Archive | septembre, 2011

SOIRÉE TANGO EN LA MAISON SYMPHONIQUE

27 Sep

« Soirée Tango : Una noche en Buenos Aires », mettant en vedette le pianiste et compositeur, auteur, interprète Victor Simon (né en 1966, arrangements musicaux pour ce récital), dont quatre œuvres ont été jouées : Primatango, Tristera, Milonguita de Lolo, Enamorada a habité la Maison symphonique, avec un orchestre, l’Orchestre de chambre de McGill, sous la baguette du chef exceptionnel qui est Boris Brott.  Du début à la dernière note, nous avons été immergés dans une succession de vagues musicales et nous avons voyagé en une multitude d’univers parfois classiques aux accents de Chopin, de Verdi, d’Albinoni et souvent en des mélodies aux saveurs rythmiques africaines, gauchesques, urbaines des nocturnes de Buenos Aires, j’ose dire, des convivialités charmantes de Montréal.

La première partie : Fuga y Misterio, HISTOIRE DU TANGO (Bordel 1900, Nigthclub 1960, Café 1930, Concert d’aujourd’hui) pour clore avec Adios Nonino, sous l’élan direct et magistral de ce grand chef et génie du Tango.  Il s’agit de Astor Piazzolla (1921-1992, né à Mar del Plata), jouant du bandonéon, genre d’accordéon aux claviers bi-sonores, car ils sont parfaitement accordés aussi bien en tirant qu’en poussant.  Toute l’histoire du Tango, ballade séculaire et trajet immense qui nous a porté sur les océans, les terres riches, les espaces arides, conduit dans les ports où vivent de départs en arrivées les vagues d’immigrants, ces migrants de l’espoir et de l’aventure, nomades de l`âme et messagers d’outre monde.  Le récital a habité, en cette première portion, l’espace acoustique, les circonvolutions de la navette sonore et des nefs de réverbérations ou d’aspiration et d’enrichissement des notes et dimensions mélodiques qui structurent cet amphithéâtre vivant dédié à la respiration et au flux instrumental, vocal et mécanique : la maison symphonique intérieure.

Nous étions dans la musique, assis en face, dans une vision et une audition circulaires, en hauteur à partir des sièges A115 et A117, centrale réception et ambiophoniques vibrations séquentielles dans l’environnement neuf et si riche de cette salle déjà si émouvante de présence et de qualité.  Ces données affectives, dans une osmose entre l’instrument et les membres de l’auditoire, la maison symphonique interne nous a marqué par sa capacité à transmettre les particularités de chaque section instrumentale mais aussi à unifier en un noyau musical le son identitaire de la formation que nous écoutions : l’Orchestre de chambre de McGill.

La deuxième partie au programme inventé pour ce temps de notre monde en cette adéquation d’une inauguration salle/public, pourtant public amoureux de tango :

Victor Simon : Primatango et Tristera  des créations sans compromis, douces musiques accordées et rythmées pour Tango ouvert fluide, nous avons senti cette union entre l’auteur et sa natale source d’inspiration, conduite sublime et magistrale de Boris Brott.  Des moments de grâce sans nostalgie et pourtant cette saudade des Andes qui trouve un chemin dans nos cœurs et le besoin de se rapprocher de son amour, de toucher et de se laisser porter sur les ailes de la musique de Victor Simon.

Carlos Gardel (1887 1935), dont la voix d’or est déclarée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO : Por una cabeza  les cordes ont parlé, elles ont dit leur rêve, onze violons, trois violoncelles, une basse de sons sourds et pourtant si denses de force subtile.  Piano aérien et directeur, avec cette grâce de l’intelligence du maestro Boris Brott, agile, d’une précision et d’une qualité d’échange avec les musiciens, gestes, mobilité kinesthésique et un avantage majeur, une connaissance organique de chaque phase des compositions.  Une attitude harmonieuse et respectueuse pourtant ce talent au service de la direction qui laisse voir une aisance intellectuelle et une solidité spirituelle.  Boris est actuellement, le chef d’orchestre Québécois, Canadien, Montréalais, le plus sollicité par une diversité d’ensembles ou de formations instrumentales et vocales mais aussi, invité pour donner des conférences et partager auprès des jeunes son expérience et ses compétences, un mentor de calibre mondial aimé et comblé de succès.

Enrique Saborido (1877-1941) : Felicia sur cette musique ont dansé le couple classique et tonique de danseurs (Marika Landry et Julio Otero) des «tangueristes» respectés et des artisans de cette dynamique au style gracieux et passionné qui s’est développée à Montréal.  La musique a coulé, pulsation nouvelle dans un lieu magique de bois et de lumière.

La suite de la soirée s’est arrimée avec élégance offrant  Angel Villoldo (1861-1919) El Choclo  Mariano Mores (né Mariano Martinez en 1922) dont Tanguera (Film Moulin Rouge) une ode aux fondamentaux du genre, saccadée et mélodique, la musique est d’une rigueur saisissante, elle s’est mariée avec l’esprit des lieux, une conjugaison sublime qui a ouvert, pour notre coffre symphonique de diffusion des sons instrumentaux directs, une série hors concours qui m’a fait dire de concert avec ma voisine de soirée spéciale Tango, qu’un abonnement aux prestations de l’OCM (Orchestre de chambre de McGill), se propose.

Et puis, les danseurs sont revenus, applaudissements, oui entre chaque pièce, au long de cette période des «vêpres du Tango», la générosité des musiciens, la ‘engagement du Chef et le talent du pianiste, ont été salué de psalmodies de claquettes manuelles, que le système de son a inscrit au chapitre comparable d’une production d’accompagnement.  Les applaudissements dans la maison symphonique, sont traités dans ce filtre des sons, comme une production instrumentale de référence.  Les danseurs sont revenus pour : deux pièces de Victor Simon (Milonguita de Lolo, Enamorada) et une pièce de Gerardo H. Matos Rodriguez (1897-1948) La Cumparsita Tango, connu parmi les Tango (s).  La table était mise pour une conclusion imaginaire.

Une sortie de cette expérience initiatique, une fenêtre céleste qui s’est proposée à nous comme offrande et plateau de bonheur, ce fut du grand Astor Piazzolla, nouveau Tango : Libertango.  Quelle fin de concert, une exécution de niveau supérieur, une performance qui a mis en relief la compétence de l’OCM, maestro Boris Brott, les musiciens, une élévation aux éclats sonores, aux consonances totales du «Tango nuevo».  Debout, les mains en action, les salves répétées d’applaudissements sans fin, les bénévoles, comme les responsables de la gestion, dont Mme Élisabeth Reid, la directrice administrative, ont compris, je crois qu’ils sont aimés pour leur dévouement et leur professionnalisme.  Baptême musical et gloire de cette salle symphonique qui a vibré aux accents vitaux du TANGO.

Yves ALAVO

Maison symphonique de Montréal

Lundi 26 septembre 2011, 19 h 30

1600, rue St-Urbain

L’Orchestre de chambre de McGill

Direction : Boris Brott

Arrangements, piano : Victor Simon

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VICTOR SIMON, VIRTUOSE ORIENTAL ET TANGO TOTAL

22 Sep

En près de quinze années, depuis Montréal, Victor Simon, dont vous lirez quelques lignes qui disent son parcours et ouvrent sur sa démarche d’artiste complet et d’humain riche et talentueux, est en train de mettre au monde le Tango postmoderne et pourtant enraciné.  Ouvert aux influences universelles, attiré par les racines moyen-orientales et sensible aux vertus de l’exil nordique qui l’inspire, ce virtuose boulimique de rythmes, de musiques et amoureux de la vie, a démocratisé le Tango, créé des ponts nouveaux entre danse et mélodie sonore et rassemblé en un courant neuf, les grandes tendances de cette musique de vie qu’est pour toujours le Tango des origines.

Portrait et démarche artistique sur son site

Argentin d’origine, a fait ses premiers pas dans une ambiance de répétitions au milieu des instruments de musique de ses parents, Los Hermanos Simon. Au pays chouchouté par le soleil, la vie s’écoule dans un cocon de sonorités folkloriques qui se tend sur tout le territoire de sa ville natale, Santiago del Estero, considérée comme la capitale des musiques traditionnelles par sa diversité et son grand rassemblement de musiciens, chanteurs et poètes.

À l’ombre du grand caroubier, l’arbre de la réunion, des rencontres musicales de toutes les branches de la famille, le petit Victor alors âgé d’un an, s’empare du tambour de son père et y marque un rythme de folklore reconnaissable. Pas étonnant qu’il gratte la guitare dès l’âge de cinq ans, découvre le piano presqu’au même moment et c’est en alignant des notes de façon nonchalante que surgit spontanément un thème. Déjà, le compositeur et l’interprète se confondent.

Sa fougue pour le piano le pousse à quitter son ancrage natal et c’est avec enthousiasme qu’il étudie l’interprétation et la composition à l’Université de Cordoba, son port d’attache pendant dix ans. Entre ses prestations de musique de chambre, il demeure intimement lié au tango et au genre folklorique argentin qu’il affectionne.

En accompagnant la Troupe de Ballet Folklorique Latino-Américain, il découvre et participe à des festivals en Bolivie et au Chili. L’envie de l’ailleurs mène Victor jusqu’au Festival de Folklore de Drummondville. C’est dans l’étreinte aux bras d’acier du pont Jacques Cartier que son coup de foudre retentit pour Montréal. Lors d’un concert de l’OSM mettant en relief la grande artiste Martha Argerich, pianiste originaire d’Argentine, une renaissance artistique enflamme Victor Simon : « Ce concert a été une incidence à me ramener plus que jamais à ma vocation de musicien. » La nuit même, en s’abandonnant à l’instinct de la création, en puisant dans ses fibres indélébiles argentines et sans connaître le splash ultime de ce plongeon, il prenait la décision de rester au Québec… pour y vivre.

L’année de cette décision, 1997, en est une funambulesque qui permet à Victor Simon d’être embrassé par l’univers sonore des mille et une nuits de Montréal, créant un éclat et des nuances dans sa vie musicale. Ses expériences multiculturelles et sa réceptivité aux émotions humaines donnent au piano de Victor Simon, un jeu d’une très grande sensibilité, inspirant des liens solides avec d’autres musiciens, relations qui font corps avec sa vie comme au temps de sa jeunesse. Il fonde l’Ensemble Montréal Tango en 1998 dans ce même élan de rencontres.

Loin de sa famille, la musique tango prend toute la force évocatrice de ses origines. Tristera est sans doute sa composition qui exprime le plus intensément la nostalgie de son pays et en même temps, l’extase liée à ses rencontres évolutives, au Québec. Victor compose et arrange les pièces pour le trio qui devient quintette lors du Festival international de Lanaudière. L’ensemble séduit partout où il se produit, tant au Québec, qu’au Canada et à l’étranger et des enregistrements viendront crystaliser leurs œuvres. Victor Simon participe également aux tournées américaines et européennes des compagnies Forever Tango et Amador, accompagne des artistes québécois tels Johanne Bluteau du Cirque du Soleil et la chanteuse vénézuélienne Soraya Benitez dont il a arrangé les quatre albums.

Aujourd’hui l’exil, son merveilleux exil, le ramène à ses racines, plus profondes cette fois, celles de la génération ayant migré du Moyen-Orient vers l’Argentine. Son nouveau projet « TangOriental » se concrétise par la formation d’un groupe qui offre un répertoire à la croisée du tango, des musiques qui l’ont fait naître et des rythmes du Moyen-Orient. C’est par un habile mariage des genres musicaux que Victor Simon renoue avec ses sources ancestrales, laissant émerger, sans retenue, cette percussion des rythmes, tout en préservant le caractère unique du tango. La confluence de tous ces styles est l’essence de son art.

Yves ALAVO

Le site de Victor Simon : http://victor-simon.com/

Discographie :

ENAMORADA 

Victor Simon – 2008 

MUSICIENS:

Piano, direction musicale : Victor Simon

Violon : Mélanie Vaugeois

Deuxième violon (2 & 9) : Véronica Thomas

Violoncelle : Elizabeth Dubé

Contrebasse : Christophe Papadimitriou

Bandonéon : Denis Plante

Commandez le CD en écrivant à :

info@victor-simon.com  L’Ensemble Montréal Tango à été créé en 1998 par le pianiste argentin Victor Simon. Présent dans un grand nombre de concerts au Canada et à l’étranger, l’ensemble s’est distingué par l’originalité et la sensibilifé de son répertoire, s’imposant comme une des nouvelles pierres angulaires du Nuevo Tango.

1- Prima Tango – V. Simon – C. Piculeata

2- Milonga de Lolo – V. Simon

3- Enamorada- V. Simon

4- Tristera – V. Simon

5- Nightclub 1960 – A. Piazzolia – V. Simon

6- Les danseurs d’après-midi (tango) – V. Simon

7- Desesperado – V. Simon

8- Inattendu – V. Simon

9- Pigale – V. Simon

10- Sentido – V. Simon

11- Café 1930 – A. Piazzolia – V. Simon

 

 SENTIDO 

Victor Simon – 2003 

MUSICIENS:

Piano, direction musicale : Victor Simon

Violon : Mélanie Vaugeois

Violoncelle : Elizabeth Dubé

Contrebasse et basse : Christophe Papadimitriou

Flügelhorn : Etienne Sourd

Bombos : Luis Lopez, Alberto Torres

Batterie : Alberto Torres

Congas : Liber Cerron, Ricardo Praiz, Esteban Praiz

Commandez le CD en écrivant à :

info@victor-simon.com  Les racines culturelles de Victor Simon nourrissent son univers, l’accentuent, le mettent en relief. Sa musique est infiniment plus qu’une simple fusion actualisée ou une approche jazzistique des rythmes du Sud et latino-américains. Comme il ne confond pas nouveauté et inédit, il réussit une incursion dans la musique actuelle sans négliger le lien qui l’unit à son hémisphère imaginaire. Ainsi émerge, avec une passion renouvelée, un monde rempli de surprises, ouvert aux sens, et en même temps profondément respectueux de ses origines.

Luis Thenon (Ph.D) Dép. des littératures Faculté des Lettres Université Laval, Québec

1- Cueca (cueca) – V. Simon

2- Milonga d’ici (milonga) – V. Simon

3- Raza (guaracha santiagueña) – V. Simon

4- Sentido (tango) – V. Simon

5- Du Mont-Royal (candombe) – V. Simon

6- Los pajáros perdidos (tango) – Astor Piazzolia

7- Les danseurs d’après-midi (tango) – V. Simon

8- Au nouveau-né (zamba) – V. Simon

9- Cholita (huayno) – V. Simon

10- Tristera (milonga sureña) – V. Simon

11- Malambero (malambo) – V. Simon

12- Oblivion (tango) – Astor Piazzolia

 TANGO TANGO 

Ensemble Montréal Tango accompagné de Nestor Vaz Chaves, Julio Cobelli et Soraya Benitez – 2000

MUSICIENS:

Piano, direction musicale : Victor Simon

Violon : Carmen Picuelata

Contrebasse : Christophe Papadimitriou

Bandonéon : Nestor Vaz Chaves

Guitare : Julio Cobelli

Chant : Soraya Benitez

Prise de son : Marcello De Lambre

Montage : Marcello De Lambre – Martin Léveillé

Produit par Tango Bohemio © Paul Montpetit 2001

Commandez le CD en écrivant à :

info@victor-simon.com  Au cours des dernières années, de nombreux spectacles de qualité ont été présentés au public montréalais amateur de tango. Mais il a fallu attendre le printemps de l’année 2000 pour qu’une superproduction de tango sous la direction artistique de Wouter Brave d’Amsterdam réunisse sur une même scène des danseurs et des musiciens de l’heure avec des artistes locaux pour produire le spectacle TANGO

TANGO. Le contenu musical de TANGO TANGO a été sans contredit l’un des points forts de ce spectacle haut en couleurs. Sont présentés les classiques du répertoire mais aussi des compositions originales de Victor Simon, avec la qualité d’audition du direct :

1- Tierra Querida (Julio de Caro) – Morceau complet

2- Gallo Ciego (Agustin Bardi)

3- En esta tarda gris (M. Mores-J. M. Contursi – Chant : S. Benitez)

4- Pablo (José Martinez)

5- Don Agustin Bardi (Horacio Salgan)

6- Zum (Astor Piazzolia)

7- La orillera (O.M. Bassil)

8- La ultima curda (A. Troilo – C. Castillo – Chant : Soraya Benitez)

9- Escualo ! (Astor Piazzolia)

10- El Motivo (Juan Carlos Cobian)

11- Solitude – suite montréalaise n°3 (Nestor Vaz Chaves)

12- Milonga de mis amores (Pedro Laurenz)

13- Les danseurs d’après-midi (Victor Simon)

14- Prima tango (Victor Simon et Carmen Piculeata)

15- Les mareados (Juan Carlos Cobian – E. Cadicamo)

16- Libertango