Archive | février, 2011

Marseille, capitale culturelle 2013: PONT AFRIQUE-EUROPE

28 Fév

Le Monde

MARSEILLE CORRESPONDANT – Deux ans et demi après le choix de Marseille comme capitale européenne de la culture, l’association Marseille-Provence 2013 a présenté, jeudi 24 février, une ébauche de ce que le public découvrira dans deux ans. L’association a reçu 2 317 projets. Elle en retiendra autour de 600, fin 2011. S’ajoutent 60 chantiers de construction ou de réhabilitation de musées, salles de concert, ateliers d’artistes, etc.

Sur le thème de « Méditerranée, le partage des midis », l’année 2013 est conçue comme un récit articulé autour de quatre saisons, quatre chapitres, chacun d’eux s’ouvrant par un « temps fort » de quelques jours et nuits, avec inauguration de nouveaux lieux, vernissages d’expositions, rassemblements populaires.

Des ponts seront établis avec les grands rendez-vous estivaux, comme le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence ou les Rencontres de la photographie d’Arles. Quelques actions auront lieu toute l’année. Ainsi, les Ateliers de l’EuroMéditerranée associeront une centaine d’artistes des deux rives de la Méditerranée à autant d’entreprises privées ou publiques sur un projet de création. Sera par exemple présentée une exposition sur l’histoire de l’immigration qui associera des archives locales au travail que mène le photographe Antoine d’Agata : l’odyssée de neuf migrants tentant de pénétrer en Europe.

De « grands événements festifs et d’émerveillement » sont annoncés : fêtes d’ouverture, parades urbaines et maritimes. Une trentaine d’expositions sont prévues. Citons « Navigations et Méditerranées », sous le signe d’Ulysse, dans l’ancienne gare maritime du port de Marseille. « Le grand atelier du Midi » associera, au Musée Granet d’Aix-en-Provence et aux Beaux-Arts de Marseille, les grands artistes modernes qui ont travaillé dans la région, de Van Gogh à Bonnard, et de Cézanne à Matisse.

Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), dont les fondations s’achèvent, rendra hommage à Albert Camus, « l’étranger qui nous ressemble ». La nature est au programme avec l’ouverture d’un sentier de grande randonnée, le GR 2013, un grand huit dans les Bouches-du-Rhône.

En juin 2013, « Transhumance » fera converger vers la plaine de la Crau – haut lieu du pastoralisme entre l’étang de Berre et Arles – des troupeaux de chevaux et de moutons remontant du Maroc et d’Italie, pour un spectacle final à Marseille. Afin de satisfaire l’une des conditions de la réussite, « l’alliance entre l’exigence de qualité artistique et l’adhésion populaire », un tiers des moyens financiers sera dévolu aux actions de participation citoyenne, « une offre faite aux habitants à partir du monde scolaire et associatif d’être les acteurs de la programmation ».

Ce programme a un coût : 800 millions d’euros. Sa gestation a aussi été critiquée par des responsables culturels de la région, certains se sentant écartés ou peu écoutés. « Au cours des derniers mois, il y a eu des impatiences et des critiques sur un projet qui se préparerait dans l’opacité, indifférent aux acteurs culturels et aux artistes locaux », a reconnu Bernard Latarjet, directeur général de Marseille-Provence 2013. Ce dernier a ajouté : « Le calendrier est très serré, mais il est pour l’instant respecté. »

L’accolade donnée par Jean-Claude Gaudin, maire (UMP) de Marseille, à Maryse Joissains-Masini, maire (UMP) d’Aix-en-Provence, a scellé une réconciliation. En décembre 2010, Aix avait menacé de se retirer du projet. « Je ne voulais pas qu’Aix soit un simple apport ; je ne voulais pas servir la mariée, mais être le conjoint », explique Mme Joissains-Masini, hostile au projet d’un Grand Marseille, car il« absorberait le pays d’Aix ». Des « garanties » ont aplani cette rivalité de territoires.

En revanche, Toulon n’est plus au programme. Cette défection se traduit pour Marseille 2013 par une perte de plus de 6 millions d’euros, sur un budget de 90 millions. Une première cure d’austérité pointe donc à l’horizon.

Luc Leroux

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LA RÉVOLUTION DES PEUPLES

27 Fév

 

Impossible de résister à la Vague historique qui balaye de l’ouest vers l’est, les dictatures qui depuis le tournant des années 2000, aux yeux de toutes et tous, mettent en relief leurs tares immondes. Apparaît au grand jour l’incapacité des instances internationales à défendre de manière minimale le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à mettre en action le devoir d’ingérence face aux menaces à la sécurité, face aux abus de pouvoir des fascistes et pour protéger les vies humaines.
Yves Alavo

UN QUART DE SIÈCLE DE MUSIQUES AFRICAINES À MONTRÉAL

10 Fév

UN QUART DE SIÈCLE DE MUSIQUES AFRICAINES À MONTRÉAL
09-02-2011

UN QUART DE SIÈCLE DE MUSIQUES AFRICAINES À MONTRÉAL

Par Yves Alavo

Sur le Boulevard St-Laurent, au coin de Marie-Anne, déjà un quart de siècle, que souffle le vent des rythmes atlantiques/océaniques de l’Est/du Nord et du Sud de 54 foyers nationaux et que rayonnent les musiques anciennes, les créations nouvelles et les explosions créatrice avant-gardistes du continent-mère.  La plus extraordinaire diversité culturelle de Cheb Khaled, à Manu Dibango, de Goeffrey Oryema, à Lorraine klassens en passant par Angélique Kidjo, Les Grands ballets de Guinée, Soleya Mama, Touré Kunda, Youssou Ndour, Khalil Abouabdelmajid de Bambara Trans, Kinobe, Ismaël Lô, les frères Guissé, les Go de Koteba, Tapa Diarra et Zal Idrissa Sissokho ainsi que Djeli Mory Tounkara, Alpha Yaya Diallo, Boucar Diouf, Ricardo Castro Fernandez, Lilisson Cordeiro de Kinara, Alpha Thiam, Moïse Yao Maté,   qui a fait, fait encore vibrer et feront revivre au public les temps forts de ce long parcours.  Les 25, 26 et 27 janvier au Club Balattou une série de spectacles a marqué le coup d’envoi des célébrations. La soirée du 25 janvier 2011 a souligné le début des festivités entourant les 25 ans du Club Balattou, là où a débuté cette grande aventure.

 C’est le légendaire Club Balattou, chef lieu de la Musique du Monde à Montréal, qui depuis 25 ans joue un rôle essentiel sur la scène culturelle et artistique de la Métropole, qui est à l’origine de la grande histoire des Nuits d’Afrique. Précurseur dans son domaine, il fait partie des premiers clubs à avoir offert une scène aux performances musicales et plus particulièrement aux performances des artistes des musiques premières, celles qui partant d’Afrique ont métissé l’univers musical de la Planète. C’est sur ces mêmes planches qu’est lancée la première édition du Festival International Nuits d’Afrique mis de l’avant par les Productions Nuits d’Afrique. Le Club Balattou, ce lieu d’échanges et de rencontres uniques qui transforme régulièrement sa piste de danse en podium artistique a jusqu’à maintenant encouragé le talent de plusieurs milliers d’artistes d’ici ou d’ailleurs et a fait de leur public un véritable connaisseur toujours à la recherche de qualité, de découvertes et de voyages musicaux exclusifs.

Dans le cadre de cette année de grandes célébrations, la programmation de chaque événement présenté par les Productions Nuits d’Afrique retracera le parcours exceptionnel des Nuits d’Afrique qui ont su rallier tous les publics et peuvent désormais s’enorgueillir d’une notoriété planétaire!

Trois soirées distinctes gratuites et ouvertes au public, se sont déroulé les 25- 26 et 27 janvier 2011, mettant en valeur le chemin parcouru par les Productions Nuits d’Afrique à travers de nombreuses interventions et performances musicales. Concerts d’artistes notoires, animation, anecdotes, retrouvailles et émotions ont vécu avec réalisme à ce rendez-vous ! Afin d’immortaliser ces événements, la soirée du 25 janvier a été enregistrée par Espace Musique et celle du 26 janvier par CBC Radio 2. Des personnalités d’hier et d’aujourd’hui, qui ont marqué le Club Balattou, se présentées à la fête afin de rendre hommage au fondateur de ce Club, Lamine Touré.  Cet homme est étroitement lié à l’ascension de la musique du monde dont il a toujours été le porte étendard

Les Productions Nuits d’Afrique, toujours précurseur et LA référence en matière de musique moderne inspirée et d’origine africaine, ont créé ces soirées exceptionnelles de célébration qui font désormais partie des annales de la fabuleuse histoire du Club Balattou!

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WESLI LOUISSAINT (WESLI BAND) (Haiti)

Révélation Radio-Canada Musique 2009-2010 et récipiendaire du prestigieux Babel Med Music 2010, en France, cet auteur, compositeur et réalisateur de talent s’est taillé une place de choix dans le paysage musical québécois à force de rifs de guitare agiles et inspirés et de chansons aux propos engagés mettant toujours en vedette les rythmes ensoleillés de son pays d’origine.

ZAL IDRISSA SISSOKHO (Sénégal)

Né au Sénégal, Zal Idrissa chante et compose en mandingue en wolof et en français des chansons inspirées du répertoire ouest-africain. Il perfectionne sa pratique de la kora sous la férule d’un des maîtres de l’instrument, Toumani Kouyaté, puis accompagne l’auteur compositeur sénégalais El Hadj N’Diaye. Il joue notamment avec les frères Diouf, Richard Séguin, le Montréal Jubilation Choir, Corneille, Monica Freire et Lilison. Il fait sonner son instrument également pour des musiques de films dont Un dimanche à Kigali de Robert Favreau. À Las Vegas, il participe au spectacle « O » du Cirque du Soleil. En février 2008, Zal reçoit le prix OQAJ-Rideau des Amériques et il sort son premier album qui s’intitule Silaba (la grande route).

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TAPA DIARRA (Mali)

Né au Sénégal, Zal Idrissa chante et compose en mandingue en wolof et en français des chansons inspirées du répertoire ouest-africain. Il perfectionne sa pratique de la kora sous la férule d’un des maîtres de l’instrument, Toumani Kouyaté, puis accompagne l’auteur compositeur sénégalais El Hadj N’Diaye. Il joue notamment avec les frères Diouf, Richard Séguin, le Montréal Jubilation Choir, Corneille, Monica Freire et Lilison. Il fait sonner son instrument également pour des musiques de films dont Un dimanche à Kigali de Robert Favreau. À Las Vegas, il participe au spectacle « O » du Cirque du Soleil. En février 2008, Zal reçoit le prix OQAJ-Rideau des Amériques et il sort son premier album qui s’intitule Silaba (la grande route).

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SENAYA (Sénégal)

Elle est née sous le soleil d’Afrique, a connu la France et a voyagé un peu partout et s’est maintenant posée à Montréal. Dès son arrivée sur le sol québécois, elle joint le groupe Sunroots dans lequel elle chante, compose et où elle partage la scène avec ivoiriens, cubains, camerounais et québécois. L’auteur-compositeur-interprète parle sept langues et trouve dans le regard des gens toute son inspiration. Senaya a voyagé, elle s’est imprégnée des cultures et des rythmes, leur a donné un son unique. Elle est lauréate du prix de l’interprète de l’année au Festival International de la chanson de Granby en 2003. Authentique, spontanée, dotée d’un charisme et d’un talent indéniable, elle se verra aussi donner le prix du coup de coeur du jury de Vue sur la relève où elle se démarque en 2004. Senaya, c’est aussi une écriture profonde et des textes saisissants qui, plus authentique et vivante que jamais, en enivra plus d’un.

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ROMMEL RIBEIRO (Brésil)

Né à São Luís de Maranhão, dans le nord du Brésil, il apprend très jeune à jouer de la guitare et de plusieurs percussions brésiliennes. Il croise la route du People Project band, un collectif multiculturel explorant les musiques du monde et créant ainsi une synergie féconde. Le People Project band est invité à plusieurs festivals prestigieux tels que les festivals de Jazz d’Ottawa et de Montréal, le festival Global Grooves de Toronto et le Bluesfest d’Ottawa. Rommel Ribeiro peaufine ainsi son art, et laisse émerger son propre style musical métissant les influences musicales qui l’ont imprégné : Musique traditionnelle brésilienne, reggae, funk, rythmes africains. Il a sorti un album intitulé Rommel Voice and Guitar. Depuis cet album, sa forte apparition et son titre de grande révélation l’an passé au Festival International Nuits d’Afrique, Rommel Ribeiro a remporté en 2010 le Prix de la diversité décerné par le Conseil des Arts de Montréal et ses partenaires. Ce prix met en lumière la diversité et l’immense talent de ce jeune artiste qui porte en lui l’héritage des plus grands maîtres de la musique brésilienne.

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RAMON CESPEDES (KEBEKO) (Pérou, Haïti)

Cette toute nouvelle formation montréalaise a donné son premier show pendant les Syli d’Or de la musique du monde au Club Balattou en 2010. Le groupe est un parfait reflet de la scène musicale à Montréal. Les musiciens, preuve de la diversité culturelle montréalaise, ont fait vibrer et danser le Balattou avec leur mélange de rock, musique du monde, folk québécois et beaucoup de groove! Issu de la scène underground world de Montréal, Kebeko est un bon exemple des pulsions artistiques produites par le métissage culturel montréalais. Sa musique et ses textes, majoritairement en français, sont le miroir d’une ville cosmopolite, qui bat au rythme de la modernité tout en conservant ses racines

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PAULO RAMOS (Brésil)

Originaire de São Paulo, au Brésil, le guitariste, chanteur et compositeur Paulo Ramos apprend les rudiments des six cordes. Avant de se poser au Québec, en 1986, le polyvalent musicien s’est déjà fait connaître dans son pays et en Europe comme un véritable virtuose de la guitare. À Montréal, il assemble le Paulo Ramos Group avec le bassiste Dan Gigon et le batteur Yves Gigon. En 1988 paraît un premier album, Zigzag, distribué par l’étiquette japonaise Taiyo Music. Africa do Brazil (1997) est sacré Best Global Album au gala des prix Juno.

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MOHAMED N’DIAYE (Guinée)

Mohamed N’Diaye, qui se singularise par sa double formation en musique et en danse, est l’un des piliers de la coopérative de travail S’Temps d’Art Africain. Il débute les percussions à l’âge de 5 ans à Conakry (Guinée) avec le professeur Aboubacar Fatouabou Camara pour ensuite intégrer Les Percussions de Guinée Junior. En parallèle, il commence la danse à l’âge de 7 ans en joignant le Ballet Gbassikolo, au sein duquel il deviendra assistant formateur. Il sera accepté en stage dans le prestigieux ensemble national Les Grands Ballets Africains. Mohamed arrive au Québec en octobre 1998 et travaille pour l’école Rythmes et Traditions, fondée à Québec par son père Oumar N’Diaye. Il participe à divers festivals culturels à travers la province en tant que musicien et danseur. En 2004, il explore d’autres styles de danse sous la direction de Serge Takri dans la pièce Bad boy, présentée à Tangente, et de Ghislaine Doté dans la pièce L’âmentation, présentée en avril 2005 dans le cadre du Festival Dance.

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MANU ATNA NJOCK (ZEKUHL) (Cameroun)

Artiste multi-instrumentiste d’origine camerounaise, Manu Atna Njock a été initié par aux rythmes ancestraux, aux percussions, au balafon, à la danse, au Mbè (tambour long à peau) et au N’Kuu ou Téléphone africain (tambour en bois avec fente).Son bagage musical s’est construit par ses initiations aux musiques traditionnelles, enrichi également par le développement de notions musicales contemporaines et modernes (pop, jazz, rock, classique, salsa, R&B, reggae, funk, etc.).Ayant participé à plusieurs grands festivals et riche de ses diverses expériences, Manu Atna Njock continue à partager son art musical à travers l’art de la scène, des spectacles, des cours, ateliers et conférences, des collaborations artistiques, des travaux de création et de production d’albums, en développant la création artistique collective.

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KINOBE (Ouganda)

Kinobe réalise sa première tournée d’importance en 2007, à travers 18 pays d’Afrique et de l’Océan Indien. Il donne également des concerts solos en Europe et anime des ateliers sur les instruments traditionnels. La même année sort son premier album, Soul Language. En 2009, il est en tournée à travers les États-Unis, alors que sort son deuxième opus, Kinobe & Soul Beat Africa. Depuis, il a décidé de quitter cette formation, Soul Beat Africa. Mais il continue tout de même avec une partie des musiciens à jouer, monter sur scène, assurer le spectacle. Kinobe est aujourd’hui reconnu comme une des nouvelles voix d’Ouganda, parmi celles qui comptent, une synthèse originale de racines africaines bien ancrées dans ses doigts et dans son âme et d’arrangements modernes venus tout droit de ses expériences en Europe et sur le continent américain. Sa curiosité en fait une vigie prête à écouter et à s’inspirer de tous les styles musicaux qui passeraient à sa portée. Un groove bien à lui, forgé au cours des années qui alterne kora et percussions, toujours avec talent.

ABOULAYE KONÉ ET BOLO KAN (PERCUSSIONS) (Côte d’Ivoire)

Né en Cote d’Ivoire, Aboulaye Koné, fils de griot, trouve la musique à l’intérieur de sa famille au Burkina Faso auprès de Djeli Baba Kienou. C’est donc dans ce contexte qu’il devient un percussionniste ainsi qu’un guitariste mandingue émérite. Il accompagne plusieurs vedettes africaines tels Les Go de Koteba, Adama Dramé, Kandia Kouyaté, Sonatata Kondé, Fodé Kouyaté, Tiranké Sidibé, Bambino et Prince Djabaté. Il est guitariste dans le groupe de Zal Idrissa Sissokho nommé Buntalo. Il est l’invité spécial auprès de groupes comme Salaam, Syncop, La Chango Family ainsi que la Famille Zon. Il fait partie intégrante du grand spectacle La Nouba au Corona produit et diffusée par la première chaîne de Radio Canada. En 2004, il met sur pied le groupe Bolo Kan qui réunit plusieurs couleurs de la musique africaine mandingue et va de l’acoustique à l’électrique, de la tradition à la modernité

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CÉCILE DOO-KINGUÉ (Cameroun)

Cécile Doo-Kingué allie blues, afro, soul et pop pour créer une touche unique et savoureuse à la guitare. Née à New York de parents diplomates camerounais, elle est dorénavant Montréalaise d’adoption. Passionnée de la guitare depuis toujours, elle s’est rapidement imposée comme l’une des musiciennes les plus reconnues de la ville. Son jeu de guitare ensorcelant et tout simplement inimitable ainsi que sa voix profonde et suave ne sont plus secrets aux Montréalais. Elle a joué avec de nombreux groupes cultes montréalais dont Aliens et Dibondoko qui a assuré les premières parties de Manu Dibango et Youssou N’Dour, elle a accompagné une multitude d’artistes dont Montreal Jubilation Choir, Tricia Foster, Dawn Tyler Watson, Syncop, Ismael Isaac, et a participé à plusieurs évènements internationaux et spectacles de variété tels Soul City. Depuis 2008, Cécile anime Chick Pickin’Mondays, une soirée pour célébrer les auteures-compositrices-interprètes.

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DIELY MORI TOUNKARA (Mali)

Diely Mori Tounkara est l’un des musiciens les plus prometteurs de sa génération. Sur les traces de son père, très jeune, il devient un virtuose de la kora. Porteur de la tradition mandingue, il met sa rapidité d’exécution et sa dextérité au service d’un jeu de kora senti et nuancé. Fort de ses 10 années passées à Dakar, Diely Mori maîtrise aussi les tambours et autres instruments de percussion traditionnels. Il étudie auprès des plus grands maîtres des deux dernières décennies dont le joueur de kora de renommée Toumani Kouyaté. Il accompagne également de grands artistes aussi bien au Mali qu’au Sénégal tels que le Super Rail Band de Bamako, Kerfala Kanté, Mangala Camara et bien d’autres.

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JAB JAB (Trinidad)

Dans une succession de pièces endiablées, le trio Jab Jab ramène de Trinidad un véritable souffle tropical et des rythmes percutants. Débarqués au Québec en 1980, ces musiciens d’expérience ont joué avec des grands comme Lorraine Klaasen, Émeline Michel et Robert Charlebois.

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KARIM BENZAID (SYNCOP) (Algérie)

En 1998, dix ans après ses premiers pas sur le sol québécois, Karim participe à la création de Syncop, un groupe aux accents à la fois urbains et orientaux, qui se fait peu à peu un nom à Montréal. Ils jouent ainsi au Spectrum, au Medley, au Club Soda, au Petit Campus, au Kola Note, au Club Balattou, etc.En 1999, Syncop remporte le prix du public des universités art-t-fac. Deux ans plus tard, le groupe est couronné du troisième prix du festival « La Fiesta des musiques diversifiées ». Et peu à peu, de reconnaissance en reconnaissance, de concert en concert, Syncop sort un album intitulé Les gens du voyage, inspiré des Touaregs. Leur musique, colorée et chaleureuse, surfe entre raï, chaoui, reggae, ragamuffin et hip hop. Grâce à la richesse de ses membres, grâce à leur énergie, Syncop entraîne les spectateurs dans une avalanche d’énergie, dans une envie de danser et de chanter irrésistible

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KHALIL ABOUABDELMAJID (BAMBARA TRANS) (Maroc, Québec, France, Nouvelle Écosse)

Ce groupe au nom étrange est un ovni de la musique à Montréal, une explosion de rythmes, de couleurs, de sons, qui ne peut pas laisser indifférent. Cette formation à part a été créée en 2006 par neuf musiciens aux origines variées. À l’origine de ce groupe, on trouve Khalil Abouabdelmajid, chanteur à la voix rauque et joueur de guembri. Dès 2007, Bambara Trans jouent au Festival des Musiques du Maghreb, puis en 2008 au Festival Multi Montréal. Cette année là sera également celle de leur premier album, Khalouna. En 2009, ils sont programmés dans le cadre du festival de jazz de Montréal. Leur mot d’ordre est d’offrir une musique métissée qui soit une fusion d’influences variées, du gnawa au latino, des sons ouest-africains à l’arabo-andalou. Des mélodies aux rythmes endiablés et surtout uniques qui invitent à un voyage à travers le monde. Avec une énergie toujours renouvelée.

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VOYAGER DANS LE MONDE AVEC ANDRÉ

5 Fév

Voici mon programme d’accompagnements pour les mois à venir:

Juin 2010: Scandinavie
http://www.traditours.com/voyage-scandinavie-suede-finlande-norvege-qc.php

Septembre 2011: Égypte
http://www.traditours.com/voyage-egypte-14septembre-qc.php

Printemps 2012 : Sri Lanka (à confirmer)
http://www.traditours.com/voyage-srilanka-25mars-qc.php

Octobre 2012: Voyage touristico-professionnel pour aménagistes et leurs amis (architectes-paysagistes, urbanistes, architectes) au Liban/Syrie/Jordanie/Émirats arabes
http://www.traditours.com/voyage-liban-syrie-jordanie-emiratsarabesunis-qc.php

Les hyperliens sont à titre indicatif. Le circuit et le prix peuvent changer (sauf pour la Scandinavie et l’Égypte en 2011)

Si vous avez la chance de vous joindre à nous pour un de ces voyages, nous en serions très heureux.  Si non, je vous souhaite de superbes voyages sur la planète bleue…

Voyagistiquement vôtre

André Cazelais
Acommpagnateur Traditours

Depuis quandl’homme façonne-t-il le climat ?

5 Fév

 

 

 

 

Géophysique Les scientifiques sont divisés sur l’origine de l’anthropocène, cette ère où l’humanité est la principale force de mutation de la planète

 

 

 

Brisbane (Australie), en août 2012, le Congrès géologique international pourrait officialiser l’entrée de la Terre dans une nouvelle époque de son histoire, dominée par l’impact des activités humaines : l’anthropocène. Il ne fait plus guère de doute que l’homme est bel et bien devenu une force géologique majeure, mais la question de savoir à partir de quand celle-ci s’est manifestée demeure ouverte. Et au centre d’un âpre débat de spécialistes. En témoignent de nombreux travaux contradictoires publiés ces dernières semaines.

Pour certains, les débuts d’une influence – légère mais notable – de l’homme sur le climat remontent à très loin. Selon une équipe internationale, qui publie ses travaux dans la dernière édition de la revue The Holocene, cette influence remonte à près de 8 000 ans.  » On pense généralement que les hommes ont eu un impact relativement limité sur les écosystèmes, le cycle hydrologique et les émissions de dioxyde de carbone (CO2) avant le début de la révolution industrielle, explique Jed Kaplan (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Suisse), principal auteur de l’étude. Ce que nous montrons est très différent : nous avons l’image d’un monde qui a subi très tôt une déforestation massive, singulièrement en Europe et en Asie du Sud et de l’Est, au tournant de l’ère chrétienne. Ce niveau d’utilisation des sols par l’homme a été maintenu pendant de très longues périodes. « 

Les auteurs ont utilisé les estimations d’évolution des populations dans chaque continent. Ils ont ensuite émis des hypothèses sur la surface agricole qu’il était nécessaire, en fonction des époques et des régions, de gagner sur la forêt pour nourrir une personne. En Europe de l’Ouest, par exemple, il fallait 5,5 hectares de terrains agricoles pour subvenir à un individu en 6 000 avant J.-C., contre environ 1,2 ha par individu en 1850. En Chine du Sud, l’amélioration des rendements aurait permis de faire chuter cette surface mobilisée par personne de 8,5 ha en 6000 avant J.-C. à 0,5 ha pendant la révolution industrielle…

 » Grâce à un modèle numérique, nous avons simulé le cycle de vie de la végétation, dit M. Kaplan. Nous avons pu reproduire la quantité de carbone émise dans l’atmosphère depuis les derniers 8 000 ans par la déforestation et l’utilisation des sols. «  Au total, selon les estimations de M. Kaplan et ses coauteurs, ce sont jusqu’à 350 milliards de tonnes de carbone (GtC) qui ont pu être émises par les activités humaines entre l’invention de l’agriculture et la révolution industrielle. Par comparaison, c’est grosso modo ce qui a été émis entre 2000 et 2010.

Entre 6 000 avant J.-C. et le début de l’ère chrétienne, la concentration atmosphérique en CO2 monte progressivement de 260 parties par million (ppm) à 275 ppm, tandis que la population mondiale grimpe de quelques millions à un chiffre assez incertain, généralement estimé entre 100 et 300 millions d’individus.

L’influence de l’homme sur la chimie atmosphérique ne s’est cependant pas toujours faite dans le même sens. Certains accidents de l’histoire en témoignent et peuvent d’ailleurs, selon les auteurs, se lire dans les variations récentes du taux de CO2 atmosphérique, reconstruites grâce aux carottes de glace forées au Groenland et en Antarctique.

Selon M. Kaplan et ses coauteurs, la conquête des Amériques par les colons européens – qui s’est traduite par une destruction de population humaine sans précédent – a contribué à ôter 40 GtC de l’atmosphère terrestre. Le mécanisme est simple : les terres cultivées mobilisées par les Améridiens sont retournées à la forêt, qui a joué son rôle de puits de carbone. Entre 1500 et 1600, la teneur en CO2 est passée de 282 ppm à 275 ppm environ…

De même, une décrue, certes moins marquée, du CO2 atmosphérique est discernable dans la première moitié du 1er millénaire de l’ère chrétienne, peut-être sous l’effet de la grande épidémie de peste noire qui a frappé l’Europe.

Malgré ces coïncidences, l’ensemble de la communauté scientifique n’est pas convaincue du rôle qu’une humanité encore ténue a pu jouer sur la chimie atmosphérique. Loin s’en faut. Des travaux d’analyse isotopique menés sur le CO2 piégé dans les glaces du continent blanc, publiés fin 2009 dans la revue Nature (Le Monde du 3 octobre 2009), ne détectaient pas la signature caractéristique du carbone issu de la végétation terrestre.

Thomas Stocker (université de Berne, Suisse), principal auteur de ces travaux, avait déclaré que l’hypothèse d’une influence très ancienne de l’homme sur le climat pouvait être  » conclusivement rejetée « . M. Kaplan répond que la finesse de l’analyse menée n’est pas à même de détecter la signature recherchée avec certitude.

Pour autant, le CO2 n’est pas tout. Le méthane (CH4) entre également en ligne de compte. Car, autour de 4 000 avant J.-C., c’est au tour de ce puissant gaz à effet de serre d’augmenter. Avec une particularité détectée, en 1997, par une équipe de glaciologues franco-suisse : on retrouve plus de CH4 dans les glaces de l’hémisphère Nord que dans celles de l’hémisphère Sud. Les premiers, Jérôme Chappellaz, Dominique Raynaud (Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement) et leurs coauteurs suspectent une cause humaine ancienne – élevage de bétail ou débuts de la riziculture en Chine, vers 4 000 avant J.-C. – à l’origine de l’augmentation du méthane atmosphérique…

Aucune analyse n’était jusqu’ici parvenue à démonter clairement cette interprétation, reprise et développée, quelques années plus tard, par le climatologue américain William Ruddiman (université de Virginie, Etats-Unis), sous le nom de théorie de  » l’anthropocène ancien « .

Mais des travaux, publiés jeudi 3 février dans la revue Nature, lui mettent du plomb dans l’aile. » Selon ces travaux, les paramètres orbitaux particuliers de la Terre au cours de l’holocène ont pu intensifier les régimes de mousson, ce qui a pu permettre aux zones humides et marécages tropicaux d’émettre plus de méthane, commente le climatologue Michel Crucifix (Université catholique de Louvain, Belgique). C’est à mon sens assez destructeur pour l’hypothèse Ruddiman.  » M. Kaplan, lui, se dit toujours  » convaincu «  des causes anthropiques de l’augmentation de CH4, il y a quelque 5 000 à 6 000 ans.

L’affaire n’est cependant, là encore, pas tranchée.  » Il ne faut pas croire qu’avec cette étude, les dés sont jetés sur le pourquoi et le comment de la variabilité du méthane, dit ainsi Jérôme Chappellaz. Il faut bien être conscient que même dans les conditions actuelles, les modèles ont un mal fou à reproduire la distribution des zones marécageuses, celles-ci étant relativement mal connues par l’observation, même avec les données satellite. « 

Reste une question cardinale : ces petites variations de la chimie atmosphérique, même à penser qu’elles soient le fait de l’homme, ont-elles été déterminantes dans l’histoire climatique de la Terre ? Rien n’est moins sûr. Selon Michel Crucifix, spécialiste des transitions entre ères glaciaires et interglaciaires,  » il est très difficile de dire ce qui se serait produit sans l’action de l’homme « .  » Certains climatologues pensent que la configuration de l’orbite terrestre aurait pu nous faire plonger dans une ère glaciaire autour de la période actuelle, poursuit le chercheur. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les niveaux de gaz à effet de serre actuels rendent impossible ce scénario avant plusieurs dizaines de milliers d’années. «  p

© Le Monde

 

 

L’écrivain Edouard Glissant est mort Chantre de la diversité et du métissage, l’écrivain Edouard Glissant est mort

3 Fév

 

martiniquais de naissance il a milité pour la culture métisse universelle

Le charisme politique d’Edouard Glissant a toujours risqué d’occulter son œuvre. C’est que ce poète et romancier, mort le 3 février à Paris, n’a jamais dissocié sa création littéraire d’une réflexion militante, résumée par les concepts de « tout-monde » et de « créolisation ».

Influencé par la philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari (avec la notion de « rhizome » qui parcourt tous ses textes politiques, éthiques, linguistiques), Edouard Glissant a utilisé politiquement l’histoire et la géographie des Caraïbes pour nourrir son œuvre. La révolte contre les racismes de toutes sortes et le rappel de l’esclavagisme, indélébile tache sur les rapports de la France avec l’Afrique et avec tout « l’outre-mer » : autant de voies d’approches de ses textes.

L’écrivain a entretenu des relations à la fois respectueuses et conflictuelles avec l’autre grande personnalité du monde antillais, Aimé Césaire, et a fait preuve d’un souci de filiation littéraire, artistique et politique à travers ses « disciples » : Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Ernest Pépin, Ernest Breleur et d’autres.

Il a aussi dialogué avec le surréalisme (Max Ernst, Roberto Matta, Wilfredo Lam) au cours d’une vie par ailleurs souvent liée à l’institution (l’Unesco où il a travaillé huit ans dans les années 1980, l’Université américaine où il a enseigné, d’abord en Louisiane, puis à New York). Il avait fini par fonder, à Paris, son propre Institut du Tout-monde, destiné à mettre en pratique ses grands principes humanistes et combatifs et à « contribuer à diffuser l’extraordinaire diversité des imaginaires des peuples », dans différents lieux de rencontres, d’expositions, de séminaires.

UNE AFRIQUE RÉINVENTÉE

Né à Saint-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928, Edouard Glissant a poursuivi ses études supérieures de philosophie et d’ethnologie à Paris. Après une vingtaine d’années durant lesquelles il milite politiquement aux côtés d’intellectuels noirs et algériens, il retourne en Martinique où il fonde un centre de recherches et d’enseignement ainsi que la revue Acoma. Mais c’est dès l’âge de 30 ans qu’il s’est fait connaître en obtenant le prix Renaudot pour La Lézarde (Seuil, 1958).

Cette carrière romanesque se poursuivra régulièrement, en parallèle de son activité militante (qui l’a conduit, un temps, à être assigné à résidence en Martinique), avecLe Quatrième Siècle (Seuil, 1965), Mahagony (Seuil, 1987), et jusqu’à Ormerod(Gallimard, 2003). Inspirés de la situation politique des Antilles, ses romans s’orientent peu à peu vers un monde imaginaire, mythique, situé dans une Afrique réinventée, dans une temporalité poétique qui ne doit rien aux repères habituels de la réflexion historique et politique.

Sentant le danger d’une littérature didactique et naturaliste, Glissant prend ses distances avec la fiction conventionnelle. Contrairement à ses cadets, il élabore un univers qui lui est propre : par sa langue et par ses références culturelles.

Moins « pittoresque » que celui qui caractérise la littérature antillaise dominante, plus cérébral, plus réflexif, plus tenu, son style empêche le lecteur de céder à l’illusion romanesque, ou de considérer la littérature comme une simple arme de combat. Il conduit à entretenir avec le roman un rapport plus poétique, plus flottant. Glissant a dit clairement la dette qu’il se reconnaissait à l’égard de William Faulkner, auquel il a consacré un essai (Faulkner, Mississippi, Stock, 1996).

DIVERSITÉ, MÉTISSAGE

Les commentaires finissent, chez lui, par se substituer à la fiction même. Et c’est dans sa série « Poétique » (Soleil de la conscience, L’Intention poétique, Poétique de la relation, Traité du Tout-monde, La Cohée du Lamentin), publiée entre1956 et 2005, qu’il formule ses thèses sur la « philosophie de la relation » et la « poétique du divers » (qui sont, du reste, les titres de deux autres essais de 1990 et de 2009).

Le concept même de « poétique » réunit à la fois l’idée d’une perception esthétique du monde et d’une action politique. Le poète, tel que le conçoit Glissant et tel qu’il apparaît dans ses propres poèmes (rassemblés en 1994 chez Gallimard), dans son théâtre rebaptisé « poétrie » (Le Monde incréé, Gallimard, 2000) ou encore dans l’anthologie où il a réuni ses maîtres et amis (La Terre, le Feu, l’Eau et les Vents, Galaade, 2010), est un témoin actif de l’histoire du monde. Jamais enfermé dans son individualité, il est un homme du partage et de la révolte.

Tremblements, diversité, métissage, trace, relation, errance, éclatements, échanges, chatoiement définissent le processus que, dans de très nombreux manifestes (parfois écrits en collaboration avec Patrick Chamoiseau), Glissant appelle donc la « créolisation », opposée à toute légitimité autoproclamée, à tout système imposé, à toute identité enracinée dans le refus de l’autre, à tout pouvoir, à toute idéologie.

L’« opacité » même devient une caractéristique positive, en contraste avec « la fausse clarté des modèles universels ». C’est probablement toute cette élaboration, à mi-chemin entre l’analyse politique et historique et le chant poétique, qui sous-tendra les grands récits de genèse imaginaire que sont les derniers romans de Glissant. Il renoue alors avec ses premiers poèmes (Les Indes, étrange chant claudélien sur la colonisation et les effets ambigus des découvertes des « navigateurs » de la Renaissance).

En osant circuler d’un genre à l’autre, Edouard Glissant prouvait la grande cohérence de son œuvre. Moins poète que le Prix Nobel anglophone de Sainte-Lucie, Derek Walcott, moins romancier que Patrick Chamoiseau, moins politique qu’Aimé Césaire, il est, assurément, le plus philosophe de tous.

Mais, refusant la scission entre le concept et l’image, il introduit dans ses raisonnements la Nature et l’Histoire, les somptueux paysages de la Martinique réelle et de l’Afrique imaginaire, et de grands événements de l’humanité. Houle, ressac, cyclones, ouragans, huées, ventées, volcans. Mais aussi grandes figures fraternelles, d’artistes et d’hommes politiques. Kateb Yacine, Frantz Fanon, Nelson Mandela, Léopold Sédar Senghor, Richard Wright, ou Barack Obama (mis en garde toutefois dans une « adresse » qui rappelle au président américain sur lequel ont reposé tant d’espoir qu’il a des devoirs).

 

Couverture de l'ouvrage de Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant, "L'Intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama" (Galaade).

Couverture de l’ouvrage de Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant, « L’Intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama » (Galaade).GALAADE

 

Contrairement à Patrick Chamoiseau, qui prend soin de convier le peuple simple des îles, les plus pauvres et les plus crédules, à côté des plus héroïques et des plus inspirés, les plus muets ou les plus impérialement bavards, Edouard Glissant parle en son nom propre. Il est un homme de l’écrit et de la subjectivité pensée. Il s’affirme auteur à part entière, tout en se défiant de toute autorité.

« L’écrivain est l’ethnologue de soi-même, disait-il à Alexandre Leupin (dans Les Entretiens de Baton Rouge, Gallimard, 2008), il intègre dans l’unicité de son œuvre toute la diversité non seulement du monde, mais aussi des techniques d’exposition du monde. » Glissant avait publié en octobre 2010 un autre recueil de dialogues, avec Lise Gauvin (Gallimard), sur le thème qui lui était cher du partage et de la révolte.

René de Ceccatty

Le Monde

 

A New Model for Film Music

3 Fév

Une recommandation de Luc Gilbert, notre compositeur de musique de films et de musique pour séries télvisées

A New Model for Film Music

LOS ANGELES — “The King’s Speech” collected an impressive 12 Oscar nominations last week. It might have stopped short of a dozen without help from a British entrepreneur who has planted his business at the tricky intersection of film and music.

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Stephanie Diani for The New York Times

Philip Moross, chief executive of the Cutting Edge Group.

In an unconventional deal that may promise a revival in film music, the Cutting Edge Group, based in London, and its chief executive, Philip Moross, effectively bought the musical portion of “The King’s Speech” months ago.

The investment then let the film’s producers hire Alexandre Desplat, the award-winning French composer whose score was among its nominations, and recruit the London Symphony Orchestra to record works of Mozart, Beethoven and Brahms that would otherwise have been performed by a small ensemble.

“What we wanted to do was get the music that would do the images justice,” Iain Canning, a producer of “The King’s Speech,” said in an interview by phone last week of the decision to give up rights to the music in return for having enough money to get the music right. He added of Cutting Edge: “They inflate your music budget.”

Traditionally, movie producers pay companies like Cutting Edge, which also manages catalogs of music rights and represents music supervisors and composers (though not Mr. Desplat), for help in assembling the scores and songs in their films.

The role played by a company like Cutting Edge varies widely from film to film. Though creative control remains with the director and producers, the company will generally provide or recruit a music supervisor, who suggests what songs to include and helps clear the rights, and a composer who writes the score. It may also provide recording studio services, operate its own record label, administer publishing rights and distribute the music in other forms after a film is released.

But music budgets have been dwindling for at least a decade, as piracy, cheap downloads and collapsing CD sales made it virtually impossible for film producers to recoup from hit soundtracks the money they spend on music.

In the heyday of the soundtrack business, the music for “The Bodyguard,” a Warner Brothers film that in 1992 starred Kevin Costner and Whitney Houston, sold almost 12 million albums in the United States, according to a recent report by Nielsen SoundScan. (The soundtrack included the megahit “I Will Always Love You.”) In a diminished era, the “Twilight” soundtrack was considered a smash when it hit two million.

As for scoring, a handful of composers have continued to flourish, among them Hans Zimmer, who received an Academy Award nomination this year for his “Inception” score, and Michael Giacchino, who last year won an Oscar for scoring “Up.”

Privately, however, composers grouse about a world in which competition is intense, fees are shrinking and often tone-deaf directors, producers and studio executives throw resources at special effects and movie stars while shorting the music.

But Mr. Moross and his partners decided to alter the equation in 2008 by raising an initial $15 million fund, backed by the investment giant Aberdeen Asset Management, to let them pay producers in advance for music rights from films on which Cutting Edge would provide or broker services.

“We’ve got about a two-year head start,” Mr. Moross said of a model that he believes will become common as others begin to recognize that film music is a reliable, if not always huge, source of income.

In an interview last week, Mr. Moross described a system under which Cutting Edge paid producers a relatively modest amount for rights, usually $50,000 to $200,000. That, in turn, adds to the money already available for music budgets, which may in total be $300,000 to $500,000 on a film that costs, for example, $20 million to produce.

In effect, the producer has taken a hedge, by giving up potential future profit from the music in return for ready cash.

Cutting Edge then hunts for revenue not just from fees or commissions on music services, but by selling soundtracks (“The King’s Speech” is licensed to Decca Records), peddling sheet music, collecting royalties that are paid every time a movie ticket is sold in various countries around the world, licensing the music to advertisers, and, in a payoff that stretches over years, gathering fees that come due when a film plays on television.

The company is building a library of managed rights, which includes, among others, the songs of Jim Croce. Its composers include Dario Marianelli (an Oscar winner for “Atonement”) and Patrick Doyle (“Harry Potter and the Goblet of Fire”).

Over the last year, Mr. Moross says, Cutting Edge provided services to about 100 films, including “Harry Potter and the Deathly Hallows, Part 1,” from Warner Brothers, and “Thor,” which is due in May from Marvel Entertainment and Paramount.

To date, it has invested in 124 movies, he said. Those include “Whiteout” and “The Losers,” which were made under an arrangement with Dark Castle Entertainment and its chief, Joel Silver. Both films performed poorly at the box office, but television performance fees pile up, even on the misses.

“Value in recorded music is being overlooked,” said Nigel Sinclair, the co-chairman of Exclusive Media Group, a film financier that also has a standing deal with Cutting Edge and worked with the company on the vampire fantasy “Let Me In.”

Mr. Sinclair said of Cutting Edge: “They’ve figured it out.” Though to hear Mr. Moross tell it, the figuring did not come easily.

Mr. Moross is a son of an investor, M. D. Moross, and a stage actress, Edna Jacobson. He grew up in South Africa, studied molecular biology in London, trained to be an auditor with Arthur Andersen, and began building up capital of his own by buying and selling homes as real estate boomed.

He soon began developing residential real estate, then built a celebrity licensing business that was tied to an elaborate arrangement under which he swapped client endorsements to retailers in return for catalogue space for clothing that was manufactured by a company of his own in India. Jason Statham, now an action star, was a client.

Mr. Moross also became a producer of “Trollywood,” a 2004 documentary about homeless people in Los Angeles, and their dependence on shopping carts, known as “trollies” to the British.

Along the way, he became convinced, in his words, that “celebrity expires,” while music rights tend to endure. He and associates did elaborate research into the arcana of film music, coming up with a model that dictates what they will spend in advance on rights.

Those amounts, though relatively small, are increasingly attractive to struggling producers.

“If you can find people who help you keep the lights on long enough to succeed, that makes a big difference,” said Marty Bowen, whose Temple Hill Entertainment hit it big with the “Twilight” films, and used Cutting Edge on the low-budget Will Ferrell comedy “Everything Must Go.”

For Cutting Edge, said Mr. Moross, growth now means raising a second round of capital, and finding what seems plentiful: producers who need it. That also means focusing more heavily on Hollywood, with bigger films, bigger budgets and more risk. None of which is lost on Mr. Moross.

“The pavements of the U.S.,” he said dryly, “are littered with the bodies of dead British business people.”

This article has been revised to reflect the following correction:

Correction: February 2, 2011

An article on Monday about Cutting Edge, a company that helps finance music for movies, gave an incorrect identification from a producer of “The King’s Speech” for the orchestra that performed works of Mozart, Beethoven and Brahms in that film. It is the London Symphony Orchestra, not the London Philharmonic.