Archive | juillet, 2016

Musiques africaines et modernité : 30 ans de Nuits d’Afrique 2016 par Alain Brunet de La Presse

30 Juil

Samedi 30 juillet 2016 | Toutes mes Nuits d’Afrique

Les commentaires de ALAIN BRUNET suivis de Poèmes de YVES ALAVO.

Sauf dimanche (parce que retenu par une urgence réno), je suis sorti tous les soirs aux Nuits d’Afrique. Je dois maintenant mettre le cap sur MEG Montréal et Osheaga. Voici donc, grosso modo, mes 30e Nuits d’Afrique. Et les vôtres ? Que pensez-vous de cette présentation 2016 ?

VaudouGame__PeterGraham

Vaudou Game /crédit photo : Peter Graham pour les Nuits d’Afrique

Annoncé comme une révélation du circuit world de l’Europe, Vaudou Game a donné un bon spectacle. Le chanteur togolais était assez fort pour prendre tout le plancher. Il a bien formé son groupe lyonnais au “call & response” inhérent aux traditions auxquelles il faisait référence et plongeait dans une potion d’afro-beat, vieux JB fhttp://blogues.lapresse.ca/brunet/wp-admin/themes.phpunk, ethio-jazz. Groove vintage à souhait, l’addition des variante a produit quelque chose de frais. Pour faire la différence entre un bon spectacle et une performance mémorable, il faudrait toutefois une exécution instrumentale supérieure à ce qu’on a vu et entendu. On peut quand même parler d’une réussite.

RachidTaha_M.Belmellat

Rachid Taha / crédit photo : M Belmellat pour les nuits d’Afrique

Rachid Taha a 57 ans, il reste fidèle à lui-même. Bon rock maghrébin, irrévérence des libre penseurs, sens critique, esprit rebelle. L’Algérien et résidant de France demeure un grand artiste, pilier de la modernisation de l’expression musicale maghrébine. Très créatif, visionnaire, toujours dans la coche… jusqu’au tournant de cette décennie? Mercredi dernier, en tout cas, ce fut bien fait mais on a senti l’usure du temps. Très bons musiciens, belle acquisition que celle de Yann Péchin, ex lead-guit chez Bashung, mais… Rachid Taha pourra-t-il encore rebondir et relancer sa proposition? On lui souhaite de ne pas trop s’esquinter la santé et de garder l’esprit ouvert. De belles choses pourraient encore se produire.

elida_almeida_©ElaineGraham

Elida Almeida / crédit photo: Elaine Graham

Elida Almeida serait la nouvelle étoile du Cap-Vert. Elle n’a pas 30 ans et maîtrise très bien tous les fondements d’une culture populaire riche depuis longtemps. Mais voilà, son approche aurait pu être pratiquement la même il y a 30 ans. Très belle présence, mais un accompagnement passéiste pour ne pas dire suranné. On aurait bien aimé si l’on n’avait jamais entendu la musique populaire cap-verdienne, ou encore si l’on apprécie de telles musiques populaires exécutées dans les règles de l’art. On imagine en revanche que des jeunes gens valorisent ce genres de son dans les coins reculés de l’archipel d’où elle provient. Ici? Beaucoup moins évident. Un auditoire plus âgé aimera beaucoup, remarquez.

_DSC1445

Inna Modja / crédit photo M. Belmellat

Inna Modja a déjà été une star de la FM, le temps de son album Love Revolution. Aux Nuits d’Afrique, elle a présenté sa métamorphose. Nous en sommes aux performances africaines en phase avec la culture électro / hip hop. Avec synthés analogiques et attirail numérique en parfaite cohésion avec le jeu d’un multi-instrumentiste (guitare, ngoni, tama) typique de la grande musique malienne. Des images très contrastées du Mali actuel nous sont balancées en direct. Quant à la performance de la soliste, elle était soit timorée ou mal sonorisée au départ, mais l’exécution et la puissance vocale ont pris du mieux au fur et à mesure que le spectacle s’est déployé. Très belle soirée avec Inna Modja.

Beto_AndréRival

Beto / crédit photo: André Rival

Le set de Canicule Tropicale et Beto à la Sala Rossa fut très réussi. Franchement, on avait le sentiment d’ouvrir le coffre d’un trésor, et de contempler des joyaux panaméens et colombiens de différentes époques, des années 40 aux années 70. Encore là, ç’aurait pu être austère pour un plancher de danse un samedi soir. Aucunement ! Les enchaînements de grooves étaient tout simplement excellents, irrésistibles pour les danseurs. Quant au tandem Canicule Tropicale, il ne nous a pas laissé en reste. Fort bien préparé à cette rencontre avec l’un des très bons DJ du label Soundway.

ManuDibango_M.Belmellat

Manu Dibango / crédit photo: M. Belmellat

Je n’ai assisté qu’à une partie de la soirée de la relève présentée par Manu Dibango, j’ai trouvé sympathique la séquence du saxophoniste et chanteur passée avec le groupe gagnant du Syli d’or 2016 aux Nuits d’Afrique, Proyecto Iré, sous la gouverne du chanteur Oscar Fuentes et du claviériste Yoel Diaz. Grand-père Manu a sagement choisi de jouer mollo, j’ai été quand même étonné de la qualité de son timbre au saxo… et aussi de sa forme.

MexicanInstituteOfSound__ThomasSchmitt

Mexican Institute of Sound / crédit photo : Thomas Schmitt

Au Parterre du Quartier des spectacles, j’ai pu assister au concert de l’Institut mexicain du son, power synth trio de Camilo Lara. On pouvait mieux comprendre sur scène le rapport entre son affinité avec le punk rock et la cumbia… qui se traduit en une sorte de synth cumbia rock assez sympa, le tout assorti de vidéos efficaces, très inspirées des arts traditionnels mexicains, dont certains pré-colombiens. Indice d’octane élevé, des formes musicales simples et corrosives. Je préfère personnellement la plus grande diversité sonore du Institudo Mexicano del Sonido à travers ses albums. Cela me semble plus électro, plus latin et plus riche musicalement.

DabyTouré_PeterGraham

Daby Touré / crédit photo: Peter Graham

J’ai passé la soirée de mercredi au Balattou, pour voir et entendre ce Daby Touré, qu’on suit depuis la fin des années 90, qui a tourné en première partie du Still Growin’ Up Tour de Peter Gabriel en 2004. Le mec est venu avec formation au FIJM, je n’en ai entendu que du bien. Il revenait aux Nuits d’Afrique seul, à la rencontre de musiciens locaux (violoncelle, percussions, basse, etc.) pour présenter deux sets à bâtons rompus. C’était plutôt bien, mais j’aurais préféré avec son propre groupe.

C’est d’ailleurs un problème récurrent à ce festival, trop souvent, des groupes d’accompagnements ne sont pas à la hauteur des artistes privés de leurs musiciens réguliers. Trop souvent, ces musiciens ne servent pas adéquatement les artistes invités, ce n’est pas leur faute, c’est un problème d’économie de bout de chandelle qui ne sert personne au bout du compte. Pourquoi, par exemple, les artistes révélations des Nuits d’Afrique ne chantent-il pas avec leurs formations respectives?

La mouvance africaine d’aujourd’hui

En dernier lieu, j’ai croisé pas mal de monde parmi les spectateurs et observateurs qui se montraient critiques sur la question du décalage des Nuits d’Afrique par rapport à l’Afrique réelle d’aujourd’hui. Non pas que les tendances invitées n’y soient pas légitimes mais que plusieurs réalités musicales urbaines d’Afrique pourraient être mises en lumière sans trop de retard.

Au Nigeria, au Ghana, en Afrique du Sud et en Angola, il se passe des choses. Dans les Antilles, dans les capitales occidentales, sur les côtes tropicales de l’Amérique du Sud, la mutation s’opère. Plus d’électro, plus de hip hop, plus de jazz, plus de soul / R&B, tous ces influx circulent dans une part congrue de musiques africaines en 2016. Sans se renier, les civilisations africaines ne font pas exception à cette universalisation de l’expression culturelle, en l’occurrence musicale. Elles peuvent fort bien préserver leurs acquis tout en actualisation la donne en prenant part au festin planétaire.

Il faudra entendre tout ça à Montréal. Aux Nuits d’Afrique ou ailleurs. On se souhaite de combler le décalage… au plus tard l’an prochain.

Luc_Marchessault
  • « Plus d’électro, plus de hip hop, plus de jazz, plus de soul / R&B, tous ces influx circulent dans une part congrue de musiques africaines en 2016. Sans se renier, les civilisations africaines ne font pas exception à cette universalisation de l’expression culturelle, en l’occurrence musicale. »

    D’accord avec tout ça, mais je remplacerais « universalisation » par « américanisation ».

    « Au Nigeria, au Ghana, en Afrique du Sud et en Angola, il se passe des choses. Dans les Antilles, dans les capitales occidentales, sur les côtes tropicales de l’Amérique du Sud, la mutation s’opère. »

    Les pays d’Afrique susmentionnés débordent du territoire de dépistage habituel de Nuits d’Afrique, soit l’Afrique franco. Me semble que les exceptions sont assez rares, non? Des Sierra Leone’s Refugee All Stars à l’occasion, et quelques incontournables comme fiston Kuti et Miriam Makeba au fil des décennies. Même chose pour les Antilles, dont Nuits d’Afrique exploite surtout la portion franco. Pour ce qui est des percées de dépistage en Amérique centrale et du Sud, hispano et luso, c’est un gros tant mieux. De fait, je regrette de ne pas être allé voir et entendre les représentants de l’Institut mexicain du son. Sur disque, entécas, ça torche assez.

    Ce qu’avançait joshtwo dans le billet précédent :

    « La musique populaire dans la plupart des pays du monde n’a rien de folklorique, mais c’est pas ça qu’on entend à Nuits d’Afrique ni dans plusieurs festivals du réseau world music qui perpétue une vision passéiste de la musique. Ou en tous cas, qui n’équilibre vraiment pas le portrait. »

    Votre réaction :

    « Mexican Institute of Sound, Vaudou Game, Inna Modja, le DJ set de Beto, Yael Naim, Rachid Taha… on est pas mal loin du folklore! L’image des Nuits d’Afrique est à refaire, faut croire, n’est-cela josh two? 😉 Beaucoup de monde croit encore que ce festival est destiné aux vieux trippeux de folklores non occidentaux. Il y a encore une part de ce festival qui est comme ça, mais une autre part n’a rien à voir avec le folklore et les musiques traditionnelles. »

    Et une partie de la mienne :

    « Sinon, la “vraie musique“ d’une région donnée devrait consister en pastiches locaux de ce qui bourdonne au sommet des palmarès occidentaux? »

    Comme un Drake ghanéen, une Beyoncé nigériane, une Sia argentine, un The Weeknd zambien, une PJ Harvey des Îles Vierges américaines, des Arcade Fire angolais, un Kanye paraguayen. Manquerait juste Elvis Wong.

    @luc

    Vrai, l’Afrique francophone est sur-représentée dans le contexte où le renouveau africain se passe surtout dans les pays anciennement colonisés par les Brits, Portugais ou Hollandais. Les Nuits d’Afrique ont toujours eu une préférence claire pour les pays de l’Afrique franco -Lamine Touré, le fondateur du Balattou et des Nuits d’Afrique, est Guinéen; ancien danseur du Ballet National, il est très attaché aux musiques traditionnelles d’Afrique de l’Ouest.

    Longtemps, cela n’a pas fait problème car les pays francos étaient les leaders de l’actualisation musicale, surtout dans les années 80 et 90. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas… Cette allégeance des Nuits d’Afrique au Mali, Sénégal et Côte d’Ivoire est encore valable (surtout le Mali) mais son retard par rapport au Ghana, Nigeria, Afrique du Sud, Mozambique et autre Angola est de plus en plus critiquable.

    Nous, de ce blogue, pouvons d’ailleurs faire des recherches pour la suite des choses. Prenez les suggestions world de sultitan, par exemple. Tout ça pourrait être présenté à Montréal dans les plus brefs délais. Au fait, sultitan, pourriez-vous regrouper toutes ces suggestions et nous les rebalancer ?

    Depuis que je couvre les musiques “world”, cet argument revient sans cesse lorsqu’on parle des musiques non occidentales. User en Afrique, Amérique latine ou Asie de formes éprouvées en Amérique ou en Europe revient selon certains à une forme d’aliénation résultant du colonialisme culturel. J’ai déjà adhéré à cette vision, j’ai rapidement décroché.

    Aujourd’hui, je crois que l’universalisation des formes hybridées avec de fortes composantes régionales est aussi valable que la stricte électrification des traditions ou leur maintien dans leurs formes originelles. Faire du hip hop en Afrique, ce n’est pas forcément pasticher le hip hop américain. J’ajouterais: suspecter systématiquement un manque d’authenticité chez les non occidentaux peut être aussi une posture occidentale… post-colonialiste.

    Le cas d’Inna Modja est très intéressant en ce sens: son dernier album me semble très africain malgré la technologie impliquée alors que son précédent était totalement occidental (ou presque totalement).

    La musique populaire américaine continue de s’imposer, pour les raisons que l’on connaît. Or, on peut sans doute trouver matière à consolation dans le fait qu’elle est largement issue des creusets de création afro-américains. En forçant un peu, on pourrait y voir une boucle bouclée dans le volet musique de l’idée de négritude d’Aimé Césaire.

    L’universalisation avec composantes régionales est inévitable; ne reste plus qu’à espérer qu’elle continue d’être porteuse de belles choses. Ma méfiance découle de cas d’écoute où j’ai été échaudé, mais il y a bien sûr des tonnes de trucs authentiquement de bon aloi au-delà de ça. En forçant – encore – un peu, on pourrait voir ces musiques américaines comme des avancées scientifiques qu’on serait bien nonos de ne pas mettre à profit (comme les vaccins ou Internet) : le jazz existe, la soul, le R & B, le hip hop; utilisons ces moteurs éprouvés pour faire avancer nos musiques locales.

    Et oui, le cas Inna est très intéressant… à tous égards!

  • alainbrunet
  • Les sources américaines de la musique populaire mondialisée sont toujours très présentes, mais les Européens (à commencer par les Brits) peuvent prétendre avoir vachement contribué depuis les années 60. Au tour du reste de la planète ?

  • ume Blackstar a certes sa place dans la catégorie cru bourgeois britiche 2016. Or, après beaucoup d’écoutes et à la lumière du témoignage de Tony Visconti, qui a largement fait état de toutes les influences intégrées à la patente, on pourrait croire qu’il s’agit davantage d’un hommage préposthume de DB aux genres musicaux et aux créateurs qui l’ont inspiré, durant ses derniers mois ici bas, que d’un album marquant qui influera un tant soit peu sur la pop haut de gamme.
  • PJ a déjà remporté le prix deux fois…

    RH, quant à eux, se sont retrouvés sur la liste restreinte plusieurs fois et n’ont jamais gagné ce foutu prix. Le Mercury pour Moon Shape Puddle, ce ne serait pas déplacé, en effet. Surtout que le critique attitré de L’éveil de Rosemont-Petite-Patrie a revu sa cote légèrement à la hausse, parce qu’il était au concert de RH dimanche dernier, a vu et entendu RH exécuter six tounes de Moon Shaped Puddle sans les cordes de l’Orchestre contemporain de Londres, notamment pour Burn the Witch, puis a réécouté tout ce bordel et s’est dit « Ouin, c’est du câliphe de bon stock, quand même, surtout Daydreaming et la toune hommage au folk britiche, c’est-à-dire Desert Island Disk.

    Sinon, Michael Kiwanuka et Skepta sont assez forts, Anohni aussi. Bat For Lashes, Jamie Woon, Kano, Savages et The 1975 ne me m’ont pas épaté outre mesure. Le seul album que je n’ai pas encore écouté est celui de Comet Is Coming.

    Si c’était à moi de décider à qui revient ce prix, mon choix s’arrêterait sur « The Dreaming Room » de Laura Mvula, parce qu’il s’agit de l’album le plus et le plus riche du lot. J’en reparlerai un m’ment d’né.

    Sweet sixteen… Un nouveau Leonard Cohen sous peu? Chouette! Et la bande-annonce est, ma foi, assez olé olé merci! Je dois tout de même être un peu vendu parce que j’ai même adoré ses disques dont la critique a le plus pourfendu la production et les arrangements (Dear Heather et Popular Problems)… Très hâte!
    D’autres sorties prochaines qui me font saliver: Nick Cave and the Bad Seeds, Emel Mathlouthi, M.I.A., Angel Olsen (méconnaissable sur les deux excellents premiers extraits), Run the Jewels, Supersilent…
    Côté jazz, Steve Lehman s’amène avec Sélébéyone. Son jazz d’avant-garde rencontrera l’Afrique et le rap. Ça me semble déjà pas mal génial:

    http://www.stevelehman.com/music

    Sur ce, je retourne au dernier Michael Kiwanuka. Un petit bijou, je vous dis.

  • Merci pour le compte rendu.

    Ouf, moi j’ai connu un été de zombie: labyrhintite à la mi-Juillet (vertige, malaise, une oreille complètement bouchée), suivi de Zona Ophtalmique particulièrement agonisant dont je ne suis pas encore remi en fait (c’est çà l’immunodéficience).

    Toutefois dans une période très brève entre les deux maladies j’ai eu la chance de voir Samito en concert, qui est un example d’un artiste hybride dont on ne puis pas décrire toute la musique: il y a du pop funk commun à côté de folk mozambique mais aussi des influences du rock indie, et autre chose. J’appuie ce genre d’approche “J’m’en fou, j’fais c’qu’y’m plait”.

    Et je suis d’accord qu’il faut faire attention de ne pas se pourvoyer d’une perception uniquement exotisante de l’Afrique à cette époque où je peux écouter du “gqom” comme si j’étais à Durban (référence a une compilation qui a fait buzz plus tôt cette année, même chez Pitchfork).

    CECI DIT.

    C’est plus fort que moi, j’ai rien contre un peu d’Exotica:

    https://www.youtube.com/watch?v=vRxKoDxUJiA (oui oui c’est exotica! C’est un mélange de Sher et de Cha Cha)

    Je retourne me couché.

  • Un projet dont j’attends l’album cet automne dans la catégorie Afrique est Ngadda (en fait collabo avec Mark Ernestus, on triche), sorte d’expérimentation sur le mbalax sénégalais. Çà semble dans mes cordes, on verra:

    http://ndagga.com/

    Bon, je met une pièce complète ici, semi-instrumentale (une version chantée sera apparemment sur l’album):

  • Merci! C’est bête, je pensais avoir mis le lien de Sher Cha Cha avec la pochette de l’album, probalement changé pour question de son:

    Mais le dieu de l’Exotica va toujours demeurer Korla Pandit:

    Et comme il s’appproprie ici un air egyptien, je reviens vers Afrique 2016 pour souligner ce band egyptien intriguant, The Dwarfs Of East Agouza. À surveillez!:

    https://thedwarfsofeastagouza.bandcamp.com/

  • En fait je viens de réaliser que Dwarfs Of East Agouza c’est Sam Shalabi et un membre des Sun City Girls, entres autres. Étrange car le band est décri partout comme “trio provenant du Caire”, et il semble bien que le band a été formé là. Çà fait un mois que je connais çà et j’avais même pas fait le lien alors que là çà semble très évident.

  • Bien qu’on le voit encore souvent à Montréal, je crois avoir lu quelque part que Sam Shalabi est maintenant basé au Caire.

    Coup dur pour les amants de la note bleue Rudy Van Gelder n’est plus, je ne compte plus les albums procurés simplement parce qu’il apparaissait dans les crédits. Un architecte du son qui a fait progressé la musique

  • Comme ingénieur du son, Rudy Van Gelder avec son Van Gelder Studio a participé à définir un son dans les disques de jazz (chez Blue Note, mais également sur Prestige et même Impulse! pour ne citer que ceux-là). Que serait notre monde sans “Blue Trane” (sic) et “A Love Supreme”? Incroyable qu’après toutes ces années, la qualité sonore de certains enregistrements soit toujours si excellente malgré les progrès technologiques.

Deux poèmes de Yves Alavo

Textes inédits.

NOTES NOUVELLES ET MUSIQUE DU CŒUR

 

Que vibre le bonheur à partager

Je crois que se conjugue le plaisir

À deux vivre en totale union.

 

Unir le plaisir et le bonheur

Dans cette oraison poétique

Sur les rayons épidermiques

Avec le reflet moiré de l’étoile du sud.

 

Courbe des dunes

Vent sahélien

Alors que vibre le ventricule du destin

Une onde douce coule de source

Champ séminal des rêves atlantiques.

 

La kora des nomades indigo

Psalmodie des refrains impériaux

Accompagne les signares aquatiques

Aux rythmes sahéliens et saccadés

Se marient les mélodies peuhles

Nouvel écrin sensuels des sables ocre.

 

Par les couloirs magiques des Djinns

L’orage tropical des cavaliers Amazigh

Transperce le bouclier entre savane et montagnes

Pour unir les héritages millénaires

Dresser la piste nouvelle des cultures métisses

Où jailli le puits de fierté et de bonheur

De votre union à la croisée des cultures.

 

Yves ALAVO

Pour  Tarik Brakchi et de Stéphanie Ivanusic Vallée.

Montréal samedi 8 mars 2014.

 

L’air, le silence, la musique.

 

Va et vient

Répétition sur fond sonore

Une musique

Frappes récurrentes

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Vent du cœur en furie

Sensible aux émotions

Un souffle sublime

Coups successifs

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Ouragan de l’âme

Réceptive aux vibrations

Un élan spirituel

Vagues répétitives

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Tempête de l’occiput

Propice aux flammes

Un foyer cérébral

Sensations perpétuelles

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Cyclone du sexe

Avide de tourbillons

Un autel séminal

Flux continuels

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Tourmente des sens

Fous des excès

Une membrane vibrante

Tremblements infinis

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Houle des planètes

Folles des rayons

Un espace masturbatoire

Bourrasques éternelles

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle.

 

 

 

 

 

 

Publicités