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L’ancienne protectrice du citoyen renonce à une indemnité de départ de 210 976$

8 Fév

Article du Journal de Montréal  Charles LECAVALIER.  Mercredi 8 février 2017.

Raymonde Saint-Germain renonce à son indemnité de départ de 210 976 $ qu’elle a laissée sur la table en quittant son poste de protectrice du citoyen, a appris Le Journal. Elle demande maintenant un resserrement des règles pour tous les mandarins.

«Quand j’ai téléphoné aux Emplois supérieurs pour leur dire, j’ai compris que c’était peut-être bien la première fois que ça arrivait», a lancé Mme Saint-Germain lors d’une entrevue avec notre Bureau parlementaire.

L’ex-ombudsman des Services gouvernementaux fait une croix sur un chèque de 210 976 $. Comme tous les hauts fonctionnaires de l’État, elle avait droit à un montant calculé en fonction de ses années de service et son salaire annuel. Elle a toutefois choisi de dire non, puisqu’elle savait qu’elle aurait rapidement un autre emploi, cette fois-ci au sénat canadien.

Elle a informé le secrétaire général du Conseil exécutif, Juan Roberto Iglesias, dans une lettre rédigée en novembre.

«Pour moi, c’était facile, car je n’étais pas à l’aise de prendre l’argent. Ça n’a même pas été une décision. J’ai été nommée au sénat le 2 décembre et j’ai quitté en novembre. Je n’ai pas eu de transition. Je ne trouvais pas ça justifié», a-t-elle souligné.

La Protectrice du citoyen est un modèle pour tous les cadres du Québec

La Protectrice du citoyen est un modèle pour tous les cadres du Québec

 

Du changement

La nouvelle sénatrice trouve d’ailleurs que les règles québécoises sont trop permissives. «Ça devrait changer; pour l’instant, c’est un automatisme. C’est dans les contrats: vous y avez droit. Mais il y a toutes sortes de situations où les gens iraient tout de même dans le public sans ça», a-t-elle lancé.

Dans son dernier rapport, Mme Saint-Germain a déploré les coupes du gouvernement Couillard «moins éprouvantes pour la bureaucratie que pour les personnes vulnérables». Elle juge aujourd’hui que le «fondement de ce décret d’embauche» devrait être revu: l’allocation de transition devrait être versée mensuellement et devrait se tarir lorsque la personne se trouve un emploi.

Elle fait toutefois une distinction pour les députés, qui «vivent beaucoup d’insécurité».

À l’aise

Mme Saint-Germain n’aura pas de difficulté à joindre les deux bouts avec son salaire de sénatrice de près de 145 000 $ et sa pension provinciale, à laquelle elle a contribué «pendant 42 ans», a-t-elle précisé.

Rappelons que selon la loi, elle a droit à 50 % de son salaire de 210 000 $ après 10 années de services comme protectrice.

QUI EST RAYMONDE SAINT-GERMAIN ?

  • Après deux mandats consécutifs de cinq ans, Raymonde Saint-Germain a quitté le Protecteur du citoyen le 14 novembre 2016.
  • Recommandée par Justin Trudeau, elle occupe désormais les fonctions de sénatrice à Ottawa.
  • Elle travaillait auparavant comme sous-ministre aux Services gouvernementaux.

DES PRIMES QUI ONT FAIT LES MANCHETTES

  • 654 000 $  à Charles Lapointe, président de Tourisme Montréal, lorsqu’il a pris sa retraite en 2013.
  • 378 000 $ à Henri-Paul Rousseau, l’ex-PDG de la Caisse de dépôt et placement, lorsqu’il quitte en 2008 de son plein gré l’institution pour aller travailler chez Power Corporation.
  • 565 503 $ à Thierry Vandal lorsqu’il a quitté Hydro-Québec en 2014.
  • 650 000 $ environ, à Michael Goldbloom, recteur de l’Université Bishop’s, qui compte 2825 étudiants. Après un reportage du Journal, il n’en a conservé que la moitié, soit près de 325 000 $
  • Charles Lecavalier
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BIBLIOTHÈQUE VIVANTE – LIVING LIBRARY : AU MAI SAMEDI 28 SEPTEMBRE 2013 DE 13 À 16 HEURES.

16 Sep

Artistes PARTICIPANTS / PARTICPATING Artists

Shirlette Wint, Ally Ntumba, Gilles Garand, Damian Nisenson, Janet Lumb, Eman Haram, Koshro Berahmandi, Mohsen El Gharbi, Anna Beaupré Moulounda, Patricia Pérez, Yves Alavo, Carmen Ruiz

La coiffure d'Amilcar Cabral, héros des indépendances africaines, la Guinée-Bissau.  auto portrait.

La coiffure d’Amilcar Cabral, héros des indépendances africaines, la Guinée-Bissau. auto portrait.

Plusieurs pistes peuvent de dessiner, selon les contextes : l’écriture poétique, la cuisine, les communications, la diversité culturelle en action localement, régionalement et internationalement.

Livre d’une bibliothèque vivante c’est comme s’ouvrir et se laisser lire.  Plusieurs chapitres s’offrent.  Soit une lecture chronologique qui traverse, de l’enfance à la période actuelle, une vie de plus de soixante années vécue sur plusieurs continents, dans des statuts, des fonctions et des situations très variées, souvent circonstancielles, inédites et imprévues.

2010, gagnant des primaires socialistes et co listier de la candidate du PS français, Corinne Narassiguin, première député des Français en Amérique du Nord

2010, gagnant des primaires socialistes et co listier de la candidate du PS français, Corinne Narassiguin, première député des Français en Amérique du Nord

Il pourrait aussi, ce livre, être conçu comme une suite de nouvelles, avec des titres qui sonnent comme autant de thématiques, dont certaines dominées par des personnes, celles qui ont été déterminantes dans ma vie, de la famille, des amis, aussi parfois des relations qui se sont construites lors de la phase d’apprentissage, ou bien au cours des différents emplois assumés.

 

L'harmonie vestimentaire est accessoire, elle peut parfois contribuer à créer du beau.

L’harmonie vestimentaire est accessoire, elle peut parfois contribuer à créer du beau.

 

Enfin, un autre angle peut former la charpente du livre de la vie.  Il s’agit des principales réalisations, les liens entre elles, les effets, changements ou les impacts réalisés dans les domaines d’action, de militance ainsi que les perspectives nouvelles qui s’ouvrent.  Prendre avec soi un certain recul et observer, c’est-à-dire, devenir l’observateur de sa propre vie.

 

Devenir Grand Papa, une vie nouvelle remplie de bonheur.

Devenir Grand Papa, une vie nouvelle remplie de bonheur.

Tels sont à mon sens les voies qui peuvent être empruntées pour porter sur une vie, une œuvre, un pan de notre histoire personnelle et collective, un regard descriptif, analytique ou alors y détecter les mouvements de force, les ruptures ou y lire une certaine continuité.

Un défi sans pareil que de se métamorphoser en livre au sein d’une bibliothèque vivante.

Yves Alavo

Pour les Journées de la Culture

Samedi 28 septembre 2013-09-17

Au MAI Montréal arts interculturels.

Régine Cadet directrice générale et codirectrice artistique du MAI (Montréal, arts interculturels) : 12 ans de service

9 Sep

RegineCadet

Le conseil d’administration du MAI (Montréal, arts interculturels) annonce le départ de madame Régine Cadet à la direction générale de l’organisme à compter du 27 septembre 2013. Elle quitte Montréal pour s’installer à Toronto avec sa famille et nous lui souhaitons bonne chance dans cette nouvelle aventure. Nous profitons de l’occasion pour la remercier et saluer son engagement au développement et au rayonnement du MAI durant les douze dernières années, dont sept ans à la direction générale et artistique.

Artiste (danse et chorégraphie), femme de gestion, chef de file de cette génération nouvelle qui allie de nombreux talents avec des habiletés relationnelles et un sens stratégique de la coordination au sein d’environnements complexes.  Régine cadet a su donner au MAI une stature de référence comme centre d’art, lieu de diffusion et centre d’innovation et de développement social et artistique associé au réseau des praticiens et des institutions gouvernementales, para-publiques et privées.

Dans le réseau des maisons de la culture et des centres culturels métropolitains, le MAI se distingue par son approche favorable à l’accompagnement technique, au soutien artistique et au mentorat auprès des artistes.  Lieu de perfectionnement et d’orientation solide pour la plupart des créateurs, le MAI a permis à plusieurs générations d’artistes urbains, aux auteurs, compositeurs ainsi qu’aux interprètes, d’améliorer leurs relations aux publics divers, de bonifier et de structurer de manière valable leur production afin d’atteindre, en de meilleures contextes, les plus hauts standards professionnels.

Souvent, le MAI est un relais expérimental, un incubateur de talents et un espace professionnel performant.  Toutes ces qualités ainsi que cette vocation exceptionnelle de faiseur de vedettes au sens le plus noble, nous le devons à Madame Régine Cadet.  Elle a su créer et développer au sein du MAI et avec ses partenaires, un esprit de coopération, une ouverture aux technologies nouvelles et aux pratiques avancées, permettant de nouvelles qualifications et un progrès substantiel des artistes, tant collectivement qu’individuellement.

Mme Cadet

Pour tous ces motifs et ces réalisations de qualité stratégique significative, nous tenons à dire notre reconnaissance à Régine Cadet.  Nous lui souhaitons un avenir égal ou supérieur à son présent et au passé qui représente un actif important dans la balance de notre vie culturelle montréalaise, métropolitaine, québécoise et je dirais nord-américaine.  Bravo pour l’oeuvre accomplie et félicitations pour avoir aussi créer une masse critique au sein des équipes successives que tu as mis en action au MAI.  Partout nous observons leurs personnalités et leur rayonnement.
« Le conseil d’administration est heureux d’annoncer la nomination de monsieur Michael Toppings comme nouveau directeur général et artistique du MAI.  De façon unanime le conseil d’administration a fait le choix de confier les rênes du MAI à monsieur Toppings. Ce dernier a occupé ce poste à deux reprises lors des congés de maternité de madame Cadet, il travaille au MAI depuis quatre ans et a récemment été promu codirecteur artistique », a souligné Daniel LeBlond, président du conseil d’administration.

Régine Cadet

Michael Toppings prend la relève

Depuis plus de 20 ans monsieur Toppings évolue principalement dans le secteur des organisations à but non lucratif en tant qu’artisan de la culture. Il détient une grande expérience du secteur culturel et a travaillé pour diverses compagnies et organisations artistiques situées dans les provinces de Saskatchewan, d’Alberta, de la Colombie Britannique et du Québec.  À Montréal, il a occupé la fonction
de directeur général et administratif de deux compagnies de danse réputées : PPS Danse et Sinha Danse.

De plus, mentionnons que Michael Toppings est également artiste multidisciplinaire et détient une connaissance approfondie des milieux artistiques contemporains québécois et canadiens, que ce soit pour les arts de la scène, les arts visuels ou encore dans le domaine de la littérature. « Nous sommes assurés que Michael Toppings saura relever le défi avec brio et insuffler une nouvelle énergie au MAI, dans la continuité du travail que nous effectuons depuis bientôt quinze ans », a déclaré monsieur LeBlond.  Cette nomination sera effective à compter du 30 septembre prochain.

Rappelons que le MAI présente des oeuvres vives, engageantes et résolument actuelles.  Pionnier dans le domaine des arts interculturels à Montréal, le MAI est un diffuseur pluridisciplinaire en arts contemporains dont la mission est d’appuyer la création, la diffusion et le rayonnement des arts interculturels.

Source et renseignements : Christine Roy // Coordonnatrice des communications
514 982-1812, poste 227 comm@m-a-i.qc.ca

Une partie du texte, section de réflexion sur l’oeuvre de Régine Cadet, est de Yves Alavo.

Cocktail pour souligner le départ de Régine Cadet
Le conseil d’administration et le personnel sont heureux de vous convier à un cocktail, de type 5 à 7, pour saluer le départ de Régine Cadet à la direction générale et à la codirection artistique du MAI (Montréal, arts interculturels). Pour cette occasion, il vous sera possible de prendre avec nous un verre de l’amitié (à un prix des plus abordables) le :
Mercredi 25 septembre 2013
17 h à 19 h
Café du MAI
3680, rue Jeanne-Mance

 

CAMUS : CENTENAIRE LE NOBEL DE LITTÉRATURE

8 Août

Albert cigarette en coeur

Que le centenaire de la naissance d’Albert Camus,  soit bien le temps fort de l’avenir au monde de notre grand écrivain, poète, philosophe et journaliste enraciné dans notre Algérie originelle et plus jeune Prix Nobel de littérature, hommage à la culture française universelle, celle des droits de la personne et de la création libre,de la solidarité humaine.

47 ans de 1913 à 1960, une vie pleine et franche

L’exposition « Camus de Tipasa à Lourmarin », du 3 au 8 septembre 2013, à Lourmarin, pour le centenaire de la naissance de l’auteur de L’Etranger.

« Voici vos ors, que je sertis de remerciements. » Ainsi commence la lettre inédite d’Albert Camus à Jean-Paul Sartre, trouvée par deux libraires d’Orléans dans un livre acheté à un collectionneur.

Pendant le Salon du livre ancien de Loumarin

http://www.salondelourmarin.fr/

A l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus dont Lourmarin fut le village d’adoption, l’associationSisyphe, organisatrice du Salon du Livre ancien et de la Bibliophilie de Lourmarin, aura le plaisir de vous présenter une exposition retraçant le parcours éditorial de l’auteur.

Château de Loumarin, Luberon

Au château de Lourmarin le visiteur pourra découvrir une chronologie précise et exhaustive des œuvres de Camus jalonnée par des exemplaires précieux, pour certains jamais exposés, et des documents uniques  (manuscrits, photographies, correspondances) : ils seront rassemblés ici pour la première fois de notre histoire.

Le Salon du Livre ancien et de la Bibliophilie de Lourmarin, anciennement « Journées du Livre ancien et de la Bilbiophilie de Lourmarin » a été fondé en 2003  par Léoda Scale et Bernard Maurel, libraires spécialisés en éditions d’art. Jusqu’alors régies par l’association Lubéron-Montagne Magique, ces Journées ont vu le jour grâce à l’élan passionné de ce couple de libraires.

Mme Léoda Scale, passionnée comme son mari, deux pionniers

Fondatrice du salon

Ayant comme tant d’autres suivi depuis ses débuts ce rendez-vous annuel, nous avons aujourd’hui à charge de reprendre l’organisation de cette manifestation. L’association Sisyphe, nouvellement constituée, est  organisatrice de l’événement, renommé Salon du Livre ancien et de la Bibliophilie de Lourmarin.

Bernard Maurel co-fondateur

Pour sa VIII ème édition, le Salon sera désormais enrichi chaque année d’un événement culturel (concert, exposition) visant à promouvoir le livre et ses acteurs.

célèbre photo de l'homme de Stockholm, Prix Nobel

Hervé et Eva Valentin, qui organisent une exposition consacrée à Camus en septembre à Lourmarin, l’ont découverte dans une édition originale d’un texte de Sartre. Le mot, manuscrit, avait été glissé dans l’ouvrage en 1966.

Non datée, la lettre pourrait concerner la période allant de 1943, année de leur rencontre, à 1948, celle de leur rupture, d’après des experts. Selon les découvreurs de la lettre, qui citent l’expertise de Ronald Aronson, spécialiste américain de Sartre, « cette lettre est très importante, elle montre, contrairement à ce qu’ont écrit certains auteurs, que Sartre et Camus avaient une relation amicale et suivie ».

L’instituteur

Le jour où il a reçu le sien, Albert Camus a tiré son chapeau à son instituteur. Un certain Louis Germain, qui lui apprit mille choses en le jugeant digne « de découvrir le monde », se souvient-il dans Le Premier Homme, et qui l’encouragea à poursuivre ses études.

Robert Gallimard

Il y devient le principal interlocuteur de Jean-Paul Sartre et de Romain Gary, et de bien d’autres auteurs, gérant aussi nombre de successions, jusqu’en 1990. Membre du comité de lecture, assis à la droite de Gaston, dont il supplée, la vieillesse venant, l’ouïe défaillante, Robert Gallimard exerce ainsi plus de quarante ans un magistère discret mais impeccable. En janvier 1952, il épouse Renée Thomasset, la sœur de Jeanne (1919-2006) qui fut successivement la femme de Pierre Gallimard, frère de Robert, puis de leur cousin germain Michel (1917-1960). Celui-là même qui périt des suites de l’accident de voiture qui coûta la vie à Albert Camus, à bord de la Facel-Vega de l’éditeur, le 4 janvier 1960. Emotion nationale autant que drame familial.

Robert reprend alors la direction de la « Bibliothèque de la Pléiade », passée dès 1946 sous la responsabilité directe de la famille, Raymond, frère de Gaston, puis Michel justement, dont Robert maintient le directeur littéraire, Jean Ducourneau, tout juste choisi par Michel en 1959.

Au sein de la maison, dans le sillage de son cousin, Robert accueille plutôt des hommes de gauche, même si lui-même se veut apolitique, en retrait par rapport à Mascolo, qui, ancien résistant, milite pour l’émancipation algérienne, animant le Comité des intellectuels français contre la poursuite de la guerre en Afrique du nord. C’est Robert qui s’entretient en priorité avec Sartre, Camus bien sûr, d’autres penseurs et écrivains que des affinités d’esprit et des amitiés communes lient plus clairement que leurs options politiques.

En 1960, le décès tragique de Michel Gallimard (neveu de Gaston) au volant de sa Face Vega, avec Albert Camus à son côté, comme passager, empêche une première guerre de succession : Claude Gallimard, fils de Gaston, reste en effet, seul maître à bord. Trente ans après, à la…

Le premier Homme : un film en 2013.

Publié en 1994, Le Premier Homme, roman inachevé, jetait une lumière vive sur l’enfance d’Albert Camus. Le film de Gianni Amelio filtre cette lumière à travers les conventions de l’adaptation littéraire au cinéma. Le récit va et vient entre l’enfance de l’écrivain et une visite qu’il fait à Alger en 1958. Jacques Gamblin incarne avec une dignité un peu compassée cet enfant du pays qui découvre sa patrie à l’agonie, secouée par les attentats et la répression, déchirée par une haine qu’il s’obstine à croire curable.

On ne peut rien reprocher au Premier homme, le film. Chaque réplique est pesée. La partie du récit située en 1958 s’appuie sur des écrits ou des propos de Camus. Le portrait des deux femmes qui ont encadré son enfance – sa grand-mère et sa mère – est tracé avec une sobriété bienvenue, mais sans grand relief. On verra passer Bruno Podalydès en instituteur qui décèle chez le futur prix Nobel l’étoffe d’un intellectuel et Jean-François Stévenin en fermier humaniste. On devine derrière chacun de ces tableau un chapitre, un paragraphe, luxueusement et fidèlement illustrés.

Ninot Jouglet incarne Camus enfant

La lumière impeccable, les uniformes et les vêtements d’époque irréprochables, la musique pleine de goût, tout est fait pour témoigner d’un respect infini à l’oeuvre et à son auteur. Mais c’est une attitude qui convient mieux aux mausolées qu’aux salles de cinéma.  Film français et italien de Gianni Amelio, avec Jacques Gamblin, Denis Podalydès. (1h41)

Le mythe de Sisyphe

En effet, dans Le Mythe de Sisyphe, Albert Camus défend l’idée que, face à un monde absurde où tout va vers la mort, il ne faut pourtant pas se résigner, mais au contraire se révolter, seule attitude susceptible de donner du sens à une existence humaine.

Dans le monde de plus en plus clairsemé des grandes consciences indignées, Françoise Seligmann, morte le 27 février à l’âge de 93 ans, occupait pourtant une place tout aussi lumineuse : résistante de la première heure, pilier de la Ligue des droits de l’homme, cette ancienne sénatrice socialiste avait conservé intacte, malgré le grand âge, cette faculté de s’élever contre les injustices qui fut le fil rouge de sa vie.

Conscience exceptionnelle : Résistante, femme politique Françoise Seligmann

Dans la préface de son livre Les Socialistes aux portes du pouvoir (Michalon, 2005), son ami Pierre Joxe avait inventé un néologisme pour la qualifier : « Comme d’autres sont polyglottes ou polytechniciens, elle est polygénérationnelle. » Le mot est juste : par ses engagements successifs, Françoise Seligmann a bel et bien appartenu à plusieurs générations militantes, liant son destin à quelques-unes des grandes causes du « second XXe siècle », témoignant d’un goût jamais démenti pour le combat.

Combat : c’est d’ailleurs par ce mot qu’il faut commencer, car au fond tout est parti de là. C’est en effet au sein de Combat, le mouvement de Résistance fondé par Henri Frenay, que Françoise Jullien – son nom de jeune fille – dit pour la première fois non à l’ordre établi. Née le 9 juin 1919 à Marseille, c’est alors une étudiante de 22 ans, ou plutôt une ancienne étudiante, car elle a dû cesser de l’être pour gagner sa vie après la promulgation par Vichy du « statut des juifs » du 3 octobre 1940, qui a contraint sa mère à quitter l’enseignement.

A l’époque, la jeune femme avait le choix de la facilité. Celle que lui proposa son père, officier dans l’armée coloniale mais absent depuis dix ans, qui lui écrivit alors cette lettre aussitôt déchirée mais à jamais restée dans sa mémoire : « Tu dois comprendre que ton avenir serait bien compromis si tu restais auprès de ta juive de mère. Je t’invite à nous rejoindre à Casablanca où nous t’accueillerons, ma femme et moi. »

Préférant rester auprès de sa « juive de mère », la jeune femme accomplira de nombreuses missions au sein de Combat : fabrication de faux papiers, exfiltration de dizaines d’enfants juifs vers la Suisse, jusqu’à une opération commando, revolver au poing, destinée à libérer une camarade résistante prisonnière à l’hôpital de Blois… Tout cela est raconté dans Liberté, quand tu nous tiens… (Fayard, 2000-2003), deux très beaux volumes de Mémoires publiés après la mort de son mari, François-Gérard Seligmann (1912-1999), ancien résistant devenu antiquaire et collectionneur.

Rôle central au PS

Après la guerre, Françoise Seligmann mènera d’autres combats. Féministe, elle fonde en 1946, l’année où Hélène Lazareff lance le magazine Elle, le journal La Française, auquel collabore Albert Camus. En 1949, elle adhère à la Ligue des droits de l’homme et en devient l’une des chevilles ouvrières. Elle y fonde, en 1957, la revue Après-demain, qui existe toujours.

La politique active ne tarde toutefois pas à la rattraper. A la demande de Pierre Mendès France, Françoise Seligmann accepte, à l’été 1958, de devenir secrétaire nationale de l’Union des forces démocratiques, un cartel regroupant des forces politiques de gauche opposées au retour au pouvoir du général de Gaulle et à la Constitution de la Ve République. A ce titre, elle participe à la campagne d’Albert Châtelet, ancien doyen de la faculté des sciences et candidat de la gauche non communiste contre de Gaulle à la présidentielle du 21 décembre 1958.

Le scrutin, auquel participent 80 000 grands électeurs, est une déconvenue totale : de Gaulle est élu avec 78,5 % des voix, et Albert Châtelet n’obtient que 8,5 % des suffrages, cinq points derrière le candidat communiste Georges Marrane.

Engagée contre la torture au moment de la guerre d’Algérie, Françoise Seligmann revient à la politique partisane au moment de la campagne présidentielle de 1974. Au QG de François Mitterrand, au troisième étage de la tour Montparnasse, elle s’occupe du courrier. Après la défaite du candidat socialiste, elle joue un rôle central dans la mobilisation de l’appareil militant du PS. Elle y crée notamment les « Entretiens du jeudi », une sorte de club où les responsables du parti commentent l’actualité de la semaine avec les sympathisants, mais aussi « Allo PS », un bulletin quotidien d’information téléphonique sur la vie du PS…

Proche de Pierre Joxe, et plus tard de Bertrand Delanoë ou d’Arnaud Montebourg, Françoise Seligmann devient sénatrice des Hauts-de-Seine en 1992. L’aventure ne durera que trois ans, mais le goût de l’action ne la quittera pas pour autant. En 2006, à 87 ans, elle crée une fondation à son nom qui finance des projets dans des quartiers difficiles et décerne chaque année un prix littéraire contre le racisme.

Elle était encore là, le 5 février, à l’Hôtel de Ville de Paris, pour la remise de ce prix à Léonora Miano pour son livreEcrits pour la parole (éd. de l’Arche). Fidèle, jusqu’au bout, à ce qualificatif si juste que lui donna il y a dix ans Le Nouvel Observateur : celui de « vieille dame indignée ».

 

En réflexion

 

 

La solitude du gardien de but 

Quel est le point commun entre Albert Camus et le pape Jean Paul II ? Facile : ils ont tous les deux été gardiens de but. Comme Arthur Conan Doyle, Vladimir Nabokov ou encore Che Guevara, d’ailleurs.. C’est à se demander si l’idée de porter un maillot différent du reste des joueurs.

« Créer, c’est donner une forme à son destin », écrivait Albert Camus

Roger Grenier
oger Grenier parle comme il écrit : à l’économie. A chaque question, il répond en trois ou quatre phrases, pas plus. Parfois il dispense une anecdote – sa hotte à souvenirs en contient des quantités – puis il s’arrête net et vous fixe avec attention. De digression, point. Jamais d’épanchement non plus. L’homme n’est pas bavard. Il ne tient pas à fanfaronner. Cet écrivain du désenchantement juge du bon cru d’une année au nombre de fois où il s’est rendu aux sports d’hiver. Non aux prix littéraires qu’il a pu remporter au cours de sa carrière. C’est dire.En exergue de son nouveau recueil de nouvelles, ce nonagénaire à l’oeil malicieux, pilier historique de la maison Gallimard qui l’a recruté en 1964, a choisi une phrase d’A. O. Barnabooth, le double de Valéry Larbaud : « Je préfère parler de moi à la troisième personne, c’est plus convenable. » C’est ainsi que ce myope voit loin. En une dizaine de pages, il résume l’existence de quelques velléitaires, ombrée par le regret et traversée de rencontres fugaces. Mélancolique, Grenier ? « Non, nostalgique peut-être, pessimiste, sensible à l’absurde. »

On verrait bien cet érudit, en tout point frugal, croqué par Sempé. Les personnages de Brefs récits pour une longue histoire lui ressemblent. Chez eux, pas de sanglots ni même de soupirs. Plutôt une pointe de fatalisme. Ces histoires d’amour aussi ratées que le sont les suicides se savourent à la manière d’un chasse-spleen. A ceci près que le nouvelliste, féru de Tchekhov, ne dédaigne pas l’humour. Des exemples ? Ce mort qui, depuis sa tombe, entend sa veuve, qu’il avait jadis connue si douce, virer acariâtre au fil des ans ; ce jeune coursier censé aider un groupe de résistants à prendre l’Hôtel Matignon en août 1944, confond celui-ci avec un meublé dans la rue du même nom. Lequel se révèle être une maison close où, en ce jour historique pour la libération de Paris, il sera déniaisé. Défaite ou victoire, c’est selon, estimeront les lecteurs.

Ce travailleur paresseux

Que ces tranches de vie soient ou non inspirées de faits vécus, par l’auteur ou par d’autres, a peu d’importance. « Je me suis rendu compte que, qu’on invente ou qu’on dise la vérité, le ton reste le même. » Distinguée par le Grand Prix de l’Académie française en 1991, l’oeuvre de Roger Grenier, riche d’une trentaine d’ouvrages (romans, nouvelles, essais) manifeste une forte unité. C’est une fugue jouée mezza voce. « En évoluant, on se rend compte que forme et fond sont inséparables. Plus les années passaient, plus je trouvais un ton à moi. Je pense à une musique. Quand je relis une page et que je juge que ce n’est pas moi, je l’enlève. » Le genre bref est celui qu’il affectionne le plus, celui où il excelle. « C’est facile à faire, difficile à réussir », convient-il.

Situé au 3e étage de la maison d’édition, le bureau 138 est à l’image de son occupant : modeste. Hormis les piles de livres et le branchage encore vert d’un marronnier balayant la fenêtre, aucun ornement n’égaye la « cellule » où ce travailleur paresseux, donc infatigable dit-il, se rend tous les jours. Pour apercevoir une photographie du maître des lieux, il faut s’introduire dans le bureau voisin, celui de J. B. Pontalis. Voici Roger Grenier avec son chien, Ulysse, qu’il a tant aimé et qui a joué dans Folies bourgeoises, de Claude Chabrol (1976). « Pontalis est un vieux copain. Il vient se plaindre alors que c’est lui le psychanalyste et s’amuse à dire que je n’ai pas d’inconscient. On s’est connus chez Sartre, aux Temps modernes. » Mémoire d’une maison dont il est aujourd’hui le doyen, Roger Grenier est un monument de frêle apparence qu’on vient visiter du monde entier pour l’entendre conter ses compagnonnages et sa traversée du siècle. Et quel parcours que le sien ! Il a conduit le gamin de Pau, fils de petits-bourgeois, à s’engager dans la Résistance, puis à côtoyer les plus grands intellectuels de son temps. « Une succession de hasards », prétend-il, sans quoi il eût été « clerc de notaire ou employé de préfecture ». Confident de Gaston Gallimard, intervieweur d’André Gide, de Mistinguett et de Maurice Thorez, ami intime d’Albert Camus, de Pascal Pia, de Romain Gary, de Claude Roy dont il a été l’exécuteur testamentaire, Roger Grenier n’a jamais tenu de journal intime. Il n’entend pas davantage écrire ses Mémoires. En revanche, lorsqu’il est sollicité pour parler de ses camarades, il répond présent.

Tel est cet ancien journaliste passé par Combat puis par France Soir, cet éditeur qui a appris à s’effacer et à se mettre au service d’autrui. Roger Grenier est à un âge où l’on a enterré beaucoup d’amis. A le voir si attentif, parfois espiègle, il ne semble pas encombré par ses chers disparus. Sans doute est-ce plus « convenable » ainsi.

Macha Séry

OAS

C’est en 1961, et non en 1958, comme écrit par erreur dans notre reportage consacré à l’exposition Albert Camus (Le Monde du 15 septembre), que les premiers militants de l’Organisation de l’armée secrète (OAS, elle-même créée en 1961), opposés à l’indépendance de l’Algérie,

Résister

 

Camus, couleur et sourire

 

Résistante enfin, à Londres, elle se range du côté du général de Gaulle avant de mourir précocement de tuberculose, non sans laisser un des livres de philosophie politique à contre-courant des temps nouveaux, édité par Albert Camus : L’Enracinement (Folio, 1990)

Kateb Yacine Algérie

Entre 1955 et 1962, Mouloud Feraoun, kabyle, romancier et instituteur en Algérie, ami d’Albert Camus, a tenu un journal (paru au Seuil en 1962, mais épuisé) qui se révèle être un document passionnant pour comprendre l’insurrection algérienne. Ce texte montre aussi un

« Exilés du même royaume, nous voici comme deux frères ennemis, drapés dans l’orgueil de la possession renonçante, ayant superbement rejeté l’héritage pour n’avoir pas à le partager », écrit Kateb Yacine à Albert Camus, quelques semaines avant que ce dernier reçoive le prix…

L’empreinte d’Albert Camus, d’Emmanuel Roblès, de Jules Roy, de Driss Chraïbi, de Kateb Yacine…» et « La littérature sert-elle aussi à faire la paix ? » Parmi les auteurs présents figurent Hélène Cixous, Boualem Sansal, Abdellatif Laabi, Noura Bensaad, Michel del…

Cela, je l’ai écrit il y a déjà vingt ans dans mes ouvrages, à la suite, bien sûr, des écrits d’Albert Camus, qui, lui-même issu d’un milieu très pauvre, expliquait la destinée des Européens d’Algérie à travers ses livres, notamment Le Premier Homme.

Journaliste

 

 

Visage de philosophe

 

 

Ni dans Fragments d’un combat 1938-1940 (Gallimard, « Cahiers Albert Camus » n° 3, 1978), de Jacqueline Lévy-Valensi et André Abbou, qui réunit des articles publiés par Camus alors qu’il habitait en Algérie.. C’est en dépouillant carton par carton que nous…

« Le journaliste est l’historien de l’instant », disait Albert Camus. L’instant serait donc à la phobie. Phobie douce, phobie dure…. « Prolophobie » n’est certes paru qu’à deux reprises dans Le Monde. Mais la première, dans la chronique de Franck Nouchi en avril 2011 («..

Rencontres :  Il y aura notamment une rencontre entre la fille d’Albert Camus, Catherine, et l’épouse de René Char, Marie-Claude, un hommage à Guy Debord organisé avec l’université de Strasbourg, une rencontre entre Maurice Nadeau et Laure Adler. Portée par la ville de Strasbourg, cette..

Diplomatie littéraire

Victor Hugo, Charles Baudelaire, Albert Camus, mais aussi Milan Kundera ou Mario Vargas Llosa ont permis à leurs lecteurs de résister aux divers assauts d’un nihilisme protéiforme et de regarder vers notre pays pour y chercher consolation ou espérance, parfois en dépit de…

L’Étranger : Meilleure vente : L’Etranger, d’Albert Camus (6,6 millions d’ex., 1972).. Domaine : collection de poche de littérature française et étrangère..

Marseille : Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), dont les fondations s’achèvent, rendra hommage à Albert Camus, « l’étranger qui nous ressemble ». La nature est au programme avec l’ouverture d’un sentier de grande randonnée, le GR 2013,

CATHERINE PARLE DE SON PÈRE

Pas de manifestation officielle, pas de partage culturel national autour du centenaire de la naissance d’Albert Camus (1913-1960), l’auteur de L’Etranger, Le Mythe de Sisyphe ou d’Actuelles, dont l’œuvre est traduite en soixante langues. Mais aux quatre coins de la France et de par le monde, une myriade d’initiatives. On dira que cela correspond mieux à l’esprit libertaire de Camus, mais quand même. D’autant que la grande exposition prévue par Marseille-Provence Capitale européenne de la Culture a avorté. Il était donc l’heure d’aller rencontrer celle qui, avec pudeur et humilité, s’occupe de la vie des œuvres de son père. Catherine Camus a accepté de nous recevoir dans la fameuse maison de Lourmarin, celle que les habitants du cru refusent de vous indiquer afin de la protéger des indiscrets. Extraits d’une très longue conversation ponctuée de beaucoup de rires.

Journal César – Deux mots sur ce lieu. Votre père qui fréquentait René Char à l’Isle sur Sorgues a acheté cette maison et en a fait la surprise à sa famille ?
Catherine Camus – Il l’a trouvée en septembre 1958. Il nous a amenés ici. Je me souviens d’un jour de septembre brumeux, très doux, et de la grande rue de Lourmarin qui était paysan à l’époque. Il a demandé si l’on regretterait la mer. Mon frère a dit non, moi j’ai dit oui. Puis il a acheté la maison et l’a entièrement arrangée avant de nous faire venir. Il y avait tout, rideaux, lits, draps, tasses, assiettes, meubles. Il avait tout conçu avec des artisans et des brocanteurs. C’était un cadeau magnifique, irréel pour nous qui avions été élevés sans superflu.

Qu’est-ce qui lui plaisait dans cette maison ?
Elle possède une vue magnifique. On y ressent un sentiment de respiration, de beauté. Et pour lui, la mer était derrière les montagnes et, derrière la mer, il y avait l’Algérie.

La signature du journaliste

 

 

Lorsqu’on évoque Albert Camus, il y a le mythe. Mais pour vous, il y a le père. Comment le décrire ?
C’était quelqu’un de rassurant. De juste. De sévère. D’éthique. Et de tendre.

Des tonalités que l’on retrouve dans ses écrits si l’on estime qu’Albert Camus, ça grandit le lecteur, ça apaise, ça suscite des interrogations ?
En effet, ce n’est pas lui qui répond à votre place. Mon père nous posait des questions. Il nous mettait devant qui on était, ce qu’on avait fait. Il nous demandait ce qu’on en pensait. Il m’a appris à ne pas mentir. Le mensonge est mortifère, il tue la vie. On était libres et responsables. C’est sûr que c’est fatigant. C’est pour cela que beaucoup de gens n’ont pas envie d’être libres. Cela suppose un état d’alerte permanent. La liberté sans responsabilité n’existe pas. Sinon vous êtes un parasite. Vous êtes responsable de vous-même et de vos actes. Et à chaque heure de la journée, vous faites un choix et ce choix a des conséquences. Aujourd’hui, les responsabilités sont extrêmement diluées. Vous ramassez un truc des impôts, vous dites que vous avez payé, mais on vous dit que c’est l’ordinateur. Lequel ordinateur peut aller jusqu’à vous envoyer le commissaire ou le serrurier. On ne sait pas quand cela va s’arrêter, mais c’est la faute à personne. Après, le principe de transversalité dont on nous rebat les oreilles, c’est la dilution de la responsabilité individuelle.

Comment se manifestait à l’égard de votre frère et de vous cette exigence ?
Elle se manifestait tout le temps, dans le mal et le bien. Par exemple, il m’apportait des livres et me demandait ce que j’en pensais. Ce que je disais ne devait pas être d’un très haut niveau intellectuel, mais il ne m’a jamais dit que c’était idiot. Au contraire, il me demandait pourquoi je pensais cela, insistait sur des points particuliers. Si l’on avait fait une connerie, il ne criait pas. Il nous demandait ce qu’on en pensait. Mon père disait toujours : « Ce qu’on ne peut pas changer, il faut juste en tenir compte mais pas se résigner ». Et quand il y avait un gros problème, il disait qu’il fallait « se faire une disposition pour ». Cela m’a aidée toute ma vie. Et Dieu sait que je n’ai pas eu une vie sur des roulements à billes. Mais j’ai pensé que ma vie, c’est ma vie, la seule que j’ai. Et que la seule liberté que j’ai, c’est de faire en sorte que j’accepte même l’inacceptable s’il est inéluctable. Sinon, l’on se perd. Or, qu’est ce qu’on peut donner aux autres si on s’est perdu ?

Autre aspect de la personnalité de votre père, il était plutôt spartiate, pas dispendieux.
Mon père avait vécu dans la nécessité, se demandant si on allait manger et s’il y aurait de l’argent pour le lendemain. Il avait une juste idée de comment on dépense son argent. Alors, élevée comme cela, c’est un peu compliqué pour moi d’accepter l’époque dans laquelle on vit. Aujourd’hui, on est tellement passé à la machine à laver de la publicité que les gens sont malheureux parce qu’ils ne consomment pas assez ou parce qu’il y a un retard dans le train. (Ici l’on évoque Pierre Rahbi qu’elle adore et ses réflexions sur « la sobriété heureuse »).

Vous avez composé un livre, Albert Camus, solitaire et solidaire 1. Pourquoi ces deux termes ?  
Un jour, je lui demande : «Tu es triste ? » et il me répond : « Je suis seul ». C’était au moment de L’Homme révolté et j’ai compris beaucoup plus tard pourquoi, parce que lorsque vous avez neuf ans, vous ne savez pas 2. Je l’ai juste regardé en espérant qu’il ait compris. Car, pour moi, il n’était pas seul puisque j’étais là ! Mais évidemment que oui, il était seul ! Il y a des gens comme cela qui ont autour d’eux une espèce de cristal de solitude qui fait comme un sas entre le monde et eux. Et qui sont présents quand même.

Doit-on voir dans cette solitude le fait que certains de ses écrits, dans leur souci des nuances humaines, juraient avec les logiques idéologiques d’une époque, celle de la Guerre froide, terriblement manichéiste ?
Oui ! Et c’est en cela qu’il était seul. D’autant qu’il n’avait pas derrière lui un parti, ou l’orchestre que beaucoup de gens prennent la précaution d’avoir avant de s’exprimer. Lui, il était seul, à côté de l’Homme. De tous les hommes. De tous ceux qui justement n’avaient pas la parole.

A propos du mot solidaire. Peut-on comprendre Camus à travers la métaphore de la passe en football ? Lui qui disait :« Tout ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c’est au football que je le dois » ?  Bien sûr. La passe, c’est la solidarité. Sans les autres, vous n’êtes rien. En 2008, d’ailleurs, Wally Rosell a écrit un truc génial pour les Rencontres méditerranéennes Albert Camus de Lourmarin : Eloge de la passe tiré de l’acte fondateur du football anarcho-camusien.
Quid des rapports d’Albert Camus avec les libertaires ?
J’ai souvent suggéré en haut lieu qu’on fasse quelque chose sur ce thème mais l’on m’a regardée en me faisant comprendre qu’on n’était pas sur la même fréquence d’ondes. Aussi ce thème fut abordé lors des Rencontres. A ce propos, j’avais dis à l’organisatrice, Andrée Fosty : « Je t’assure que c’est intéressant. Ceci dit, si les libertaires débarquent à Lourmarin je te souhaite du plaisir ». En fait, le seul remous qu’il y eut fut à propos du football. Wally Rosell, qui est le neveu de ce libertaire formidable, Maurice Joyeux, s’était mis à expliquer qu’il n’y avait pas de plus belle place dans une équipe que celle de demi-centre (rire)…

Pour sa part, votre père avait été gardien de but du Racing Universitaire d’Alger ?
Et il paraît que c’était un bon ! A cet égard, étant donné que Marseille Provence 2013 fut un échec, j’ai proposé que Lourmarin-Provence-2013 organise le 15 juin un match en hommage au premier goal Prix Nobel de Littérature. Il y aura une équipe Camus contre l’IJSF (La jeunesse sportive de Lourmarin) et des chibanis. L’arbitre sera le facteur qui est un bon joueur de foot !

Vous gérez l’œuvre de votre père depuis 1980 mais n’avez jamais voulu être une gardienne du temple. Quelle est votre philosophie à l’égard de toutes les sollicitations qui vous parviennent ?
Il n’y en a pas (rire). A partir du moment où l’esprit, l’éthique, de mon père sont respectés, j’accepte. Les demandes sont aussi variées que l’humanité. Et donc, à ceux qui s’adressent à moi, y compris les opportunistes pour lesquels papa fait plus tabouret qu’autre chose, je dis oui si c’est correctement fait. Après, j’ai une vision de l’oeuvre de Camus comme tous les lecteurs. Je ne détiens aucune vérité.

Dans toutes ces propositions, je suppose qu’il y en a d’étonnantes ?
Il y en a aussi de consternantes et j’ai d’ailleurs constitué un dossier de « curiosités » (rire). Mais il y a aussi des choses en bien. J’ai été très étonnée, par exemple, lorsque Abd al Malik souhaitait travailler sur la préface de L’Envers et l’endroit. L’oeuvre n’est pas très connue et la préface, très importante, l’est encore moins. Quand ce garçon formidable m’a envoyé ses textes je les ai trouvés en harmonie avec la préface. Et bien que n’ayant pas une passion pour le rap, lorsque je suis allée l’écouter, j’ai été fort séduite par son travail et j’ai eu le sentiment que mon père était à sa place.

Vous avez achevé la publication du manuscrit Le Premier homme au bout de huit ans 3. Qu’avez-vous découvert à travers ce texte ?
Ce qu’il y avait dans Le Premier homme, je le savais. Une chose a changé, c’est la vision de ma grand-mère maternelle qui se promenait quand même avec un nerf de bœuf. Je la détestais parce que papa s’y référait lorsque nous voulions quelque chose de superflu, nous expliquant qu’on avait un toit, à manger et des livres, ou lorsqu’il nous disait comment il enlevait ses chaussures pour pouvoir jouer au foot. Et puis, je me suis rendu compte qu’elle avait eu des méthodes un peu rudes mais qu’elle n’avait pas eu le choix.

Vous avez dit qu’en travaillant sur ce livre vous sentiez presque son écriture ?
Vous ne pouvez pas travailler longtemps sur un manuscrit de mon père au risque de partir sur une mauvaise piste. C’est comme un tricot. Vous sautez deux mailles, vous avez un trou dans le tricot ou montez une manche à l’envers. Il faut faire attention à chaque mot. Donc, j’y travaillais trois heures par jour. Mais c’est vrai que par moments j’avais l’impression que l’écriture ne passait pas par ma tête mais que je mettais le mot qu’il fallait. C’était juste parce que c’était du corps à corps avec le texte. C’est limite comme impression ! On sent que Montfavet n’est pas très loin (rire).

Comment était ce manuscrit ?
Très raturé. Il comportait beaucoup de rajouts, d’interrogations, que j’ai respectés. Pour certaines feuilles, c’était la place de l’Etoile. Avec le doigt, vous devez suivre la ligne pour voir si vous ne vous êtes pas trompé…
Parlant de votre lecture de La Chute lorsque vous aviez 17 ans, vous avez dit : « Je trouvais qu’il était innocent » ?
Ce livre est douloureux. Et lorsque je l’ai lu à cet âge-là, je me suis demandée : « mais il ne le savait pas qu’on est double ? » Mais lui, avait dû me l’apprendre. C’est en cela que je l’avais trouvé innocent. Mais c’est vrai que La Chute c’est aussi le déchirement de la perte de l’innocence…

Ceci dit, il y toujours en filigrane dans les écrits d’Albert Camus une innocence ?
Oui, au sens originel, ce qui ne nuit pas. Et en ce sens, je pense que les écrits de mon père tendent à aider les autres. Quand il dit : un artiste ne juge pas, il essaie de comprendre. Mais artiste ou pas, nous devrions tous faire cela. Certes, il y a des choses à ne pas accepter et on peut juger que quelqu’un qui va dénoncer un Juif durant la guerre est incompréhensible, mais en dehors de situation extrême, dans la vie courante, on peut essayer de comprendre sans toutefois admettre.

Vous le voyiez écrire ?
Oui, debout à son écritoire. Je pense que lorsqu’on a été très malade et qu’on a pensé mourir (Ndlr : Camus fut atteint de tuberculose), le lit est quelque chose de très anxiogène. Qu’on a besoin de remuer…

Votre père était exigeant avec la langue française, au point, lors de son discours de réception du Prix Nobel de Littérature à Stockholm, de saluer Louis Germain, son instituteur. Il pensait que c’était une conquête pour lui ?
C’en était une ! Car enfant, il parlait le pataouète, le langage de la rue à Belcourt 4. C’est ce qui le sépare de la majeure partie des écrivains français de son époque qui étaient issus de milieux aisés.

Comment a-t-il vécu cette célébrité ?
Comme tout un artiste, il aimait être reconnu. Mais il était pudique et ne se prenait pas pour Pic de la Mirandole. Car vous perdez de l’humain dans la célébrité.

(1) Albert Camus, solitaire et solidaire, Ed Michel Lafon. L’essentiel des œuvres d’Albert Camus est disponible chez Gallimard.
(2) Paru en 1951, L’Homme révolté suscite une violente polémique avec les « Existentialistes » qui sera entretenue par la revue Les Temps modernes et qui entraîne la brouille définitive avec Sartre. Camus écrira : « C’est un livre qui a fait beaucoup de bruit mais qui m’a valu plus d’ennemis que d’amis (du moins les premiers ont crié plus fort que les derniers). (…) Parmi mes livres, c’est celui auquel je tiens le plus ».
(3) Un roman qu’écrivait Albert Camus au moment de son accident mortel. Une oeuvre aux accents autobiographiques qui évoque avec tendresse ses souvenirs d’enfance.
(4) Le parler des Français d’Algérie qui comporte beaucoup d’emprunts à l’arabe, à l’espagnol et à l’italien.

TOUS LES COMMENTAIRES

Belle interview… Merci ! En particulier pour cette étymologie d’“innocence”, ce qui ne nuit pas.

Vous me donnez l’envie de relire ce que je connais déjà de Camus, et de découvrir tout ce que j’en ignore.

Oui, Albert Camus est un phare dans la nuit. « Le premier homme » je ne sais pourquoi  me reste comme un livre solaire que je garde au coeur. « Le mythe de Sisyphe » fut choisi par mon professeur de philo pour que je le dissèque afin de préparer le bac philo; ce prof faisait du sur-mesure pour certaines de ses élèves et ce livre aussi marque ma vie. Merci à Catherine Camus, intègre et souriante.

Pendant toute ma carrière d’enseignant en Lycée Professionnel, j’ai fait lire et commenter « La Peste ».

J’ose espérer que mes élèves en ont tiré quelques leçons bien utiles en ces temps de recontamination des esprits par l’idéologie nazillonne, le fascisme rempant, et ces prétendues « valeurs » que défend la droite dure, la droite décomplexée.

Ce n’est pas facile de vivre « libre et responsable ». La majorité de nos semblables aspirent à suivre, à subir, à obéir à un gourou, à un « sauveur », à un « chef. »

L’Homme est un animal grégaire et moutonnier tout en étant un loup pour l’Homme.

Mais qu’est-ce que l’Homme ? Les humains. Oui. Gare aux abstractions !

Journal César – Deux mots sur ce lieu. Votre père qui fréquentait René Char à l’Isle sur Sorgues

La poésie me volera ma mort. ( René Char )

J’ai été au cimetière de Lourmarin un après midi de septembre il y a quelques années. La lavande fleurait bon, l’air était doux, quelque chose de paisible envahissait l’esprit; me revenaient alors les très longues phrases du « Premier homme », la description du jardin de l’hôpital où travaillait sa mère, une ode à la nature, aux plantes, un des plus beau livre que qu’il m’ait été donné de lire. Merci pour ce billet, merci à Catherine Camus.

Merci de nous avoir introduit au sein de cette conversation. Il y a quelque chose de touchant dans la simplicité et la tempérance des réponses qui rappelle heureusement le « discours » du père. Une réserve sur le fond toutefois. Pourquoi reprendre ce propos redevenu à la mode chez nombre d’intellectuels sur le refus du mensonge, avec cette connotation plus moins consciente de morale confortable passant sous silence les multiples situations périlleuses que les hommes doivent affronter dans des positions manifestement d’infériorité physique, intellectuelle, quand cela n’est pas immédiatement et directement vital ? Et que dire dans ces conditions de l’usage du mensonge par omission, du mensonge jaillissant de l’inconscient, du rôle du mensonge dans la nécessité dialectique des rapports humains, de ceux des états, des sociétés, des rapports sociaux-économiques contraints, voire criminels, de la place du mensonge dans cet étrange dialogue de sourd qui se perpétue entre entre la vérité et la réalité… . Peut-on raisonnablement traverser la vie humaine -hier, aujourd’hui et demain –  avec pour discipline stricte et mot d’ordre :  je ne mens jamais ?!  Je pense qu’il est effectivement possible de le faire à trois conditions : être sorti(e) de la cuisse de Jupiter, de n’avoir de compte à rendre à quiconque, et de ce fait, de s’abstenir du commerce des hommes !  Signé : un menteur séquentiel et contraint !

Merci de nous avoir introduit au sein de cette conversation. Il y a quelque chose de touchant dans la simplicité et la tempérance des réponses qui rappelle heureusement le « discours » du père. Une réserve sur le fond toutefois. Pourquoi reprendre ce propos redevenu à la mode chez nombre d’intellectuels sur le refus du mensonge, avec cette connotation plus moins consciente de morale confortable passant sous silence les multiples situations périlleuses que les hommes doivent affronter dans des positions manifestement d’infériorité physique, intellectuelle, quand cela n’est pas immédiatement et directement vital ? Et que dire dans ces conditions de l’usage du mensonge par omission, du mensonge jaillissant de l’inconscient, du rôle du mensonge dans la nécessité dialectique des rapports humains, de ceux des états, des sociétés, des rapports sociaux-économiques contraints, voire criminels, de la place du mensonge dans cet étrange dialogue de sourd qui se perpétue entre entre la vérité et la réalité… . Peut-on raisonnablement traverser la vie humaine -hier, aujourd’hui et demain –  avec pour discipline stricte et mot d’ordre :  je ne mens jamais ?!  Je pense qu’il est effectivement possible de le faire à trois conditions : être sorti(e) de la cuisse de Jupiter, de n’avoir de compte à rendre à quiconque, et de ce fait, de s’abstenir du commerce des hommes !  Signé : un menteur séquentiel et contraint !

Votre père était exigeant avec la langue française, au point, lors de son discours de réception du Prix Nobel de Littérature à Stockholm, de saluer Louis Germain, son instituteur. Il pensait que c’était une conquête pour lui ?
C’en était une ! Car enfant, il parlait le pataouète, le langage de la rue à Belcourt 4. C’est ce qui le sépare de la majeure partie des écrivains français de son époque qui étaient issus de milieux aisés.

Prière laïque et républicaine pour que cette exigence soit partagée par tout le monde, y compris par le corps médical, y compris par le corps médical qui affirme soigner par la par..

A bientôt.

Merci pour cette belle entrevue et on sera d’acccord avec Albert Camus lorsqu’il nous dira: «Le monde finit toujours par vaincre l’histoire.»

Et en effet le pataouète (mot d’origine catalane) était bien la seconde langue maternelle des pieds-noirs, une langue où on retrouve ce qui fit l’Algérie coloniale avec des mot issus du français, du catalan/valencien, de l’espagnol, de l’italien avec un peu d’arabe et un peu de kabyle…D’ailleurs je le disais dans un billet maintenant disparu que les fruits/légumes portaient souvent des noms d’origines espagnols (chumbos pour figues de barbarie par exemple) en Oranie… Ou à Alger tout comme à Oran, la garantita (kalentika/Calentica) un plat populaire d’origine espagnole, le mot calentica signifierait chaud ou la frita(salade de poivrons/tomates) tant aimée par Camus à Oran…On penserait à E. Glissant et le créole: «Pour l’Antillais, le mot est d’abord son. Le bruit est parole. Le vacarme est discours.» En Algérie camusienne aussi…merci.

Yves Alavo

MONTRÉAL CRÉATIF : LE GUIDE ULYSSE INNOVE

25 Avr

Description du Guide

Le guide du Montréal créatif présente une dizaine de circuits à travers la ville pour aller à la rencontre du foisonnement artistique montréalais et mettre en lumière la vitalité de la création actuelle à Montréal. Les itinéraires triés sur le volet invitent à la promenade et permettent aux lecteurs de découvrir ou de redécouvrir des quartiers et des espaces urbains où l’art s’exprime dans toutes ses formes, de participer aux événements, de visiter les lieux de diffusion, de rencontrer les artistes et faire d’autres découvertes inattendues. Les arts numériques, les arts visuels, les arts de la scène, la musique et le design sont mis de l’avant dans chaque parcours.

Guide Montréal créatif
Outre les quartiers centraux et les lieux de diffusion et les événements plus connus, le guide fait la part belle aux artistes et créateurs multidisciplinaires moins connus qui donnent sa vitalité et son innovation à l’art actuel, ainsi qu’aux quartiers traditionnellement moins visités par les touristes mais qui sont des niches de créativité.

Le guide invite aussi à découvrir au fil des parcours des œuvres d’art public phares et emblématiques, des murales imposantes ou d’étonnants graffitis. Sans oublier des incursions le Montréal authentique avec des adresses à ne pas manquer et où goûter l’art de vivre à la montréalaise, mais aussi des cafés, des restaurants ou des bars fréquentés par les artistes, pour un accès privilégié à la communauté artistique montréalaise.

Le guide du Montréal créatif est ponctué de magnifiques photos au regard novateur et unique sur la ville, ce qui en fera à la fois un guide et un beau livre, un objet à garder et un outil à offrir et à s’offrir qui plaira tant aux néophytes qu’aux amateurs. Un ouvrage rempli de lieux à découvrir et de promesses de rencontres pour s’approprier ou se réapproprier le Montréal créatif.

Plus spécifiquement, le communiqué de LES GUIDES DE VOYAGE ULYSSE précise :

Les Guides de voyage Ulysse présentent, en collaboration avec Tourisme Montréal, la Ville de Montréal et le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, leGuide du Montréal créatif, un livre inédit qui met en valeur l’incroyable vitalité artistique montréalaise en matière de création actuelle. Avec ce guide unique en son genre, les Montréalais et autres Québécois, ainsi que tous les visiteurs curieux, pourront vivre et s’approprier le véritable Montréal créatif en effectuant 10 parcours de visite dans les différents quartiers de la ville, certains très centraux et d’autres plus excentrés, mais représentant tous de véritables niches de créativité. Chaque circuit met en lumière cinq grands axes : les arts numériques, les arts visuels, les arts de la scène, la musique et le design.

  1. Du Mile-End à la Petite Italie
  2. Le Plateau-Mont-Royal
  3. Milton-Parc – quartier McGill – mont Royal
  4. Quartier des spectacles
  5. Quartier Concordia et ouest du centre-ville
  6. Sud-Ouest et Lachine
  7. Le Quartier international, le Vieux-Montréal et les îles
  8. Quartier latin, Centre-Sud et HoMa
  9. Côte-des-Neiges, NDG et Saint-Laurent
  10. Rosemont–Petite-Patrie, Saint-Michel et Villeray

 

Important de vous procurer ce livre qui est un véritable objet de plaisir, souple, élégant, au design convivial et de très haute qualité.  Références, textes et illustrations, mais surtout les photos sont une expérience précieuse pour les amoureux de Montréal, pour découvrir l’autre dimension de ce qui est notre ville et sa représentation réelle et imaginaire.  Acheter le livre pour vous ainsi que comme objet témoin et comme meilleur cadeau à offrir à celles et à ceux que vous aimez.

 

Version numérique : http://www.guidesulysse.com/catalogue/Guide-du-Montreal-creatif-Art-de-vivre-livre-numerique-eBook,9782765802945,produit.html

 

Version papier : http://www.guidesulysse.com/catalogue/Guide-du-Montreal-creatif-Art-de-Vivre-Ulysse,9782894645994,produit.html

 

Vous pouvez aussi découvrir :

1.      Page couverture effet 3D : http://www.guidesulysse.com/images/335pix/3d-9782894645994.png

2.      Pour feuilleter le livre : http://www.entrepotnumerique.com/o/6/p/17665?l=fr&r=http://www.guidesulysse.com

3.      Communiqué : http://www.guidesulysse.com/communiques/2013/communique_montreal_creatif.html

 

Excellent parcours à la rencontre de l’art actuel de Montréal.

 

ALLIÉS MONTRÉAL : DES ENTREPRISES MISENT SUR LA DIVERSITÉ MONTRÉALAISE

19 Avr

« Un franc succès! », c’est en ces mots que 130 personnes, participant à la troisième édition du Rendez‑vous des Alliés, ont qualifié l’événement. Organisé par la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal, ce Rendez-vous a accueilli hier des professionnels, des gestionnaires et des dirigeants d’entreprises de différentes industries, dans les locaux de Molson Coors.

DES ENTREPRISES MISENT SUR LA DIVERSITÉ MONTRÉALAISE

« Un franc succès! », c’est en ces mots que 130 personnes, participant à la troisième édition du Rendez‑vous des Alliés, ont qualifié l’événement. Organisé par la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal, ce Rendez-vous a accueilli hier des professionnels, des gestionnaires et des dirigeants d’entreprises de différentes industries, dans les locaux de Molson Coors.

Les participantes et participants ont eu la chance d’échanger, avec des panélistes renommés de l’Oréal Canada, RBC Banque Royale, Sanimax et KPMG, sur le rôle des leaders et dirigeants quant aux politiques et pratiques en matière de diversité.

Le premier vice-président de la CRÉ de Montréal, M. Richard Deschamps, a souligné l’engagement des partenaires d’affaires dans les activités d’Alliés Montréal. « Des talents diversifiés rendent les entreprises plus performantes et plus innovantes et la communauté montréalaise en sort plus vibrante et plus forte », a déclaré M. Deschamps, qui a également remercié les nombreux partenaires institutionnels qui soutiennent Alliés Montréal.

M. Benoît Pouliot, vice-président adjoint Ressources humaines pour la Banque Laurentienne, a témoigné de la valeur ajoutée d’Alliés Montréal pour une entreprise : « Le partage des informations et des pratiques, en matière d’intégration des talents issus de l’immigration, est une formule « gagnant/gagnant » qui permet à chaque entreprise participante de progresser plus rapidement dans la gestion de sa diversité. »

L’édition 2013 du Rendez-vous des Alliés a été l’occasion de souligner l’excellente collaboration avec le journal Métro Montréal, ayant permis la réalisation, depuis 2009, de plus de 45 portraits de Montréalaises et Montréalais issus de l’immigration, témoignant de leur parcours et de leur réussite.

Le rédacteur en chef de Métro, M. Éric Aussant, a indiqué que cette vision positive de la diversité correspond bien aux valeurs du journal ainsi qu’à son lectorat.

À propos d’Alliés Montréal

Porté par la CRÉ de Montréal, Alliés Montréal est un projet qui regroupe des entreprises qui conçoivent l’immigration comme une solution d’affaires. Il vise la mise en valeur des talents d’origines diverses et l’intégration durable des compétences issues de l’immigration dans les entreprises montréalaises. Alliés Montréal met les gens d’affaires au cœur de ses orientations et activités, en travaillant directement pour et avec les entreprises. Il s’appuie aussi sur plusieurs partenaires institutionnels, ainsi que sur le réseau pancanadien ALLIES. Voir : www.alliesmontreal.com

 

À propos de la CRÉ de Montréal

Interlocuteur privilégié du gouvernement en matière de développement régional, la Conférence régionale des élus de Montréal regroupe les leaders politiques et socioéconomiques de l’île de Montréal. Elle a pour mandat de favoriser le développement de son territoire par une approche concertée.

Pour plus d’information, consultez le www.credemontreal.qc.ca.

 

– 30 –

 Source :                 CRÉ de Montréal

                            

 

Renseignements :   Mehdi Benboubakeur

Chargé de communication

Tél : 514-842-2400, poste 2220 – Cell. : 514-975-9835

Photo-officielle-site

De gauche à droite : M. François Lefebvre, chef, Affaires corporatives, Molson Coors Canada; Mme Hélène Parent, Directrice Diversité à l’antenne, Radio-Canada; M. Éric Aussant, rédacteur en chef, journal Métro Montréal; M. Richard Deshcamps, premier vice-président, CRÉ de Montréal; M. Benoît Pouliot, vice-président adjoint Ressources humaines, Banque Laurentienne; Mme Marie-Claire Dumas, directrice générale, CRÉ de Montréal et M. Gregory Cecchin-Léger, Directeur, Conseil en ressources humaines, KPMG.

Une démarche cohérente :

Un site qui parle

JEAN-MARC AYRAULT, PREMIER MINISTRE DE FRANCE

7 Mar

 

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C’était le temps des prises de position et du courage

 

Extrait du quotidien Le Monde

 

En nommant Jean-Marc Ayrault à Matignon, mardi 15 mai 2012, comme l’avaient indiqué certains proches, François Hollande a fait le choix d’un fidèle, qui connaît bien les élus, un homme de confiance avec qui il a l’habitude de travailler. Pour les mêmes raisons, pendant la campagne, le candidat Hollande avait fait du président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale son conseiller spécial, ce qui préfigurait le rôle qu’il serait amené à jouer à la tête du futur gouvernement.

Les deux hommes ont scellé leur trajectoire politique en 1997, lorsque Lionel Jospin devient premier ministre après la dissolution de l’Assemblée voulue par Jacques Chirac. Le nouveau chef du gouvernement confie alors les clés du Parti socialiste à François Hollande. En revanche, aucun candidat ne se détache réellement pour prendre la présidence du groupe des députés. Laurent Fabius, qui occupait la fonction auparavant, songe à y installer Jean-Christophe Cambadélis. Daniel Vaillant, futur ministre chargé des relations avec le Parlement, suggère à Lionel Jospin le nom du député de Loire-Atlantique.

 

Jean-Marc Ayrault, le PM

 

ORGANISATION MÉTHODIQUE

 

Pendant toute la durée de la législature, le petit déjeuner du mardi matin, à Matignon, va devenir le lieu stratégique de « calage » et de mise en œuvre de la politique du gouvernement. Autour du premier ministre et de Daniel Vaillant se réunissent le premier secrétaire du PS, François Hollande, et les deux présidents des groupes parlementaires, Jean-Marc Ayrault et Claude Estier, le patron des sénateurs. Y participent également Olivier Schrameck, le directeur du cabinet de Lionel Jospin, Jean-Pierre Jouyet et Dominique Marcel, ses adjoints, Manuel Valls, le conseiller communication, et Yves Colmou, le directeur du cabinet de Daniel Vaillant.

C’est là que se décident les arbitrages pour le travail législatif, au cours de ces séances ramassées, aux horaires stricts : de 8 h 45 à 9 h 55. 8 h 45, parce que le train qui amène Jean-Marc Ayrault de Nantes, la ville dont il est le maire, arrive à 8 h 30 à la gare Montparnasse ; 9 h 55, pour être à 10 heures à la conférence des présidents, qui fixe chaque semaine l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Tout est dans cette organisation méthodique, à l’image du personnage.

 

LE « CAUCHEMAR » DE 2002

Pendant cinq ans, François Hollande et Jean-Marc Ayrault auront donc été, côte à côte, en première ligne du front de la cohabitation. Ils auront aussi vécu ensemble le « cauchemar » de 2002, qui voit Lionel Jospin être éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle pour laisser la place à un duel entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Après la déroute qui s’ensuit pour le PS aux législatives, Jean-Marc Ayrault, seul député socialiste réélu dès le premier tour, conserve la présidence du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, malgré les velléités de Laurent Fabius de la lui disputer.

En septembre 2006, lors des journées parlementaires qui se tiennent à Nantes, il annonce qu’il quittera la présidence du groupe à la fin de la législature. Emporté par l’enthousiasme qui accompagne alors la candidature de Ségolène Royal, il croit en la possibilité de l’alternance en 2007. Une carrière gouvernementale lui semble alors promise. Mais la gauche subit un nouvel échec et il rempile à la tête du groupe socialiste, pour une troisième législature – un record -, la dernière en tant que chef du principal groupe d’opposition.

 

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DÉTERMINATION ARRÊTÉE

 

A 62 ans, le voilà donc nommé à la tête du gouvernement. Si « raisonnée » fut son ambition, le soin qu’il a mis à se préparer à la fonction témoigne d’une détermination bien arrêtée. Une sorte de consécration pour ce « grand élu », qui n’a jamais été ministre, notamment à cause de l’affaire d’octroi d’avantages injustifiés qui lui avait valu, en tant que maire de Nantes, six mois de prison avec sursis et 30 000 francs (4 600 euros) d’amende.

Jean-Marc Ayrault n’a connu la défaite dans aucun des scrutins auxquels il a pris part depuis 1976, date à laquelle il obtint son premier mandat de conseiller général, dans le canton de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique. Le professeur certifié d’allemand – « d’allemand de l’Est », disent ceux qui raillent son allure austère – présente une sacrée carte de visite politique.

PULL À COL ROULÉ ROUGE

Il est né le 25 janvier 1950 à Maulévrier (Maine-et-Loire), dans le pays des Mauges. Racines terriennes, éducation catholique, discipline rigoureuse. Ses premiers engagements, il les connaît dans les rangs du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC), au sein duquel il exercera des responsabilités au niveau départemental avant de bifurquer vers le PS au moment du congrès d’Epinay, en 1971. La même année, il épouse Brigitte Terrien, originaire comme lui de Maulévrier.

Le nouvel adhérent se lie à Jean Poperen, chef de file du courant « lutte des classes », intellectuel brillant issu du Parti communiste, dont il a été exclu en 1959. Jean-Marc Ayrault s’engage au PS autour d’une « stratégie de gauche » fondée sur une analyse sociologique de l’évolution du monde du travail. Il s’identifie à ce courant de gauche et lorsque, en 1976, il est élu conseiller général de Loire-Atlantique, il arbore, lors de la première séance, un pull à col roulé rouge pour afficher ses convictions.

 

JMA, un politique de conviction, fidèle à ses engagements et solidaire.

 

 

« SOCIALISME MUNICIPAL »

L’ascension est rapide. Un an plus tard, il est élu à la tête de la liste d’Union de la gauche à la mairie de Saint-Herblain, qui jouxte la ville de Nantes. Il fait partie de cette génération de « sabras » qui, à l’image de Georges Frêche à Montpellier, Louis Besson à Chambéry, Jean-Michel Boucheron à Angoulême, Françoise Gaspard à Dreux ou Georges Lemoine à Chartres, formeront la relève du « socialisme municipal ».

Dans la foulée, en 1979, il entre au comité directeur du PS, après le congrès de Metz qui a vu François Mitterrand s’appuyer sur la vieille garde de la Convention des institutions républicaines, alliée avec le courant Poperen et le CERES de Jean-Pierre Chevènement pour faire barrage à l’alliance Rocard-Mauroy.

RÉFORMISTE ASSUMÉ

François Mitterrand élu président de la République, il entre au bureau exécutif du PS au lendemain du congrès de Valence, en qualité de membre suppléant et, en 1986, est désigné comme tête de liste aux élections législatives en Loire-Atlantique, le scrutin ayant lieu à la proportionnelle.

C’est son premier mandat de député. Depuis, il a été réélu sans interruption au Palais-Bourbon. Mais le Ayrault « lutte des classes » a cédé la place à un réformiste assumé. « Le réel a tranché », déclare-t-il à la convention nationale de son parti, en juin 1986. Ce credo réformiste, il le défend sans ambiguïtés. Il en a fait sa marque de fabrique, même si ses contempteurs, à droite, se plaisent à décrire « un socialiste archaïque et sectaire ».

L’ART DU COMPROMIS

En 1989, Jean-Marc Ayrault abandonne Saint-Herblain pour se lancer à la conquête de Nantes, alors détenue par le RPR. Il l’emporte dès le premier tour. Il devient dès lors un des « grands élus » du PS. Le congrès de Rennes, la même année, va consommer sa rupture avec le poperenisme et ancrer son positionnement, hors courants, sur la base du « réalisme économique ».

Réformiste, prudent, pragmatique, Jean-Marc Ayrault n’en possède pas moins un sens politique aigu. Il jauge les individus, mesure les rapports de forces, pratique avec habileté l’art du compromis, mais toujours avec la même application à faire aboutir les orientations majeures qu’il a mises en œuvre. Depuis 1989, il a ainsi transformé en profondeur la ville de Nantes, devenue à la fois une capitale culturelle et du développement durable, malgré la contestation dont fait l’objet le projet d’aéroport – d' »Ayraultport », disent ses opposants – à Notre-Dame-des-Landes.

PRÉSERVER L’UNITÉ

Depuis quinze ans qu’il dirige le groupe socialiste de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault est devenu un des rouages essentiels du PS. Que ce soit dans les primaires destinées à désigner le candidat du PS à l’élection présidentielle ou lors du congrès de Reims, en 2008, il a systématiquement privilégié la nécessité de préserver l’unité du groupe pour ne pas avoir à prendre parti, se rangeant sans coup férir au côté de celui ou celle sorti vainqueur de la confrontation.

Cependant, dès le mois de juin 2011, il avait fait connaître son choix en faveur de François Hollande, son voisin de banc à l’Assemblée nationale, avec qui il disait partager la même vision d’un « réformisme décomplexé », nourri de l’expérience de la défaite qu’ils avaient vécue en commun en 2002. Pas question, pour lui, de « s’égarer à courir après une quelconque radicalité ». « Nous n’y gagnerons jamais », professe-t-il avec constance.

 

JMA aime les gens

 

L’ALLEMAND ET LA LANGUE DE BOIS

 

Il lui est fréquemment reproché son absence de charisme, son peu d’appétence pour la prise de risques. Le patron des députés socialistes se départit rarement d’une prudente réserve, enrobant ses réponses d’une multitude de considérants avant de donner sa position. Germanophone, il manie avec une égale virtuosité la langue de bois.

Ce côté professoral, on le retrouve également dans ses apparitions publiques, qu’il prépare toujours avec le même soin méticuleux, sur des fiches surchargées de notes. Mais au fil de ses discours et des amples gestes du bras dont il les ponctue, régulièrement, ses fiches s’éparpillent à terre, sans pour autant qu’il perde le fil de sa pensée, bien plus structurée qu’il ne veut bien le laisser croire. Et, une fois son discours terminé, il prend soin de ramasser toutes ses fiches, qu’il annotera de nouveau en vue de ses prochaines interventions.

Président « normal », François Hollande a choisi un premier ministre tout aussi « normal », sans histoires, organisé. Pudique, modeste, il n’aime guère se livrer. A ses moments perdus, il va se ressourcer sur la presqu’île de Rhuys, au bord du golfe du Morbihan, où il possède une résidence secondaire. On le sait amateur de musique classique et de chanson contemporaine. Et, dit-on, c’est un remarquable danseur. Notamment le tango. Ça peut toujours servir.

 

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UNE ÉQUIPE AUTOUR DE HOLLANDE À L’ÉLYSÉE

L’architecture de l’équipe élyséenne du nouveau chef de l’Etat est déjà dessinée. Le nom du préfet Pierre-René Lemas, 61 ans, circulait depuis des jours pour le poste stratégique de secrétaire général de l’Elysée. La cérémonie d’investiture l’a confirmé : ce camarade de promotion de François Hollande à l’ENA, qui accompagnait le nouveau chef de l’État dans le salon des ambassadeurs, après l’entretien de ce dernier avec Nicolas Sarkozy, succèdera bien à Xavier Musca.

Le nouveau patron de l’administration présidentielle, qui occupait jusqu’ici les fonctions directeur de cabinet du président du Sénat Jean-Pierre Bel, sera secondé par deux adjoints : Emmanuel Macron, 34 ans, inspecteur des finances et associé gérant à la banque Rothschild, devrait être chargé des affaires économiques ; et Nicolas Revel, qui jusqu’ici officiait comme directeur de cabinet de Bertrand Delanoë. Le départ du fils de l’écrivain Jean-François Revel n’a pas été ressenti comme une bonne nouvelle par le maire de Paris.

 

Le cabinet du président de la République sera dirigé par Sylvie Hubac, conseillère d’Etat et ancienne membre du cabinet de Michel Rocard à Matignon. Elle devrait avoir pour adjoint Alain Zabulon, préfet des Landes, qui connaît bien M. Hollande pour avoir été préfet de la Corrèze de 2008 à 2011.

 

Le préfet Pierre Besnard officiera comme chef de cabinet (gestion et RH): il était jusque là chef de cabinet de Jean-Pierre Bel, le président du Sénat. Ancienne permanente au secteur fédération du Parti socialiste, proche de M. Hollande, Isabelle Sima, pourrait être son adjointe. Jeune collaborateur corrézien de François Hollande, Frédéric Monteil devrait également intégrer la présidence. En revanche, le préfet Nacer Meddah, ancien secrétaire général de la campagne Hollande, qui n’aurait aux yeux de François Hollande pas donné entière satisfaction, n’en ferait pas partie.

Plume et ex-directeur adjoint de la campagne de M. Hollande, Aquilino Morelle, ancienne plume de Lionel Jospin à Matignon, devrait rejoindre l’Elysée, sans doute comme conseiller politique du président de la République. Bernard Combes, maire de Tulle, y aura également son bureau, en tant que chargé des « affaires corréziennes et régionales ».

Proche collaborateur de Manuel Valls, dont il est le directeur de cabinet à la mairie d’Evry (Essonne), Christian Gravel, 38 ans, qui s’est occupé de la communication pendant la campagne, poursuivra dans ses fonctions au palais, reprenant le poste qu’occupait Franck Louvrier auprès de Nicolas Sarkozy.

 

Marylène Courivaud, qui fut directrice de la communication de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, sera chargée du pôle presse. Claudine Ripert, ancienne chef de cabinet de l’Association des régions de France, pourrait également rejoindre le pôle presse-communication de l’Elysée.

Directeur du département Asie et Océanie au Quai d’Orsay, le diplomate Paul Jean-Ortiz, 55 ans, officiera comme conseiller diplomatique. Philippe Leglise-Costa, ambassadeur adjoint auprès de l’Union européenne, s’occupera des affaires européennes.

Conformément au modèle du cabinet présidentiel de Nicolas Sarkozy, l’équipe élyséenne de M. Hollande sera organisée autour d’une vingtaine de chefs de pôle, chacun de ses chefs s’entourant de « deux ou trois adjoints juniors », selon un membre du cabinet.

Comme à l’échelon gouvernemental, la lutte pour les places s’annonce féroce, et plusieurs déçus du casting ministériel pourraient y prendre place, comme le député européen Stéphane Le Foll, responsable de l’organisation dans la campagne de M. Hollande, qui convoitait le ministère de l’agriculture. « Chaque ministre essaiera de placer un ami ou un proche pour avoir un correspondant à sa main au château », commente cette source.

Mise en page et organisation par Yves ALAVO