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Une histoire qui a 30 ans

31 Mai

LANCEMENT OFFICIEL DU NOUVEL INSTITUT INTERNATIONAL DE FORMATION METROPOLIS, LE RÉSEAU D’APPRENTISSAGE DE METROPOLIS

2014

Lancement officiel du nouvel Institut international de formation METROPOLIS (« MITI » selon son acronyme en anglais), le réseau d’apprentissage de METROPOLIS. MITI a pour but de renforcer les capacités institutionnelles et professionnelles des autorités locales et métropolitaines, ainsi que de leurs dirigeants, avec leur mise à l’échelle au niveau mondial. Aujourd’hui, MITI compte sur un siège situé à Séoul, et quatre centres régionaux: Le Caire, Machhad, Mexico et Paris Île-de-France.

Pour la première fois en 30 ans d’histoire de l’association, une ville indienne, Hyderabad, accueille le XIe  Congrès Mondial de METROPOLIS, sous le thème « Des villes pour tous ». De par sa riche culture, sa tradition, son équité sociale, sa prospérité économique et ses atouts démographiques, c’est un référent parmi les villes qui inventent la ville de demain.

Réseau des femmes

TROISIÈME FORUM MONDIAL «LES VILLES DYNAMIQUES ONT BESOIN DES FEMMES » À ABIDJAN, AVEC LE THÈME: «FEMMES ET LES CONFLITS ARMÉS »

2013

Événements

LA VILLE DE JOHANNESBURG ACCUEILLE LA RÉUNION ANNUELLE DE METROPOLIS

2013

La ville de Johannesburg accueille la Réunion annuelle de METROPOLIS sous le thème  « Villes à visage humain »,, qui se fonde sur le concept d’Ubuntu, une éthique africaine ou philosophie humaniste, centrée sur les relations et allégeances qu’entretiennent les personnes entre elles. Le Conseil d’administration désigne la ville de Barcelone en tant que présidente du Réseau international Femmes de METROPOLIS.

Événements

INNOVATION POUR UN MEILLEUR FUTUR

2012

 

Innovation pour un meilleur futur est le thème central de la Réunion annuelle tenue à Guangzhou.

Outre la réunion de METROPOLIS, Guangzhou célèbre la première édition du Prix international pour l’innovation urbaine, dont le concept est issu de la coopération à long terme de la ville de Guangzhou avec CGLU et METROPOLIS.

Les Initiatives METROPOLIS sont lancées. Par le biais de ces Initiatives, METROPOLIS entend renforcer la gestion en réseau de ses activités, afin qu’elle soit davantage axée sur des projets et des résultats, et plus ouverte aux partenariats et au financement externe. Prends l’initiative !

Conformément à la décision prise lors du Conseil d’administration de METROPOLIS, le siège du MITI (Institut International de Formation de METROPOLIS) déménage de Montréal à Séoul.

Événements

XE CONGRÈS MONDIAL « VILLES EN TRANSITION » À PORTO ALEGRE. LE NOUVEAU PLAN D’ACTION POUR LA PÉRIODE 2012-2014 EST APPROUVÉ LORS DU CONGRÈS.

2011

Événements

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SE RÉUNIT À BARCELONE LORS DE L’ASSEMBLÉE CONSTITUTIVE DU FONDS MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT DES VILLES (FMDV)

2010

Événements

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SE RÉUNIT À MOSCOU.

2009

METROPOLIS et CISCO Systems concluent un accord de partenariat dans le cadre de la Commission « Alliance pour l’innovation urbaine ».

Événements

IXE CONGRÈS MONDIAL À SYDNEY « CONNECTER LES VILLES » (VIDÉO DE LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE)

2008

IXe Congrès Mondial à Sydney « Connecter les villes » (vidéo de la cérémonie d’ouverture). Remise des troisièmes Prix METROPOLIS.

L’accord de coopération entre METROPOLIS et la Section Asie-Pacifique de CGLU (ASPAC) devient une réalité et renforce la présence du réseau de la région.

Événements

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SE RÉUNIT À ANTANANARIVO

2007

Le Conseil d’administration se réunit à Antananarivo. Le Réseau Femmes de METROPOLIS organise à Bruxelles le Premier Forum International « Les villes dynamiques ont besoin des femmes ».

Événements

UNE RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION A LIEU EN DÉCEMBRE 2006 AVEC L’OBJET DE REMPLACER JOAN CLOS EN TANT QUE PRÉSIDENT DE METROPOLIS ET ÉLIRE JEAN-PAUL HUCHON

2006

Une réunion extraordinaire du Conseil d’administration a lieu en décembre 2006  avec l’objet de remplacer Joan Clos en tant que Président de METROPOLIS et élire Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile de-France depuis 1998, comme nouveau Président de METROPOLIS. Il est réélu à Sydney en 2008, Porto Alegre en 2011 et Hyderabad en 2014.

Événements

VIIIE CONGRÈS MONDIAL À BERLIN, « TRADITION ET TRANSFORMATION. L’AVENIR DE LA VILLE »

2005

Remise des deuxièmes Prix METROPOLIS. Création du Réseau International Femme.

Événements

METROPOLIS PARTICIPE AU CONGRÈS CONSTITUTIF DE CITÉS ET GOUVERNEMENTS LOCAUX UNIS À PARIS.

2004

Le mouvement se consolide à travers la  coordination des associations de villes à l’échelle internationale. METROPOLIS parvient à un accord avec la nouvelle Association Mondiale pour créer et gérer la Section métropolitaine de la nouvelle organisation.

CGLU et METROPOLIS inaugurent leur nouveau siège à Barcelone, ce qui rend plus visible l’effort unitaire des gouvernements locaux.

Événements

VIIE CONGRÈS MONDIAL À SÉOUL « LA GOUVERNANCE MÉTROPOLITAINE DANS LE NOUVEAU MILLÉNAIRE ». REMISE DES PREMIERS PRIX METROPOLIS.

2002

Événements

KOFI ANNAN REÇOIT LES REPRÉSENTANTS DES PRINCIPALES ASSOCIATIONS INTERNATIONALES DES AUTORITÉS LOCALES À NEW YORK.

2001

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, reçoit les représentants des principales associations internationales des autorités locales à New York.

Le 6 juin, Joan Clos, Président de METROPOLIS, au nom de toutes les autorités locales, parle devant l’Assemblée générale des Nations Unies et présente la déclaration de la IIe Assemblée Mondiale des Villes et Autorités Locales auprès des Nations Unies.

Événements

JOAN CLOS EST ÉLU PRÉSIDENT DE CAMCAL (COORDINATION DE L’ASSOCIATION MONDIALE DES VILLES ET AUTORITÉS LOCALES)

2000

Il est également élu Président du Comité Consultatif des Autorités Locales auprès des Nations Unies (UNACLA). Le Secrétariat général est transféré à Barcelone.

Événements

VIE CONGRÈS MONDIAL DE BARCELONE, SOUS LE TITRE « UN RÉSEAU DE VILLES POUR LES CITOYENS DU MONDE »

1999

Le Conseil d’administration approuve à l’unanimité la nouvelle organisation administrative de METROPOLIS en Secrétariats régionaux.

Événements

METROPOLIS PARTICIPE À LA CONFÉRENCE HABITAT II

1996

METROPOLIS participe à la conférence Habitat II. Constitution de la Coordination de l’Association Mondiale des Villes et Autorités Locales (CAMVAL) sur proposition de METROPOLIS au cours de la conférence Habitat II à Istanbul.

Événements

VE CONGRÈS MONDIAL À TOKYO, « LA MÉTROPOLE POUR L’HOMME : LA RECHERCHE D’UNE SOLIDARITÉ ENTRE LES CITOYENS DU MONDE »

1995

Événements

IVE CONGRÈS MONDIAL METROPOLIS À MONTRÉAL, « LE CITOYEN ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE »

1993

METROPOLIS met en marche son Service d’Assistance Technique

Événements

IIIE CONGRÈS MONDIAL À MELBOURNE, SOUS LE TITRE « L’ESSOR DES MÉTROPOLES »

1990

Depuis 1990, METROPOLIS articule ses commissions techniques qui présentent leurs résultats dans chaque Congrès triennal.

Événements

IIE CONGRÈS MONDIAL À MEXICO, « POUR UNE VILLE MEILLEURE POUR TOUS DANS LES MÉTROPOLES »

1987

Événements

CONSTITUTION OFFICIELLE DE L’ASSOCIATION MONDIALE DES GRANDES MÉTROPOLES, À MONTRÉAL.

1985

Michel Giraud, alors Président de la Région Ile-de-France, propose d’organiser le premier Congrès Mondial de METROPOLIS en 1984.  En avril 1985, METROPOLIS est officiellement créée à Montréal par 14 membres fondateurs : Abidjan, Addis-Abeba, Barcelone, Buenos Aires, Le Caire, Colombo, Ile-de-France, Londres, Los Angeles, Mexico, Montréal, New York, Tokyo et Turin ; et Michel Giraud accepte d’en assurer la présidence.

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LES GRANDES VILLES PRIX DE L’INNOVATION SMART CITIES 2017

20 Mai
INNOVATION
2016 WCS Singapore

De nos jours, la technologie et l’innovation jouent un rôle essentiel pour répondre aux plus grandes difficultés des villes. De la délinquance urbaine à l’approvisionnement en eau en passant par la pollution et les problèmes complexes de transport, le rôle de l’innovation et la technologie locales est fondamental pour résoudre les problèmes urbains actuels. Avec l’augmentation de la population urbaine et la dégradation sociale et environnementale, les villes ont besoin d’un changement radical pour répondre à leurs nécessités quotidiennes et planifier leurs futurs besoins. La résilience et l’environnement urbains sont les défis les plus urgents à travers le monde. On ne peut pas résoudre ou répondre à ces défis de manière isolée car ils présentent des complexités physiques, des dépendances économiques et une connectivité croissante autour du monde. Les médias libres responsables sont reconnus comme un pilier important de la démocratie. Ils jouent un rôle essentiel dans l’urbanisation récente, en particulier dans les domaines de l’équité sociale, les environnements et transformations économiques. Les médias ont été identifiés comme les plateformes les plus importantes pour sensibiliser le public et apporter des solutions globales aux gouvernements locaux et aux communautés.

Un travail considérable a été effectué par des médias internationaux et maisons d’édition partout dans le monde autour de l’importance des villes intelligentes, des interventions technologiques et de l’innovation urbaine. De nos jours, plus de 56 % de la population mondiale vivant dans des villes et régions urbaines, les outils de la ville intelligente et l’innovation sont indispensables pour la planification et la gestion à venir. Les interventions et innovations technologiques permettent de franchir une étape vers l’environnement durable, l’équité et l’accès aux services urbains de base. En l’absence de telles interventions et sans l’adoption de l’innovation urbaine au niveau des gouvernements locaux, il serait presque impossible de répondre aux demandes urbaines élémentaires dans le contexte actuel. Le média français Le Monde, également maison d’édition, a fait preuve de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) en mettant l’innovation des villes intelligentes au cœur de leurs questions globales en vue de répondre aux défis des villes, de leurs habitants et des parties prenantes, y compris les gouvernements de tous les niveaux. Le Monde met en avant trois principaux domaines dans la promotion des villes intelligentes et de l’innovation au niveau international : l’environnement, l’utilité de la technologie à tous les niveaux de la société urbaine et la participation citoyenne. Le Monde, en collaboration avec des partenaires internationaux tels que BNP Paribas et à travers un jury international, honore et reconnait les grandes villes avec cinq catégories de récompenses :

  • le Grand Prix de l’Innovation urbaine
  • le Prix de la Participation citoyenne
  • le Prix de l’Habitat
  • le Prix de la Mobilité
  • et le Prix de l’Énergie

Metropolis soutient le rôle important des médias dans le débat international sur les défis et l’environnement urbains. L’association encourage grandement la presse et les médias internationaux à collaborer avec elle en diffusant les connaissances et les informations sur le développement durable et le leadership responsable des villes. Metropolis se félicite de cette initiative globale du Monde dédiée à l’innovation des villes intelligentes. Le conseiller de Metropolis Sunil Dubey a été invité par Le Monde à participer et contribuer aux  Prix de l’innovation Smart Cities 2017 à Singapour le 2 juin 2017.

Metropolis est fière que le secrétaire régional de Metropolis pour l’Europe Mme Barbara Berninger et M. Sunil Dubey soient membres du conseil de Citiscope, une plateforme médiatique internationale consacrée aux villes durables et dont la crédibilité repose sur le journalisme indépendant.

Pour tout renseignement concernant Metropolis Asie-Pacifique, les villes intelligentes et les partenariats d’innovation urbaine, veuillez contacter Mme Agnes Bickart

Une publication de : http://www.metropolis.org

 

 

OXFAM MARCHE DES JEUNES 2017 À MONTRÉAL

15 Mai

Pour une 47e année consécutive, plus de 5 000 jeunes Québécoises et Québécois ont investi les rues de Montréal dans une ambiance festive pour crier haut et fort leur solidarité et leur volonté de lutter contre les inégalités, qui frappent plus particulièrement les jeunes et les femmes. La Marche Monde est le plus gros rassemblement dédié à la jeunesse citoyenne au Québec.

 

Éric à gauche et sa fiancée Nadine sont solidaires des jeunes de Montréal marcheurs de la 47e édition OXFAM. Photo Yves Alavo

Vanessa Pilon, ambassadrice jeunesse d’Oxfam-Québec : « Je voulais marcher à nouveau avec eux.  Il y a tellement de grands mouvements de justice sociale et de paix qui sont nés grâce à la jeunesse, grâce aux étudiants. Les jeunes jettent un regard neuf sur les enjeux actuels. Ils arrivent, avec intelligence et sensibilité, à imaginer un monde différent. Je suis profondément convaincue que si l’on faisait l’effort de les écouter davantage et de collaborer avec eux, nos sociétés en ressortiraient plus inclusives, plus durables et équitables. »
Nos voix comptent ! est le thème de la Marche Monde 2017, puisque les jeunes représentent le quart de l’humanité et sont encore systématiquement exclus des processus de prises de décisions. Les gouvernements, ici et partout dans le monde, doivent permettre aux jeunes d’avoir accès à une éducation de qualité et à des emplois décents, autant au niveau du salaire que des conditions de travail.

« Plus de 500 millions de jeunes vivent avec moins de 2 $ par jour, et près de 126 millions d’entre eux ne peuvent pas lire une phrase complète. En marchant aujourd’hui, les jeunes ont affirmé leur volonté d’être entendus.  Ils sont bien conscients qu’ils ont un rôle à jouer dans les décisions qui ont des conséquences sur leur avenir. » dit Denise Byrnes, directrice générale d’Oxfam-Québec.

 

Plus de 5000 jeunes ont participé à la Marche à Montréal vendredi 12 mai 2017. Photo OXFAM-Québec

 

Un manifeste rédigé par des jeunes de plus de 20 pays circule présentement à travers le monde pour mieux faire connaître la vision et les revendications des jeunes concernant les défis importants auxquels ils font face, déterminés à construire des sociétés égalitaires et durables. Ce manifeste lance un appel aux jeunes du monde entier à se mobiliser autour des enjeux reliés à la participation des jeunes, la diversité, l’autonomisation des jeunes femmes, l’éducation, l’emploi, et l’accès équitable aux ressources.

Liens connexes

Manifeste des jeunes
www.marchemonde.ca
Rapport Jeunes et inégalités

Oxfam-Québec est membre de la confédération internationale Oxfam, qui regroupe 20 organisations non gouvernementales en Afrique du sud, Allemagne, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Hong Kong, Inde, Irlande, Italie, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni.

 

SOURCE OXFAM-QUEBEC

Renseignements : Contact de presse : Andrée-Anne Perrier, relations médias, Oxfam-Québec, 514 905-1027, cellulaire 514 513-0506, andree-anne.perrier@oxfam.org

LIENS CONNEXES
www.oxfam.qc.ca

Mundial Montreal 6e édition 2016. Plus loin en création

11 Nov

Musiciens sans frontières

Tous les feux e la scène sur MUNDIAL MONTREAL Photo Yves Alavo

Tous les feux e la scène sur MUNDIAL MONTREAL
                                                    Photo Yves Alavo

Rendez-vous annuel des professionnels de l’industrie des musiques du monde, Mundial Montréal constitue un réel tremplin pour la carrière nationale et internationale des artistes sélectionnés. En présentant depuis 2011 une programmation de qualité et des activités de réseautage ciblées, Mundial s’est d’ores et déjà établi comme l’évènement-contact à ne pas manquer en Amérique du Nord.
Mundial c’est aussi une occasion festive de découvrir Montréal pendant quatre jours de festival sur rythmes endiablés aux sonorités métissées!

Première activité internationale placée sous le signe de la célébration des 375 ans de notre Montréal et qui mérite le label Événement exceptionnel.
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le Conseil des Arts du Canada participe à façonner l’avenir de la diversité culturelle

20 Oct

Au coeur de notre combat citoyen et professionnel

Façonner un avenir meilleur : aujourd’hui pour les prochaines générations

Publié par le 20 octobre 2016

« Le gouvernement du Canada a annoncé un investissement de 1.9 milliards dans le secteur des Arts et de la Culture » : c’est en ces termes que Simon Brault, directeur du Conseil des Arts du Canada, introduit son nouveau plan stratégique 2016-2021.

Le directeur, qui vient également d’être nommé au conseil d’administration de la Fédération Internationale des Conseils des Arts et des Agences Culturelles (FICAAC), a souhaité publier sur cultureveille.fr une tribune qui affirme l’ambition du Canada pour cette transformation majeure. Nous vous la livrons dans son intégralité ci-dessous (1).

Le Conseil des Arts du Canada est l’organisme national de soutien aux arts du Canada. Il rend compte de son activité au parlement par l’entremise du ministère du Patrimoine canadien. Ses principaux domaines d’activité sont l’attribution des subventions, des bourses et des prix, et la recherche, la communication et la promotion des arts au Canada.

Simon Brault, directeur du Conseil des Arts du Canada

Simon Brault, O.C., O.Q., (@simon_brault), est directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada. Il a été récemment nommé au conseil d’administration de la Fédération internationale des conseils des arts et des agences culturelles (FICAAC-IFACCA). Il est actif dans le secteur culturel depuis plus de 30 ans, notamment à titre d’administrateur, de penseur, d’ardent défenseur des arts, de conférencier et d’auteur du livre Le facteur C.

open-quoteEn 2008, j’ai écrit Le facteur C (2) parce que je sentais qu’il devenait urgent de s’attaquer à l’écart grandissant entre l’abondance et l’excellence des expériences artistiques offertes par les professionnels des arts et les changements dans les modes de participation des publics. J’avançais dans cet essai que le dynamisme de la création artistique et la reconnaissance du caractère essentiel de l’art dans nos vies passaient par un changement d’attitude du secteur des arts. De toute évidence, ce secteur devait en faire davantage et devait le faire différemment pour renouveler l’engagement du public envers les arts d’une manière significative et enrichissante pour tous un chacun. J’étais convaincu – et je le demeure – qu’une vie culturelle riche et diversifiée, à laquelle prennent part le plus grand nombre de personnes de tous les horizons et dans laquelle ils se retrouvent, est essentielle au renforcement de la démocratie et à un développement humain durable.

Fort de ma longue expérience d’administrateur et d’activiste au service des arts, j’y affirmais que les organismes artistiques, les bailleurs de fonds et les décideurs politiques devaient enfin donner aux arts un rôle accru et plus vaste dans l’évolution de la société. Je les invitais à saisir pleinement les retombées de leurs décisions et de leurs actions au‑delà du secteur des arts lui-même. Je proposais de nous éloigner de la défense à tous crins de nos propres intérêts sectoriels pour adopter une vision globale et plus généreuse des multiples contributions des arts à une société, particulièrement à un moment où on cherchait des voies de sortie au ralentissement économique mondial qui perdurait alors.

Le nouveau gouvernement fédéral dirigé par Justin Trudeau a annoncé le doublement progressif de notre budget en 5 ans

Voilà que, 8 ans plus tard, je me retrouve à diriger l’organisme fédéral de soutien aux arts du Canada et à orienter une transformation majeure en grande partie éclairée par cette vision. Cette refondation du Conseil se situe à un moment historique pour les arts au Canada. Quelques mois seulement après l’annonce et le début de la mise en œuvre de cette transformation, le nouveau gouvernement fédéral dirigé par Justin Trudeau a annoncé le doublement progressif de notre budget en 5 ans (3). La possibilité de mener à bien la réforme en profondeur que nous avons nous-mêmes conçue, planifiée et annoncée, avec des ressources additionnelles considérables, est diamétralement opposée aux difficultés et restrictions qu’ontend-quote connus et que connaissent d’autres organismes de soutien aux arts dans le monde, en raison de compressions budgétaires ou de changements politiques. Nous sommes tout à fait conscients de notre position privilégiée et exceptionnelle. Comme Pierre Lassonde, le président de notre conseil d’administration se plaît à le dire, il s’agit là « d’une heureuse rencontre entre préparation et occasions ».

Un changement radical pour nos 60 ans

open-quoteAyant assuré la vice-présidence du conseil d’administration du Conseil des arts pendant 10 ans avant d’être nommé directeur et chef de la direction du Conseil, j’ai été à même d’observer de près les complexités de l’organisme. Et ce ne sont pas les complexités et les complications qui manquaient! Comme dans toute bureaucratie étatique, les programmes et processus du Conseil étaient devenus un véritable labyrinthe au fil de ses 60 années d’existence. Une pléthore de programmes de subvention a été créée pour répondre à des préoccupations ou à des besoins spécifiques. Chaque discipline artistique avait sa propre gamme de programmes et, d’une discipline à l’autre, les définitions, objectifs, critères et processus étaient souvent très différents. La plupart de ces programmes étaient normatifs, et les résultats attendus étaient plutôt autoréférentiels, puisqu’ils visaient d’abord et avant tout l’avancement de chaque forme d’art prise dans son propre contexte. La gamme des quelque 140 programmes du Conseil des arts était sans aucun doute le résultat d’ajouts nécessaires et souvent novateurs au fil du temps. Cependant, l’accumulation d’un nombre aussi élevé de programmes ciblés, spécialisés et indépendants les uns des autres nous empêchait non seulement de réagir à temps aux pratiques artistiques et aux modèles organisationnels émergents, mais aussi de rendre compte de nos résultats d’une façon convaincante et, surtout, de planifier stratégiquement nos interventions en tant qu’organisme de soutien aux arts.

Au cours de la dernière décennie, des changements sociaux irréversibles se sont produits. Les conditions de pratique artistique, les modèles d’organisation et les rapports avec les citoyens doivent être repensés. Le Canada d’aujourd’hui ressemble de moins en moins à celui qui prévalait au moment où le Conseil des arts a été créé dans le but de nourrir l’identité du pays à une époque où la scène artistique professionnelle était plutôt inexistante. Le Canada est à présent l’une des sociétés parmi les plus diversifiées et les plus avancées sur le plan technologique. Ses musiciens, danseurs, écrivains, artistes en arts visuels et artistes de théâtre jouissent d’une excellente renommée et cumulent des réussites remarquables de par le monde. Il n’est donc pas exagéré d’affirmer que le Conseil des arts a joué un rôle primordial dans l’évolution culturelle du pays.

La communauté artistique nous laissait entendre […] que le Conseil des arts et ses programmes ne suivaient tout simplement plus le rythme

Néanmoins, au cours des dernières années, la communauté artistique nous laissait entendre de plus en plus souvent que le Conseil des arts et ses programmes ne suivaient tout simplement plus le rythme des profondes transformations attribuables notamment à l’évolution démographique et aux technologies numériques. Nous devions en faire plus pour accueillir les jeunes, ainsi que les artistes et les organismes artistiques issus de la diversité, et pour susciter l’engagement d’un public attiré (voire distrait) par une profusion de contenus de nature et de qualité end-quotevariées et accessibles instantanément. Nous ne pouvions plus nous contenter d’ajuster nos programmes existants, d’en créer de nouveaux de façon ponctuelle et d’essayer d’en faire davantage avec le même budget. Il fallait procéder à une transformation radicale de nos programmes de subvention et de notre rôle en tant qu’organisme public de soutien, rien de moins.

Un système de soutien aux arts financé par les citoyens pour les citoyens

open-quoteÀ titre de société d’État fédérale indépendante du gouvernement, le Conseil des arts reçoit des fonds publics et prend des décisions quant à l’attribution des subventions aux arts en toute liberté et sans ingérence politique. Cependant, en tant qu’organisme bénéficiant d’un financement public, le Conseil a des responsabilités indéniables envers les citoyens. En moyenne, chaque Canadien, par le biais de ses impôts, verse annuellement un peu plus de 5 $ (CAN) à l’appui des arts par l’entremise de nos programmes, un montant qui atteindra près de 10 $ (CAN) d’ici 2021.

En moyenne, chaque Canadien, par le biais de ses impôts, verse annuellement un peu plus de 5 $ (CAN) à l’appui des arts par l’entremise de nos programmes, un montant qui atteindra près de 10 $ (CAN) d’ici 2021.

Cet investissement des deniers publics nous confère l’obligation d’être toujours plus transparents et responsables et de contribuer – à des degrés divers – à des objectifs de politiques publiques plus larges, tels que la démocratisation de l’art, le développement économique, les exportations, la création d’emploi, le mieux-être social et le renforcement des communautés. Ultimement, le financement public des arts contribue à bâtir la société dans laquelle nous voulons vivre, soit une société créative, altruiste, résiliente et prospère, au sein de laquelle les citoyens sont libres de s’exprimer et de prendre part ou d’assister à des expériences de création artistique.

Avant d’entreprendre notre transformation, nous devions d’abord revoir notre mandat original pour l’actualiser. Nous devions contextualiser à nouveau notre mandat de « favoriser et promouvoir l’étude et la diffusion des arts ainsi que la production d’œuvres d’art ». Nous devions constater qu’au fil des ans, à force d’élaborer des programmes de plus en plus ciblés et axés sur les disciplines artistiques ou sur des pratiques très circonscrites, le Conseil s’était progressivement éloigné des grands principes démocratiques qui justifient son financement gouvernemental. Cette prise de conscience a fait ressortir l’importance cruciale de notre engagement à renouveler et à étendre la participation du public à la vie artistique que nous soutenons.

En nous recentrant sur notre mandat, nous étions également mieux à même d’énoncer et de réaffirmer toutes nos valeurs fondamentales. L’une de ces valeurs, l’évaluation par les pairs, nous apparaît toujours comme la méthode la plus équitable et la plus transparente pour orienter les décisions en matière d’attribution de subvention. Chaque année, quelque 600 artistes et professionnels des arts de partout au pays évaluent des demandes de subvention et enrichissent le processus d’évaluation grâce à leurs expériences, leur diversité et leur connaissance approfondie des tendances et des enjeux liés aux pratiques artistiques actuelles. Une autre de nos valeurs fondamentales est l’importance de l’équité pour la réalisation des aspirations des artistes issus de groupes et de communautés victimes de discrimination systémique. Plus précisément, nous sommes convaincus que la scène artistique canadienne est plus riche lorsqu’elle illustre les expériences des artistes et des publics des communautés autochtones, des groupes issus de la diversité, des communautés de langue officielle en situation minoritaire, ainsi que des personnes sourdes ou handicapées. Compte tenu des obstacles systémiques auxquels font face ces groupes, le Conseil s’est doté de nombreux mécanismes pour assurer un accès égal à ses programmes et services. Enfin, l’excellence artistique est, et sera toujours, uneend-quoteconsidération primordiale au cœur du système d’évaluation des demandes de subvention. Combinée à des efforts systématiques pour susciter la participation culturelle, l’excellence artistique est à la base de toute entreprise pour optimiser le rôle du Conseil et celui des arts dans la société.

Changer sans s’excuser de le faire

open-quoteIl faut bien le dire, il n’est pas facile d’entreprendre un processus de transformation au sein d’une bureaucratie quelle qu’elle soit. Les processus et structures mis en place pour se protéger contre les risques sont aussi ceux qui font obstacle au changement. Ce sont des machines conçues pour neutraliser l’innovation. De plus, lorsqu’un organisme de financement comme le Conseil des arts vise le changement, il doit de le faire sans provoquer de bouleversements inutiles et en continuant d’offrir les services professionnels et pertinents dont la communauté artistique dépend.

Il n’est pas facile d’entreprendre un processus de transformation au sein d’une bureaucratie quelle qu’elle soit. […] Ce sont des machines conçues pour neutraliser l’innovation.

Notre approche à l’égard de la transformation est dynamique et organique; nous saisissons les occasions de changement qui se présentent. Nous développons constamment de nouvelles idées, testons les résultats et les réactions, puis réajustons notre orientation en cours de route, et cela s’applique à nos programmes, à notre structure d’entreprise et à notre organisation du travail.

Par exemple, en 2014, nous avons fait une première grande annonce à propos de notre projet de concevoir un nouveau modèle de financement, qui nous ferait passer de 140 programmes ciblés et axés sur les disciplines artistiques à 6 programmes non axés sur les disciplines artistiques. Ces 6 programmes vont offrir aux artistes et aux organismes — ainsi qu’à nous-mêmes, au Conseil — une plus grande flexibilité pour prendre en compte les nouvelles pratiques et tendances et ils vont nous permettre de documenter les résultats qualitatifs et quantitatifs de nos investissements. Au cours de l’année qui a suivi, nous avons commencé à développer ces programmes — à tester nos idées, à consulter la communauté artistique — tout en jetant les bases de notre prochain plan stratégique. Nos travaux quotidiens, la refonte de nos programmes et la définition de nos orientations stratégiques se sont donc nourris les uns les autres d’une manière organique et non linéaire, mais néanmoins sophistiquée.

En mars 2016, nous avons lancé notre plan stratégique 2016-2021 : Façonner un nouvel avenir, qui décrit l’ambitieuse vision sous-jacente à notre transformation et conditionnelle à notre succès en tant qu’organisme public de soutien aux arts. Pour formuler cette vision, nous nous sommes inspirés des opinions et conseils des nombreux répondants au sondage que nous avons mené et des idées recueillies auprès de la communauté au cours des années précédentes, lors de discussions, de sommets, de consultations, de conversations avec les pairs évaluateurs et d’une multitude d’autres occasions pendant lesquelles nous avons échangé avec différents intervenants et partenaires. Les artistes, les membres du personnel et ceux du conseil d’administration souhaitaient tous que notre réflexion soit audacieuse et que nous mettions en relief l’importance des arts à la fois pour nous recentrer sur nos propres vies intérieures et nous rapprocher les uns des autres, particulièrement en ce moment où plusieurs se sentent désenchantés, ignorés ou marginalisés.

À cette étape, nous devions nous doter d’un plan stratégique décrivant tant les actions concrètes que les aspirations philosophiques du Conseil. Notre vision est large et, bien que nous soyons réalistes quant à notre influence réelle, nous réalisons que nous faisons partie d’un vaste écosystème et que nous pouvons mettre à profit des partenariats par-delà les secteurs et les frontières afin d’optimiser notre impact et de promouvoir l’importance et la contribution des arts à notre civilisation. Notre plan stratégique s’articule autour de quatre engagements.

Quatre engagements : […] augmenter notre soutien aux artistes, […] accentuer la qualité, la portée et le partage de l’art […], renouveler les relations entre les artistes autochtones et les publics autochtones et non autochtones […], accroître le rayonnement de la création d’ici et de nos artistes à l’international.

Tout d’abord, nous voulons augmenter notre soutien aux artistes, aux collectifs et aux organismes visant l’excellence artistique et nous voulons susciter un engagement accru d’un public toujours plus diversifié envers les arts. Pour nous, il est clair que les notions d’excellence artistique et de diversification des publics peuvent cohabiter et ne sont absolument pas incompatibles.

Deuxièmement, nous nous engageons à accentuer la qualité, la portée et le partage de l’art au Canada grâce aux technologies numériques afin que les artistes puissent réussir en cette ère numérique et que les publics de proximité et du monde entier puissent avoir accès à leurs œuvres.

Troisièmement, alors que le Canada entreprend un processus de réconciliation avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis, le Conseil reconnaît le pouvoir de guérison des arts et s’engage à renouveler les relations entre les artistes autochtones et les publics autochtones et non autochtones pour qu’émerge un avenir possible, un avenir commun.

Finalement, en tenant compte de la faible densité de la population du Canada et de son étalement sur un très vaste territoire, nous reconnaissons qu’il est essentiel que nos artistes accèdent aux marchés internationaux pour réussir et que ces mêmes artistes contribuent dans la mesure de leurs propres ambitions à l’influence culturelle du Canada sur la scène internationale. C’est pourquoi notre quatrième engagement consiste à accroître le rayonnement de la création d’ici et de nos artistes à l’international.

Ces engagements témoignent de notre détermination à être un organisme public de soutien aux arts bien ancré dans le 21e siècle et résolument tourné vers l’avenir. Pour atteindre cet objectif, en plus des engagements décrits précédemment, nous créerons également de nouvelles occasions pour la prochaine génération, notamment les jeunes et les artistes autochtones, ceux issus de la diversité, ceux handicapés ou sourds ou ceux des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

En tant qu’organisme de soutien aux arts, le respect de ces engagements repose essentiellement sur nos programmes de subvention, end-quoteet c’est pourquoi notre transformation a débuté par le développement d’un nouveau modèle de financement qui permet aux artistes et aux organismes de planifier des projets et des activités qui répondent à leurs propres ambitions et non pas à nos prescriptions.

6 programmes pour faire avancer les arts et la société

open-quotePour faire écho à nos valeurs fondamentales, nos 6 nouveaux programmes ont été conçus afin d’encourager l’excellence artistique sans la couper des forces progressistes qui façonnent notre société. Par exemple, le Canada, tout comme bon nombre d’autres pays, se trouve à un tournant en ce qui concerne l’urgente redéfinition des relations entre les peuples autochtones et non autochtones, et entre les peuples autochtones et l’État. Le public a récemment été sensibilisé à ce sujet grâce aux travaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui ont mis en lumière les abus qui se sont produits dans les pensionnats sur une longue période de temps et dont l’indicible horreur continue de jeter de l’ombre sur des générations d’autochtones. En tant qu’organisme public de soutien aux arts, nous sommes maintenant conscients, comme nous ne l’étions pas il y a 60 ans, des tentatives délibérées d’éradication des cultures et des langues des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis tout au long de l’histoire du Canada. Nous avons l’obligation et la responsabilité de modifier nos propres façons de faire de manière à mieux soutenir les artistes et les communautés autochtones selon leurs propres aspirations.

Ainsi, notre programme, Créer, connaître et partager : arts et cultures des Premières Nations, des Inuits et des Métis, adoptera une approche centrée sur l’autodétermination culturelle des peuples autochtones : ce sont des membres autochtones du personnel qui géreront programme et les évaluations d’impact du programme seront réalisées dans un contexte qui respecte les perspectives et les protocoles autochtones. Ce programme unique comporte des caractéristiques qui sont propres aux communautés qu’il dessert. Par exemple, contrairement aux autres programmes de subvention du Conseil, il offrira du financement pour certains projets à petite échelle créés par des artistes non professionnels ou par des artistes en devenir. De plus, il offrira du financement à des organismes à but lucratif afin de reconnaître qu’ils sont parfois les mieux placés pour réaliser un projet dont les effets sur les plans artistique et communautaire sont considérables.

Tous nos programmes contribuent à faire avancer nos engagements.

Le programme Inspirer et enraciner reconnaît le rôle important des organismes artistiques au sein des communautés territoriales où sein desquelles ils sont établis et de leur rôle comme moteur de développement de leurs formes d’art. Il encourage ces organismes à assumer leur rôle de manière à atteindre les plus hauts sommets dans leurs formes d’art respectives tout en reflétant la grande diversité de leurs communautés dans leurs créations, leur gouvernance ou leurs rapports avec les citoyens.

Le programme Explorer et créer vise à favoriser la création et l’innovation artistiques. Le programme offre du financement pour des activités qui permettent d’augmenter les compétences des artistes et soutient la recherche et la création, des toutes premières étapes de la conception artistique jusqu’à la réalisation et à la production.

Grâce à des subventions de voyage, d’échanges et de tournées, le programme Rayonner au Canada donne accès à diverses formes d’expressions et d’expériences artistiques aux Canadiens de toutes les régions du pays.

les artistes sont […] les meilleurs ambassadeurs d’un pays.

Avant même la récente visite du président Obama à Ottawa en juillet 2016 au cours de laquelle il a déclaré que « le monde a besoin de plus de Canada », nous reconnaissions que les artistes sont souvent les meilleurs ambassadeurs d’un pays. C’est pourquoi notre programmeend-quoteRayonner à l’international permettra de financer les déplacements, la traduction, les tournées, les échanges et les coproductions à l’étranger et permettra d’accroître l’impact des artistes canadiens sur la scène internationale.

Opération transformation

open-quoteLe plan stratégique et notre nouveau modèle de financement présentent une vision et des aspirations audacieuses. Ces initiatives ne seraient toutefois que vaines promesses sans les travaux concrets qui les accompagnent. La conception des nouveaux programmes a nécessité et continue de nécessiter des efforts colossaux de la part de notre personnel et un soutien indéfectible de notre conseil d’administration. Nous avons dû communiquer avec clarté, transparence et cohérence avec le gouvernement, la communauté artistique et d’autres intervenants tout en continuant d’administrer nos programmes actuels et en réduisant au minimum les perturbations.

Si la communauté artistique a d’abord manifesté du même souffle enthousiasme et méfiance, elle nous a finalement accordé sa confiance.

Une particularité de notre approche fut de partager le récit de notre transformation au fur et à mesure que nous l’écrivions. Dès juin 2015, lorsque nous avons annoncé notre intention d’apporter des changements, nous avons partagé une première ébauche, puis, à différents moments, alors que nous peaufinions le tout, nous avons donné d’autres renseignements en admettant avec honnêteté qu’il s’agissait d’un travail en pleine évolution. Si la communauté artistique a d’abord manifesté du même souffle enthousiasme et méfiance, elle nous a finalement accordé sa confiance.

On ne peut sous-estimer l’importance de cette confiance en pleine période de transition et compte tenu de l’excellente réputation acquise par le Conseil au cours de ses 60 années d’existence. Je dois aussi affirmer que le vote de confiance de notre nouveau gouvernement — tant celui du premier ministre Justin Trudeau que celui de la ministre de notre propre portefeuille, Mélanie Joly —, a été des plus précieux pour la progression rapide d’une transformation de si grande envergure.

Pour le Conseil, l’injection des nouveaux fonds accordés par le gouvernement représente plus qu’un appui financier; elle fait la end-quotepart belle à l’espoir et aux possibilités et invite tous les intervenants à faire preuve d’audace et de courage.

Financer les arts pour servir le bien commun

open-quoteCe que nous voulons tous, en tant qu’organismes de soutien aux arts, c’est que nos interventions aient un impact. En développant son nouveau modèle de financement, le Conseil des arts a, par la même occasion et souvent de concert avec d’autres partenaires, renforcé sa capacité d’agir rapidement au moment même où ses interventions peuvent contribuer à changer les choses. Au cours des deux dernières années, nous avons eu de nombreuses occasions de mettre à profit cette capacité renforcée et d’accroître le rôle des arts à des moments déterminants de notre vie collective.

[Les] arts pour guérir et approfondir la compréhension mutuelle dans un monde déchiré et divisé

À titre d’exemple, lorsque le gouvernement canadien a annoncé l’année dernière son projet d’accueillir 28 000 réfugiés syriens, nous avons été en mesure d’établir rapidement un partenariat avec la Financière Sun Life afin d’offrir un fonds appelé Bienvenue aux arts. Ce fonds visait à aider les organismes artistiques à offrir gratuitement des expériences culturelles aux réfugiés nouvellement arrivés. Nous avons été ravis de la réponse de la communauté artistique; plusieurs organismes avaient d’ailleurs déjà planifié des initiatives en ce sens. Le ministère du Patrimoine canadien avait notamment travaillé en collaboration avec des éditeurs de partout au pays pour distribuer à chacune des familles de réfugiés syriens un sac cadeau contenant des livres en français et en anglais écrits par des auteurs canadiens. Voilà une illustration du pouvoir transformateur des arts pour guérir et approfondir la compréhension mutuelle dans un monde déchiré et divisé.

L’initiative {Ré}conciliation constitue un autre exemple récent de l’impact public du Conseil des arts. Avant même la publication du rapport très attendu de la Commission de vérité et réconciliation, le Conseil a lancé cette initiative en partenariat avec le Cercle sur la philanthropie et les peuples autochtones au Canada et la Fondation de la famille J. W. McConnell. {Ré}conciliation vise à financer des projets créés par des artistes inuits, métis ou des Premières Nations afin d’établir un rapprochement entre les peuples autochtones et non autochtones.

Comment éviter que le contenu « créé au Canada » soit complètement noyé dans un flot de contenu en ligne et marginalisé par les puissants algorithmes des moteurs de recherche ?

Dans notre réflexion sur la participation culturelle du plus grand nombre, on ne peut faire abstraction de la question de l’accessibilité de l’art et de la culture à l’ère numérique. Nous devons nous demander comment éviter que le contenu « créé au Canada » soit complètement noyé dans un flot de contenu en ligne et marginalisé par les puissants algorithmes des moteurs de recherche. Le gouvernement canadien mène actuellement une vaste consultation publique à ce sujet. Le Conseil s’intéressera de près aux recommandations et décisions qui en découleront et qui pourraient toucher la communauté artistique. De plus, nous savons pertinemment que l’investissement et la mobilisation du secteur des arts dans les technologies et les approches numériques sont jusqu’à présent nettement insuffisants et que ce secteur a besoin d’un soutien réel pour s’adapter à l’ère numérique. Le Conseil analyse actuellement les résultats d’un sondagedétaillé portant également sur ce sujet et organisera un important sommet en 2017 afin de valider une stratégie visant à assurer aux artistes et organismes artistiques un accès aux ressources et au soutien dont ils ont besoin pour réussir dans l’environnement actuel.

Un dernier exemple de la flexibilité acquise par le Conseil au cours de la dernière année est la création et le lancement, en quelques semaines seulement, du programme de financement ponctuel Nouveau chapitre, à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération en 2017. Cet ambitieux programme invite les artistes et les organismes artistiques à rêver et à voir grand afin de réaliser des projets d’une envergure exceptionnelle qui laisseront un héritage artistique durable dans les années à venir. Je suis impatient de découvrir les œuvres qui seronend-quotet créées grâce à ce programme. Ces œuvres contribueront à inspirer, à éclairer, à interpréter et à imaginer l’avenir de ce pays en s’interrogeant sur ses valeurs, en engageant le public et en donnant plus de visibilité à l’art, et cela, ici et dans le monde.

Au cœur d’un dialogue, au cœur de la vie

open-quoteLe fil conducteur de toutes ces initiatives spéciales est qu’elles placent le Conseil, de même que les arts, au cœur d’un dialogue plus large ayant pour but de définir qui nous sommes en tant que société en ouvrant des perspectives sur ce que nous voulons devenir. Elles démontrent que les arts peuvent encore éclairer la condition humaine. Et c’est, selon moi, exactement là où le Conseil et les arts doivent se positionner pour demeurer pertinents et faire partie intégrante de la vie quotidienne de nos concitoyens d’ici et d’ailleurs dans ce monde.

Au cours des 2 dernières années, nous avons fait des détours, surmonté les obstacles qui se dressaient à l’horizon et emprunté des avenues inhabituelles qui nous ont permis de saisir des occasions que nous n’aurions jamais pu prévoir.

En écrivant cet article, je suis conscient que mon exposé peut donner à penser que la transformation du Conseil des arts est linéaire et bien ordonnée. Je peux toutefois vous assurer qu’il en est tout autrement. Au cours des 2 dernières années, nous avons fait des détours, surmonté les obstacles qui seDRESSAIENT à l’horizon et emprunté des avenues inhabituelles qui nous ont permis de saisir des occasions que nous n’aurions jamais pu prévoir. La volonté d’apprivoiser le changement a été la seule constante de notre parcours. Et je suis fermement convaincu qu’avec le end-quotesoutien continu de la communauté artistique et avec l’appui grandissant des citoyens, le Conseil des arts sera en mesure de gagner une pertinence accrue. En se plaçant à l’écoute des espoirs, des peurs, des rêves et des réalités des Canadiens et des citoyens du monde

Notes

  1. Cet article a été publié en anglais dans la revue américaine de Grantmakers in the Arts,Readers, vol. 23, no 3, automne 2016. Voir Shaping a Brighter Future: The Canada Council Transforms for the Next Generation.
  2. Simon Brault, Le facteur C, Les éditions voix parallèles, Montréal, 2009. Paru en anglais sous le titre No Culture, No Future, Cormorant Book, Toronto, 2010.
  3. Voir le billet de Simon Brault, « Un rendez-vous avec notre avenir », sur cet investissement historique.

Maria Volonté

12 Oct

Colombe ultime

Sur les vents qui courent

Voix en souffle intime.
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Musiques africaines et modernité : 30 ans de Nuits d’Afrique 2016 par Alain Brunet de La Presse

30 Juil

Samedi 30 juillet 2016 | Toutes mes Nuits d’Afrique

Les commentaires de ALAIN BRUNET suivis de Poèmes de YVES ALAVO.

Sauf dimanche (parce que retenu par une urgence réno), je suis sorti tous les soirs aux Nuits d’Afrique. Je dois maintenant mettre le cap sur MEG Montréal et Osheaga. Voici donc, grosso modo, mes 30e Nuits d’Afrique. Et les vôtres ? Que pensez-vous de cette présentation 2016 ?

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Vaudou Game /crédit photo : Peter Graham pour les Nuits d’Afrique

Annoncé comme une révélation du circuit world de l’Europe, Vaudou Game a donné un bon spectacle. Le chanteur togolais était assez fort pour prendre tout le plancher. Il a bien formé son groupe lyonnais au “call & response” inhérent aux traditions auxquelles il faisait référence et plongeait dans une potion d’afro-beat, vieux JB fhttp://blogues.lapresse.ca/brunet/wp-admin/themes.phpunk, ethio-jazz. Groove vintage à souhait, l’addition des variante a produit quelque chose de frais. Pour faire la différence entre un bon spectacle et une performance mémorable, il faudrait toutefois une exécution instrumentale supérieure à ce qu’on a vu et entendu. On peut quand même parler d’une réussite.

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Rachid Taha / crédit photo : M Belmellat pour les nuits d’Afrique

Rachid Taha a 57 ans, il reste fidèle à lui-même. Bon rock maghrébin, irrévérence des libre penseurs, sens critique, esprit rebelle. L’Algérien et résidant de France demeure un grand artiste, pilier de la modernisation de l’expression musicale maghrébine. Très créatif, visionnaire, toujours dans la coche… jusqu’au tournant de cette décennie? Mercredi dernier, en tout cas, ce fut bien fait mais on a senti l’usure du temps. Très bons musiciens, belle acquisition que celle de Yann Péchin, ex lead-guit chez Bashung, mais… Rachid Taha pourra-t-il encore rebondir et relancer sa proposition? On lui souhaite de ne pas trop s’esquinter la santé et de garder l’esprit ouvert. De belles choses pourraient encore se produire.

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Elida Almeida / crédit photo: Elaine Graham

Elida Almeida serait la nouvelle étoile du Cap-Vert. Elle n’a pas 30 ans et maîtrise très bien tous les fondements d’une culture populaire riche depuis longtemps. Mais voilà, son approche aurait pu être pratiquement la même il y a 30 ans. Très belle présence, mais un accompagnement passéiste pour ne pas dire suranné. On aurait bien aimé si l’on n’avait jamais entendu la musique populaire cap-verdienne, ou encore si l’on apprécie de telles musiques populaires exécutées dans les règles de l’art. On imagine en revanche que des jeunes gens valorisent ce genres de son dans les coins reculés de l’archipel d’où elle provient. Ici? Beaucoup moins évident. Un auditoire plus âgé aimera beaucoup, remarquez.

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Inna Modja / crédit photo M. Belmellat

Inna Modja a déjà été une star de la FM, le temps de son album Love Revolution. Aux Nuits d’Afrique, elle a présenté sa métamorphose. Nous en sommes aux performances africaines en phase avec la culture électro / hip hop. Avec synthés analogiques et attirail numérique en parfaite cohésion avec le jeu d’un multi-instrumentiste (guitare, ngoni, tama) typique de la grande musique malienne. Des images très contrastées du Mali actuel nous sont balancées en direct. Quant à la performance de la soliste, elle était soit timorée ou mal sonorisée au départ, mais l’exécution et la puissance vocale ont pris du mieux au fur et à mesure que le spectacle s’est déployé. Très belle soirée avec Inna Modja.

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Beto / crédit photo: André Rival

Le set de Canicule Tropicale et Beto à la Sala Rossa fut très réussi. Franchement, on avait le sentiment d’ouvrir le coffre d’un trésor, et de contempler des joyaux panaméens et colombiens de différentes époques, des années 40 aux années 70. Encore là, ç’aurait pu être austère pour un plancher de danse un samedi soir. Aucunement ! Les enchaînements de grooves étaient tout simplement excellents, irrésistibles pour les danseurs. Quant au tandem Canicule Tropicale, il ne nous a pas laissé en reste. Fort bien préparé à cette rencontre avec l’un des très bons DJ du label Soundway.

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Manu Dibango / crédit photo: M. Belmellat

Je n’ai assisté qu’à une partie de la soirée de la relève présentée par Manu Dibango, j’ai trouvé sympathique la séquence du saxophoniste et chanteur passée avec le groupe gagnant du Syli d’or 2016 aux Nuits d’Afrique, Proyecto Iré, sous la gouverne du chanteur Oscar Fuentes et du claviériste Yoel Diaz. Grand-père Manu a sagement choisi de jouer mollo, j’ai été quand même étonné de la qualité de son timbre au saxo… et aussi de sa forme.

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Mexican Institute of Sound / crédit photo : Thomas Schmitt

Au Parterre du Quartier des spectacles, j’ai pu assister au concert de l’Institut mexicain du son, power synth trio de Camilo Lara. On pouvait mieux comprendre sur scène le rapport entre son affinité avec le punk rock et la cumbia… qui se traduit en une sorte de synth cumbia rock assez sympa, le tout assorti de vidéos efficaces, très inspirées des arts traditionnels mexicains, dont certains pré-colombiens. Indice d’octane élevé, des formes musicales simples et corrosives. Je préfère personnellement la plus grande diversité sonore du Institudo Mexicano del Sonido à travers ses albums. Cela me semble plus électro, plus latin et plus riche musicalement.

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Daby Touré / crédit photo: Peter Graham

J’ai passé la soirée de mercredi au Balattou, pour voir et entendre ce Daby Touré, qu’on suit depuis la fin des années 90, qui a tourné en première partie du Still Growin’ Up Tour de Peter Gabriel en 2004. Le mec est venu avec formation au FIJM, je n’en ai entendu que du bien. Il revenait aux Nuits d’Afrique seul, à la rencontre de musiciens locaux (violoncelle, percussions, basse, etc.) pour présenter deux sets à bâtons rompus. C’était plutôt bien, mais j’aurais préféré avec son propre groupe.

C’est d’ailleurs un problème récurrent à ce festival, trop souvent, des groupes d’accompagnements ne sont pas à la hauteur des artistes privés de leurs musiciens réguliers. Trop souvent, ces musiciens ne servent pas adéquatement les artistes invités, ce n’est pas leur faute, c’est un problème d’économie de bout de chandelle qui ne sert personne au bout du compte. Pourquoi, par exemple, les artistes révélations des Nuits d’Afrique ne chantent-il pas avec leurs formations respectives?

La mouvance africaine d’aujourd’hui

En dernier lieu, j’ai croisé pas mal de monde parmi les spectateurs et observateurs qui se montraient critiques sur la question du décalage des Nuits d’Afrique par rapport à l’Afrique réelle d’aujourd’hui. Non pas que les tendances invitées n’y soient pas légitimes mais que plusieurs réalités musicales urbaines d’Afrique pourraient être mises en lumière sans trop de retard.

Au Nigeria, au Ghana, en Afrique du Sud et en Angola, il se passe des choses. Dans les Antilles, dans les capitales occidentales, sur les côtes tropicales de l’Amérique du Sud, la mutation s’opère. Plus d’électro, plus de hip hop, plus de jazz, plus de soul / R&B, tous ces influx circulent dans une part congrue de musiques africaines en 2016. Sans se renier, les civilisations africaines ne font pas exception à cette universalisation de l’expression culturelle, en l’occurrence musicale. Elles peuvent fort bien préserver leurs acquis tout en actualisation la donne en prenant part au festin planétaire.

Il faudra entendre tout ça à Montréal. Aux Nuits d’Afrique ou ailleurs. On se souhaite de combler le décalage… au plus tard l’an prochain.

Luc_Marchessault
  • « Plus d’électro, plus de hip hop, plus de jazz, plus de soul / R&B, tous ces influx circulent dans une part congrue de musiques africaines en 2016. Sans se renier, les civilisations africaines ne font pas exception à cette universalisation de l’expression culturelle, en l’occurrence musicale. »

    D’accord avec tout ça, mais je remplacerais « universalisation » par « américanisation ».

    « Au Nigeria, au Ghana, en Afrique du Sud et en Angola, il se passe des choses. Dans les Antilles, dans les capitales occidentales, sur les côtes tropicales de l’Amérique du Sud, la mutation s’opère. »

    Les pays d’Afrique susmentionnés débordent du territoire de dépistage habituel de Nuits d’Afrique, soit l’Afrique franco. Me semble que les exceptions sont assez rares, non? Des Sierra Leone’s Refugee All Stars à l’occasion, et quelques incontournables comme fiston Kuti et Miriam Makeba au fil des décennies. Même chose pour les Antilles, dont Nuits d’Afrique exploite surtout la portion franco. Pour ce qui est des percées de dépistage en Amérique centrale et du Sud, hispano et luso, c’est un gros tant mieux. De fait, je regrette de ne pas être allé voir et entendre les représentants de l’Institut mexicain du son. Sur disque, entécas, ça torche assez.

    Ce qu’avançait joshtwo dans le billet précédent :

    « La musique populaire dans la plupart des pays du monde n’a rien de folklorique, mais c’est pas ça qu’on entend à Nuits d’Afrique ni dans plusieurs festivals du réseau world music qui perpétue une vision passéiste de la musique. Ou en tous cas, qui n’équilibre vraiment pas le portrait. »

    Votre réaction :

    « Mexican Institute of Sound, Vaudou Game, Inna Modja, le DJ set de Beto, Yael Naim, Rachid Taha… on est pas mal loin du folklore! L’image des Nuits d’Afrique est à refaire, faut croire, n’est-cela josh two? 😉 Beaucoup de monde croit encore que ce festival est destiné aux vieux trippeux de folklores non occidentaux. Il y a encore une part de ce festival qui est comme ça, mais une autre part n’a rien à voir avec le folklore et les musiques traditionnelles. »

    Et une partie de la mienne :

    « Sinon, la “vraie musique“ d’une région donnée devrait consister en pastiches locaux de ce qui bourdonne au sommet des palmarès occidentaux? »

    Comme un Drake ghanéen, une Beyoncé nigériane, une Sia argentine, un The Weeknd zambien, une PJ Harvey des Îles Vierges américaines, des Arcade Fire angolais, un Kanye paraguayen. Manquerait juste Elvis Wong.

    @luc

    Vrai, l’Afrique francophone est sur-représentée dans le contexte où le renouveau africain se passe surtout dans les pays anciennement colonisés par les Brits, Portugais ou Hollandais. Les Nuits d’Afrique ont toujours eu une préférence claire pour les pays de l’Afrique franco -Lamine Touré, le fondateur du Balattou et des Nuits d’Afrique, est Guinéen; ancien danseur du Ballet National, il est très attaché aux musiques traditionnelles d’Afrique de l’Ouest.

    Longtemps, cela n’a pas fait problème car les pays francos étaient les leaders de l’actualisation musicale, surtout dans les années 80 et 90. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas… Cette allégeance des Nuits d’Afrique au Mali, Sénégal et Côte d’Ivoire est encore valable (surtout le Mali) mais son retard par rapport au Ghana, Nigeria, Afrique du Sud, Mozambique et autre Angola est de plus en plus critiquable.

    Nous, de ce blogue, pouvons d’ailleurs faire des recherches pour la suite des choses. Prenez les suggestions world de sultitan, par exemple. Tout ça pourrait être présenté à Montréal dans les plus brefs délais. Au fait, sultitan, pourriez-vous regrouper toutes ces suggestions et nous les rebalancer ?

    Depuis que je couvre les musiques “world”, cet argument revient sans cesse lorsqu’on parle des musiques non occidentales. User en Afrique, Amérique latine ou Asie de formes éprouvées en Amérique ou en Europe revient selon certains à une forme d’aliénation résultant du colonialisme culturel. J’ai déjà adhéré à cette vision, j’ai rapidement décroché.

    Aujourd’hui, je crois que l’universalisation des formes hybridées avec de fortes composantes régionales est aussi valable que la stricte électrification des traditions ou leur maintien dans leurs formes originelles. Faire du hip hop en Afrique, ce n’est pas forcément pasticher le hip hop américain. J’ajouterais: suspecter systématiquement un manque d’authenticité chez les non occidentaux peut être aussi une posture occidentale… post-colonialiste.

    Le cas d’Inna Modja est très intéressant en ce sens: son dernier album me semble très africain malgré la technologie impliquée alors que son précédent était totalement occidental (ou presque totalement).

    La musique populaire américaine continue de s’imposer, pour les raisons que l’on connaît. Or, on peut sans doute trouver matière à consolation dans le fait qu’elle est largement issue des creusets de création afro-américains. En forçant un peu, on pourrait y voir une boucle bouclée dans le volet musique de l’idée de négritude d’Aimé Césaire.

    L’universalisation avec composantes régionales est inévitable; ne reste plus qu’à espérer qu’elle continue d’être porteuse de belles choses. Ma méfiance découle de cas d’écoute où j’ai été échaudé, mais il y a bien sûr des tonnes de trucs authentiquement de bon aloi au-delà de ça. En forçant – encore – un peu, on pourrait voir ces musiques américaines comme des avancées scientifiques qu’on serait bien nonos de ne pas mettre à profit (comme les vaccins ou Internet) : le jazz existe, la soul, le R & B, le hip hop; utilisons ces moteurs éprouvés pour faire avancer nos musiques locales.

    Et oui, le cas Inna est très intéressant… à tous égards!

  • alainbrunet
  • Les sources américaines de la musique populaire mondialisée sont toujours très présentes, mais les Européens (à commencer par les Brits) peuvent prétendre avoir vachement contribué depuis les années 60. Au tour du reste de la planète ?

  • ume Blackstar a certes sa place dans la catégorie cru bourgeois britiche 2016. Or, après beaucoup d’écoutes et à la lumière du témoignage de Tony Visconti, qui a largement fait état de toutes les influences intégrées à la patente, on pourrait croire qu’il s’agit davantage d’un hommage préposthume de DB aux genres musicaux et aux créateurs qui l’ont inspiré, durant ses derniers mois ici bas, que d’un album marquant qui influera un tant soit peu sur la pop haut de gamme.
  • PJ a déjà remporté le prix deux fois…

    RH, quant à eux, se sont retrouvés sur la liste restreinte plusieurs fois et n’ont jamais gagné ce foutu prix. Le Mercury pour Moon Shape Puddle, ce ne serait pas déplacé, en effet. Surtout que le critique attitré de L’éveil de Rosemont-Petite-Patrie a revu sa cote légèrement à la hausse, parce qu’il était au concert de RH dimanche dernier, a vu et entendu RH exécuter six tounes de Moon Shaped Puddle sans les cordes de l’Orchestre contemporain de Londres, notamment pour Burn the Witch, puis a réécouté tout ce bordel et s’est dit « Ouin, c’est du câliphe de bon stock, quand même, surtout Daydreaming et la toune hommage au folk britiche, c’est-à-dire Desert Island Disk.

    Sinon, Michael Kiwanuka et Skepta sont assez forts, Anohni aussi. Bat For Lashes, Jamie Woon, Kano, Savages et The 1975 ne me m’ont pas épaté outre mesure. Le seul album que je n’ai pas encore écouté est celui de Comet Is Coming.

    Si c’était à moi de décider à qui revient ce prix, mon choix s’arrêterait sur « The Dreaming Room » de Laura Mvula, parce qu’il s’agit de l’album le plus et le plus riche du lot. J’en reparlerai un m’ment d’né.

    Sweet sixteen… Un nouveau Leonard Cohen sous peu? Chouette! Et la bande-annonce est, ma foi, assez olé olé merci! Je dois tout de même être un peu vendu parce que j’ai même adoré ses disques dont la critique a le plus pourfendu la production et les arrangements (Dear Heather et Popular Problems)… Très hâte!
    D’autres sorties prochaines qui me font saliver: Nick Cave and the Bad Seeds, Emel Mathlouthi, M.I.A., Angel Olsen (méconnaissable sur les deux excellents premiers extraits), Run the Jewels, Supersilent…
    Côté jazz, Steve Lehman s’amène avec Sélébéyone. Son jazz d’avant-garde rencontrera l’Afrique et le rap. Ça me semble déjà pas mal génial:

    http://www.stevelehman.com/music

    Sur ce, je retourne au dernier Michael Kiwanuka. Un petit bijou, je vous dis.

  • Merci pour le compte rendu.

    Ouf, moi j’ai connu un été de zombie: labyrhintite à la mi-Juillet (vertige, malaise, une oreille complètement bouchée), suivi de Zona Ophtalmique particulièrement agonisant dont je ne suis pas encore remi en fait (c’est çà l’immunodéficience).

    Toutefois dans une période très brève entre les deux maladies j’ai eu la chance de voir Samito en concert, qui est un example d’un artiste hybride dont on ne puis pas décrire toute la musique: il y a du pop funk commun à côté de folk mozambique mais aussi des influences du rock indie, et autre chose. J’appuie ce genre d’approche “J’m’en fou, j’fais c’qu’y’m plait”.

    Et je suis d’accord qu’il faut faire attention de ne pas se pourvoyer d’une perception uniquement exotisante de l’Afrique à cette époque où je peux écouter du “gqom” comme si j’étais à Durban (référence a une compilation qui a fait buzz plus tôt cette année, même chez Pitchfork).

    CECI DIT.

    C’est plus fort que moi, j’ai rien contre un peu d’Exotica:

    https://www.youtube.com/watch?v=vRxKoDxUJiA (oui oui c’est exotica! C’est un mélange de Sher et de Cha Cha)

    Je retourne me couché.

  • Un projet dont j’attends l’album cet automne dans la catégorie Afrique est Ngadda (en fait collabo avec Mark Ernestus, on triche), sorte d’expérimentation sur le mbalax sénégalais. Çà semble dans mes cordes, on verra:

    http://ndagga.com/

    Bon, je met une pièce complète ici, semi-instrumentale (une version chantée sera apparemment sur l’album):

  • Merci! C’est bête, je pensais avoir mis le lien de Sher Cha Cha avec la pochette de l’album, probalement changé pour question de son:

    Mais le dieu de l’Exotica va toujours demeurer Korla Pandit:

    Et comme il s’appproprie ici un air egyptien, je reviens vers Afrique 2016 pour souligner ce band egyptien intriguant, The Dwarfs Of East Agouza. À surveillez!:

    https://thedwarfsofeastagouza.bandcamp.com/

  • En fait je viens de réaliser que Dwarfs Of East Agouza c’est Sam Shalabi et un membre des Sun City Girls, entres autres. Étrange car le band est décri partout comme “trio provenant du Caire”, et il semble bien que le band a été formé là. Çà fait un mois que je connais çà et j’avais même pas fait le lien alors que là çà semble très évident.

  • Bien qu’on le voit encore souvent à Montréal, je crois avoir lu quelque part que Sam Shalabi est maintenant basé au Caire.

    Coup dur pour les amants de la note bleue Rudy Van Gelder n’est plus, je ne compte plus les albums procurés simplement parce qu’il apparaissait dans les crédits. Un architecte du son qui a fait progressé la musique

  • Comme ingénieur du son, Rudy Van Gelder avec son Van Gelder Studio a participé à définir un son dans les disques de jazz (chez Blue Note, mais également sur Prestige et même Impulse! pour ne citer que ceux-là). Que serait notre monde sans “Blue Trane” (sic) et “A Love Supreme”? Incroyable qu’après toutes ces années, la qualité sonore de certains enregistrements soit toujours si excellente malgré les progrès technologiques.

Deux poèmes de Yves Alavo

Textes inédits.

NOTES NOUVELLES ET MUSIQUE DU CŒUR

 

Que vibre le bonheur à partager

Je crois que se conjugue le plaisir

À deux vivre en totale union.

 

Unir le plaisir et le bonheur

Dans cette oraison poétique

Sur les rayons épidermiques

Avec le reflet moiré de l’étoile du sud.

 

Courbe des dunes

Vent sahélien

Alors que vibre le ventricule du destin

Une onde douce coule de source

Champ séminal des rêves atlantiques.

 

La kora des nomades indigo

Psalmodie des refrains impériaux

Accompagne les signares aquatiques

Aux rythmes sahéliens et saccadés

Se marient les mélodies peuhles

Nouvel écrin sensuels des sables ocre.

 

Par les couloirs magiques des Djinns

L’orage tropical des cavaliers Amazigh

Transperce le bouclier entre savane et montagnes

Pour unir les héritages millénaires

Dresser la piste nouvelle des cultures métisses

Où jailli le puits de fierté et de bonheur

De votre union à la croisée des cultures.

 

Yves ALAVO

Pour  Tarik Brakchi et de Stéphanie Ivanusic Vallée.

Montréal samedi 8 mars 2014.

 

L’air, le silence, la musique.

 

Va et vient

Répétition sur fond sonore

Une musique

Frappes récurrentes

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Vent du cœur en furie

Sensible aux émotions

Un souffle sublime

Coups successifs

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Ouragan de l’âme

Réceptive aux vibrations

Un élan spirituel

Vagues répétitives

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Tempête de l’occiput

Propice aux flammes

Un foyer cérébral

Sensations perpétuelles

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Cyclone du sexe

Avide de tourbillons

Un autel séminal

Flux continuels

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Tourmente des sens

Fous des excès

Une membrane vibrante

Tremblements infinis

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle

 

Houle des planètes

Folles des rayons

Un espace masturbatoire

Bourrasques éternelles

L’air, le silence

 

Cette musique est sublime

Éternelle.