Archive | avril, 2011

LA CONFÉRENCE RÉGIONALE DES ÉLUS AU COEUR DE L’ACTION : 5 ANS DE DESIGN POUR MONTRÉAL

29 Avr

Le cinquième anniversaire de « Montréal Ville UNESCO de design » a été souligné mardi 19 avril, rendant ainsi hommage aux 25 000 designers qui façonnent la ville et notre quotidien.

De nombreuses activités se tiendront de mai 2011 à mai 2012 pour souligner le cinquième anniversaire de Montréal Ville UNESCO de design.

Grâce à la mise sur pied du chantier Montréal Ville UNESCO de design, issu d’un partenariat unique entre la Ville de Montréal, la Chaire UNESCO en paysage et environnement de l’Université de Montréal, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire et la Conférence régionale des élus de Montréal, les appels à la création se sont multipliés au cours des dernières années. Une fois complétés, ces projets bonifieront considérablement le quotidien des Montréalais.

De gauche à droite : Mme Marie-Claire Dumas (directrice générale, Conférence régionale des élus de Montréal), M. Michel Leblanc (président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain), Mme Helen Fotopulos (responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal), M. Gérald Tremblay (maire de Montréal), Mme Anne-Marie Cadieux (comédienne et porte-parole des Portes Ouvertes Design Montréal), M. Simon Brault (président de Culture Montréal), Mme Louise Roy (chancelière, Université de Montréal), M. Philippe Poullaouec-Gonidec (titulaire, Chaire UNESCO en paysage et environnement de l’Université de Montréal).

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Michel Leboeuf : premier lauréat du Prix Hubert-Reeves

15 Avr

MONTRÉAL, le 14 avril /CNW Telbec/ – Nous n’irons plus au bois de Michel Leboeuf (Vélo Québec Éditions, collection Nature sauvage) remporte le Prix Hubert-Reeves 2011 pour la valorisation d’ouvrages scientifiques « grand public ». Cet essai de vulgarisation de la biodiversité, exemplaire à bien des égards, inaugure donc le nouveau prix littéraire créé par l’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS) pour soutenir et faciliter la diffusion d’une culture scientifique de qualité en français au Canada.

Richement documenté et écrit dans un style vivant et accessible, Nous n’irons plus au bois vise, paradoxalement, à ramener les Québécois dans le bois. « Nous sommes ravis que le jury ait choisi de récompenser un auteur si talentueux et reconnu pour son engagement dans la défense rationnelle, informée, et pertinente de l’environnement naturel québécois », explique Mathieu-Robert Sauvé, président de l’Association des communicateurs du Québec (ACS). En effet Michel Leboeuf est aussi par ailleurs le rédacteur en chef de Nature sauvage, un magazine de vulgarisation scientifique en sciences naturelles.

L’ouvrage primé a été sélectionné parmi 31 candidatures de grande qualité, qui témoignent de la diversité et de la vitalité de la littérature de vulgarisation scientifique au Canada.

Le jury était formé des journalistes scientifiques Valérie Borde (L’Actualité) et Chantal Srivastava (Radio-Canada) et du directeur général de Science pour tous, Jacques Kirouac (membre du CA de Espaces Temps).

Le nom du lauréat a été dévoilé aujourd’hui au Salon international du livre de Québec.

Le Prix Hubert-Reeves a été créé par l’Association des communicateurs scientifiques du Québec, avec le soutien financier de DeMarque, pour encourager les auteurs et les éditeurs de livres de vulgarisation scientifique en français et leur offrir le soutien et la visibilité qui leur manquaient jusqu’à présent. Chaque année le lauréat recevra un prix de 1000$ ainsi qu’un soutien personnalisé à la diffusion de son livre.

Pour en savoir plus : www.acs.qc.ca
www.demarque.com/

 

ESPACES TEMPS : Retour sur l’Assemblée générale annuelle 2011

6 Avr

Une quinzaine de membre ont répondu à l’invitation et ont participé à l’assemblée générale d’Espaces Temps Montréal hier le mardi 22 mars 2011.  Le conseil d’administration provisoire formé à l’automne 2010 a été entériné par les membres, qui ont également adopté de nouveaux règlements généraux, sans oublier les états financiers 2010.  Une étape charnière pour l’organisme!

Ce fut également l’occasion de faire le point sur tout le travail accompli dans la dernière année, et toutes les pistes et projets qui s’annoncent pour la prochaine.  Il y a beaucoup de pain sur la planche, mais nous sommes bien entourés!  C’est la fondation d’un mouvement citoyen de très grande envergure par sa mission, ses objectifs et son projet social et technologique si l’on peut ainsi s’exprimer.

Devenez membres de Espaces temps où équité, accessibilité et diversité se conjuguent avec cohérence et harmonie conceptuelle et pratique.

En symbiose avec ECTO, Coopérative avant-gardiste de partage des ressources et des compétences au service du développement professionnel, en innovation et dans le respect des membres, Espaces temps ouvre de nouveaux horizons d’action et d’engagement à notre société.   ESPACES TEMPS inscrit la relève en collaboration avec les générations précédentes, en un processus de transmission et de mentorat actif et bidirectionnel.

Cet organisme citoyen a une plus value transversale dans sa constitution et dans ses réalisations, en devenir membre, c’est à la fois vivre ses droits de citoyens et agir en fonction des responsabilités et de la solidarité individuelle et collective auxquelles nous aspirons.  DEVENEZ MEMBRES.

Action : http://espacestemps.ca/

 

Côte d’Ivoire : La crise et la chronologie des 50 dernières années

5 Avr

 

Ce devait être un moment « historique ». Celui de la première élection présidentielle ouverte à tous les candidats depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, en 1960. Après six années de report, les scrutins du 31 octobre et du 28 novembre 2010, devaient permettre à tout un pays enlisé dans une guerre civile larvée et un marasme économique d’ouvrir une nouvelle page de son histoire.

Mais le « pays des éléphants » s’est réveillé au bord du gouffre, le 3 décembre, avec deux présidents à sa tête : l’opposant Alassane Ouattara, déclaré vainqueur avec 54,1 % des voix par la Commission électorale indépendante, et reconnu par la communauté internationale (Union européenne, Etats-Unis, Union africaine, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Conseil de sécurité des Nations unies) et Laurent Gbagbo, le président sortant, reconduit à la tête du pays par le Conseil constitutionnel, qui l’a crédité de 51,45 % des voix. Le 4 décembre, ce dernier allait au bout de son coup de force en prêtant serment comme président de la Côte d’Ivoire tandis qu’Alassane Ouattara, réfugié dans l’Hôtel du Golf d’Abidjan devenu depuis son quartier général, faisait de même par écrit.

Ce préambule à une nouvelle crise politique majeure a dégénéré, en quatre mois, en conflit armé. Mais les tensions entre les deux camps ne datent pas d’hier : ce chaos post-électoral trouve ses racines dans l’histoire récente du pays.

  • Un scrutin historique

Sous le règne du père de l’indépendance, Félix Houphouët-Boigny (1959-1993), qui ne souffrait aucune opposition, puis ceux de Konan Bédié (1993-1999) et de Laurent Gbagbo (2000-2010), aucune élection réellement pluripartite n’a pu se dérouler. Initialement prévu au terme du premier mandat de M. Gbagbo, en 2005, ce premier scrutin pleinement démocratique a été reporté à six reprises en raison, notamment, d’un conflit ethnique entre le Nord et le Sud qui a plongé le pays dans une quasi guerre civile.

Ces reports, et les enjeux de ce scrutin, expliquent l’immense attente de la communauté internationale, qui a investi des sommes considérables pour permettre les élections de l’automne. Entre les 9 000 uniformes de l’Onuci (les forces des Nations unies pour le maintien de la paix en Côte d’Ivoire), les 966 soldats français de l’opération Licorne (dont les effectifs ont été depuis plusieurs fois renforcés, pour atteindre, lundi 4 avril, environ 1650 hommes), les médiations successives de la France, de l’Union africaine et du président burkinabé Blaise Campaoré, « cela fait près de dix ans que la communauté internationale est au chevet de la Côte d’Ivoire », explique Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de la Côte d’Ivoire. « Ce scrutin est sans doute l’un des plus chers de l’histoire« , s’exclame-t-il.

  • L' »ivoirité »

Sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, le pays a connu une forte croissance économique et a encouragé une immigration massive, principalement venue du Burkina Faso. « On estime que 25 % de la population était d’origine non ivoirienne, près de 40 % à Abidjan, souligne Philippe Hugon. Puis la croissance a ralenti, et les ‘étrangers’ ont commencé à être montrés du doigt, comme souvent en cas de crise. »

Le concept d' »ivoirité », fondé par Konan Bédié, était né. Le 8 décembre 1994, une révision du code électoral impose aux candidats à la présidence de prouver leur ascendance ivoirienne. Ce concept, qui sera repris à son compte par M. Gbagbo, a servi de prétexte pour écarter M. Ouattara, qui fut pourtant le premier ministre de Félix Houphouët-Boigny entre 1990 et 1993, lors des scrutins de 1995 et de 2000, en raison de ses origines burkinabées supposées.

  • Un pays coupé en deux

L’ivoirité, ce « poison politique », a engendré de fortes tensions entre le Nord, principalement musulman, et le Sud, à majorité catholique. En 2002, des soldats rebelles tentent un coup de force. La rébellion, bientôt baptisée les « Forces nouvelles », occupe progressivement la moitié nord du pays, et instaure une partition de la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo, alors président, accuse Alassane Ouattara d’avoir fomenté cette division. L’intervention de la France puis de l’Onuci permettront de maintenir le pays dans une situation de « ni guerre ni paix » jusqu’à aujourd’hui, selon les termes de Philippe Hugon.

Après l’échec des accords de Marcoussis en 2003, la guerre civile ne prend réellement fin qu’avec la signature des accords de paix de Ouagadougou en 2007, qui conduisent le président Gbagbo à nommer Guillaume Soro, un des leaders des rebelles, chef d’un gouvernement de transition. « Cette cohabitation a apaisé les relations Nord-Sud et le scrutin de novembre 2010 n’est pas réductible au déterminant ethno-régionaliste, explique le chercheur. Alassane Ouattara a certes fait le plein de voix dans son fief du Nord, et Laurent Gbagbo dans le Sud, mais c’est principalement la volonté de la population de sortir de la crise économique qui a déterminé les votes. »

Des représentants du chef de l’Etat au sein de la commission électorale ont néanmoins prétexté de votes « frauduleux » dans le Nord, tenu par l’ex-rébellion, pour empêcher physiquement l’annonce de résultats partiels  (voir la vidéo du 30 novembre 2010). « Il y a eu des irrégularités, dans le Nord comme dans le Sud, mais elles ne suffisent pas à expliquer l’énorme écart de voix entre les deux candidats », souligne Philippe Hugon (la commission électorale donnait Ouattara vainqueur avec 54,1 % des voix contre 45,9 % au président sortant).

  • Gbagbo-Ouattara, une vieille inimitié

Alassane Dramane Ouattara (surnommé « ADO »), un économiste de 68 ans passé par le FMI, a été nommé premier ministre par Félix Houphouët-Boigny en 1990. Il est un « dioula », un homme du Nord, de confession musulmane. Sa réputation de gestionnaire, tendance libérale, lui vaut de nombreuses amitiés en Occident, parmi lesquelles celles de Nicolas Sarkozy ou de Dominique Strauss-Kahn.

A 65 ans, Laurent Gbagbo, lui, est un vieux militant socialiste, opposant historique à Félix Houphouët-Boigny. Populiste, pragmatique et fin politicien, il est surnommé « le boulanger » pour sa faculté à rouler ses adversaires dans la farine. Il clame vouloir réussir la « deuxième indépendance » de la Côte d’Ivoire en l’affranchissant de sa dépendance économique avec la France. C’est un « bété », catholique, mais il est fortement influencé par ses deux femmesSimone, l’historique, la légitime, évangéliste originaire du Sud, et la nouvelle, Nadiana Bamba, dite Nady Bamba, musulmane, ancienne journaliste à la tête de l’importante agence de communication Cyclone qui a joué un rôle essentiel dans la campagne de Gbagbo en 2010.

Gbagbo et Ouattara ont une vieille aversion l’un pour l’autre. Le premier n’a jamais pardonné au second, alors chef du gouvernement de Félix Houphouët-Boigny, d’avoir avalisé son emprisonnement. Et il le considère toujours comme l’inspirateur et le financier de la rébellion nordiste qui, en septembre 2002, a failli lui coûter son fauteuil. Quant à ADO, il rêve d’effacer l’« injustice » que constitue à ses yeux son éviction passée de l’échiquier politique.

Pour en savoir plus :

Soren Seelow

Chronologie de la Côte d’Ivoire (1958-2010)

Par Catherine Gouëset, publié le 02/12/2010 à 08:30, mis à jour le 06/12/2010 à 10:00

 

L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, sans cesse reportée depuis 2005, s’est finalement déroulé sans encombre. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara devraient s’affronter au second tour, le 28 novembre. Rappel des dates clés de la Côte d’Ivoire.

 

1958 : territoire français d’outre-mer depuis 1956, la Côte d’Ivoire devient République autonome dans la cadre d’une association avec la France appelée Communauté. Félix Houphouët-Boigny accède à la présidence en 1959. Il sera constamment réélu jusqu’à sa mort, en décembre 1993.
Août 1960 : la Côte d’Ivoire accède à l’indépendance.
1983 : Félix Houphouët-Boigny fait de Yamoussoukro, sa ville natale, la capitale du pays.
Mars 1990 : instauration du multipartisme, sous la pression de la rue. Le pays traverse une grave crise en raison de la chute des cours du cacao et du café, fondement de l’économie ivoirienne.
Octobre 1990 : à 85 ans, Félix Houphouët-Boigny entame un septième mandat. Il a remporté les élections aux dépends du candidat socialiste Laurent Gbagbo.
Novembre 1990 : un amendement constitutionnel précise que le président de l’Assemblée nationale, Henri Konan Bédié, assumera le mandat présidentiel en cas de vacance du pouvoir. Après les législatives, Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, est imposé comme premier ministre par le Fonds monétaire international.
Mai 1991 : agitation étudiante. Une commission d’enquête établira la responsabilité du chef d’état-major Robert Gueï dans la brutale répression qui a suivi.
Février 1992 : le refus par Houphouët-Boigny de sanctionner Robert Gueï déclenche des protestations. Plusieurs dirigeants de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, sont emprisonnés. Ils seront amnistiés en juillet.
1993 : à la mort de Félix Houphouët Boigny, son successeur désigné, Henri Konan Bédié, assume la présidence. Alassane Ouattara démissionne de son poste de premier ministre. Bédié écarte progressivement tous les proches de ce dernier.
1995 : Bédié est élu président. Le scrutin est boycotté par l’opposition pour son manque de transparence. Le code électoral utilise le concept d’«ivoirité» pour invalider la candidature d’Alassane Ouattara, dont le père est d’origine burkinabé.
1998 : la modification de la constitution renforce considérablement le pouvoir présidentiel. La préparation de la campagne présidentielle 2000 se déroule sur fond d’ethnicisation de la vie politique.
Décembre 1999 : une mutinerie de soldats se transforme en coup d’état. Le général Robert Gueï annonce la mise en place d’un Comité national de salut public (CNSP).

2000
Janvier : la junte forme un gouvernement de transition avec, notamment, le Rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara et le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. Le général Gueï est proclamé président de la République, président du CNSP et ministre de la Défense.
Mai : interdiction est faite aux leaders politiques de quitter le pays sans autorisation préalable. Les ministres proches d’Alassane Ouattara sont limogés.
23-24 juillet : une nouvelle constitution est adoptée par référendum, avec 86% des suffrages. Tous les partis ont appelé à voter «oui», y compris le parti d’Alassane Ouattara. Le texte stipule que le candidat à la présidence «doit être Ivoirien de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens» et qu’il «ne doit pas s’être prévalu d’une autre nationalité», ce qui exclu Alassane Ouattara.
9 août : le général Gueï annonce sa candidature à l’investiture de l’ex-parti au pouvoir, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), pour la présidentielle d’octobre. Devant le refus du PDCI, le général se déclare «candidat du peuple».
22 octobre : élection présidentielle, boycottée par le RDR d’Alassane Ouattara et le PDCI, l’ex-parti unique.
24 octobre : le ministère de l’Intérieur annonce la victoire du général Gueï qui décrète un couvre feu et l’état d’urgence. Laurent Gbagbo se déclare «chef de l’Etat» et appelle ses militants à descendre dans la rue. Plusieurs centaines de milliers de civils répondent à son appel. La présidence tombe aux mains de forces de sécurité favorables à Laurent Gbagbo. L’armée se met «à la disposition» du futur président.
26 octobre : de violents affrontements éclatent entre militants nordistes musulmans partisans du RDR d’Alassane Ouattara et militants sudistes du FPI de Laurent Gbagbo. Ils font plus de 100 morts. La Commission nationale électorale proclame la victoire de Laurent Gbagbo, élu président de la République au premier tour avec 59% des suffrages.
27 octobre : un charnier contenant 57 corps est découvert à Yopougon dans la banlieue d’Abidjan.
13 novembre : le général Gueï qui avait disparu depuis le 25 octobre réapparaît à Yamoussoukro et reconnaît la légitimité de Laurent Gbagbo.
1er décembre
: la candidature aux élections législatives de décembre d’Alassane Ouattara est rejetée par la Cour suprême. Son parti, le RDR, se retire du scrutin et appelle ses partisans à manifester à Abidjan.
3 décembre : après le rejet de la candidature du RDR, l’Union européenne suspend son aide à l’organisation des législatives.
4 décembre : Laurent Gbagbo décrète l’état d’urgence et impose un couvre-feu. La manifestation du RDR, violemment réprimée, aurait fait une vingtaine de morts.
10 décembre : le FPI de Laurent Gbagbo remporte les élections législatives avec 96 élus, contre 77 au PDCI, l’ex-parti unique. Dans de nombreuses circonscriptions du nord du pays, largement acquis à la cause d’Alassane Ouattara, les élections n’ont pu avoir lieu.

2001
Janvier : selon un rapport officiel, les violences de l’hiver 2000 ont fait 303 morts, 65 disparus et 1 546 blessés.
25 mars : les élections municipales constituent une revanche pour le RDR qui conquiert 64 communes. Le PDCI en remporte 58, les listes «indépendantes» 38, et le FPI du président Gbagbo 34.
9 octobre : ouverture d’un «Forum pour la réconciliation nationale», censé mettre fin aux tensions sociopolitiques.
30 novembre : Alassane Ouattara, qui vit en France depuis novembre 2000, rentre à Abidjan, pour participer au «Forum pour la réconciliation nationale».

2002
5 août : formation d’un gouvernement réunissant toutes les formations politiques significatives du pays, dont le RDR d’Alassane Ouattara.
Septembre
19
: un soulèvement militaire fait plusieurs centaines de victimes dans la capitale et à Bouaké (nord). Le général Robert Gueï, qui avait dirigé le coup d’état de 1999, et le ministre de l’Intérieur du gouvernement Gbagbo sont tués à Abidjan. Les mutins, originaires du nord du pays pour la plupart, prennent le contrôle de Bouaké et de Korhogo (nord). La presse officielle incrimine le général Gueï et Alassane Ouattara, qui, craignant pour sa vie, se réfugie à l’ambassade de France.
21 : les quartiers pauvres de la capitale ivoirienne, peuplés majoritairement d’immigrés d’Afrique de l’Ouest, sont incendiés.
26-29 : un contingent militaire français intervient à Bouaké et à Yamoussoukro pour évacuer les ressortissants étrangers. Paris annonce que la France apporte son «soutien logistique» à Abidjan.
29 : la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) décide la création d’un «groupe de contact» pour assurer une médiation, et l’envoi d’une force de paix pour s’interposer entre rebelles et forces gouvernementales.
Octobre
1er : le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI, branche politique de la rébellion) annonce vouloir renverser le régime et demande la réintégration des militaires forcés à l’exil, en 2000 et 2001, après des tentatives de coup d’Etat.
6 : Laurent Gbagbo refuse de signer un accord de cessez-le-feu avec les rebelles, à l’issue d’une semaine de médiation de la CEDEAO.
17 : les rebelles signent à Bouaké un accord de cessation des hostilités. Le président Gbagbo accepte l’accord et demande à la France de contrôler le cessez-le-feu.
20 : les militaires français se déploient sur une ligne traversant le pays d’est en ouest dans le cadre de l’opération «Licorne».
Novembre
1er : le gouvernement accepte le principe d’une amnistie et d’une réintégration des mutins dans l’armée.
8 : le frère de Louis Dacoury-Tabley, ancien compagnon de route du président Gbagbo rallié au MPCI, est retrouvé criblé de balles, deux jours après son enlèvement.
19 : Les rebelles présentent leurs contre-propositions. Ils demandent «l’installation d’un nouvel ordre politique». Le président Gbagbo propose un référendum sur une éventuelle modification de la constitution.
26 : le président du RDR, Alassane Ouattara, retire ses ministres du gouvernement. Le lendemain, il quitte la résidence de l’ambassadeur de France à Abidjan, où il était réfugié depuis le 19 septembre; il trouve refuge au Gabon.
28 : le Mouvement populaire ivoirien du Grand ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), deux nouveaux groupes, revendiquent la prise de Man et Danané (extrême ouest).
1er Décembre: évacuation de 160 étrangers depuis l’aéroport de Man. Affrontements meurtriers entre militaires français et rebelles.

2003
3 janvier : arrivée à Abidjan des premiers éléments de la force ouest-africaine, envoi décidé le 29 septembre 2002 par la CEDEAO.
24 janvier : signature d’un accord, à Marcoussis près de Paris, qui prévoit le maintien au pouvoir du président Gbagbo et un gouvernement ouvert à toutes les parties, y compris les rebelles.
25-26 janvier : Laurent Gbagbo accepte l’accord et annonce la nomination d’un nouveau Premier ministre de consensus, Seydou Diarra. Guillaume Soro, secrétaire général du MPCI, annonce que son mouvement a obtenu les portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur. En Côte d’Ivoire, des manifestations anti-françaises, parfois violentes, sont organisées par des «jeunes patriotes» proches du président Gbagbo qui refusent l’entrée des rebelles au gouvernement.
4 juillet : les Forces armées et les Forces nouvelles (ex-rebelles) annoncent la fin de la guerre.
21 octobre : le correspondant de Radio France Internationale, Jean Hélène, est tué à Abidjan.

2004
3-8 février : Visite de réconciliation en France de Laurent Gbagbo.
25 mars : La répression meurtrière d’une manifestation interdite de l’opposition à Abidjan fait des dizaines de victimes : plus de 120 morts selon l’Onu, 37 selon les autorités.
4 avril : début de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), avec le passage sous Casque bleu des 1 300 soldats ouest-africains.
16 avril : le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer est porté disparu.
30 juillet : signature à Accra d’un accord prévoyant des réformes politiques. L’accord précise que le début du désarmement doit commencer au plus tard le 15 octobre.
15 octobre : échec du lancement du processus de désarmement, les ex-rebelles exigeant d’abord l’adoption des réformes politiques.
28 octobre : les Forces nouvelles instaurent un «couvre-feu» et décrètent l’«alerte maximale» dans le nord.
4 novembre : des avions des forces armées bombardent les positions des ex-rebelles dans leurs fiefs de Bouaké et Korhogo. L’ex-rébellion estime que ces bombardements rendent «caducs lesaccords de paix». L’Onu les qualifie de «violation majeure du cessez-le-feu».
6 novembre : neuf soldats français sont tués dans un cantonnement militaire français à Bouaké lors d’une attaque aérienne gouvernementale. Paris ordonne la destruction des «moyens aériens militaires ivoiriens». La riposte des forces françaises est suivie de violences anti-françaises.
7 novembre : Paris renforce son dispositif militaire, portant ses forces à plus de 5 000 hommes.
9 novembre : une fusillade éclate devant l’hôtel Ivoire, provoquant la mort de neuf manifestants. Paris évoque d’abord des tirs entre Ivoiriens, avant de reconnaître que les Français ont ouvert le feu, en état de «légitime défense».
6 décembre : le Sud-Africain Thabo Mbeki, mandaté par l’Union africaine, annonce un accord visant à accélérer l’application des accords de Marcoussis.
25 décembre : une commission d’enquête de l’Onu dénonce les «violations des droits de l’Homme» et «les assassinats politiques», au sud comme au nord.

2005
28 janvier
: Radio France Internationale révèle que Simone Gbagbo et le chef des rebelles Guillaume Soro sont soupçonnés, avec 93 autres personnes, de crimes graves par des enquêteurs de l’ONU, qui recommandent de saisir la Cour pénale internationale.
1er mars : plus de trente miliciens sont tués dans l’attaque par une milice, d’une position de la rébellion des Forces nouvelles à Logoualé (450 km au nord-ouest d’Abidjan).
6 avril : les principaux acteurs de la crise ivoirienne concluent à Pretoria un accord sur la fin des hostilités prévoyant des mesures sur le désarmement et le retour des rebelles au gouvernement, mais s’en remettent à Thabo Mbeki pour régler le problème de l’éligibilité à la présidence.
13 avril : Thabo Mbeki demande que tous les responsables politiques signataires de l’accord de paix -dont Alassane Ouattara- puissent se présenter à la présidentielle prévue pour octobre.
26 avril : Laurent Gbagbo annonce qu’il accepte la candidature d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle.
18 maiAlassane Ouattara et Henri Konan Bédié concluent à Paris une alliance inédite dans l’espoir de gagner l’élection présidentielle du 30 octobre face à Laurent Gbagbo.
29 juin : accord de Pretoria II, qui fixe un calendrier pour le désarmement et la création d’une Commission électorale indépendante.
25 août : les Forces Nouvelles refusent de cautionner l’élection du 30 octobre, estimant que les conditions d’une « élection libre, démocratique, et transparente » ne sont pas réunies.
30 août : rapport de Thabo Mbeki sur la médiation qu’il effectue au nom de l’Union africaine; La rébellion «récuse» cette médiation qu’elle estime trop favorable au pouvoir en place.
27 septembre : Laurent Gbagbo déclare que l’élection présidentielle ne pourra se tenir le 30 octobre faute d’un désarmement de la rébellion, et qu’il se maintiendra à son poste après cette date.
6 octobre : l’Union africaine se prononce pour le maintien à la présidence de Laurent Gbagbo après le 30 octobre, et la nomination d’un Premier ministre de transition. Le Conseil de sécurité de l’ONU approuve la décision de l’Union africaine sur la transition politique après le 30 octobre.
4 décembre : Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), est désigné Premier ministre.
28 décembre : après d’intenses tractations, un gouvernement de transition, composé de partisans de Laurent Gbagbo, de l’opposition et des rebelles est constitué.

2006
15 janvier : le Groupe de travail international, représentant la communauté internationale, s’oppose à la prolongation du mandat de l’Assemblée nationale, arrivé à échéance en décembre. Cette décision entraine plusieurs jours de violentes manifestations des partisans de Laurent Gbagbo contre la France et l’ONU.
3 février : le Conseil de sécurité de l’ONU vote des sanctions contre trois personnalités accusées de faire obstacle à la paix, Charles Blé Goudé et Eugène Djué, dirigeants des milices «jeunes patriotes» et Martin Fofié, commandant des Forces nouvelles.
1er mars : Laurent Gbagbo, le Premier ministre Charles Konan Banny, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, et le chef de la rébellion Guillaume Soro se réunissent à Yamoussoukro. Il s’agit de la première rencontre en terre ivoirienne des principaux acteurs de la crise depuis septembre 2002.
Fin juillet : le lancement du processus d’identification des électeurs en vue du scrutin de l’automne provoque de violents affrontements entre partisans de Laurent Gbagbo et ceux de l’opposition.
8 août : la rébellion des Forces nouvelles suspend sa participation au dialogue sur le désarmement pour protester contre les modifications annoncées concernant l’enregistrement des électeurs.
23 août : le chef de l’Onuci annonce que les élections présidentielles ne pourront avoir lieu comme prévu le 31 octobre en raison des retards pris dans leur préparation.
Septembre : des déchets toxiques, convoyés à Abidjan par un navire étranger, le Probo Koala, et déversés dans des décharges publiques, intoxiquent près de 1500 personnes et font 17 morts.
17 octobre : l’Union africaine préconise le maintien à son poste de Laurent Gbagbo pour une période de douze mois, mais en le dépouillant de ses pouvoirs au profit du Premier ministre.
1er novembre : une résolution de l’ONU prolonge d’un an le mandat de Laurent Gbagbo et donne au premier ministre Charles Konan Banny les pouvoirs nécessaires pour gouverner et organiser la tenue d’élections avant le 31 octobre 2007.

2007
4 mars : Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion, Guillaume Soro, signent à Ouagadougou (Burkina Faso), un accord prévoyant la formation d’un nouveau gouvernement et le départ à terme des Casques bleus de l’ONU et des soldats français déployés dans le pays depuis 2002.
4 avril : Guillaume Soro devient Premier ministre.
16 avril : début du démantèlement de la zone tampon qui séparait le nord et le sud ivoirien depuis 2002.
19 mai : cérémonie de destruction d’armes détenues par des groupes d’autodéfense dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.
29 juin : Guillaume Soro échappe de justesse à une attaque à la roquette contre son avion à Bouaké, dans le nord du pays.

2008
22 octobre : verdict du procès des responsables de la pollution provoquée par le Probo Koala. La cour d’assises condamne à 20 et 5 ans de prison deux des neuf personnes jugées pour le déversement de résidus du nettoyage des cales du cargo.
23 décembre : Laurent Gbagbo et Guillaume Soro signent à Abidjan et à Paris, un accord intégrant les 5 000 ex-rebelles à la nouvelle armée ivoirienne « dans un délai de deux ans ».
24 avril : le FPI (parti présidentiel), le PDCI (ex-parti unique, opposition) et le RDR (opposition) adoptent un « code de bonne conduite » en vue de l’élection présidentielle prévue en novembre 2008.

2009
Octobre
: un rapport de l’Onu s’inquiète du réarmement dans le nord du pays.
Novembre
: l’élection présidentielle est une nouvelle fois reportée, au début de l’année 2010, les listes électorales provisoires n’ayant toujours pas été affichées.

2010
12 février
: Laurent Gbagbo annonce la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante, après plus d’un mois de crise de cette institution.
19 février : plusieurs personnes sont tuées à Gagnoa (centre-ouest), au cours d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants opposés au Président.
23 février : après une dizaine de jours de manifestations, le Premier ministre Guillaume Soro annonce la formation d’un nouveau gouvernement. Cette nouvelle équipe a pour tâche d’organiser « fin avril-début mai » l’élection présidentielle. Une nouvelle Commission électorale indépendante (CEI), présidée par l’opposition, est mise sur pied.
13 juillet : trois journalistes sont emprisonnés pour avoir publié un rapport d’enquête confidentiel pointant des malversations présumées dans la filière du cacao.
5 août : le Premier ministre Guillaume Soro annonce que l’élection présidentielle, sans cesse reportée depuis 2005, est fixée au 31 octobre.
31 octobre : au premier tour de l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo est crédité de 38% de suffrages exprimés, devant l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara (32%) et l’ex-président Henri Konan Bédié (25%). Ce dernier appelle à voter Ouattara au second tour.
28 novembre second tour de l’élection présidentielle; les camps des deux candidats s’accusent mutuellement d’intimidations contre les électeurs.
2 décembre : la commission électorale annonce finalement lavictoire d’Alassane Ouattara, avec plus de 54% des voix, devant le président sortant Laurent Gbagbo (45,9%) mais cette annonce est aussitôt rejetée par le Conseil constitutionnel, composé de proches de Gbagbo.
5 décembre : Le Côte d’Ivoire compte deux présidents et deux chefs de gouvernement; Alassane Ouattara reconduit Guillaume Soro au poste de Premier ministre tandis que Laurent Gbagbo annonce la nomination de l’universitaire Gilbert Marie N’gbo Aké au même poste.