de prendre les commandes du Centre sur la biodiversité, juxtaposé aux serres du Jardin botanique de Montréal. Le gouvernement du Québec et la Fondation canadienne pour l’innovation ont participé à la mise en œuvre de ce projet d’envergure, qui a aussi été appuyé par la Ville de Montréal et l’UdeM. Le montant total de l’investissement atteint 24,5 M$.

Anne Bruneau assure que les travaux avancent bien, que l’échéancier est respecté et que l’ouverture est toujours prévue pour l’automne 2010.

Le Centre sur la biodiversité sensibilisera le public aux grandes problématiques de la diversité biologique.

Le Centre sur la biodiversité sensibilisera le public aux grandes problématiques de la diversité biologique.

Quatre objectifs

Dans cet immeuble de trois étages construit selon la norme de développement durable LEED (pour Leadership in Energy and Environmental Design), on trouvera, en plus des salles réservées aux collections, des laboratoires, des bureaux, une aire publique, de même qu’un amphithéâtre et un musée sur la biodiversité. La construction a démarré en aout 2009.

Le Centre a quatre objectifs: la valorisation et la conservation des collections, la recherche scientifique, le transfert des connaissances et la sensibilisation du public.

Quatre collections majeures trouveront un abri permanent dans le Centre: l’herbier Marie-Victorin, la collection entomologique Ouellet-Robert, la collection entomologique de l’Insectarium et la collection de champignons du Cercle des mycologues de Montréal. Ce regroupement permettra le partage des expertises et des ressources afin de mieux les gérer et d’informatiser les données.

Ces collections serviront de base à la recherche scientifique sur la biodiversité. On y trouvera des équipements d’avant-garde pour le traitement et la caractérisation rapide d’un grand nombre d’échantillons, particulièrement des espèces microbiennes, dont on commence à peine à inventorier la biodiversité.

Le projet Canadensys permettra de coordonner la mise en réseau de nombreuses collections biologiques d’universités canadiennes. Ce consortium de 12 universités canadiennes et de 6 jardins botaniques et musées assurera la compatibilité des bases de données et rendra ce réseau d’information accessible par l’intermédiaire d’un environnement Web convivial. Enfin, par son implantation au Jardin botanique de Montréal, le Centre sur la biodiversité sensibilisera le public aux grandes problématiques liées à la biodiversité, à sa conservation et à l’importance de la recherche et de la préservation dans ce domaine