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PARTAGER L’INFORMATION DYNAMISER LA VIE MUNICIPALE

9 Nov

Un outil d’information au service des employés, pour valoriser la vie municipale

1.La démocratie à Montréal : un jeu d’enfant!

Lors de l’élection du 5 novembre, Élection Montréal a mis en place le volet Petit bureau de vote ouvert aux jeunes montréalais d’âge scolaire afin de leur permettre d’expérimenter l’exercice du vote de manière concrète et positive en plus de les éveiller à la démocratie. Cette initiative en est une parmi d’autres qui permettent à nos jeunes de se familiariser avec leur rôle de citoyens.

L’apprentissage du rôle de citoyen

Il y a bientôt 20 ans, le Centre d’histoire de Montréal, musée municipal dédié à l’histoire de Montréal, lançait la visite Apprentis citoyens avec la participation de la Section des archives du Service du greffe, dans le cadre de l’exposition temporaire Leurs Honneurs, Messieurs les Maires – Comédie en 3 actes, présentée à l’automne 1998 au Centre d’histoire de Montréal.

L’activité a été si appréciée par les enseignants et les écoliers que le Centre d’histoire de Montréal l’a incluse à ses visites éducatives courantes l’année suivante. Au fil des ans, cette visite est devenue un projet éducatif plus élaboré qui permet d’initier les écoliers aux concepts de démocratie et de citoyenneté qui deviennent plus accessibles aux enfants puisque les services offerts par la ville touchent directement leur quotidien.

Une activité éducative et ludique

Apprentis citoyens initie les élèves du 2e et du 3e cycle du primaire à la démocratie municipale montréalaise grâce à des activités originales en classe et dans le Vieux-Montréal qui leur permettent d’explorer des lieux qui en conservent la mémoire comme l’hôtel de ville et le Centre d’histoire de Montréal.

Avec le soutien de l’enseignant, la séquence débute en classe par deux ateliers préparatoires qui portent sur la démocratie à Montréal et une simulation d’élection mettant en vedette un ancien maire de Montréal en campagne électorale. Les élèves sont regroupés en équipe pour préparer l’affiche électorale du maire de leur choix. À la toute fin de l’activité, ils doivent voter pour choisir leur nouveau maire.

L’activité se poursuit sur deux autres journées par trois visites au Centre d’histoire de Montréal, à l’hôtel de ville et aux Archives. De retour en classe, les écoliers procèdent au dépouillement du vote qui vient clore le processus électoral.

Avec l’activité Citoyen de ma ville qui s’adresse plus particulièrement aux élèves du 3e cycle du primaire, on pousse l’expérience encore plus loin. Les jeunes participent en plus à un atelier sur la Charte montréalaise des droits et responsabilités et le rôle de l’ombudsman animé par un intervenant culturel du Centre d’histoire de Montréal et un représentant du Bureau de l’ombudsman.

Une visite et une rencontre avec un élu à la mairie de l’arrondissement d’où proviennent les élèves. Les élèves sont invités à présenter leurs demandes, souhaits ou préoccupations aux élus.

« À la fin de cette activité, ils comprennent que les élus sont des personnes à qui ils peuvent faire des demandes pour régler des problèmes » explique Josée Lefebvre, agente de programmes éducatifs au Centre d’histoire de Montréal.

L’activité Citoyen de ma ville est soutenue financièrement par Une école montréalaise pour tous, un programme mis en place pour le gouvernement du Québec pour favoriser la réussite éducative des élèves issus des milieux défavorisés montréalais.

Une charte adaptée pour les jeunes

Illustration de Philippe Béha.

Illustration de Philippe Béha.

Dans la foulée de l’adoption de la Politique de l’enfant, une disposition a été ajoutée à la Charte montréalaise des droits et responsabilités afin de reconnaître le droit de l’enfant à un milieu de vie propice à son développement.

Pour soutenir cette modification, une version de la Charte montréalaise des droits et responsabilités expliquée aux jeunes a été produite et lancée le printemps dernier. Dans ce document, les jeunes apprennent que Montréal possède son propre « code de vie » pour les citoyens, les employés et les représentants de la Ville.

Cette brochure aborde des sujets de la vie de tous les jours en leur faisant vivre des situations concrètes qui leur permettent de réfléchir sur des questions de justice, d’équité et d’inclusion.

« Pour concevoir cette brochure, on s’est posé la question à savoir comment on pouvait rendre les différents sujets traités dans la charte accessibles aux enfants. On décidé de travailler avec le même graphiste et le même illustrateur afin de conserver un air de famille à tous nos outils et présenter les contenus comme dans une bande dessinée avec des exemples concrets ce qui rend le contenu plus facile à comprendre pour les enfants et… les adultes », raconte Sylvie Lalonde, secrétaire-recherchiste au Service du greffe aujourd’hui à la retraite.

Cette brochure est un outil de plus qui sera utilisé dans le cadre du programme Apprentis citoyens et remis aux écoliers lors de la visite à l’hôtel de ville.

En vigueur depuis le 1erjanvier 2006, la Charte montréalaise des droits et responsabilités est inclusive et contribue au mieux vivre ensemble des Montréalais, y compris des jeunes.

Suivre l’exemple des parents

Le 5 novembre dernier, les jeunes étaient invités à se présenter à l’un des Petits bureaux de vote bilingues situés dans les 19 arrondissements de la Ville. On leur remettait alors un bulletin de vote, des plus réalistes, à remplir derrière l’isoloir pour voter en faveur de leur service municipal préféré. Une question simple, mais néanmoins pertinente, leur était posée :

« À Montréal, qu’est-ce qui est le plus important pour toi? »

Les quatre choix de réponse suivants, présentés en mots et en images, leur étaient offerts :

 

Les résultats du vote des enfants.

a) Les arénas, les centres sportifs et les piscines
b) Les autobus, le métro et le train;
c) Les bibliothèques, les centres de loisirs et les spectacles
d) Les parcs, les modules de jeux et les espaces verts.

Après avoir déposé leur bulletin dans l’urne, on leur offrait le tatouage temporaire « J’AI VOTÉ! »

Au terme de ce projet pilote, un peu plus de 3000 jeunes, électrices et électeurs en herbe, ont pu noircir un bulletin de vote sur le territoire de la Ville de Montréal.

Pour la toute première fois, ces jeunes ont eu la possibilité de vivre cet exercice démocratique en famille et de voter en répondant à une question liée aux services municipaux dont ils font usage sur une base régulière en tant que jeunes Montréalaises et Montréalais.

 

2.Parcours Gouin : un pavillon d’accueil à énergie nette zéro

Fruit d’une collaboration déterminante entre plusieurs employés d’Ahuntsic-Cartierville et d’une centaine de résidents, le Parcours Gouin est à l’honneur cet automne. Trois prix ont été reçus pour ce projet d’envergure.

Le Parcours Gouin et son pavillon d’accueil cumulent les récompenses!

 

L’équipe du prix de l’AQLM lors de la remise de prix le 5 octobre. De gauche à droite :
À l’avant : Édith Matthon, Marie-Josée Trudeau, Joël Lacroix et Colette Boudrias.
À l’arrière : Gilles Côté, Richard Blais, Jocelyn Gauthier et Eric Brazé.

 

 

 

 

 

 

 

L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a reçu le 5 octobre le prix d’excellence de l’Association québécoise du loisir municipal (AQLM) dans la catégorie 50 000 habitants et plus dans le cadre de la Conférence annuelle du loisir municipal. À titre de projet municipal de grand calibre, le Parcours Gouin s’est démarqué en matière de loisir, d’aménagement, d’immobilisation, de mobilisation du milieu, en plus d’un nouveau programme d’activités auprès de diverses clientèles.

Puis, le 19 octobre, lors du Gala de remise des Prix INOVA de l’Institut de développement urbain du Québec, la conception architecturale du pavillon d’accueil du Parcours Gouin a été prisée. La firme BBBL Architectes a remporté le prix Morneau Shepell dans la catégorie « Services publics » soulignant le souci environnemental marqué, l’ingénieuse intégration des panneaux solaires et l’embellissement du site.

Pour couronner le tout, le 3 novembre, le Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE), l’organisme partenaire à qui l’arrondissement a confié la gestion du pavillon d’accueil, s’est mérité le Prix Carrière de l’Association québécoise des interprètes du patrimoine (AQIP) pour souligner les 25 ans de l’organisme. Le jury a mentionné la proactivité et le dynamisme avec lesquels GUEPE rend accessible et met en valeur le patrimoine naturel à la population.

Un projet intégré de développement durable et écoresponsable

 

 

 

 

 

: Moca photo.

Le nouveau pavillon d’accueil du Parcours Gouin est le premier bâtiment à consommation nette zéro à voir le jour à Montréal, il s’inscrit dans un vaste projet intégré de développement durable et écoresponsable offrant à la population un accès privilégié aux berges de la rivière des Prairies.

 

 

 

 

 

 

En provenance de cinq directions de l’arrondissement, l’équipe dévouée a déployé temps, énergie et efforts pour offrir aux résidents d’Ahuntsic-Cartierville et à l’ensemble des Montréalais un équipement collectif de premier ordre, véritable pierre angulaire du projet connu sous le nom de Parcours Gouin.

La genèse du Parcours Gouin

La mise en œuvre d’un parcours récréotouristique, longeant la rivière des Prairies, est issue d’une mobilisation des résidents d’Ahuntsic-Cartierville. Depuis plus d’une décennie, le désir de se réapproprier les berges et de faire profiter aux amateurs de sport nautique et amoureux d’espaces verts et patrimoniaux a motivé des centaines de résidents et d’employés qui ont collaboré, depuis le milieu des années 2000, à la création du Parcours Gouin.

Inauguré en juin 2015, ce parcours récréotouristique long de 15 km traverse d’est en ouest, les quelque 17 parcs en rive de l’arrondissement. Jusqu’à cet été, le Parcours disposait d’un site d’accueil temporaire doté de conteneurs événementiels situés sur une voie piétonne également temporaire. Depuis l’inauguration du pavillon d’accueil, le 8 juin, le Parcours Gouin bénéficie d’un port d’attache qui permettra de développer, 7 jours sur 7, tout au long de l’année une gamme complète d’activités pour les amateurs de plein air de tous les âges.

Situé au 10905, rue Basile-Routhier, en bordure du pont Viau, face à la rivière des Prairies et à un jet de pierre de la station de métro Henri-Bourassa, l’emplacement est idéal pour ce projet d’envergure dont l’investissement se chiffre à 4,3 M$. Conçu dans une véritable démarche intégrée de développement durable et écoresponsable, le pavillon d’accueil constitue une structure immobilière à consommation énergétique nette zéro (CENZ). Ce type de bâtiment produit autant d’énergie qu’il en consomme sur une base annuelle. Cette construction, à l’avant-garde, est composée de plusieurs systèmes écologiques qui permettent de contrôler ses besoins énergétiques.

Pensé et construit de manière à réduire ses besoins énergétiques, ce bâtiment surpasse les exigences du Code du bâtiment, limite la consommation d’énergie par le choix des matériaux en plus de présenter un ensemble de caractéristiques lui permettant de viser la certification LEED OR.

D’une superficie de 480 m2, le pavillon se répartit sur deux étages et abrite, entre autres, une vitrine d’exposition, une salle polyvalente avec terrasse et un accès au toit végétalisé. Des aménagements extérieurs comme une allée piétonne accédant à l’abri solaire, des aires d’activités créant un lien direct avec la rivière, un aménagement paysager, des bassins de rétention, ainsi que des supports à vélo, viennent compléter ce projet. Le site constitue un véritable havre naturel où les adeptes de plein air, les cyclistes, les résidents et les visiteurs profitent d’une offre de service diversifiée (information, location de vélos, prêt d’équipement, de livres et de jeux de société, comptoir-lunch.

Et ce n’est pas terminé!

Située à deux pas du pavillon d’accueil, l’avenue piétonne Park Stanley deviendra permanente à compter de l’été 2018. Devenue piétonne de façon temporaire en 2015 pour y installer des conteneurs événementiels, l’avenue sera encore plus accueillante prochainement! Les travaux sont déjà amorcés de sorte que la population pourra profiter d’une place publique extérieure multifonctionnelle des plus agréables!

Image à la une : Pavillon d’accueil à énergie nette zéro du Parcours Gouin

Crédit photo : Moca photo

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VALÉRIE PLANTE PREMIÈRE MAIRESSE DE MONTRÉAL

6 Nov

Mme Valérie Plante 43 ans, élue brillamment, première mairesse historique de Montréal, avec +51% des voies contre 45% au sortant D.Coderre (1 seul mandat)

Élue dimanche 5 novembre 2017, avec plus de 51% des voies contre 45% au sortant Denis Coderre.

La transition est faite, Montréalais et Montréalaises sont fiers souhaitent congé à Denis Coderre.

Nous avons envie d’avancer, besoin de changement, de respect et de dignité. Les plus proches du maire sortant sont aussi remerciés ou ont quitté : Anie Samson, Réal Ménard, Harout Chitilian, Russell Copeman, Pierre Gagnier, Pierre Desrochers, Manon Gauthier. Les parachutés récents ou anciens, aussi mis sur la touche (Lorraine Pagé, Elsie Lefevre). Si le taux de participation avait été plus élevé, l’hécatombe aurait été sévère et ce serait Coderre 40% et Valérie Plante 60%.

Valérie Plante était précise :
IL EST TEMPS DE SE METTRE AU TRAVAIL POUR MONTRÉAL. Mon projet, c’est le vôtre : débloquer Montréal et créer des milieux de vie abordables, sécuritaires et dynamiques pour tous et toutes. Mon projet respecte
l’identité des quartiers qui font de Montréal une ville dont on est si fier. La ville de demain, je veux la construire maintenant, avec vous et pour vous. »

Désormais avec des personnalités fortes, des élus engagés, enracinés dans leurs milieux de vie, des personnes de grande compétence, expérimentés, diplômés de haut niveau, comme jamais ce fut le cas au conseil de ville, des figures lumineuses, qui vivent avec nous, connaissent d’expérience les quartiers, les arrondissements, les districts, mais surtout ont des liens avec les citoyennes, les citoyens et les forces vives de Montréal.

Ce sont elles, et eux, qui font avec nous les mairesses et maires et élus de PM de nos arrondissements de Montréal : Émilie Thuillier avec 2/4 (Ahuntsic-Cartierville), Sue Montgomery avec 4/5 (CDN-NDG), Majda Vodanovic avec 4/4 (LaChine), Luc Ferrandez avec 6/6 (Plateau Mont-Royal), Benoît Dorais avec 4/4 (Sud-Ouest), Normand Marinacci avec 3/4 (Ile-Bizard-Ste-Geneviève), Pierre Lessard-Blais avec 3/4 (M-H-M), Philippe Tomlinson avec 3/4 (Outremont), notons l’élection de Lisa Christensen pour PM dans le district (La Pointe-aux-Prairies), François William Croteau avec 4/4 (R-P-P), Verdun avec 3 élus de PM, Valérie Plante avec 3/4 dont Robert Beaudry qui bat R. Bergeron dans (Saint-Jacques-Ville-Marie), enfin Giuliana Fumagalli avec 2/4 (Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension).

375 ans après Jeanne Mance, fondatrice de Montréal, les Montréalaises et les Montréalais ont écrit le 5 novembre 2017, un livre d’Histoire en élisant la première mairesse de la métropole. Montréal rejoint ainsi des villes comme Rome, Barcelone, Paris. Se faisant, ils ont aussi confirmé que le maire précédent élu avec la plus faible portion du suffrage de l’histoire et aussi celui qui aura eu un mandat unique dans l’ère moderne de notre histoire contemporaine.

Valérie Plante à la mairie choisira de respecter les fonctionnaires

28 Oct

L’aspirante mairesse compte travailler avec les dirigeants et fonctionnaires actuels si elle est élue le 5 novembre

Samedi, 28 octobre 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
Valérie Plante, chef de Projet Montréal et candidate à la mairie, a pris part à une table éditoriale dans les bureaux du «Devoir», vendredi.
Photo: Guillaume Levasseur Le DevoirValérie Plante, chef de Projet Montréal et candidate à la mairie, a pris part à une table éditoriale dans les bureaux du «Devoir», vendredi.

Valérie Plante a beau critiquer avec vigueur le bilan de Denis Coderre, elle ne balayerait pas toutes les réalisations de son adversaire si elle était élue à la mairie de Montréal le 5 novembre prochain.

Pas question non plus de remplacer d’emblée les dirigeants de services nommés par le maire sortant, que ce soit à la direction générale de la Ville, à la Société de transport de Montréal (STM) ou au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a expliqué la chef de Projet Montréal lors d’une entrevue éditoriale au Devoir vendredi.

« Je ne suis pas le genre de leader qui dit : parce que j’arrive, je mets tout le monde à la porte et je m’entoure des gens qui pensent comme moi », indique la candidate à la mairie. « J’aime ça être challengée. »

C’est ainsi que, si son équipe est portée au pouvoir, Valérie Plante compte s’asseoir avec le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, ainsi qu’avec Philippe Pichet, chef du SPVM, et Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la STM.

Pour l’aspirante mairesse, le principal problème à la Ville de Montréal, c’est Denis Coderre. Ainsi, elle continue de faire confiance au chef Philippe Pichet malgré les crises, notamment celle de la surveillance de journalistes.

« Je suis très préoccupée par les crises qui ont secoué le SPVM. Entre autres, la commission Chamberland, ce n’est pas rien. Mais la personne qui pour moi est la plus problématique dans ce dossier, c’est Denis Coderre et son incapacité à réaliser que ce n’est pas sain pour un maire de passer des coups de fil [au chef de police] comme il l’a fait. »

Elle compte aussi engager une discussion Philippe Schnobb, qui dirige la STM, et le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, si les Montréalais l’élisent le 5 novembre : « Je ne suis pas une personne qui impose ses idées. J’apprécie la critique et le défi. »

La ligne rose

Mais la chef de Projet Montréal aura fort à faire d’ici le scrutin, même si elle dit percevoir une vague de sympathie à son endroit. La ligne rose du métro, qui relierait Montréal-Nord à Lachine avec 29 stations, est son projet phare. Elle n’ignore pas que son projet, qui fait rêver, est accueilli avec un certain scepticisme.

« La première pelletée de terre aura lieu vers la fin du premier mandat ou au début du deuxième, mais ce qui est sûr, c’est qu’on va avoir notre bureau de projet dans notre premier mandat », assure-t-elle.

C’est surtout la question du financement qui fait sourciller ses critiques. Comme plusieurs autres projets figurant dans sa plateforme électorale, la ligne rose ne serait pas financée par la Ville, mais par des contributions des gouvernements du Québec et du Canada, alors même que d’importants investissements sont déjà consentis pour le Réseau électrique métropolitain (REM) et le prolongement de la ligne bleue.

Pour la énième fois, Valérie Plante répète que la Banque de l’infrastructure du Canada prévoit des fonds pour des projets de transport en commun et qu’il faut en profiter.

« C’est maintenant qu’il faut déposer les projets, pas après le REM et la ligne bleue », insiste-t-elle, tout en admettant ne pas avoir communiqué avec des représentants de gouvernements supérieurs pour mesurer leur intérêt envers le projet. Elle le fera si elle est élue à la mairie, dit-elle.

Formule E

Sous une administration Plante, plusieurs projets controversés seraient passés au crible, mais pas nécessairement abandonnés.

C’est le cas de l’amphithéâtre naturel en cours de construction sur l’île Sainte-Hélène, un projet de 73,4 millions qui a entraîné l’abattage d’un millier d’arbres et qui ne servira, dans l’immédiat, qu’à un seul promoteur d’événements.

« On est rendus trop tard pour l’arrêter », avance Valérie Plante tout en promettant d’analyser le dossier pour voir si des économies sont encore possibles afin de transférer des sommes vers d’autres projets, comme la promenade riveraine.

Pour ce qui est de la Formule électrique, Mme Plante maintient que la course pourrait être déménagée au circuit Gilles-Villeneuve, même si Denis Coderre et Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’automobile, ont affirmé le contraire.

Valérie Plante n’écarte pas l’idée de résilier le contrat de trois ans en cas d’impasse, mais demeure prudente. « Ma volonté, pour l’instant, c’est de conserver la Formule E », dit-elle.

Tensions avec les arrondissements

Valérie Plante prend aussi des précautions quand elle parle du rapatriement de certains pouvoirs à la ville-centre décrété par l’administration Coderre. Elle qui plaide sans cesse pour la spécificité des arrondissements n’est pas prête à balayer les réformes du maire sortant.

À titre d’exemple, l’harmonisation des services de déneigement est valable, dit-elle, même si elle peut entraîner des aberrations en forçant un arrondissement à déneiger lorsque ce n’est pas requis : « Le problème, ce sont les mesures “one size fits all”. » En revanche, elle promet de modifier le règlement sur les chiens dangereux en retirant les dispositions visant les chiens de type pitbull.

La course à la mairie s’engage maintenant dans sa dernière ligne droite : « J’aime dire que le 5 novembre, je serai la femme de la situation. »

Qui est Valérie Plante ?Âgée de 43 ans

Mère de deux enfants

Originaire de Rouyn-Noranda, elle a quitté l’Abitibi à 19 ans pour s’installer à Montréal. Après un baccalauréat en anthropologie et une maîtrise en muséologie, elle travaille au sein de plusieurs organismes communautaires, puis elle dirige le réseau national de la Fondation Filles d’action.

Elle fut élue conseillère de ville dans l’arrondissement de Ville-Marie en novembre 2013, défaisant Louise Harel. Elle a été élue chef de Projet Montréal en décembre 2016.

Charles Péguy : Extraits d’oeuvres

9 Juil

CHARLES PEGUY 1873-1914

Enfance
  • Charles Péguy est né le 7 janvier 1873 à Orléans. Il est le premier et l’unique enfant d’une famille d’artisans modestes. Sa mère et sa grand-mère maternelle sont rempailleuses de chaise ; son père, ouvrier menuisier, a laissé sa santé sur les barricades de 1870. Il meurt alors que Charles n’a que dix mois. Les deux femmes entre lesquelles grandit le petit garçon s’activent du matin au soir afin de gagner l’argent nécessaire aux besoins du foyer. Charles, sitôt qu’il tient debout, entre dans la danse : lever matinal, soins du ménage, tâches modestes qu’il peut accomplir pour aider sa mère. Pourtant, rien d’infernal dans cette cadence. Loin de lui paraître accablante, elle reste liée dans sa mémoire au paradis de l’enfance. Chez les Péguy, on est à son compte, on ne subit pas l’autorité du patron. On travaille par nécessité, bien sûr, mais aussi par goût, et si l’existence comporte son lot de soucis pour la veuve Péguy et sa vieille mère, le garçonnet ne perçoit de cette vie laborieuse que l’allégresse, le rythme et la satisfaction du travail accompli.

    L’ardeur à l’ouvrage et l’amour du travail bien fait sont tout le patrimoine de Charles Péguy. Certes il est d’humble origine, mais ce n’est pas un « déshérité ». Lorsqu’il se penche sur sa lignée, c’est pour tirer gloire d’une ascendance qui ne comprend ni grand nom, ni fortune, et qui pourtant recueille toute la richesse d’un peuple. « L’anonyme est son patronyme » : par cette formule de la Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne, il rend hommage à la foule de ceux qui ont existé avant lui, analphabètes comme sa grand-mère, intelligents et braves comme elle, capables de durer et de créer en dépit des épreuves.

    Dans L’Argent, ouvrage paru en 1913, un an avant la mort de Péguy, « l’homme de quarante ans » nous dépeint le monde de son enfance. C’est un monde idéalisé, paré de toutes les vertus que le présent n’a plus : « De mon temps, tout le monde chantait. » Le culte du travail, la sobriété des mœurs sont la marque de ce monde révolu. Pourtant, Péguy n’a pas toujours eu ce regard sur son passé. Un autre texte, écrit bien plus tôt et resté inachevé, ajoute une touche d’ironie à la nostalgie des souvenirs. Son titre, à lui seul, est révélateur : Pierre, commencement d’une vie bourgeoise. Le jeune homme qui se penche alors sur son enfance ne la considère pas avec la même indulgence que l’auteur de L’Argent… Le milieu d’artisans dont il est issu, loin d’incarner toutes les vertus sociales, connaît l’ambition et même une sorte d’arrivisme. La mère du petit Pierre, double de Péguy, lui enseigne à bien travailler, à bien obéir, dans l’espoir d’avoir une honnête situation, une petite retraite, une maison à soi, bref lui transmet un idéal petit-bourgeois avec lequel Péguy prendra ses distances. En dépit de son parcours personnel, s’élever dans la société, ne sera jamais pour lui un objectif. Bien au contraire, ce qu’il souhaite, c’est que soit rendu à chacun la dignité de son état : « Tous ensemble et chacun séparément premiers. » Telle est sa conception de la démocratie. Aussi ne voit-il qu’une « perversion de l’esprit démocratique » dans la fierté que sa mère tire de sa réussite, et qu’il raille en ces termes : « Que le fils d’un ouvrier mécanicien fût reçu à Saint-Cyr (…) c’était tout à fait bien. Qu’un fils d’instituteur fût reçu à Polytechnique, c’était mieux encore. Et que le fils d’une rempailleuse de chaises fût reçu à l’Ecole normale supérieure, c’était la gloire même. »

  • L’école
    • L’école est la part la plus précieuse de l’enfance de Péguy. Elle lui a donné sa chance, non en l’extrayant de son milieu, mais en lui permettant d’être lui-même et d’épanouir les dons qu’il avait pour le travail intellectuel. De ses maîtres de l’enseignement primaire, les « hussards noirs de la République », il fait des héros, et sa première école, il nous la dépeint comme un lieu d’enchantement. Cet émerveillement demeure tout au long de ses études. Dans L’Argent, il évoquera son entrée en sixième comme une expérience tout à la fois vertigineuse et décisive. Vertigineuse, parce qu’elle le fait accéder à un univers de connaissances insoupçonnées : « Ce que fut pour moi cette entrée dans cette sixième à Pâques, l’étonnement, la nouveauté devant rosa, rosae, l’ouverture de tout un monde, tout autre, de tout un nouveau monde, voilà ce qu’il faudrait dire, mais voilà ce qui m’entraînerait dans des tendresses. » Décisive, parce que sans le discernement de M. Naudy, le directeur de l’école, qui l’orienta vers le lycée alors que ses origines sociales le destinaient plutôt à l’enseignement professionnel, rien sans doute de ses engagements ni de son œuvre ne serait advenu.

Boursier, Péguy poursuit un parcours sans faute jusqu’au baccalauréat. Le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure se révèle un obstacle plus redoutable, et il doit s’y reprendre à trois fois pour être reçu, en 1894. Le petit garçon studieux est devenu un jeune homme ardent, qui séduit ses camarades par sa personnalité puissante. Loin de s’enfermer dans l’étude, il se passionne pour le sort des hommes. En khâgne au lycée Lakanal, il fait une collecte auprès de ses condisciples pour les ouvriers en grève de Carmaux. Déjà, la haute figure de Jaurès le fascine.

Premiers engagements : le socialisme et l’affaire Dreyfus
  • Jean Jaurès, normalien, professeur de philosophie, est un intellectuel qui a décidé d’entrer dans l’action politique pour promouvoir son idéal de justice sociale. D’abord député de centre gauche, il adhère au socialisme à l’époque où ce courant de pensée, nourri des utopies de la première moitié du dix-neuvième siècle, n’a pas encore subi l’attraction du marxisme. A l’Ecole normale supérieure, Péguy subit l’influence de ce grand aîné, relayée par celle de Lucien Herr, le bibliothécaire de l’Ecole. Avec quelques camarades, il se livre à de grands débats d’idées dans sa chambre, baptisée la « thurne Utopie ». Dès 1895, Péguy devient membre du Parti socialiste.

Avant de s’engager politiquement, l’étudiant milite à la Mie de Pain, une association caritative qui distribue de la nourriture aux indigents de la capitale. Pour Péguy, supprimer la misère est le premier devoir, parce que la misère prive l’homme de son humanité. Il ne la confond pas avec la pauvreté, qu’il a connue dans son enfance, et dont il ferait presque un idéal de vie. La pauvreté engendre la solidarité. La misère est synonyme d’exclusion. Le miséreux est mis au ban de la société, mais, plus radicalement, n’ayant pas les moyens de penser à autre chose qu’à sa survie, il est rejeté hors de l’humanité. Or toute la pensée de Péguy et tous ses engagements reposent sur le refus de l’exclusion. Penseur dans la cité, Péguy est d’abord un penseur de la cité, qui ne peut admettre qu’aucune créature, humaine ou animale, demeure en marge, soit « étrangère ».

En même temps, il est hostile à toute forme d’asservissement du singulier au collectif. Loin d’opprimer l’individu, la communauté doit lui permettre d’exister au mieux de ses possibilités. Pour sa survie, elle exige de lui une part de travail, celle qu’il est en mesure de fournir conformément à ses goûts et à ses aptitudes ; en contrepartie, elle lui assure la « tranquillité ». La société socialiste de Péguy ne cherche aucunement à transformer les hommes en leur inculquant des principes ou une idéologie. Au contraire, elle s’efforce, par son organisation économique, de leur donner la possibilité d’exister tels qu’ils sont, dans leur diversité.

Cette vision que Péguy déploie dès 1896 dans un texte de jeunesse intitulé Marcel, Premiers Dialogues de la cité harmonieuse, exprime l’essence de son socialisme. Elle permet de comprendre tout ce qui devait l’opposer au socialisme historique qui se met en place avec la création de la S.F.I.O. unifiée sur les bases du marxisme, et se développe tout au long du XXe siècle pour culminer dans le communisme totalitaire. L’unité fait horreur à Péguy, car elle suppose l’uniformité. Pour lui, il n’y a pas de révolution sociale légitime sans respect de la personne et de sa singularité. Le socialisme doit libérer les individus du joug économique qui les empêche d’être eux-mêmes ; il ne doit en aucun cas les aliéner à un système de pensée, une idéologie. C’est pourquoi le maître-mot de la pensée politique de Péguy, qu’il oppose à l’unité, est l’harmonie, c’est-à-dire la coexistence dans la diversité.

Mais pour l’heure, le jeune normalien est tout à l’enthousiasme de sa conversion au socialisme. A Orléans, il fonde un groupe d’étudiants socialistes, au grand dam de sa mère, qui redoute les ennuis que pourraient lui valoir ses activités politiques. Il a demandé une année de congé afin de pouvoir se consacrer à sa première grande œuvre : une vie de Jeanne d’Arc, qu’il rédige de fin 1895 à fin 1896. L’héroïne, qui n’a pas encore été canonisée ni accaparée par la droite nationaliste, est alors célébrée par les républicains comme une figure patriotique, sortie du peuple et sauvant le peuple. Ce qui fascine en elle le jeune Péguy, c’est son engagement solitaire au cœur de la mêlée. Bouleversée par le spectacle de la guerre qui ravage les campagnes, elle n’hésite pas à prendre les armes et à se lancer à son tour dans « la bataille humaine ». La Jeanne de Péguy incarne à la fois la grandeur et les limites de l’engagement individuel. L’œuvre est dédiée à « toutes celles et tous ceux qui auront lutté contre le mal universel », et particulièrement à celles et ceux qui « auront connu le remède », c’est-à-dire le socialisme. Jeanne d’Arc était seule avec ses voix improbables pour combattre la violence, l’injustice, le pouvoir. Son action, toute éclaboussée de gloire, ne pouvait que sombrer dans l’échec et la mort dégradante. Péguy, lui, croit avoir trouvé dans le socialisme la panacée, et l’on sent dans sa pièce, en contrepoint à l’aventure tragique et singulière de la bergère guerrière, l’assurance de celui qui se sait partie prenante d’un grand mouvement collectif.

Cet enthousiasme des premiers temps conduit Péguy à des initiatives audacieuses. Encouragé par Lucien Herr, il s’associe à d’autres camarades, parmi lesquels Léon Blum, le futur dirigeant de la S.F.I.O., pour fonder une maison d’édition socialiste, la Société Nouvelle de Librairie et d’Edition. Bien qu’il se soit inscrit à l’Agrégation de philosophie, Péguy est prêt à renoncer à l’enseignement et à la carrière universitaire pour une existence plus risquée, toute entière vouée à la transmission de ses convictions. Le métier de libraire ainsi entendu lui convient à merveille, et il adresse finalement sa démission au directeur de l’Ecole normale supérieure afin d’avoir les mains libres pour se lancer dans la carrière de son choix.

Ses amis l’ont honoré de leur confiance en lui confiant les rênes de la société fondée en commun. C’est qu’il s’est déjà acquis une réputation parmi ses condisciples de la rue d’Ulm. Il impressionne tant par sa rigueur intellectuelle que par son audace dans l’action. L’année 1898 a vu les passions se déchaîner autour de l’affaire Dreyfus : dans le sillage de Jaurès et de Zola, Péguy s’engage, signant des pétitions, manifestant à la tête de groupes d’étudiants en faveur du capitaine injustement accusé. Alors, il combat en « chef militaire » de l’Ecole normale supérieure. Avec Jaurès, il est convaincu que le devoir des socialistes est de s’élever contre la raison d’Etat quand elle fait cause commune avec l’injustice, même si la victime de cette injustice est un « bourgeois ».

A plus forte raison, si c’est un juif. L’antisémitisme sévit alors en France dans toutes les classes de la société, y compris parmi les rangs des socialistes. Jaurès, en prenant la défense du capitaine Dreyfus, est loin de faire l’unanimité dans son parti. Péguy, quant à lui, est révulsé par toutes les formes d’exclusion. Mais il est en outre en sympathie profonde avec le peuple juif. On peut dire que c’est l’un des rares, sinon le seul, intellectuel français véritablement philosémite. Il développe avec de nombreux juifs des liens d’amitié. Le plus cher à son cœur sera Bernard-Lazare, journaliste anarchiste qui dénonça le premier la condamnation de Dreyfus. Au-delà des relations personnelles, Péguy, qui se dit le « commensal des Juifs » , c’est-à-dire celui qui mange à leur table, entretient une relation spirituelle avec Israël. Il médite l’histoire du peuple juif pour en développer une compréhension profonde et sans pareille. C’est là une des directions les plus originales que suivra sa pensée, magnifiquement aboutie dans les premières pages de la Note conjointe, et qui prend sa source dans l’affaire Dreyfus.

Péguy dissident
  • Tout ou presque de l’œuvre à venir est en germe dans ces premières années d’engagement. L’impulsion décisive est donnée par la dégradation des rapports de Péguy avec les membres de la Société Nouvelle de Librairie et d’Edition, et, au-delà, avec le socialisme officiel. Péguy, le chantre de l’harmonie, hanté par l’exclusion, ne devient lui-même qu’une fois mis au ban du groupe et réduit, comme sa chère Jeanne d’Arc, à l’action individuelle.

  • Jean Jaurès, dont le charisme grandissant fait une figure de premier plan, s’est donné pour tâche d’unifier le socialisme français. Jusqu’alors, existait une multitude de petites formations se réclamant du socialisme chacune à sa façon et selon sa sensibilité. Mais le mouvement a pris de l’ampleur ; une Internationale socialiste s’est fondée. La tendance est à l’union. Jaurès le comprend, et décide d’inscrire le socialisme français dans le mouvement de l’histoire, fut-ce en sacrifiant ses propres convictions. De fait, l’union se fera sur les positions de son adversaire Jules Guesde, influencé par les théories marxistes. Ce mouvement de l’histoire est précisément ce que Péguy refuse. Il refuse que son idéal, cet humanisme qui met au premier plan l’épanouissement de la personne libérée de la servitude économique, soit englouti par le monstre totalitaire. L’attitude de Jaurès lui paraît d’autant plus sacrilège que c’est par lui qu’il est venu au socialisme, que c’est à lui, le philosophe, l’érudit, qu’il doit l’éblouissante découverte d’une émancipation possible pour l’humanité.

    En décembre 1899 se tient un congrès lors duquel est adopté, au nom de l’unité du Parti, le principe de la censure dans les journaux et publications socialistes. Désormais, il y aura une vérité socialiste, à laquelle tous devront se conformer. Parce qu’il n’accepte pas ce tournant, Péguy se trouve en opposition avec les membres de la Société nouvelle de librairie et d’édition, qui, eux, suivent le Parti. La rupture est consommée. C’en est fini de la généreuse entreprise commune : l’animosité a fait place à la confiance réciproque. « Nous marcherons contre vous de toutes nos forces », telles sont les paroles qu’adressent à Péguy, par la bouche de Lucien Herr, ses anciens camarades.

    Dès lors, Péguy est seul. Seul contre ses amis d’hier, seul contre le mouvement de l’histoire. Mais il n’a renoncé à rien. Son socialisme, celui de ses premiers élans, il le fera vivre à travers une revue qui se confond avec la vie et l’œuvre de l’écrivain qu’il devient : Les Cahiers de la Quinzaine.

  • Claire Daudin

 

Classement par ordre chronologique :

Jeanne d’Arc, A Domrémy (1897)

« Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.
Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux où tu ne coules pas.

Voici que je m’en vais en des pays nouveaux :
Je ferai la bataille et passerai les fleuves ;
Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,
Je m’en vais commencer là-bas des tâches neuves.

Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,
Tu couleras toujours, passante accoutumée,
Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,

O Meuse inépuisable et que j’avais aimée.

Un silence.

Tu couleras toujours dans l’heureuse vallée ;
Où tu coulais hier, tu couleras demain.
Tu ne sauras jamais la bergère en allée,
Qui s’amusait, enfant, à creuser de sa main
Des canaux dans la terre, – à jamais écroulés.

La bergère s’en va, délaissant les moutons,
Et la fileuse va, délaissant les fuseaux.
Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux,
Voici que je m’en vais bien loin de nos maisons.

Meuse qui ne sais rien de la souffrance humaine,
O Meuse inaltérable et douce à toute enfance,
O toi qui ne sais pas l’émoi de la partance,
Toi qui passes toujours et qui ne pars jamais
O toi qui ne sais rien de nos mensonges faux,

O Meuse inaltérable, ô Meuse que j’aimais,

Un silence.

Quand reviendrai-je ici filer encor la laine ?
Quand verrai-je tes flots qui passent par chez nous ?
Quand nous reverrons-nous ? et nous reverrons-nous ?

Meuse que j’aime encore, ô ma Meuse que j’aime.

Un assez long silence.
Elle va voir si son oncle revient.

O maison de mon père où j’ai filé la laine,
Où, les longs soirs d’hiver, assise au coin du feu,
J’écoutais les chansons de la vieille Lorraine,
Le temps est arrivé que je vous dise adieu.

Tous les soirs passagère en des maisons nouvelles,
J’entendrai des chansons que je ne saurai pas ;
Tous les soirs, au sortir des batailles nouvelles,
J’irai dans des maisons que je ne saurai pas.

Un silence.

Maison de pierre forte où bientôt ceux que j’aime,
Ayant su ma partance, – et mon mensonge aussi, –
Vont désespérément, éplorés de moi-même,
Autour du foyer mort prier à deux genoux,
Autour du foyer mort et trop vite élargi,

Quand pourrai-je le soir filer encor la laine ?
Assise au coin du feu pour les vieilles chansons ;
Quand pourrai-je dormir après avoir prié ?
Dans la maison fidèle et calme à la prière ;

Quand nous reverrons-nous ? et nous reverrons-nous ?
O maison de mon père, ô ma maison que j’aime. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, pp. 80-82)

De la raison (1901)

« Dans la société présente, où le jeu de la spécialisation s’est outré automatiquement, les fonctions intellectuelles et les fonctions manuelles ne sont presque jamais attribuées aux mêmes ouvriers ; les ouvriers intellectuels délaissent presque tout le travail des mains ; les ouvriers manuels délaissent presque tout travail de l’esprit, presque tout exercice de la raison. Dans la cité harmonieuse dont nous préparons la naissance et la vie, les fonctions intellectuelles et les fonctions manuelles se partageront harmonieusement les mêmes hommes. Et la relation de l’intellectuel au manuel, au lieu de s’établir péniblement d’un individu à l’autre, s’établira librement au cœur du même homme. Le problème sera transposé. Car nous n’avons jamais dit que nous supprimerions les problèmes humains. Nous voulons seulement, et nous espérons les transporter du terrain bourgeois, où ils ne peuvent recevoir que des solutions ingrates, sur le terrain humain, libre enfin des servitudes économiques. Nous laissons les miracles aux praticiens des anciennes et des nouvelles Eglises. Nous ne promettons pas un Paradis. Nous préparons une humanité libérée. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome I, pp. 838-839)

Pour la rentrée (1904)

« La crise de l’enseignement n’est pas une crise de l’enseignement ; il n’y a pas de crise de l’enseignement ; il n’y a jamais eu de crise de l’enseignement ; les crises de l’enseignement ne sont pas des crises de l’enseignement ; elles sont des crises de vie ; elles dénoncent, elles représentent des crises de vie et sont des crises de vie elles-mêmes ; elles sont des crises de vie partielles, éminentes, qui annoncent et accusent des crises de la vie générales ; ou si l’on veut les crises de vie générales, les crises de vie sociales s’aggravent, se ramassent, culminent en crises de l’enseignement, qui semblent particulières ou partielles, mais qui en réalité sont totales, parce qu’elles représentent le tout de la vie sociale ; c’est en effet à l’enseignement que les épreuves éternelles attendent, pour ainsi dire, les changeantes humanités ; le reste d’une société peut passer, truqué, maquillé ; l’enseignement ne passe point ; quand une société ne peut pas enseigner, ce n’est point qu’elle manque accidentellement d’un appareil ou d’une industrie ; quand une société ne peut pas enseigner, c’est que cette société ne peut pas s’enseigner ; c’est qu’elle a honte, c’est qu’elle a peur de s’enseigner elle-même ; pour toute humanité, enseigner, au fond, c’est s’enseigner ; une société qui n’enseigne pas est une société qui ne s’aime pas ; qui ne s’estime pas ; et tel est précisément le cas de la société moderne. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome I, pp. 1390)

Le mystère de la Charité de jeanne d’Arc (1910)

« Vous vous attardez, paroisses vous vous attardez à produire des saintes et des saints les plus grands. Et pendant ce temps-là, sans avertir, sans prévenir personne, une petite paroisse de rien du tout avait enfanté le saint des saints. D’un seul coup, du premier coup, elle était arrivée, elle avait enfanté le saint des saints. Dans un éclair elle avait réussi, elle avait fait ce qui ne se refera jamais plus, elle avait fait, enfanté celui qui éternellement ne s’enfantera plus. Et comme vous autres, paroisses, vous avez pour patrons saint Crépin et saint Crepinien, tout de même, Bethléem, tu as pour patron saint Jésus. D’autres ont saint Marceau et saint Donatien; et Rome a saint Pierre. Mais toi, Bethléem, petite paroisse obscure, petite paroisse perdue, toi maline tu as saint Jésus, et nul ne pourra te l’enlever éternellement jamais. Car il est ton propre patron, comme saint Ouen est le patron de Rouen. Car c’est ce saint-là que tu as mis au monde; un jour du monde que tu as mis au monde. Tu as produit ce saint-là, tu as enfanté ce saint-là. Et nous autres nous ne sommes que des petites gens.
Et il n’y aura plus que de petites gens, depuis qu’une paroisse est venue, qui a tout pris pour elle.
Avant même qu’on ait commencé. Il n’y aura plus jamais, éternellement jamais, que des petites gens. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 403)

Notre jeunesse (1910)

« Une mystique peut aller contre toutes les politiques à la fois. Ceux qui apprennent l’histoire ailleurs que dans les polémiques, ceux qui essaient de la suivre dans les réalités, dans la réalité même, savent que c’est en Israël que la famille Dreyfus, que l’affaire Dreyfus naissante, que le dreyfusisme naissant rencontra d’abord les plus vives résistances. La sagesse est aussi une vertu d’Israël. S’il y a les Prophètes, il y a aussi l’Ecclésiaste. Beaucoup disaient à quoi bon. Les sages voyaient surtout qu’on allait soulever un tumulte, instituer un commencement dont on ne verrait peut-être jamais la fin, dont surtout on ne voyait pas quelle serait la fin. Dans les familles, dans le secret des familles on traitait communément de folie cette tentative. Une fois de plus la folie devait l’emporter, dans cette race élue de l’inquiétude. Plus tard, bientôt tous, ou presque tous, marchèrent, parce que quand un prophète a parlé en Israël, tous le haïssent, tous l’admirent, tous le suivent. Cinquante siècles d’épée dans les reins les forcent à marcher. Ils reconnaissent l’épreuve avec un instinct admirable, avec un instinct de cinquante siècles. Ils reconnaissent, ils saluent le coup. C’est encore un coup de Dieu. La ville encore sera prise, le Temple détruit, les femmes emmenées. Une captivité vient, après tant de captivités. De longs convois traîneront dans le désert. Leurs cadavres jalonneront les routes d’Asie. Très bien, ils savent ce que c’est. Ils ceignent leurs reins pour ce nouveau départ. Puisqu’il faut y passer ils y passeront encore. Dieu est dur mais il est Dieu. Il punit, et il soutient. Il mène. Eux qui ont obéi, impunément, à tant de maîtres extérieurs, temporels, ils saluent enfin le maître de la plus rigoureuse servitude, le Prophète, le maître intérieur. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome III, pp.54-55)

Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1912)

« La petite Espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs
et on ne prend pas seulement garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin
raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route
entre ses deux sœurs la petite espérance
S’avance.
Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l’on n’a d’attention, le peuple chrétien n’a d’attention
que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
A l’instant momentané qui passe.
Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n’a
de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l’école.
Et qui marche.
Perdue dans les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grands
qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
Que c’est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d’un certain âge.
Fripées par la vie.
C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, pp. 176-177)

Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912)

« Il pense avec tendresse à ce temps où il ne sera plus.
Parce que n’est-ce pas on ne peut pas être toujours.
On ne peut pas être et avoir été.
Et où tout marchera tout de même.
Où tout n’en marchera pas plus mal.
Au contraire.
Où tout n’en marchera que mieux.
Au contraire.
Parce que ses enfants seront là, pour un coup.

Ses enfants feront mieux que lui, bien sûr.
Et le monde marchera mieux.
Plus tard.
Il n’en est pas jaloux.
Au contraire.
Ni d’être venu au monde, lui, dans un temps ingrat.
Et d’avoir préparé sans doute à ses fils peut-être un
temps moins ingrat.
Quel insensé serait jaloux de ses fils et des fils de ses fils.

Est-ce qu’il ne travaille pas uniquement pour ses enfants.

Il pense avec tendresse au temps où on ne pensera plus
guère à lui qu’à cause de ses enfants. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 546)

Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912)

Extrait sonore « La nuit » :

Durée : 02mn14

Source : « Poésies, Charles Péguy dit par Pierre Vaneck », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur La Compagnie du Savoir –

Le Mystère des Saints-Innocents (1912)

« Et combien de fois quand ils peinent tant dans leurs épreuves
J’ai envie, je suis tenté de leur mettre la main sous le ventre
Pour les soutenir de ma large main
Comme un père qui apprend à nager à son fils
Dans le courant de la rivière
Et qui est partagé entre deux sentiments.
Car d’une part s’il le soutient toujours et s’il le soutient trop
L’enfant s’y fiera et il n’apprendra jamais à nager.
Mais aussi s’il ne le soutient pas juste au bon moment
Cet enfant boira un mauvais coup.
Telle est la difficulté, elle est grande.
Et telle la duplicité même, la double face du problème.
D’une part il faut qu’ils fassent leur salut eux-mêmes.
C’est la règle.
Et elle est formelle. Autrement ce ne serait pas intéressant. Ils ne serraient pas des hommes.
Or je veux qu’ils soient virils, qu’ils soient des hommes et qu’ils gagnent eux-mêmes
Leurs éperons de chevaliers.
D’autre part il ne faut pas qu’ils boivent un mauvais coup
Ayant fait un plongeon dans l’ingratitude du péché.
Tel est le mystère de la liberté de l’homme, dit Dieu, et de mon gouvernement envers lui et envers sa liberté.
Si je soutiens trop, il n’est plus libre
Et si je ne le soutiens pas assez, il tombe.
Si je le soutiens trop, j’expose sa liberté
Si je ne le soutiens pas assez, j’expose son salut :
Deux biens en un sens presque également précieux.
Car ce salut a un prix infini.
Mais qu’est-ce qu’un salut qui ne serait pas libre.
Comment serait-il qualifié.
Nous voulons que ce salut soit acquis par lui-même.
Par lui-même l’homme. Soit procuré par lui-même.
Vienne en un sens de lui-même. Tel est le secret,
Tel est le mystère de la liberté de l’homme.
Tel est le prix que nous mettons à la liberté de l’homme.
Parce que moi-même je suis libre, dit Dieu, et que j’ai créé l’homme à mon image et à ma ressemblance.
Tel est le mystère, tel est le secret, tel est le prix
De toute liberté.
Cette liberté de cette créature est le plus beau reflet qu’il y ait dans le monde
De la liberté du Créateur. C’est pour cela que nous y attachons,
Que nous y mettons un prix propre.
Un salut qui ne serait pas libre, qui ne serait pas, qui ne viendrait pas d’un homme libre ne nous dirait plus rien. Qu’est-ce que ce serait.
Qu’est-ce que ça voudrait dire.
Quel intérêt un tel salut présenterait-il.
Une béatitude d’esclaves, un salut d’esclaves, une béatitude serve, en quoi voulez-vous que ça m’intéresse.
Aime-t-on à être aimé par des esclaves. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 714)

 

Extrait sonore « un homme dans un bateau sur la rivière » :

Durée : 00mn50

Source : « Pèlerin de Chartres, Sur les pas de Charles Péguy », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur Rejoyce –

Le Mystère des Saints-Innocents (1912)

« Paradis est plus fleuri que printemps.
Paradis est plus moissonneux qu’été.
Paradis est plus vendangeux qu’automne.
Paradis est si éternel qu’hiver.
Paradis est plus soleilleux que jour.
Paradis est plus étoilé que nuit.
Paradis est plus ferme que le ferme décembre.
Paradis est plus doux que le doux mois de mai.
Paradis est plus secret que jardin fermé.
Paradis est plus ouvert que champ de bataille.
Paradis est plus vieux que saint Jérôme.
Paradis est le céleste pourpris.
Paradis est plus capital que Rome.
Paradis est plus peuplé que Paris.
Paradis est désert plus que plaine en décembre.
Paradis est public et qui veut vient y boire.
Paradis est plus frais que l’aube fraîche.
Paradis est plus ardent que midi.
Paradis est plus calme que le soir.
Paradis est si éternel que Dieu.
Paradis est sanglant plus que champ de bataille.
Paradis est sanglant du sang de Jésus-Christ.
Paradis est royaume des royaumes.
Paradis est le dernier reposoir.
Paradis est le siège de Justice.
Paradis est le royaume de Gloire.
Paradis est plus beau qu’un jardin de pommiers.
Paradis est plus floconneux qu’hiver.
Paradis est plus sévère que mars.
Paradis est plus boutonneux qu’avril.
Paradis est plus bourgeonneux qu’avril.
Paradis est plus cotonneux qu’avril.
Paradis est plus embaumé que mai.
Paradis est plus accueillant qu’auberge.
Paradis est plus fermé que prison.
Paradis est demeure de la Vierge.
Paradis est la dernière maison.
Paradis est le Trône de Justice.
Veuille seulement Dieu que route y aboutisse.
Route que cheminons depuis dix-huit cents ans.
Paradis est auberge à la très belle enseigne.
Car c’est l’enseigne-ci : à la Croix de Jésus.
Cette enseigne éternelle est pendue à la porte. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 1567-1568)

 

Extrait sonore « L’enfant qui s’endort » :

Durée : 00mn52

Source : « Pèlerin de Chartres, Sur les pas de Charles Péguy », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur Rejoyce –

Châteaux de Loire (1912)

Extrait sonore « Châteaux de Loire » :

Durée : 01mn31

Source : « Poésies, Charles Péguy dit par Pierre Vaneck », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur La Compagnie du Savoir –

La Tapisserie de Sainte Geneviève (1912)

Elle avait jusqu’au fond du plus secret hameau
La réputation dans toute Seine et Oise
Que jamais ni le loup ni le chercheur de noise
N’avaient pu lui ravir le plus chétif agneau.

Tout le monde savait de Limours à Pontoise
Et les vieux bateliers contaient au fil de l’eau
Qu’assise au pied du saule et du même bouleau
Nul n’avait pu jouer cette humble villageoise.

Sainte qui rameniez tous les soirs au bercail
Le troupeau tout entier, diligente bergère,
Quand le monde et Paris viendront à fin de bail

Puissiez-vous d’un pas ferme et d’une main légère
Dans la dernière cour par le dernier portail
Ramener par la voûte et le double vantail

Le troupeau tout entier à la droite du père.

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 841)

La tapisserie de Notre Dame (1913)

Extrait sonore « Quand nous aurons joué nos derniers personnages » :

Durée : 00mn44

Source : « Pèlerin de Chartres, Sur les pas de Charles Péguy », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur Rejoyce – http://www.joymusic.fr

Eve (1913)

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles.
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.

(…)

Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés
Dans la première argile et la première terre.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 664)

 

Extrait sonore « Heureux ceux qui sont morts » :

Durée : 01mn29

Source : « Pèlerin de Chartres, Sur les pas de Charles Péguy », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur Rejoyce –

Eve (1913)

« Car le surnaturel est lui-même charnel
Et l’arbre de la grâce est raciné profond
Et plonge dans le sol et cherche jusqu’au fond
Et l’arbre de la race est lui-même éternel.

Et l’éternité même est dans le temporel
Et l’arbre de la grâce est raciné profond
Et plonge dans le sol et touche jusqu’au fond
Et le temps est lui-même un temps intemporel.

Et l’arbre de la grâce et l’arbre de nature
Ont lié leurs deux troncs de nœuds si solennels,
Ils ont tant confondu leurs destins fraternels
Que c’est la même essence et la même stature.

Et c’est le même sang qui court dans les deux veines,
Et c’est la même sève et les mêmes vaisseaux,
Et c’est le même honneur qui court dans les deux peines,
Et c’est le même sort scellé des même sceaux. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 1041)

Eve (1913)

« L’une est morte un soir, et le trois de janvier.
Tout un peuple assemblé la regardait mourir.
Le bourgeois, le manant, le pâtre et le bouvier
Pleuraient et se taisaient et la voyaient partir.

L’éblouissant manteau d’une sévère neige
Couvrait les beaux vallons du pays parisis.
L’amour de tout un peuple était tout son cortège.
Et ce peuple, c’était le peuple de Paris.

L’éblouissant manteau d’une prudente neige
Couvrait les beaux recreux de la naissante France
L’amour de tout un peuple était son espérance.
L’amour de tout un peuple était tout son cortège.

Et par France j’entends le pays parisis
Et la neige éclatait, tunique grave et blanche.
On avait fabriqué comme une estrade en planche.
Et l’antique Lutèce était déjà Paris.

La neige déroulait un immense tapis.
L’histoire déroulait un immense discours.
La gloire encommençait un immense parcours.
Déjà l’humble Lutèce était le grand Paris.

La neige découpait un immense parvis.
L’histoire préparait un immense destin.
La gloire se levait dans un jeune matin.
Et la jeune Lutèce était le vieux Paris.

L’autre est morte un matin et le trente de mai
Dans l’hésitation et la stupeur publiques.
Une forêt d’horreur, de haches et de piques
La tenaient circonscrite en un cercle fermé.

Et l’une est morte ainsi d’une mort solennelle
Sur ses quatre-vingt-dix ou quatre-vingt-douze ans
Et les durs villageois et les durs paysans,
La regardant vieillir l’avaient crue éternelle.

Et l’autre est morte ainsi d’une mort solennelle.
Elle n’avait passé ses humbles dix-neuf ans
Que de quatre ou cinq mois et sa cendre charnelle
Fut dispersée aux vents. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 1173-1174)

Note sur M. Bergson (1914)

« Toute la question est précisément de savoir si la pensée aussi n’est pas mieux n’importe où que dans le milieu d’une forêt. Ce que je dis, c’est que justement parce que sa morale était provisoire, justement parce qu’elle n’entrait pas dans son système, parce qu’elle n’était pas arrêtée, parce que pour ainsi dire elle n’était pas officielle, justement parce qu’il s’y est moins défendu, moins observé, c’est elle qui nous livre son secret. Son secret c’est bien d’aller toujours dans le même sens et, le soir, d’arriver quelque part.
Toute la question est en effet de savoir si la pensée elle-même n’entre point dans de certaines conditions, si elle n’est point soumise à de certaines conditions générales de l’homme et de l’être, qui sont des conditions organiques, et dont l’une précisément serait que tout vaut mieux que de tourner en rond.

Partir, marcher droit, arriver quelque part. Arriver ailleurs plutôt que de ne pas arriver. Arriver où on n’allait pas plutôt que de ne pas arriver. Avant tout arriver. Tout, plutôt que de vaguer. Et que la plus grande erreur c’est encore d’ »errer » : voilà sa nature même et la race de son secret. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome III, pp. 1268)

Note conjointe sur M. Descartes (1914)

« L’Annonciation peut être considérée comme la dernière des prophéties et la prophétie à la limite (et au dernier terme au dernier point au commencement même de la réalisation). Et ce n’est pas seulement la prophétie la plus imminente. Il est permis de dire que c’est aussi la plus haute et la capitale. Comme Jésus est le dernier et le plus haut des prophètes, ainsi et du même mouvement l’Annonciation est la dernière et la plus haute des prophéties. Elle vient directement de Dieu, par un ange, qui n’est plus qu’un ministre et un héraut. Non plus par un prophète qui est un homme. Et elle est vraiment dans la séquence le point merveilleux où sur la promesse vient s’articuler la tenue de la promesse.

Ainsi l’Annonciation est une heure unique dans l’histoire mystique et dans l’histoire spirituelle. C’est une heure culminante. C’est un moment unique et comme un point de moment, un moment ponctuel. C’est toute la fin d’un monde et tout le commencement de l’autre. Toute la fin du premier monde mystique et tout le commencement de l’autre. Et dans un de ces longs beaux jours de juin où il n’y a plus de nuit, où il n’y a plus de ténèbres, où le jour donne la main au jour, c’est le dernier point du soir et c’est ensemble le premier point de l’aube.

C’est le dernier point de la promesse et c’est ensemble le premier point de la tenue de la promesse.

C’est le dernier point d’hier et c’est ensemble le premier point de demain.

C’est le dernier point du passé et c’est ensemble et dans un même présent le premier point d’un immense futur.

Dans l’ordre des prophéties, dans la série du passé, dans la catégorie de la promesse et de l’annonce elle est en effet la dernière et la plus haute et la culminante. Elle est comme immédiate. Et en effet de toutes les manières de se faire annoncer la salutation est bien celle qui est plus que tangente et plus qu’immédiate. Car c’est qu’on est déjà là. Et dans l’ordre de la tenue de la promesse, dans la série du passé clos, dans la catégorie des Evangiles, dans la série du passé devenu présent et futur c’est le premier point d’aube et le premier point de présence. Et encore en outre et dans ce futur même c’est le point de départ, au centre et comme au creux de ce futur, c’est le point de départ de tant d’Ave Maria, la pointe de la première proue de la première nef de cette flotte innombrable, et de tous ceux que devait dire saint Louis, et de tous ceux que devait dire Jeanne d’Arc. (…)

Et comme un point et une pointe et une cime est étroite et fine et n’a point toute la largeur de sa base, ainsi cette large promesse, commencée à tout un monde, réduite à tout un peuple, aboutissait dans le secret et l’ombre à une humble enfant, fleur et couronnement de toute une race, fleur et couronnement de tout le monde. Cette prophétie qui avait été sur le trône avec David et Salomon, qui avait été publique pour tout un peuple, publiée pour tout le monde, proclamée pour toute une race, elle aboutissait à une cime secrète, à une fleur, à un couronnement de silence et d’ombre. Elle aboutissait à être une salutation confidente à une seule et humble fille et par le ministère d’un seul ange. Et tout un peuple avait attendu le Christ dans le temps qu’il ne venait pas. Mais nul ne l’attendait plus quand il allait venir.

(…)

Ainsi cette immense mystique d’Israël avait couvert tout un peuple et cette immense et universelle mystique de Jésus devait couvrir le monde. Mais l’une ne pouvait donner l’autre qu’en passant par un certain point d’être et de génération spirituelle.

Par un certain point d’être et de génération mystique.

Cette immense et publique race d’Israël ne pouvait donner cette immense et publique et universelle race chrétienne qu’en passant par un certain point de secret mystique, de confidence spirituelle.

Ainsi deux mondes immenses ne pouvaient communiquer que par leurs cimes, renversées de l’une sur l’autre.

Et c’est le théorème des angles opposés par le sommet.

Un immense passé n’a pu donner un plus immense et universel futur qu’en passant par un certain point de fécondité, par un certain point de génération du présent.

Un public passé n’a pu donner un plus public et universel futur qu’en passant par un certain point de secret du présent.

L’être de Moïse n’a pu donner l’être de Jésus qu’en passant par un certain point d’être.

Le peuple de Moïse n’a pu donner le peuple de Jésus qu’en passant par un certain point de peuple.

Les immenses prophéties n’ont pu donner les immenses et universels Evangiles qu’en passant par un certain point qui fût ensemble et la plus haute prophétie et l’aube des Evangiles. Et ce point ce fut précisément le point de cette annonce faite à Marie. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome III, pp. 1405-1407)

Note conjointe sur M. Descartes (1914)

« Je l’ai dit depuis longtemps. Il y a le monde moderne. Le monde moderne a fait à l’humanité des conditions telles, si entièrement et si absolument nouvelles, que tout ce que nous savons par l’histoire, tout ce que nous avons appris des humanités précédentes ne peut aucunement nous servir, ne peut pas nous faire avancer dans la connaissance du monde où nous vivons. Il n’y a pas de précédents. Pour la première fois dans l’histoire du monde les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. Et pour être juste, il faut même dire : Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et du même mouvement et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un même mouvement qui est le même ont été refoulées par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un seul mouvement et d’un même mouvement ont reculé sur la face de la terre. Et comme une immense ligne elles ont reculé sur toute la ligne. Et pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est maître sans limitation ni mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul en face de l’esprit. (Et même il est seul en face des autres matières.)

Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul devant Dieu.

Il a ramassé en lui tout ce qu’il y avait de vénéneux dans le temporel, et à présent c’est fait. Par on ne sait quelle effrayante aventure, par on ne sait quelle aberration de mécanisme, par un décalage, par un dérèglement, par un monstrueux affolement de la mécanique ce qui ne devait servir qu’à l’échange a complètement envahi la valeur à échanger.

Il ne faut donc pas dire seulement que dans le monde moderne l’échelle des valeurs a été bouleversée. Il faut dire qu’elle a été anéantie, puisque l’appareil de mesure et d’échange et d’évaluation a envahi toute la valeur qu’il devait servir à mesurer, échanger, évaluer.

L’instrument est devenu la matière et l’objet et le monde.

C’est un cataclysme aussi nouveau, c’est un événement aussi monstrueux, c’est un phénomène aussi frauduleux que si le calendrier se mettait à être l’année elle-même, l’année réelle, (et c’est bien un peu ce qui arrive dans l’histoire); et si l’horloge se mettait à être le temps; et si le mètre avec ses centimètres se mettait à être le monde mesuré; et si le nombre avec son arithmétique se mettait à être le monde compté.

De là est venue cette immense prostitution du monde moderne. Elle ne vient pas de la luxure. Elle n’en est pas digne. Elle vient de l’argent. Elle vient de cette universelle interchangeabilité.

Et notamment de cette avarice et de cette vénalité que nous avons vu qui étaient deux cas particuliers, (et peut-être et souvent le même), de cette universelle interchangeabilité.

Le monde moderne n’est pas universellement prostitutionnel par luxure. Il en est bien incapable. Il est universellement prostitutionnel parce qu’il est universellement interchangeable.

Il ne s’est pas procuré de la bassesse et de la turpitude avec son argent. Mais parce qu’il avait tout réduit en argent, il s’est trouvé que tout était bassesse et turpitude.

Je parlerai un langage grossier. Je dirai : Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. Il est le maître du pasteur comme il est le maître du rabbin. Et il est le maître du poète comme il est le maître du statuaire et du peintre.

Le monde moderne a créé une situation nouvelle, nova ab integro. L’argent est le maître de l’homme d’Etat comme il est le maître de l’homme d’affaires. Et il est le maître du magistrat comme il est le maître du simple citoyen. Et il est le maître de l’Etat comme il est le maître de l’école. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé.

Et il est le maître de la justice plus profondément qu’il n’était le maître de l’iniquité. Et il est le maître de la vertu plus profondément qu’il n’était le maître du vice.

Il est le maître de la morale plus profondément qu’il n’était le maître des immoralités. »

(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome III, pp. 1455-1457)

Quatrains (1912-19..)

Extrait sonore « Coeur qui a tant saigné » :

Durée : 01mn33

Source : « Poésies, Charles Péguy dit par Pierre Vaneck », Enregistrement sonore reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur La Compagnie du Savoir –

Une histoire qui a 30 ans

31 Mai

LANCEMENT OFFICIEL DU NOUVEL INSTITUT INTERNATIONAL DE FORMATION METROPOLIS, LE RÉSEAU D’APPRENTISSAGE DE METROPOLIS

2014

Lancement officiel du nouvel Institut international de formation METROPOLIS (« MITI » selon son acronyme en anglais), le réseau d’apprentissage de METROPOLIS. MITI a pour but de renforcer les capacités institutionnelles et professionnelles des autorités locales et métropolitaines, ainsi que de leurs dirigeants, avec leur mise à l’échelle au niveau mondial. Aujourd’hui, MITI compte sur un siège situé à Séoul, et quatre centres régionaux: Le Caire, Machhad, Mexico et Paris Île-de-France.

Pour la première fois en 30 ans d’histoire de l’association, une ville indienne, Hyderabad, accueille le XIe  Congrès Mondial de METROPOLIS, sous le thème « Des villes pour tous ». De par sa riche culture, sa tradition, son équité sociale, sa prospérité économique et ses atouts démographiques, c’est un référent parmi les villes qui inventent la ville de demain.

Réseau des femmes

TROISIÈME FORUM MONDIAL «LES VILLES DYNAMIQUES ONT BESOIN DES FEMMES » À ABIDJAN, AVEC LE THÈME: «FEMMES ET LES CONFLITS ARMÉS »

2013

Événements

LA VILLE DE JOHANNESBURG ACCUEILLE LA RÉUNION ANNUELLE DE METROPOLIS

2013

La ville de Johannesburg accueille la Réunion annuelle de METROPOLIS sous le thème  « Villes à visage humain »,, qui se fonde sur le concept d’Ubuntu, une éthique africaine ou philosophie humaniste, centrée sur les relations et allégeances qu’entretiennent les personnes entre elles. Le Conseil d’administration désigne la ville de Barcelone en tant que présidente du Réseau international Femmes de METROPOLIS.

Événements

INNOVATION POUR UN MEILLEUR FUTUR

2012

 

Innovation pour un meilleur futur est le thème central de la Réunion annuelle tenue à Guangzhou.

Outre la réunion de METROPOLIS, Guangzhou célèbre la première édition du Prix international pour l’innovation urbaine, dont le concept est issu de la coopération à long terme de la ville de Guangzhou avec CGLU et METROPOLIS.

Les Initiatives METROPOLIS sont lancées. Par le biais de ces Initiatives, METROPOLIS entend renforcer la gestion en réseau de ses activités, afin qu’elle soit davantage axée sur des projets et des résultats, et plus ouverte aux partenariats et au financement externe. Prends l’initiative !

Conformément à la décision prise lors du Conseil d’administration de METROPOLIS, le siège du MITI (Institut International de Formation de METROPOLIS) déménage de Montréal à Séoul.

Événements

XE CONGRÈS MONDIAL « VILLES EN TRANSITION » À PORTO ALEGRE. LE NOUVEAU PLAN D’ACTION POUR LA PÉRIODE 2012-2014 EST APPROUVÉ LORS DU CONGRÈS.

2011

Événements

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SE RÉUNIT À BARCELONE LORS DE L’ASSEMBLÉE CONSTITUTIVE DU FONDS MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT DES VILLES (FMDV)

2010

Événements

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SE RÉUNIT À MOSCOU.

2009

METROPOLIS et CISCO Systems concluent un accord de partenariat dans le cadre de la Commission « Alliance pour l’innovation urbaine ».

Événements

IXE CONGRÈS MONDIAL À SYDNEY « CONNECTER LES VILLES » (VIDÉO DE LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE)

2008

IXe Congrès Mondial à Sydney « Connecter les villes » (vidéo de la cérémonie d’ouverture). Remise des troisièmes Prix METROPOLIS.

L’accord de coopération entre METROPOLIS et la Section Asie-Pacifique de CGLU (ASPAC) devient une réalité et renforce la présence du réseau de la région.

Événements

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SE RÉUNIT À ANTANANARIVO

2007

Le Conseil d’administration se réunit à Antananarivo. Le Réseau Femmes de METROPOLIS organise à Bruxelles le Premier Forum International « Les villes dynamiques ont besoin des femmes ».

Événements

UNE RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION A LIEU EN DÉCEMBRE 2006 AVEC L’OBJET DE REMPLACER JOAN CLOS EN TANT QUE PRÉSIDENT DE METROPOLIS ET ÉLIRE JEAN-PAUL HUCHON

2006

Une réunion extraordinaire du Conseil d’administration a lieu en décembre 2006  avec l’objet de remplacer Joan Clos en tant que Président de METROPOLIS et élire Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile de-France depuis 1998, comme nouveau Président de METROPOLIS. Il est réélu à Sydney en 2008, Porto Alegre en 2011 et Hyderabad en 2014.

Événements

VIIIE CONGRÈS MONDIAL À BERLIN, « TRADITION ET TRANSFORMATION. L’AVENIR DE LA VILLE »

2005

Remise des deuxièmes Prix METROPOLIS. Création du Réseau International Femme.

Événements

METROPOLIS PARTICIPE AU CONGRÈS CONSTITUTIF DE CITÉS ET GOUVERNEMENTS LOCAUX UNIS À PARIS.

2004

Le mouvement se consolide à travers la  coordination des associations de villes à l’échelle internationale. METROPOLIS parvient à un accord avec la nouvelle Association Mondiale pour créer et gérer la Section métropolitaine de la nouvelle organisation.

CGLU et METROPOLIS inaugurent leur nouveau siège à Barcelone, ce qui rend plus visible l’effort unitaire des gouvernements locaux.

Événements

VIIE CONGRÈS MONDIAL À SÉOUL « LA GOUVERNANCE MÉTROPOLITAINE DANS LE NOUVEAU MILLÉNAIRE ». REMISE DES PREMIERS PRIX METROPOLIS.

2002

Événements

KOFI ANNAN REÇOIT LES REPRÉSENTANTS DES PRINCIPALES ASSOCIATIONS INTERNATIONALES DES AUTORITÉS LOCALES À NEW YORK.

2001

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, reçoit les représentants des principales associations internationales des autorités locales à New York.

Le 6 juin, Joan Clos, Président de METROPOLIS, au nom de toutes les autorités locales, parle devant l’Assemblée générale des Nations Unies et présente la déclaration de la IIe Assemblée Mondiale des Villes et Autorités Locales auprès des Nations Unies.

Événements

JOAN CLOS EST ÉLU PRÉSIDENT DE CAMCAL (COORDINATION DE L’ASSOCIATION MONDIALE DES VILLES ET AUTORITÉS LOCALES)

2000

Il est également élu Président du Comité Consultatif des Autorités Locales auprès des Nations Unies (UNACLA). Le Secrétariat général est transféré à Barcelone.

Événements

VIE CONGRÈS MONDIAL DE BARCELONE, SOUS LE TITRE « UN RÉSEAU DE VILLES POUR LES CITOYENS DU MONDE »

1999

Le Conseil d’administration approuve à l’unanimité la nouvelle organisation administrative de METROPOLIS en Secrétariats régionaux.

Événements

METROPOLIS PARTICIPE À LA CONFÉRENCE HABITAT II

1996

METROPOLIS participe à la conférence Habitat II. Constitution de la Coordination de l’Association Mondiale des Villes et Autorités Locales (CAMVAL) sur proposition de METROPOLIS au cours de la conférence Habitat II à Istanbul.

Événements

VE CONGRÈS MONDIAL À TOKYO, « LA MÉTROPOLE POUR L’HOMME : LA RECHERCHE D’UNE SOLIDARITÉ ENTRE LES CITOYENS DU MONDE »

1995

Événements

IVE CONGRÈS MONDIAL METROPOLIS À MONTRÉAL, « LE CITOYEN ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE »

1993

METROPOLIS met en marche son Service d’Assistance Technique

Événements

IIIE CONGRÈS MONDIAL À MELBOURNE, SOUS LE TITRE « L’ESSOR DES MÉTROPOLES »

1990

Depuis 1990, METROPOLIS articule ses commissions techniques qui présentent leurs résultats dans chaque Congrès triennal.

Événements

IIE CONGRÈS MONDIAL À MEXICO, « POUR UNE VILLE MEILLEURE POUR TOUS DANS LES MÉTROPOLES »

1987

Événements

CONSTITUTION OFFICIELLE DE L’ASSOCIATION MONDIALE DES GRANDES MÉTROPOLES, À MONTRÉAL.

1985

Michel Giraud, alors Président de la Région Ile-de-France, propose d’organiser le premier Congrès Mondial de METROPOLIS en 1984.  En avril 1985, METROPOLIS est officiellement créée à Montréal par 14 membres fondateurs : Abidjan, Addis-Abeba, Barcelone, Buenos Aires, Le Caire, Colombo, Ile-de-France, Londres, Los Angeles, Mexico, Montréal, New York, Tokyo et Turin ; et Michel Giraud accepte d’en assurer la présidence.

LES GRANDES VILLES PRIX DE L’INNOVATION SMART CITIES 2017

20 Mai
INNOVATION
2016 WCS Singapore

De nos jours, la technologie et l’innovation jouent un rôle essentiel pour répondre aux plus grandes difficultés des villes. De la délinquance urbaine à l’approvisionnement en eau en passant par la pollution et les problèmes complexes de transport, le rôle de l’innovation et la technologie locales est fondamental pour résoudre les problèmes urbains actuels. Avec l’augmentation de la population urbaine et la dégradation sociale et environnementale, les villes ont besoin d’un changement radical pour répondre à leurs nécessités quotidiennes et planifier leurs futurs besoins. La résilience et l’environnement urbains sont les défis les plus urgents à travers le monde. On ne peut pas résoudre ou répondre à ces défis de manière isolée car ils présentent des complexités physiques, des dépendances économiques et une connectivité croissante autour du monde. Les médias libres responsables sont reconnus comme un pilier important de la démocratie. Ils jouent un rôle essentiel dans l’urbanisation récente, en particulier dans les domaines de l’équité sociale, les environnements et transformations économiques. Les médias ont été identifiés comme les plateformes les plus importantes pour sensibiliser le public et apporter des solutions globales aux gouvernements locaux et aux communautés.

Un travail considérable a été effectué par des médias internationaux et maisons d’édition partout dans le monde autour de l’importance des villes intelligentes, des interventions technologiques et de l’innovation urbaine. De nos jours, plus de 56 % de la population mondiale vivant dans des villes et régions urbaines, les outils de la ville intelligente et l’innovation sont indispensables pour la planification et la gestion à venir. Les interventions et innovations technologiques permettent de franchir une étape vers l’environnement durable, l’équité et l’accès aux services urbains de base. En l’absence de telles interventions et sans l’adoption de l’innovation urbaine au niveau des gouvernements locaux, il serait presque impossible de répondre aux demandes urbaines élémentaires dans le contexte actuel. Le média français Le Monde, également maison d’édition, a fait preuve de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) en mettant l’innovation des villes intelligentes au cœur de leurs questions globales en vue de répondre aux défis des villes, de leurs habitants et des parties prenantes, y compris les gouvernements de tous les niveaux. Le Monde met en avant trois principaux domaines dans la promotion des villes intelligentes et de l’innovation au niveau international : l’environnement, l’utilité de la technologie à tous les niveaux de la société urbaine et la participation citoyenne. Le Monde, en collaboration avec des partenaires internationaux tels que BNP Paribas et à travers un jury international, honore et reconnait les grandes villes avec cinq catégories de récompenses :

  • le Grand Prix de l’Innovation urbaine
  • le Prix de la Participation citoyenne
  • le Prix de l’Habitat
  • le Prix de la Mobilité
  • et le Prix de l’Énergie

Metropolis soutient le rôle important des médias dans le débat international sur les défis et l’environnement urbains. L’association encourage grandement la presse et les médias internationaux à collaborer avec elle en diffusant les connaissances et les informations sur le développement durable et le leadership responsable des villes. Metropolis se félicite de cette initiative globale du Monde dédiée à l’innovation des villes intelligentes. Le conseiller de Metropolis Sunil Dubey a été invité par Le Monde à participer et contribuer aux  Prix de l’innovation Smart Cities 2017 à Singapour le 2 juin 2017.

Metropolis est fière que le secrétaire régional de Metropolis pour l’Europe Mme Barbara Berninger et M. Sunil Dubey soient membres du conseil de Citiscope, une plateforme médiatique internationale consacrée aux villes durables et dont la crédibilité repose sur le journalisme indépendant.

Pour tout renseignement concernant Metropolis Asie-Pacifique, les villes intelligentes et les partenariats d’innovation urbaine, veuillez contacter Mme Agnes Bickart

Une publication de : http://www.metropolis.org

 

 

L’ancienne protectrice du citoyen renonce à une indemnité de départ de 210 976$

8 Fév

Article du Journal de Montréal  Charles LECAVALIER.  Mercredi 8 février 2017.

Raymonde Saint-Germain renonce à son indemnité de départ de 210 976 $ qu’elle a laissée sur la table en quittant son poste de protectrice du citoyen, a appris Le Journal. Elle demande maintenant un resserrement des règles pour tous les mandarins.

«Quand j’ai téléphoné aux Emplois supérieurs pour leur dire, j’ai compris que c’était peut-être bien la première fois que ça arrivait», a lancé Mme Saint-Germain lors d’une entrevue avec notre Bureau parlementaire.

L’ex-ombudsman des Services gouvernementaux fait une croix sur un chèque de 210 976 $. Comme tous les hauts fonctionnaires de l’État, elle avait droit à un montant calculé en fonction de ses années de service et son salaire annuel. Elle a toutefois choisi de dire non, puisqu’elle savait qu’elle aurait rapidement un autre emploi, cette fois-ci au sénat canadien.

Elle a informé le secrétaire général du Conseil exécutif, Juan Roberto Iglesias, dans une lettre rédigée en novembre.

«Pour moi, c’était facile, car je n’étais pas à l’aise de prendre l’argent. Ça n’a même pas été une décision. J’ai été nommée au sénat le 2 décembre et j’ai quitté en novembre. Je n’ai pas eu de transition. Je ne trouvais pas ça justifié», a-t-elle souligné.

La Protectrice du citoyen est un modèle pour tous les cadres du Québec

La Protectrice du citoyen est un modèle pour tous les cadres du Québec

 

Du changement

La nouvelle sénatrice trouve d’ailleurs que les règles québécoises sont trop permissives. «Ça devrait changer; pour l’instant, c’est un automatisme. C’est dans les contrats: vous y avez droit. Mais il y a toutes sortes de situations où les gens iraient tout de même dans le public sans ça», a-t-elle lancé.

Dans son dernier rapport, Mme Saint-Germain a déploré les coupes du gouvernement Couillard «moins éprouvantes pour la bureaucratie que pour les personnes vulnérables». Elle juge aujourd’hui que le «fondement de ce décret d’embauche» devrait être revu: l’allocation de transition devrait être versée mensuellement et devrait se tarir lorsque la personne se trouve un emploi.

Elle fait toutefois une distinction pour les députés, qui «vivent beaucoup d’insécurité».

À l’aise

Mme Saint-Germain n’aura pas de difficulté à joindre les deux bouts avec son salaire de sénatrice de près de 145 000 $ et sa pension provinciale, à laquelle elle a contribué «pendant 42 ans», a-t-elle précisé.

Rappelons que selon la loi, elle a droit à 50 % de son salaire de 210 000 $ après 10 années de services comme protectrice.

QUI EST RAYMONDE SAINT-GERMAIN ?

  • Après deux mandats consécutifs de cinq ans, Raymonde Saint-Germain a quitté le Protecteur du citoyen le 14 novembre 2016.
  • Recommandée par Justin Trudeau, elle occupe désormais les fonctions de sénatrice à Ottawa.
  • Elle travaillait auparavant comme sous-ministre aux Services gouvernementaux.

DES PRIMES QUI ONT FAIT LES MANCHETTES

  • 654 000 $  à Charles Lapointe, président de Tourisme Montréal, lorsqu’il a pris sa retraite en 2013.
  • 378 000 $ à Henri-Paul Rousseau, l’ex-PDG de la Caisse de dépôt et placement, lorsqu’il quitte en 2008 de son plein gré l’institution pour aller travailler chez Power Corporation.
  • 565 503 $ à Thierry Vandal lorsqu’il a quitté Hydro-Québec en 2014.
  • 650 000 $ environ, à Michael Goldbloom, recteur de l’Université Bishop’s, qui compte 2825 étudiants. Après un reportage du Journal, il n’en a conservé que la moitié, soit près de 325 000 $
  • Charles Lecavalier